Agrafil du 19 janvier 2022

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Export de bovins vifs: l'Algérie rouvre son marché aux animaux français (ministère)

«Le ministère de l'Agriculture et du développement rural algérien a annoncé la réouverture du marché des génisses et bovins d’engraissement aux exportations françaises», annonce son homologue français dans un communiqué le 18 janvier. Ces exportations étaient suspendues pendant «plus d’un an» en raison de la crise sanitaire, qui «avait empêché d’effectuer l’agréage des animaux importés», d'après la Rue de Varenne. Outre des «bovins vivants destinés à la production de viande», l'Algérie importera des animaux qui participeront à la «reconstitution d’une filière laitière» nationale. Comme le précise le gouvernement français, les opérateurs «se sont engagés et organisés pour respecter strictement» les trois cahiers des charges publiés par les autorités algériennes. Alger a fixé des critères d'âge et de poids pour trois catégories d'animaux: broutards, génisses laitières et vêles de race mixte. En 2019, l'Algérie était le sixième marché à l'export des bovins français: l'Hexagone y avait expédié pour 82 M€ de viande et d'animaux vivants, essentiellement des broutards (sur un total de 2,4 Mrd€ d'exportations).

Présidentielle: Denormandie esquisse les orientations d'un éventuel second mandat

A l'occasion d'une audition par les députés de la commission des affaires économiques le 18 janvier, le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie a esquissé des orientations politiques dans le cas où il serait reconduit à son poste à l'issue de la présidentielle. La question lui était posée par le député LREM Jean-Baptiste Moreau. Pour Julien Denormandie, les «sujets très importants qui doivent continuer (durant) les prochaines années» sont les suivants: «un, la rémunération, la mère des batailles (...) Deux, la troisième révolution agricole». La troisième partie est celle de la «valeur» de l'alimentation, notamment «nutritionnelle». «Nous avons perdu le combat de la valeur nutritionnelle, environnementale économique», a-t-il expliqué, plaidant pour un travail sur l'éducation à l'alimentation: «Au plus jeune âge, dans le débat sociétal, ça doit s’imposer comme une force de l’évidence que l’alimentation a une valeur». Plus tard lors de l'audition, le ministre s'est par ailleurs dit favorable - sans préciser d'échéance, à une nouvelle loi foncière, qui nécessitera «une sacrée consultation», et à la mise en place du chèque alimentaire. Sur ce dernier dossier, Julien Denormandie a rappelé que le retard pris dans sa mise en oeuvre «n'obère pas (s)a pertinence».

Phytos: Denormandie n'adhère «ni sur le fond, ni sur la forme» à Phytosignal

Questionné le 18 janvier par le député LR Julien Dive sur la «suspension» - révélée par Agra presse - des travaux du groupe de travail visant à déployer au niveau national le dispositif de signalement des épandage de pesticides, PhytoSignal, le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie a expliqué à la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale qu'il n'adhérait pas au dispositif «ni sur le fond, ni sur la forme». «Je ne suis pas de ceux qui pensent que ces dispositifs sont pertinents, a commenté le ministre. Cela ne veut pas dire (qu'il ne faut) pas avoir des canaux pour avoir l’appui du soutien public… mais pas sous la forme de suspicion, de délation». Et de rappeler que le motif de sa suspension des travaux était l'attente d'un retour d'expérience des dispositifs régionaux. Julien Denormandie en a profité pour commenter le slogan récemment lancé par la candidate LR à la présidentielle Valérie Pécresse («je basherai l'agri-bashing»): «Il faut arrêter de parler d’agri-bashing. Plus on parle d’agri-bashing, plus on rentre dans le jeu de ce qui en jouent». Face à la promesse du candidat écologiste Yannick Jadot de supprimer Déméter, il a rappelé son attachement à la cellule de gendarmerie dédiée à l'agriculture: «je pense que c’est très bien, très important.»

