Travailleurs latinos : essentiels mais esseulés

Mainguy
À Beaucaire dans le Gard, une communauté de travailleurs agricoles sud-américains grandit depuis une dizaine d’années, malgré des conditions de vie et de travail difficiles, illustrées par le procès historique qui s'est ouvert le 17 mai contre l'entreprise de travail temporaire Terra Fecundis. Ils seraient près de 6 000 à être sédentarisés dans ce coin de Camargue, grâce à la double nationalité espagnole. Poussés par les crises économiques, beaucoup ont découvert la France à travers le travail détaché, avant de traverser définitivement la frontière. Concentrés aujourd'hui en Provence, souvent sans permis de conduire, ni maîtrise de la langue, nombre de ces ouvriers hispanophones subissent des trafics en tous genres, et des pressions au travail. Ils sont en quête de davantage de soutien de la part des pouvoirs publics. Certains ont quitté les rangs des entreprises de travail temporaire, embauchés en direct par des agriculteurs ou des groupements d'employeurs. Mais ces alternatives sont fragiles. Reportage et analyse.

Sacs de pommes de terre, tomates, quart de pastèque… Sur le marché du dimanche à Beaucaire, dans le Gard, les Sud-Américains se mêlent aux locaux Beaucairois pour faire leurs emplettes. Mais pour certains, dans ce recoin de Camargue situé au bord du Rhône, de l’autre côté du pont qui débouche sur Tarascon, le dilemme des courses précédant le repas dominical est singulier. « Nous n’avons pas de four », glisse une jeune femme en espagnol à son entourage arrêté devant un étal de viandes.

Mots-clés