Russie/Ukraine: le plan de résilience français encore en chantier
Annoncé le 26 février par Emmanuel Macron, le «plan de résilience» français en réponse à la guerre en Ukraine était encore en construction au 3 mars, d'après nos informations. Ses contours restent encore très flous, selon les professionnels. Une partie des mesures devraient être alignées sur les décisions européennes (engrais, énergie notamment), attendues pour le conseil des ministres de l’Agriculture du 21 mars; d’autres, concernant par exemple les prix de l’alimentation animale, en sont encore à un stade «exploratoire», explique un proche du dossier. «Plusieurs hypothèses sont sur la table», avance une autre source, dont celle d'un éventuel blocage des prix de l'aliment du bétail. Un troisième note que «le ministre de l'Agriculture a rencontré les filières concernées au Salon». Une partie des discussions ont lieu avec les services du ministère de l’Économie, mais Julien Denormandie serait bien «en lead» sur le volet agricole et alimentaire, assure son cabinet. Une réunion sur les conséquences de la crise était prévue avec les représentants de filières agricoles et agroalimentaires le 4 mars, autour de Bruno Le Maire et Agnès Pannier-Runacher. Annoncé lors de l'inauguration du Salon de l'agriculture le 26 février, le plan doit comporter «des réponses de court et moyen terme permettant de sécuriser au maximum les revenus, mais également l’approvisionnement en énergie et en intrants», d'après l'Élysée.
Pommes: la guerre à l’Est fait peser une menace sur la main-d’œuvre
La guerre de la Russie en Ukraine devrait avoir peu d’impacts sur les échanges européens de pommes vu l’embargo russe en vigueur depuis 2014, estime le directeur de l’Association nationale pommes poires (ANPP) Josselin Saint-Raymond. Mais le conflit armé pourrait menacer la sécurité des approvisionnements. «Une part importante – je dirais majoritaire – de la main-d'œuvre dans les vergers en Pologne est ukrainienne», affirme le directeur de l’ANPP. Or, la Pologne étant le leader européen de la pomme, avec un potentiel de production «situé entre 4 et 5 millions de tonnes» (Mt), on peut se demander qui assurera le gros des récoltes polonaises si le conflit venait à durer. En outre, une part «importante» de la main-d’œuvre dans les autres vergers européens provient d’Europe de l’Est – de Bulgarie, Roumanie et Pologne notamment. «On peut craindre un élargissement du conflit. (…) Si je me mets à la place d’un Bulgare, d’un Roumain ou d’un Polonais, je ne suis pas sûr que demain j’aurai envie de partir loin de ma famille», ajoute Josselin Saint-Raymond. En 2021, la France était le troisième producteur européen de pommes (1,37 Mt), derrière la Pologne et l'Italie, et devant l'Allemagne.
Russie/Ukraine: au Salon, M. Jadot fustige un «prétexte» pour «produire plus»
En visite au Salon de l’agriculture le 3 mars, le candidat écologiste Yannick Jadot a regretté l’analyse de la crise ukrainienne dans une partie du secteur agricole. «Je suis inquiet d’entendre ici une petite musique qui nous ramène trente ans en arrière», selon laquelle «il faudrait produire toujours plus» pour répondre à la guerre en Ukraine qui désorganise les marchés agricoles, a-t-il tonné, selon l’AFP. Un «prétexte» selon lui, et même «l’instrumentalisation d’une situation dramatique». À l’inverse, estime-t-il, la guerre «montre la nécessité de repenser un modèle dans lequel nous exportons dans n’importe quelles conditions de la viande en Russie et ailleurs», et qui fait selon lui «disparaître des paysans». Au lieu de produire plus et d'exporter pour «nourrir la planète», mieux vaudrait, selon Yannick Jadot se contenter de l’objectif de «souveraineté alimentaire» pour nourrir les Français. Or, a pesté le candidat, les politiques publiques tardent à suivre, alors que les écologistes ont selon lui «gagné la bataille culturelle sur le modèle agricole, sur ce que veulent manger les Français». «Les combats on les mène, mais on les perd, parce qu’on n’est pas assez nombreux», a soupiré l’eurodéputé EE-LV Claude Gruffat, qui l’accompagnait.