Phytos : l’activité de conseil, un « marché à saisir » (ministère)

«Il y a un marché à saisir» dans le conseil en phytos, a déclaré le 18 janvier Olivier Ruck (ministère de l’Agriculture), notant qu’une écrasante majorité de coopératives et négoces ont opté pour la vente dans le cadre d’Egalim. Depuis un an, la loi impose une séparation des deux activités, mais 2021 a été une «année de transition», selon le chargé du dossier à la DGAL, qui s’est exprimé aux Rencontres annuelles du biocontrôle. C’est une «réforme d’envergure», menée dans un «délai contraint», a souligné Olivier Ruck, adjoint au chef du bureau des intrants et du biocontrôle. Résultat aujourd’hui, seules quelques entreprises ont choisi le conseil parmi les 500 agréées en phytos. «Le modèle économique du conseil n’est pas encore stabilisé», a-t-il jugé. A ses yeux, «la ressource est là, notamment au sein des coopératives et négoces» : il faut «orienter une partie de cette ressource pour monter des entreprises de conseil». Ronan Goff, vice-président de l’IBMA (entreprises de biocontrôle), s’est dit «assez inquiet» de la situation. Avant de rassurer: «De nouveaux conseils vont voir le jour».

Fruits et légumes: la consommation du bio baisse de 10% en 2021, selon Interfel

En conférence de presse de rentrée le 18 janvier, l’interprofession des fruits et légumes frais (Interfel) a pointé «un vrai décrochage» de la consommation de fruits et légumes bio. «Cette année le recul à fin octobre, d’après les chiffres de FranceAgriMer, est de l’ordre de 10% en volume, ce qui est considérable», a alerté le président d’Interfel Laurent Grandin. En 2021, la consommation de fruits et légumes bio a baissé de 11% par rapport à 2020 et de 6% par rapport à la moyenne 2016-2018, soit un repli de 1% par rapport à la moyenne d’avant crise (2017-2019), a complété l'interprofession. D’après M. Grandin, ce repli s’explique notamment par une diminution de la demande de la part de la classe moyenne, vu la hausse des prix de l’énergie. Face à cela, Interfel œuvrera en 2022 à «soutenir la consommation» via trois types d’actions de communication. La première, transversale à toutes les filières, est organisée par l’Agence bio a rappelé M. Grandin. En complément, l’interprofession va engager «une communication spécifique» pour «essayer d’endiguer ce recul». La troisième action consiste à développer le bio dans la restauration collective, dans le cadre d’un programme européen de trois ans conduit avec l’interprofession laitière (Cniel).

Marché alimentaire français: en 2021, la population française a continué de croître (Insee)

Au cours de l’année 2021, la population française a augmenté de 0,3% pour atteindre 67,8 millions d’habitants, grâce au solde migratoire et au maintien de la fécondité, et ce malgré les incertitudes provoquées par la crise sanitaire, selon le bilan démographique annuel publié par l'institut national de statistique (Insee) le 18 janvier. La population augmente ainsi au même rythme qu’en 2020, mais légèrement moins vite que sur la période 2014-2019 (+0,4%/an). Côté naissances: 738 000 bébés sont nés en France en 2021, recense l'Insee, soit 3 000 de plus qu’en 2020. «La chute du nombre de naissances en début d’année, neuf mois après le premier confinement du printemps 2020, a ensuite été compensée par une hausse». Côté décès: 657 000 personnes sont décédées en 2021, «soit 12 000 de moins qu’en 2020, mais 44 000 de plus qu’en 2019». Le solde naturel est donc de +81 000 personnes (contre 250 000 jusqu'en 2015). Quand au solde migratoire, il est estimé provisoirement à +140 000 personnes, comme l'an dernier (contre environ 100 000 dans les années 2000). La population française continue par ailleurs de vieillir: «La hausse de la part des 75 ans ou plus dans la population s’accentue en 2022 avec l’arrivée de la première génération du baby-boom dans cette tranche d’âge».

