Agrafil du 13 janvier 2022

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Présidentielle: première esquisse du programme agricole d'Anne Hidalgo

A la veille de sa présentation officielle à Paris, plusieurs médias généralistes ont eu accès, ce 12 janvier, au programme de la candidate socialiste à la présidentielle Anne Hidalgo. France Inter et Le Monde donnent quelques indications sur les grandes lignes du volet agricole. Selon le quotidien Le Monde, l'actuelle maire de Paris veut «interdire les insecticides néonicotinoïdes dans les cent premiers jours de son mandat». Elle devrait aussi annoncer un plan qui «devra conduire à ce que 30 % de la surface agricole française soit en bio, et le reste engagé dans des processus agroécologiques». Des «assises» du bien-être animal devraient également être organisées. France Inter ne retient pas les mêmes mesures pour le secteur agricole: selon la radio de service publique Anne Hidalgo «veut permettre notre souveraineté alimentaire, le renouvellement des générations et assurer un revenu décent». Et sa «priorité absolue» en matière agricole serait «de mettre en place une politique d’installation des jeunes agriculteurs, de lutte contre l’accaparement des terres et l’artificialisation des sols.» En matière d'écologie, Anne Hidalgo «veut inscrire dans la Constitution la lutte contre le réchauffement climatique et la perte de biodiversité, et défendre à l’international la création d’un tribunal pénal international de l’environnement», rapporte Le Monde. Enfin dans le domaine de l’énergie, la candidate viserait «100 % de renouvelables « aussi rapidement que possible ».

Présidentielle: l'équipe agricole de Valérie Pécresse

A la veille d'un déplacement agricole dans le Doubs et de la parution d'un entretien dans Agra presse, où Valérie Pécresse dévoilera son programme agricole, son entourage a dévoilé le 12 janvier les noms des membres de l'équipe agricole qui épaulera la candidate Les Républicains (LR) durant sa campagne pour l'élection présidentielle. Rattachés au périmètre de son «conseiller spécial pour la République des territoires et le travail» Xavier Bertrand, six élus LR ont été nommés conseillers techniques sur des thématiques rattachées à l'agriculture. Pascal Coste (président du conseil département de Corrèze) et Julien Dive (député de l'Aisne) formeront un duo sur l'agriculture. Jacques Cattin (député du Haut-Rhin) et Daniel Laurent (sénateur de Charente-maritime) auront la charge de la viticulture. L'eurodéputée Anne Sander sera conseillère Pac. Et Vincent Rolland (député de Savoie) se chargera de la montagne. Pas de hiérarchie entre ces conseillers: «Ces pôles auront un lien étroit entre eux mais sont indépendants», indique-t-on dans l'équipe LR. Ces élus travailleront avec une «coordinatrice technique agriculture et ruralité» en la personne de Marion Zalay. Ancienne conseillère technique (productions végétales) auprès du ministre de l’Agriculture Hervé Gaymard (2002-2004), puis directrice de l'Inao (2007-2009) et directrice de la DGER (enseignement/recherche) au ministère de l'Agriculture, cette ingénieure agronome est actuellement directrice du pôle Cohésion territoriale de la région Île-de-France.

ZNT : imprécision de Barbara Pompili sur les modalités d'information

«Nos concitoyens ont le droit d’avoir toutes les informations possibles» sur les épandages de pesticides, a estimé Barbara Pompili, interviewée le 11 janvier sur RMC. Dans le cadre des nouveaux textes réglementaires sur les zones de non-traitement aux pesticides (ZNT), «il y aura des sites internet où on pourra avoir toutes les informations possibles», a poursuivi la ministre de la Transition écologique. Ces sites internet, tempère son cabinet, ne sont qu’une option à disposition des préfectures et des producteurs pour assurer l’obligation d’information prévue par les nouveaux décrets. «Rien n’est imposé, mais tout est possible», assure l’entourage de Barbara Pompili. Charge ensuite aux préfets, souligne-t-on, «de s’assurer que les riverains seront bien informés». L’équipe du ministre de l’Agriculture confirme également les modalités d'information ne seront pas imposées, en promettant que «l’État accompagnera». Les sites évoqués par Barbara Pompili, précise-t-on, n’ont en revanche aucun lien avec le dispositif «Phyto-signal» animé par les agences régionales de santé en Nouvelle-Aquitaine, Pays-de-Loire ou Bretagne. Relancés récemment, ces dispositifs permettent aux riverains de signaler les épandages «avec des atteintes observées à l’environnement ou des effets aigus constatés sur la santé» grâce à un numéro vert ou par email.

