Agrivoltaïsme : les business models au crible
Montages juridiques très divers, montants des loyers variables et souvent tenus secrets, promesses de bail parfois remises en cause… Malgré son encadrement par la loi Aper de 2023, la jeune filière agrivoltaïque est encore une jungle en termes de partage des revenus. Notre enquête permet d’y voir plus clair. Elle montre des business models tributaires de l’ensoleillement et du prix de l’électricité, mais pas seulement. La technologie retenue ou les coûts de raccordement pèsent aussi lourd, tout comme les chartes professionnelles. Autant de facteurs qui font fortement varier les loyers, qui peuvent aller du simple au triple.
« C’est la ruée vers l’or », observe Bertrand Loup, premier vice-président de la chambre d’agriculture de Haute-Garonne. Sur les terres ensoleillées d’Occitanie mais aussi dans les régions plus septentrionales, tout l’espace agricole français est concerné par l’installation de panneaux solaires. Dans un récent rapport sur cinq régions françaises, l’Ademe a recensé plus de 1 600 projets. Mais l’agence ne livre aucune donnée sur les modèles économiques. Car pour l’heure, les pratiques sont encore très méconnues des agriculteurs et des pouvoirs publics.