Biodiversité: Bruxelles prépare un réglement avec des objectifs contraignants
Selon un projet de projet de règlement sur la restauration de la nature, qui circule déjà, la Commission européenne prévoit de fixer aux Etats membres de l’UE des objectifs juridiquement contraignants, assortis d'un objectif global au niveau de l’UE, pour enrayer la dégradation des écosystèmes et des espèces sauvages. Le projet de proposition est accompagné d'une série d'annexes sur les objectifs potentiels de restauration couvrant différents habitats dont les habitats agricoles et les prairies. Il est proposé que les Etats membres préparent des plans nationaux pour commencer à restaurer ces écosystèmes sur la base d'objectifs qui peuvent être mesurés et contrôlés dès maintenant. Et d’autres objectifs pourraient être ajoutés dans un second temps. Le texte souligne également l'obligation d'inverser le déclin des pollinisateurs et d'obtenir une tendance à l'amélioration continue des populations de pollinisateurs jusqu'à ce que des niveaux satisfaisants soient atteints, sur la base d'une méthode de surveillance des pollinisateurs qui sera établie. Ce règlement devrait être présenté le 23 mars en même temps que sa proposition de révision de la directive sur l’utilisation durable des pesticides.
ICPE : l’Autorité environnementale demande plus de transparence
Alors que la concertation sur le projet de décret relatif à l’évaluation environnementale s’est clôturée le 10 février, l’Autorité environnementale demande au gouvernement de le revoir en adoptant «une approche à la fois plus simple et robuste juridiquement». Demandé par le Conseil d'Etat, ce nouveau décret, rappelle l’organe consultatif, vise à mettre en place une «clause-filet», permettant «de déclencher une étude d’impact, même en dessous des seuils, lorsque le milieu naturel est sensible», dans le cadre des installations classées pour l'environnement (ICPE). Un rapport de Jacques Vernier, commandé par Ségolène Royal en 2015, recommandait de confier la mise en œuvre de cette clause à l’Autorité environnementale, rappelle cette dernière. Mais le texte en consultation prévoit de soumettre les projets «à l’autorité compétente en charge de la première procédure d’autorisation ou de déclaration». Or pour l’Autorité environnementale, ce processus «n’est pas transparent pour le public». Alors que les administrations sont enjointes «d’accélérer les procédures» et «de réduire les délais», «la question de l’objectivité de l’autorité chargée de la mise en œuvre de la clause filet peut se poser» selon l’Autorité environnementale.
Restauration collective: les professionnels demandent une revalorisation des «budgets»
Dans une tribune, publié le 14 janvier par le journal Les Echos, des acteurs et des fournisseurs de la restauration collective* demandent une «revalorisation des budgets de commande publique consacrés à l'alimentaire» pour faire face à «la flambée des prix de matières premières, matériaux, emballages, transports et énergies». Une inflation qui n’est «pas prise en compte dans les budgets alloués à la commande publique de denrées alimentaires», expliquent les auteurs, ce qui «met en péril la continuité de la chaîne d’approvisionnement de ce secteur». Ils décrivent une situation «intenable» et alertent sur un risque de «rupture» d’approvisionnement pour les restaurants collectifs, signalant que leurs budgets sont «déjà fortement mis sous pression» par les exigences de la loi Egalim (50% de produits durables dont 20% de bio). «Nous donnons rendez-vous aux décideurs politiques au Salon international de l'agriculture pour définir et mobiliser ensemble les moyens nécessaires pour sauver le modèle français de notre restauration collective», concluent-ils.
*CGI (commerce de gros), FNSEA, Geco Food Service (fournisseurs de la restauration), La Coopération agricole, Restau'Co (réseau interprofessionnel), SNERS (restauration et services) et SNRC (restauration collective).
Salon de l'agriculture: 2022, une édition des «retrouvailles» et de la politique
Après une édition écourtée en 2020, puis annulée en 2021, les organisateurs de Salon international de l'agriculture (Sia) veulent faire de l'édition 2022 celle des «retrouvailles», ont-ils expliqué lors d'une conférence de presse le 14 février. Pour tenir ce salon - du 26 février au 6 mars - malgré les incertitudes sanitaires, «la volonté agricole n'aurait pas suffi sans volonté politique, et elle était là», a déclaré le président du salon Jean-Luc Poulain à l'adresse du ministre de l'Agriculture. Julien Denormandie est revenu sur le caractère politique de cette édition. «Le salon se tient à la fin des négociations commerciales, ce qui signifie que la préparation du salon, c'est la négociation commerciale», a expliqué le ministre. Pour tenir ce salon, les organisateurs suivront un protocole sanitaire axé sur la ventilation et l'aération des bâtiments. Le port du masque, le pass vaccinal et le service unitaire y seront par ailleurs de rigueur, ont expliqué les organisateurs. Economiquement, le président du Salon se dit «très satisfait» des réservations des professionnels, en termes de mètres carrés et de nombre de présences, rappelant toutefois que «ce ne sera pas le même salon» qu'à l'accoutumé.