Néonicotinoïdes: l’Inrae se positionne «pour une sortie des pesticides»

Dans une réponse envoyée au syndicat Sud le 12 janvier, et consultée par Agra, la direction de l’Inrae souligne que l'institut est «clairement positionné pour une sortie des pesticides». Dans le cas des néonicotinoïdes, le p-d.g Philippe Mauguin et son directeur scientifique Christian Huygue indiquent même qu’il n’est «pas nécessaire de savoir si [cette sortie] sera crédible ou volontaire», car elle «aura lieu» au terme des dérogations récemment accordées. Reprenant les informations du quotidien Le Monde, des représentants de Sud s’interrogeaient sur une «instrumentalisation» de l’Inrae au sein du Conseil de surveillance des néonicotinoïdes. Dans sa réponse, l’institut souligne que les modèles de sept agences de météo européennes et différents scénarios climatiques étudiés conduisent bien à un risque de présence précoce de pucerons supérieur à 80% dans les zones de cultures, «avec des impacts sur le rendement». Par ailleurs, si la biodiversité n’est pas mentionnée dans l’analyse jointe par l’institut à la consultation publique, elle est bien «au cœur des projets» sélectionnés par le Plan de recherche (PNRI) dédié aux néonicotinoïdes. Alliance européenne pour la recherche d’alternatives, métaprogramme dédié au bio, ou programme Cultiver Autrement : les dirigeants rappellent en conclusion que leur stratégie Inrae 2030 prévoit d’«accélérer les transitions agro-écologiques et alimentaires».

Présidence française de l'UE : la Coopération agricole dévoile ses attentes

Alors que la France vient de prendre la présidence du Conseil de l’Union européenne pour six mois, la Coopération agricole (LCA) a présenté ses attentes, le 12 janvier, dans une plateforme intitulée «pour une Europe souveraine, inclusive et responsable». On y retrouve plusieurs propositions adressées en décembre aux candidats à la présidentielle, comme l’adaptation de «la politique de la concurrence» entre les Etats membres, via une harmonisation des normes sociales, fiscales et environnementales. Plusieurs demandes vont dans le sens de la volonté affichée par le gouvernement français comme la généralisation des «clauses miroirs» pour «une concurrence équitable» avec les pays tiers. LCA réaffirme son «opposition» à l’accord UE-Mercosur et recommande un diagnostic sur la dépendance européenne aux importations «afin d’engager des investissements adaptés». Elle émet des réserves sur les moyens prévus dans la mise en œuvre des objectifs du Green Deal et demande «des études d’impacts cumulatives» sur les stratégies européennes. «Pour le moment, les études portant sur les conséquences de la mise en œuvre de ces objectifs, avec les moyens affichés, aboutissent toutes à une réduction de nos capacités de production, ce qui est contraire aux objectifs de souveraineté alimentaire», affirme son président Dominique Chargé.

Pain: la baguette à 0,29 € chez Leclerc, une «honte» réagit Christiane Lambert

Le distributeur E.Leclerc «bloque pendant six mois le prix de sa baguette à 0,29 € en prenant sur sa marge», annonce-t-il dans des encarts publicitaires le 11 janvier. « Nous pensons que c’est en plus un produit symbolique, a expliqué Michel-Edouard Leclerc, président des magasins éponymes sur RMC. C’est un produit phare, un marqueur de l’inflation. Comme d’ailleurs les carburants, même si je ne les mets pas au même niveau. Les consommateurs mémorisent les prix. Nous nous sommes engagés à bloquer ce prix à un prix bas, pendant au moins quatre mois, parce que la loi nous oblige à mettre une date». «Honte à lui, au moment où les prix des matières premières flambent et où la loi Egalim 2 impose la répercussion» au consommateur, s'indigne sur Twitter la présidente de la FNSEA Christiane Lambert, parmi de nombreuses réactions. «C'est l'effondrement de toute une filière, c'est le non-respect d'une filière, d'un produit artisanal», a par exemple commenté Dominique Anract, président de la Confédération nationale de la boulangerie pâtisserie française (CNBPF) sur BFM Business.

En Hongrie, le gouvernement va plafonner les prix des denrées alimentaires de base

La Hongrie a annoncé mercredi le plafonnement à compter de début février du prix de six produits alimentaires de base, afin de lutter contre une inflation galopante. «Nous avons décidé d'intervenir pour limiter les prix du sucre blanc, de la farine de blé, de l'huile de tournesol, des cuisses de porc, des filets de poulet et du lait demi-écrémé», a déclaré le Premier ministre souverainiste Viktor Orban dans une vidéo diffusée sur sa page Facebook. «Cela signifie que dans chaque magasin, ils devront revenir à leur niveau du 15 octobre 2021», a-t-il précisé à l'issue d'une réunion de son gouvernement, disant vouloir «protéger les familles». Le taux d'inflation a atteint en novembre son plus haut niveau en près de 15 ans, soit 7,4% sur un an, propulsé par la flambée des prix de l'énergie comme partout ailleurs en Europe. Le gouvernement avait déjà décidé à l'automne de plafonner le prix des carburants, afin que le litre ne coûte pas plus de 480 forints (1,35 euro) à la pompe. Ces annonces interviennent à un moment où M. Orban se prépare à des élections législatives serrées le 3 avril, face à une opposition pour la première fois unie.