Carbone: un appel à projets multi-filières d’1 Mt d’ici juin (FNSEA/AS)
Aux côtés de la FNB (bovins viande), de la FNPL (lait), de l'AGPB (blé), de l'APCA (chambres d'agriculture) ou encore de Jeunes Agriculteurs, la présidente de la FNSEA Christiane Lambert a confirmé ce 3 mars le lancement d’une nouvelle SAS qui permettra de rassembler l’offre en crédit carbone de l’ensemble des associations spécialisées et des chambres. Créée autour de l’association France Carbone Agri (FCAA), jusque-là centrée sur l’élevage, la société devrait lancer son troisième appel à projets d’ici le milieu de l’année 2022, «pour un volume de crédit supérieur à celui des appels à projets précédents», confirme la présidente de FCAA, Marie-Thérèse Bonneau, évoquant au moins 1 Mt de crédits issus de toutes les filières. Comme dans le cadre des projets de l’association, «80% du prix de vente reviendra aux agriculteurs», promet Samuel Vandaele, président des JA, rappelant que les crédits de FCAA sont actuellement vendus à 38 €/t. «Nous avons à cœur de faire fonctionner cette future société en combinaison avec Epiterre», poursuit Christiane Lambert. Créée fin 2021 par la FNSEA, cette autre société propose des projets orientés biodiversité, et travaille déjà avec FCAA pour Andros ou Guerlain, confie Marie-Thérèse Bonneau. «Partout en France, les entreprises demandent souvent à la fois des projets sur le carbone et sur la biodiversité. Nous y répondons avec une offre à la carte et locale», assure l'actuelle présidente de FCAA.
Bio: 1 M€ pour des campagnes de promotion (Fnab/Agence bio)
À l’issue de plusieurs réunions des acteurs de la bio et des organisations interprofessionnelles agricoles autour de l'utilisation des Contributions volontaires obligatoires (CVO), un accord a été trouvé «pour lancer la première campagne de promotion de l’agriculture biologique», indique la Fnab (producteurs bio) dans un communiqué le 3 mars. La discussion avec les interprofessions aurait permis de trouver un million d’euros pour cette communication généraliste qui mettra en avant les atouts de l’agriculture biologique auprès du grand public. À elles seules, «les interprofessions laitières et des fruits et légumes ont joué le jeu de ce travail mené en commun en mettant 200 000 euros d’achats d’espaces dans les médias», relève la Fnab. «Il faut absolument que les filières viande leur emboîtent le pas et ne pas attendre que le marché se tasse pour réagir», estime son président Philippe Camburet. La campagne, prévoit-il, traitera «des aménités positives de la bio sur l’eau et la biodiversité». Elle démarrera à l’occasion du Printemps de la bio, événement annuel porté par l’Agence bio. Mais la Fnab espère également «qu’une seconde campagne sera lancée à l’automne».
Bassines: Nicolas Girod (Conf') dénonce des intimidations et insultes d'élus CR
Au Salon de l'agriculture ce 3 mars, le porte-parole de la Confédération paysanne (Conf') Nicolas Girod affirme avoir été l'objet, avec la directrice du syndicat, d'intimidations et d'insultes de la part d'élus de la Coordination rurale (CR) du Lot-et-Garonne. Une main courante a été déposée par la Conf' auprès de la police, qui s'est interposée. Le président de la CR Bernard Lannes confirme leur identité et ne condamne pas les faits: «Ce sont des choses embêtantes à voir, mais quand un syndicat dit qu'il faut lacérer des bassines...», estime Bernard Lannes. Cette agression intervient quelques mois après qu'un collectif d’opposants, dont la Confédération paysanne, avait commis des dégradations sur une réserve d’eau d’irrigation à Cran-Chamban (Charente-Maritimes) début novembre, et alors que le Lac de Caussade (Lot-Garonne), soutenu par le Coordination rurale, doit être détruit fin mars, après des recours d'associations écologistes locales. La tension montait depuis plusieurs jours sur le stand de la Conf'. Dimanche, deux personnes – non identifiées – étaient passées sur le stand, et l'un d'entre eux aurait «mis une gifle» à Nicolas Girod, rapporte l'élu: «Je peux comprendre que nos actions choquent, mais notre limite est la violence aux personnes, et elle a été dépassée», regrette Nicolas Girod.