Agrivoltaïsme : l’Assemblée lance une mission flash, des «règles» en construction
L’agrivoltaïsme est un enjeu qui intéresse le Sénat, et maintenant l’Assemblée et l’Élysée. Après la parutiont en décembre d’une résolution du Sénat, adoptée en janvier, et accompagnée d’un engagement de Julien Denormandie de définir une doctrine française de l’agrivoltaïsme, la commission du développement durable de l’Assemblée nationale a lancé le mois dernier une mission flash d’information sur l’agrivoltaïsme. Deux corapporteurs ont été désignés, Sandrine Le Feur (LREM, du Finistère), agricultrice, et Jean-Marie Sermier (LR, Jura), ancien viticulteur. Les deux députés rendront leurs conclusions dans les semaines qui viennent. La mission a mené des auditions de structures comme l’Ademe, l’Afnor et la Plateforme verte, association professionnelle dédiée à la transition énergétique. Le 10 février, c’était au tour du président de la République de mentionner à Belfort «l’agri-photovoltaïsme, dont nous sommes en train de finaliser les règles», lors de la présentation de la stratégie «Énergie 2050 pour la France». Antoine Nogier, président de France Agrivoltaïsme, a salué «la place donnée à l’agrivoltaïsme dans la stratégie énergétique française 2050 présentée par le chef de l’État», se félicitant qu’elle «hisse l’agrivoltaïsme au statut de filière à part entière», tout en estimant «qu’il y a un besoin urgent de cadre».
Foie gras: premiers «axes de travail» en vue du redémarrage de la production
Alors que la phase de «dépeuplement» s'achève dans le sud-ouest, la commission sanitaire du Cifog (interprofession du foie gras) s'est réunie le 10 février, afin «d'engager l'analyse collective» de l'épisode d'influenza aviaire qui se termine, et de «sécuriser le redémarrage des élevages». Outre la question de l'expérimentation du vaccin, annoncée il y a quelques semaines par la pouvoirs publics, et «qui ne serait qu'une des composantes de l'arsenal», plusieurs «axes de travail» ont été abordés, rapporte l'interprofession dans un communiqué paru le 14 février. Le premier est l'élaboration d'une «stratégie d'autodétections à réaliser par les éleveurs» ; le deuxième est le «renforcement de la protection des sites éleveurs des animaux reproducteurs». Troisième axe: améliorer l'observance des mesures de biosécurité «à tous les niveaux de la filière». Et enfin «une analyse approfondie du nombre de lots présents pendant les périodes à haut risque sur des territoires particulièrement sensibles», avec en vue de «mieux raisonner» ce nombre.
Fruits: l’abricot des Baronnies en bonne voie pour être labellisé IGP
L’Inao a approuvé, le 25 janvier, la demande de reconnaissance en Indication géographique protégée (IGP) pour l’abricot des Baronnies, selon le chargé de dossier à la chambre d’Agriculture de la Drôme Benoît Chauvin Buthaud. Le comité national des IGP de l’Inao a validé «à l’unanimité» le cahier des charges porté par le syndicat Abricot des Baronnies, qui devrait être publié au Journal officiel «courant février». Après «une période d'opposition de deux mois, nous passerons à l'étape européenne pour la dernière ligne droite», a-t-il précisé. Dans un scénario «optimiste», le technicien de la chambre d’agriculture estime que l’indication géographique IGP devrait être obtenue «pour la récolte 2024». Une telle reconnaissance à échelle européenne serait «un événement structurant» qui permettrait aux producteurs de cet «abricot de montagne» d’avoir «une qualité homogène, reconnue est distinguable» sur le marché français et européen, a souligné Benoît Chauvin Buthaud.