Blé : l’export vers l’Algérie cale, les stocks au plus haut sur 17 ans (FranceAgriMer)

FranceAgriMer a révisé à la baisse le 12 janvier les exportations de blé tendre, qui calent vers l’Algérie, faisant gonfler les stocks au plus haut sur 17 ans. 9 Mt (contre 9,2 Mt le mois précédent) sont prévues en 2021-22 à destination des pays tiers. La campagne actuelle connaît «un démarrage tardif», a expliqué le chef de l’unité grains et sucre Marc Zribi, citant du retard à la récolte. Autre raison, une parité de l’euro face au dollar moins favorable qu’elle ne l’est devenue aujourd’hui. Mais c’est le «ralentissement» des livraisons à l’Algérie qui soulève le plus d’interrogations. Elles atteignent 1,154 Mt de blé tendre à mi-campagne, sachant que le volume «classique» est d’environ 4 Mt sur une année entière. Une situation politique «complexe» entre Paris et Alger est évoquée par Marc Zribi quand la presse raconte des tensions diplomatiques entre les deux pays. Cette perte de débouché «pourrait être en partie compensée par de nouveaux volumes en Egypte, Maroc ou Chine», considère-t-il. Après 60 000 t conclues fin décembre avec l’Egypte, «plusieurs bateaux» sont attendus par les opérateurs sur la deuxième partie de campagne, rapporte FranceAgriMer. D’importants stocks de report sont toutefois prévus, à 3,6 Mt (contre 3,5 Mt en décembre), du jamais vu depuis 2004-05.

Alimentation animale: tension sur le soja, avec une production sabrée en Amérique du Sud (USDA)

Le ministère américain de l'Agriculture (USDA) a revu nettement à la baisse l'estimation mondiale de la production de soja pour 2021-2022, plombée par les mauvais chiffres brésiliens et argentins, selon son rapport mensuel Wasde publié le 12 janvier. «Sans être une vraie surprise, c'est l'élément marquant du rapport, qui est par ailleurs plutôt neutre pour le maïs et légèrement haussier pour la production mondiale de blé», par rapport au mois dernier, a déclaré à l'AFP Sébastien Poncelet, analyste au cabinet Agritel (Argus Média France). Le rapport américain table sur une coupe sombre de la production de soja au Brésil, qui tombe à 139 millions de tonnes en janvier (-5 millions par rapport aux prévisions de décembre), mais aussi en Argentine (-3 millions à 46,5 millions de tonnes) et au Paraguay (-1,5 million à 8,5 millions de tonnes). La baisse dans ces trois pays est largement due aux fortes chaleurs qui sévissent dans la région, assèchent les sols et menacent de griller les cultures. «Cela entraîne une baisse des stocks mondiaux, qui repassent sous les 100 millions de tonnes (à 95,2 millions), en dessous du niveau de la campagne de 2020-21», a souligné l'analyste d'Agritel. Cette correction des prévisions devrait maintenir la tension sur les cours du soja, bien que les marchés l'aient déjà en partie anticipée avec des prix en hausse ces dernières semaines.

Influenza aviaire: les étudiants vétérinaires mobilisables, comme l'an dernier

Comme l'an dernier, les étudiants vétérinaires pourront être mobilisés jusqu'au 31 mai dans le cadre de la lutte contre la grippe aviaire, selon un arrêté du ministère de l'Agriculture, qui a désormais recensé une centaine de foyers en France. Les élèves volontaires des écoles vétérinaires françaises, «titulaires d'un diplôme sanctionnant les études fondamentales vétérinaires ou d'un diplôme qui en permet la dispense», pourront effectuer des visites sanitaires en élevage, des prélèvements en abattoir ou en élevage et des enquêtes épidémiologiques et de traçabilité, stipule l'arrêté publié mercredi au journal officiel. Ils pourront également participer aux opérations de «dépeuplement». Sur son site, le ministère de l'Agriculture faisait état, au 11 janvier (mardi), de 102 foyers d'influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) en élevage, 21 cas en faune sauvage et cinq cas en basse-cours. Deux regroupements de zones à risque de diffusion principales sont identifiés: dans le département des Landes et ceux aux alentours, ainsi qu'en Vendée, dans les Deux-Sèvres et le Maine-et-Loire.