Bio: Ifoam déplore le manque d’ambition des différents plans stratégiques de la Pac
«Pour l'instant, il existe un écart évident entre l'ambition de l'UE d'atteindre 25% de terres cultivées en agriculture biologiques d'ici 2030 et la faiblesse des mesures et des budgets actuellement prévus pour développer l'agriculture biologique dans les plans stratégiques de la Pac de nombreux États membres», conclut l’organisation européenne de défense de l’agriculture bio Ifoam dans un rapport publié le 3 mars. Ce travail, basée sur les réactions des associations d'agriculteurs bio de 22 États membres, montre que la plupart des projets de plans stratégiques nationaux de la Pac ne contribueront pas à développer de manière significative l'agriculture biologique dans l'UE. La situation est particulièrement préoccupante dans les grands pays agricoles, où le budget consacré à l'agriculture biologique a été considérablement réduit, comme l'Espagne, la France, mais aussi l’Allemagne et même l’Autriche, souligne Ifoam. Une autre inquiétude concerne la diminution de l’avantage comparatif pour la conversion des exploitations à l'agriculture biologique, par rapport aux éco-régimes incitant à adopter des pratiques moins bénéfiques pour l’environnement que le bio.
Porc: Lidl met 1,4 M€ sur la table pour améliorer le bien-être animal
À l'occasion du Salon de l'agriculture le 3 mars, le distributeur Lidl a lancé son appel à projets doté d'1,4 M€ en 2022 pour améliorer le bien-être animal dans les élevages de porcs. Pourront y émarger les élevages adhérents des groupements Eureden, Evel'Up et Porc Armor Evolution qui investissent pour «améliorer significativement le bien-être animal», précise Michel Biéro, directeur Achats de Lidl France. Et de citer parmi les projets potentiellement soutenus les cases «maternité liberté» ou les «verrateries liberté». Une quinzaine d'élevages seront choisis lors d'un comité de sélection en juin, pour une production totale de 60 à 80 000 porcs par an. Ce soutien sera formalisé par «un contrat de trois à cinq ans», prévoyant une plus-value de «quatre à cinq euros par porc élevé dans des conditions de bien-être améliorées», d'après M. Biéro. Cette prime sera «intégrée dans le prix d'achat des produits qu'achète Socopa» (groupe Bigard), également partenaire de la démarche. Par ailleurs, dans le cadre de sa politique de bien-être animal multi-espèces, l'enseigne financera des formations et des expérimentations à hauteur de 200 000 €.
Cybersécurité: la Bretagne veut protéger l'agriculture et l'agroalimentaire
Depuis le scrutin de 2021, le conseil régional de Bretagne dispose, pour la première fois, d'un conseiller délégué à la cybersécurité, aux services numériques et aux données. Issu lui-même du secteur du numérique, Jérôme Tré-Hardy doit travailler, dans les prochains mois, à une «adaptation» des politiques de cybersécurité à quelques secteurs clés de sa région, dont la santé, le maritime, l'agriculture et l'agroalimentaire, explique-t-il à Agra Presse. «Dans ces filières, il faudra répondre à des besoins spécifiques». La Région travaillera également à une politique transversale dédiée aux TPE-PME toutes filières confondues. Ces travaux s'inscrivent dans une dynamique nationale récente de décentralisation des politiques publiques de cybersécurité. En janvier, l'Agence nationale de sécurité informatique (Anssi) a annoncé la création de Centres régionaux de cybersécurité (CSIRT) dédiés aux entreprises et aux collectivités. Déployés courant 2022, ces centres doivent soulager l’Anssi, dont la fonction est resserrée autour du pilotage national de la stratégie cyber et de l’accompagnement des Opérateurs de services essentiels (OSE), une liste restreinte de structures gardée secrète par les pouvoirs publics.