Cancers pédiatriques : Yannick Jadot veut la fin des autorisations de «produits toxiques»
À la veille du 15 février, date retenue comme la journée mondiale du cancer des enfants, Yannick Jadot appelle dans un communiqué «à stopper les autorisations à grande échelle de produits toxiques sous la pression des lobbies agricoles et industriels». Encourageant les Français à donner sang, plasma et moelle, le candidat écologiste rappelle que «le cancer touche, en moyenne, 1780 enfants de moins de 15 ans chaque année et provoque 400 décès». Or ces cancers, estime-t-il, «seraient très largement liés à des facteurs environnementaux». Il est donc pour lui «impératif» de renforcer «la recherche et la surveillance de clusters», mais aussi de «lutter contre les pollutions chimiques présentes dans notre environnement, notre alimentation et les objets de notre quotidien». «Nous devons faire de la lutte contre les pollutions et de la santé environnementale une priorité du prochain quinquennat», conclut l’eurodéputé vert.
Brésil : John Deere accusé de financer la déforestation illégale (ONG)
Dans une enquête publiée le 14 février, l’association Reporter Brazil estime que John Deere et la Banque brésilienne de développement (BNDES) auraient financé du matériel à hauteur de 5,4 M$ pour cinq exploitants agricoles placés sous embargo pour déforestation illégale. «Une résolution de la banque centrale brésilienne empêche les exploitations sous embargo d’accéder aux crédits, mais une faille réglementaire autorise leurs propriétaires à bénéficier de ces crédits pour les autres fermes», rappellent les auteurs. Deux propriétaires, soulignent-ils, auraient même obtenu du matériel pour des fermes sous embargo. Garantis par la banque John Deere, les prêts à l’investissement concédés par la BNDES permettent d’accéder à des taux entre 0,95 et 1,15 %. Et au total, selon Reporter Brazil, plus de onze propriétaires totalisant près de 6 M$ d’amendes environnementales impayées auraient bénéficié de 7,6 M$ de prêts grâce à ce système. Les auteurs rappellent que le Brésil est le second marché mondial pour John Deere, juste derrière les États-Unis. Dans une réponse aux journalistes, la banque de l'équipementier indique respecter «rigoureusement toute la règlementation et les normes pertinentes» sur le crédit. Et en acquérant le matériel, rappelle-t-elle, les bénéficiaires «assument tout la responsabilité légale des équipements».
Biocarburants: Greenpeace accuse TotalEnergies de dissimuler l'impact de La Mède
L'ONG de défense de l'environnement Greenpeace a accusé le 14 février le groupe français TotalEnergies de dissimuler «les effets réels sur le climat» de sa production d'agrocarburants à base d'huile de palme importée d'Asie, dans sa raffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône). En avril, le tribunal administratif de Marseille avait demandé à TotalEnergies de revoir son étude d'impact concernant cette installation, située près de Marseille, jugeant que le document présentait «une insuffisance» concernant «les effets sur le climat, compte tenu de l'utilisation de quantités très substantielles d'huile de palme et de ses dérivés». TotalEnergies a donc déposé une nouvelle étude d'impact en janvier, qui sera suivie d'une enquête publique. Dans une contre-expertise dont l'AFP a pu avoir une copie, Greenpeace France «dénonce la dissimulation par TotalEnergies des effets réels de sa production d'agrocarburants sur le climat et la poursuite, en parallèle, de l'importation massive d'huile de palme issue de la déforestation». Selon Greenpeace, l'huile de palme importée par TotalEnergies «ne provient pas d'une vingtaine de moulins», comme l'affirme l'entreprise, mais «d'une chaîne d'approvisionnement (...) qui induit le mélange d'ingrédients certifiés et non certifiés» et inclut «la production d'au moins 268 moulins».
Présidentielle : le programme de Yannick Jadot piloté par un cadre de FNH
L’eurodéputé EELV Benoît Biteau sera le porte-parole agricole de Yannick Jadot durant la campagne présidentielle, apprend Agra presse auprès de l’équipe de campagne du candidat écologiste. Vice-président de la commission agricole du Parlement européen, celui qui se définit comme «paysan» dans sa biographie Twitter a précédemment occupe la vice-présidence de la région Poitou Charentes, puis le porte-feuille de la Mer en tant que conseiller régional en Nouvelle-Aquitaine. Côté technique, le programme sera piloté par Samuel Léré, actuellement responsable du plaidoyer au sein de la Fondation Nicolas Hulot, et spécialiste des enjeux de commerce international.
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Évènement: les Controverses de l’agriculture et de l’alimentation
Mardi 15 février (9h à 13h)
Présidentielle 2022: les engagements de candidats pour la ferme France.
Évènement organisé par le groupe Réussir Agra.
Inscriptions en ligne sur www.reussir.fr/events/controverses