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Une assurance spécifique pour aider les agriculteurs à adopter les innovations

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Une assurance spécifique pour encourager l’utilisation d’un OAD en viticulture testée avec succès. Crédits : © Pixabay / Jill Wellington

L’université de Bordeaux, Inrae, l’FVI, deux coopératives viticoles et Groupama ont planché sur la mise en place d’une assurance inédite pour couvrir d’éventuelles pertes liées à l’utilisation d’un OAD pour réduire l’usage des fongicides en viticulture. 

S’il existe des outils d’aide à la décision (OAD) pour les agriculteurs, leur efficacité incertaine pouvant faire craindre un risque économique, constitue souvent un frein à l’adoption de ces innovations agricoles. Une problématique sur laquelle se sont penchés l’université de Bordeaux et Inrae, en collaboration avec l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), les coopératives viticoles de Tutiac (Gironde) et Buzet (Lot-et-Garonne) et l’assureur Groupama. Pendant 4 ans, ils ont testé ensemble « un système d’assurance spécifique, nommé assurance verte, pour couvrir les pertes éventuelles liées à l’utilisation d’un OAD développé par l’IFV pour réduire l’usage des fongicides en viticulture », expose Inrae dans son communiqué du 6 janvier 2026. Les résultats qui ont été publiés dans European Review of Agricultural Economics, « montrent que la sécurité apportée par l’assurance permet aux viticulteurs de tester l’OAD sur une période suffisamment longue pour estimer sa qualité », indique le communiqué. A ce propos, Inrae rappelle que contrairement aux pertes de récoltes liées aux aléas climatiques, couverte par l’assurance multirisque climatique, les pertes liées aux maladies ou ravageurs ne sont pas assurées.

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Les économistes ont dans un premier temps, analysé la manière dont un agriculteur prend ses décisions face à un outil innovant sachant qu’un échec peut être rédhibitoire. Les chercheurs ont ensuite co-construit, avec la compagnie d’assurance et les deux coopératives viticoles, un contrat d’assurance inédit, conditionné à l’usage de l’OAD et subventionné en grande partie par la région Nouvelle-Aquitaine dans le cadre du programme VitiREV. « Les viticulteurs étaient dédommagés des pertes éventuelles de production liées aux maladies par l’assurance, à condition qu’ils aient suivi toutes les recommandations de l’OAD, avec une franchise de 5 % », détaille le communiqué d’Inrae. Le tout avec des résultats convaincants sur les parcelles en expérimentation puisque l’usage des fongicides a été réduit de 30 % à 50 % en utilisant l’outil. « Les 3 premières années, les pertes de productions liées aux maladies sont restées en-dessous des 5 %, précise Inrae. 

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La mise en place de ce mécanisme d’assurance verte a clairement incité les viticulteurs à tester l’OAD sur une période suffisamment longue pour leur permettre d’évaluer la qualité et l’intérêt de l’outil. « Un cercle vertueux s’est enclenché entre apprentissage et amélioration de la qualité de l’outil grâce aux retours d’expérience de son utilisation en conditions réelles », relève Inrae. Ainsi, le système devenant progressivement plus efficace, était aussi moins coûteux à assurer. Et « si l’assurance ne suffit pas toujours à encourager l’expérimentation après une mauvaise année, elle n’en reste pas moins un facilitateur important », concède Inrae. 

En complément de cette expérimentation, des viticulteurs ont été interrogés sur tout le territoire pour mesurer leur intérêt pour ce type d’assurance. Entre 48 et 60 % des 412 professionnels interrogés se sont dit prêts à souscrire à une assurance verte. De quoi encourager la mise en place de telle solutions pour faciliter l’expérimentation et l’acceptation de pratiques innovantes.