Pac: une politique qui n'est «plus défendable», pour J-C Bureau (AgroParisTech)
Invité au Salon de l'agriculture le 2 mars par les ONG de la plateforme Pour une autre Pac, le professeur d'économie à AgroParisTech, et chercheur associé au Cepii spécialiste des politiques agricoles, Jean-Christophe Bureau estime que la Pac n'est «plus défendable du tout» et devient même «contraire aux traités européens», en ce qu'elle n'apporte plus de «valeur ajoutée» par rapport à ce que pourraient être des politiques nationales. Si la Pac a perdu sa vocation première de soutien à la production en prenant le virage des aides découplées, elle n'a, selon lui, pas réussi à assurer d'autres rôles. Ni social, «car les aides ne seraient pas aussi concentrées», ni environnemental, compte tenu des résultats en la matière. De plus, ajoute-t-il, la Pac «est décentralisée, et à l'avenir, chaque État membre définira ses objectifs, et je doute que la Commission puisse vraiment s'y opposer». Le chercheur cite deux freins à d'éventuels changements: «Nous ne pouvons pas en changer à cause d'une dépendance des revenus». Mais aussi à cause du «système de décision européen», qui ne permettrait pas de prendre de virages radicaux, à l'image de ceux opérés par exemple par la Nouvelle-Zélande ou le Canada.
Innovation: cinq projets agri/agro récompensés au concours Itainnov
La quatrième édition du concours Itainnov, organisé par l’Acta (instituts techniques agricoles) et l’Actia (instituts techniques agro-industriels), a remis ses prix lors du Salon de l’agriculture le 2 mars. Sur les trente candidature, douze projets ont été nommés selon quatre catégories. Dans la catégorie «Environnement, biodiversité, climat», le gagnant est un projet de R&D porté par Armeflhor (Institut technique de l’Océan indien) sur une nouvelle méthode de pollinisation des tomates à La Réunion grâce à la «mouche charbon». Dans la catégorie «Performance économique et sociale», le gagnant est Exoscarne, porté par l’Adiv (industries carnées), un exosquelette qui assiste les opérateurs de l’industrie de la viande. Dans la catégorie «Sécurité sanitaire, santé des plantes et des animaux», le prix a été remis à Ebroiler track, porté par l’Itavi (Institut technique avicole). Cet outil utilise un jeu de caméras qui enregistrent et analysent les mouvements de chaque poulet afin d’assister l’éleveur dans le suivi de l’élevage. Quant à la catégorie «Labels et qualité des produits», le gagnant est Estogel, porté par l’Iterg (Institut des corps gras): il s’agit d’un gélifiant d’origine naturelle pour la cosmétique. Un Prix spécial du public a été attribué à Bioclimsol porté par IDF (institut technique forestier) qui permet d’adapter les essences forestières au changement climatique. Réussir Agra est partenaire presse de l’évènement.
Éducation à l'alimentation: plus de 1000 signatures pour le manifeste d'Open Agrifood
«J’espère que l’Éducation nationale va prendre à bras le corps le sujet», a déclaré le président de l’association Open Agrifood, Emmanuel Vasseneix, lors de la présentation du manifeste «pour une éducation à l’alimentation», le 3 mars, au salon de l’Agriculture. En vue des élections présidentielle et législatives, les auteurs du manifeste demandent aux candidats de s’engager à inscrire l’éducation à l’alimentation dans les programmes scolaires «de la maternelle à la terminale». «Une heure par semaine serait l’idéal», affirme Emmanuel Vasseneix, également d.g. de la laiterie LSDH. L’initiative a reçu plus d’un millier de signatures, dont celles de la FNSEA, de l’Ania (industries alimentaires), de plusieurs interprofessions (Interbev, Cniel, Intercéréales…) et de distributeurs (Système U, Carrefour, Lidl, Auchan…). Ce manifeste avait été rédigé par l’Open Agrifood, le think tank Agroalimentaire, l’Acofal (frais alimentaire), le lobby Euro-Toques* et l’association de chefs Les Enfants qui cuisinent. Il devait être remis, le 3 mars, aux ministres de l’Agriculture et de l’Éducation nationale, qui s’étaient engagés à le signer mais ont dû annuler leur visite.
*Association lobbyiste de chefs cuisiniers, co-présidée par Guillaume Gomez, également ambassadeur d’Emmanuel Macron pour l’alimentation et la gastronomie.
RHD: Metro tire un bilan «encourageant» de ses engagements sur l’origine France
Deux ans après le lancement de la «Charte Origine France», le grossiste Metro a présenté, le 3 mars au Salon de l’Agriculture, le bilan de l’évolution de la part de produits français dans ses ventes aux restaurateurs. «Les résultats sont plus qu’encourageants», affirme son d.g. Pascal Peltier. Entre janvier 2020 et janvier 2022, la part de produits français a progressé de deux points pour atteindre 63% sur l’ensemble des produits de boucherie, selon les données certifiées par le cabinet KPMG. Dans le détail, l'origine France représente 60% pour le bœuf, 73% pour le porc, 53% pour le veau, 66% pour le poulet, 84% pour la volaille et 85% pour le gibier. Le taux de produits français atteint 100% sur les steaks hachés, les tartares, les œufs et le lait. «Sur les fruits et légumes de saison, seuls les produits français sont mis en avant», ajoute Pascal Peltier. La charte initiée par Metro réunit désormais treize acteurs du secteur alimentaire: la FNSEA, les JA; la FNP (producteurs de porcs, FNSEA), la CFA (aviculteurs), Légumes de France, la Coopération agricole, la Feef (entreprises de France), l’Ania (industries alimentaires), trois syndicats de restaurateurs (UMIH, GNI, CGAD) et Metro France.
Étiquetage: des marques alimentaires veulent un «affichage simplifié et obligatoire»
Réunies au sein du collectif En vérité, 35 marques alimentaires réclament, dans une lettre ouverte publiée le 3 mars, un «affichage simplifié et obligatoire pour plus de transparence alimentaire». S'adressant aux candidats à l'élection présidentielle, Alpina Savoie, d'Aucy (Eureden) ou encore Candia et Entremont (Sodiaal) proposent un étiquetage portant sur quatre «critères d'achat essentiels», notés par un curseur «facile à lire» sur le modèle du Nutri-Score. Correspondant aux «principales attentes des Français en matière d’alimentation», ces critères sont l’origine, la valeur nutritionnelle, les additifs et enfin le type d’agriculture. «Faites-vous vos courses? Avez-vous remarqué à quel point il est difficile de faire des choix éclairés en matière d’alimentation?», demandent les marques aux prétendants à l'Élysée. Le collectif dénonce la «profusion d’informations, et de désinformations», à l'origine d'une «confusion des messages», synonyme de «prime offerte aux marques qui ne font rien». Tout en reconnaissant la «responsabilité» des marques alimentaires: «Cette situation, nous avons contribué à la créer. Elle n'est plus tenable.»
Cidre: Unicid présente son livre blanc pour sensibiliser l’aval et les consommateurs
L’interprofession cidricole (Unicid) a présenté son livre blanc à Agra Presse à l’occasion du Salon de l’agriculture. «Il s’agit d’une suite à notre plan de filière qui a été élaboré pour la période 2017-2022», a indiqué le directeur d’Unicid Jean-Louis Benassi le 2 mars. Composé de sept propositions, le livre blanc vise notamment à mieux faire connaître le cidre, ses particularités et ses terroirs aux professionnels de l’aval, pour déployer la consommation. Unicid souhaite par exemple intégrer la cidrologie «dans l’ensemble des formations aux métiers de l’œnologie et de la gastronomie», ou encore sensibiliser les professionnels «vendant ou mettant à la carte les cidres». L’interprofession propose de créer une bannière «cidre produit en France», pour valoriser l’origine et se distinguer ainsi des «ciders» nord-européens au goût très éloigné du cidre bouché français. Unicid propose aussi de prendre en compte les emplois créés par les filières agricoles pour pouvoir toucher les aides Pac – ce qui lui permettrait de bénéficier de ces dernières. Enfin, elle envisage de créer des «foires aux cidres» en GMS pour mieux positionner le cidre dans le cœur des consommateurs.
Don alimentaire: un guide actualisé présenté par le secteur agri/agro au Salon
La Coopération agricole, l’Ania (industries agroalimentaires), la FCD (distributeurs), la FNSEA et Solaal (don agricole) ont présenté leur nouvelle version du guide du don alimentaire le 3 mars au Salon de l’agriculture. Cela permettra «d’améliorer les procédures dans les magasins» et «d’améliorer la qualité du don» pour être «plus efficace», s’est réjoui le délégué général de la FCD Jacques Creyssel. Le guide fait le point sur les produits qui peuvent être donnés dans le cadre de la réglementation, notamment ceux contenant des produits d’origine animale. En complément, il précise les types d’aliments refusés «systématiquement» par les associations lors des ramasses, en raison des risques sanitaires élevés. Il détaille les conditions à remplir pour obtenir une réduction d’impôts de 40 ou 60%. Enfin, le document rappelle quelles organisations ont l’obligation légale de nouer un partenariat avec une association d’aide alimentaire: c’est le cas des industries et coopératives agroalimentaires qui génèrent plus de 50 millions d’euros de chiffres d’affaires, mais pas du secteur de la production agricole.
Pain: la filière boulangerie s'engage à réduire de 10% la teneur en sel
Réduire de 10% le sel dans le pain d'ici quatre ans: c'est l'objectif fixé par l'ensemble des acteurs de la filière boulangerie, qui ont signé le 3 mars un accord collectif volontaire lors du Salon de l'agriculture, a annoncé le gouvernement dans un communiqué. Afin de répondre à cet enjeu de santé publique, «le secteur de la boulangerie s'engage à réduire la quantité de sel dans le pain, qui représente [près] de 20% de l'apport en sel quotidien des Français», indique-t-il. Les meuniers (ANMF), les boulangers artisanaux (CNBPF) et industriels (FEB) ont signé ce partenariat avec les directions générales de la Santé et de l'Alimentation. La fédération du Commerce et de la distribution (FCD), et certaines grandes enseignes comme Intermarché et Leclerc se sont elles aussi associées à cet engagement collectif à horizon 2025, d'après l'AFP. La France s'est engagée auprès de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à «réduire de 30% la consommation de sel d'ici 2025», une mesure qui permet de «faire baisser la tension artérielle et le risque de maladie cardiovasculaire», indique l'organisme onusien. Dans le détail, la teneur en sel devra passer de 1,7 g actuellement à 1,4 g 100 g de pain dit «courant», avec pour échéance octobre 2023.
Vingt personnalités distinguées par les médailles du Salon de l'agriculture
Le Salon international de l'agriculture (Sia) a décerné vingt médailles à des personnalités «qui œuvrent pour le monde agricole» ou pour le Sia, annoncent ses organisateurs dans un communiqué le 3 mars. Trois médailles résonnent particulièrement avec l'actualité: celles remises au peuple ukrainien «en signe de soutien et de solidarité», à Emmanuel Macron, et à Jean-Pierre Pernault, journaliste de TF1 décédé le 2 mars. Ont également été distingués des participants emblématiques du Salon, organisateurs, journalistes, hommes politiques (Gérard Larcher, Didier Guillaume), responsables agricoles (Philippe Pinta, Jean-Claude Sabin), ou encore le réalisateur Édouard Bergeon et le fournisseur officiel du foin du Salon Yannick Buscoz.
Agenda de la semaine agricole du 7 mars
Lundi 7 mars
Comité spécial Agriculture (CSA), préparant le prochain Conseil agricole du 21 mars
Conférence/table-ronde organisée par la PFUE sur la politique commerciale de l'UE
World processing tomato congress, en Argentine
Mardi 8 mars
Concours miels de France
Table ronde de l’Afja sur les femmes en agriculture
Régions de France présente son livre blanc
Mercredi 9 mars
Conseil spécialisé Grandes cultures de FranceAgriMer
Journées de recherche avicole et palmipèdes à foie gras
L’Opecst examine les conclusions de l’audition publique sur la gestion de l’eau
Jeudi 10 mars
Conférence de presse de la Confédération paysanne et du Modef de l'Hérault sur la réforme de la gestion des risques et le gel