Bovins viande: avant son congrès en février, la FNB défend la souplesse des contrats

Alors que la contractualisation est devenue obligatoire depuis le 1er janvier pour certaines catégories de bovins de races à viande, les responsables de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) se sont employés le 18 janvier à défendre la souplesse des contrats. Lors d'une conférence de presse, son président Bruno Dufayet a balayé l'argument de la «perte de liberté commerciale», brandi lors d'une manifestation en décembre par un collectif de négociants et d'éleveurs. Selon M. Dufayet, les producteurs peuvent «avoir plusieurs contrats et multiplier le nombre d'acheteurs sur le même produit». Par ailleurs, la loi Egalim 2, qui fixe à trois ans la durée minimale des contrats, n'empêche pas de «redéfinir les clauses chaque année», estime-t-il. La FNB a démarré fin 2021 une série de réunions sur le terrain pour «informer au maximum les éleveurs». Elle prévoit d'en tenir «une quarantaine», avant de «remobiliser les éleveurs» lors de son congrès, les 2 et 3 février à Aurillac (Cantal). En 2021, le revenu mensuel moyen des éleveurs de bovins viande a légèrement progressé, à 800 € contre 700 € en 2020. Alors que la ferme France a perdu 125 000 vaches l'année dernière, la FNB veut «tenter le coup de la contractualisation pour enrayer la spirale de la décapitalisation».

Bovins viande: la FNB pose ses «conditions» à la réforme de la gestion des risques

Dans un communiqué du 17 janvier, la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) énonce «trois conditions fermes» pour la réforme en cours du système de gestion des risques climatiques. Alors que le projet de loi adopté le 12 janvier par les députés prévoit une indemnisation publique réduite de moitié pour les agriculteurs non assurés, «les éleveurs de bovins devront avoir la garantie d’un déclenchement de la solidarité nationale dès 30% de pertes pour la prairie», réclame la FNB. Comme le rappelle l'association spécialisée, «les éleveurs de bovins sont, aujourd’hui, les principaux bénéficiaires du Fonds des calamités agricoles» en raison de leurs importantes surfaces de prairies. Par ailleurs, la FNB demande que la loi prévoie «la possibilité pour un éleveur de contester l’évaluation [des pertes] basée sur les indices nationaux et exiger le recours à une enquête de terrain». Ces deux sujets sont censés être traités après l'adoption du projet de loi à travers les textes d'application. Enfin, la FNB exige – à l'instar de la FNSEA – l'application totale des «opportunités offertes par le règlement européen Omnibus» pour le subventionnement de l'assurance récolte (seuil de déclenchement dès 20% de pertes et prise en charge de 70% des primes).

Phytos : 21 ONG demandent une «stratégie de sortie» aux candidats à la présidentielle

Emmenées par Générations Futures, une vingtaine d’ONG dont Greenpeace, l’Unaf, Ingénieurs sans frontières ou encore Collectif Victime Pesticides ont dévoilé le 17 janvier leurs dix propositions «pour un quinquennat réussi au sujet des produits chimiques dangereux». Parmi ces mesures, les associations demandent «une réelle stratégie de sortie des pesticides basée sur le changement des systèmes de production», assortie d’une interdiction définitive du glyphosate, des SDHI et des néonicotinoïdes. Autre revendication: des mesures de sécurité «efficaces pour les riverains et travailleurs exposés aux pesticides», comprenant des zones de non-traitement (ZNT) de 100 m, ainsi que la mise à disposition d’une information «complète», via une application, sur les dates, zones et types de produits utilisés. Recommandant «une révision du système des évaluations et homologation des substances» avec une prise en compte des effets cocktails, les ONG défendent enfin la révision de la déclinaison française de la future Pac dans le but de soutenir «réellement l’agriculture biologique».

Déforestation importée : le WWF pointe les écosystèmes oubliés

«De nombreux autres écosystèmes naturels non forestiers subissent des taux de conversion aussi élevés, voire plus élevés, que ceux des forêts», rappelle le WWF dans un rapport publié le 18 janvier. Dans cette étude, l’association apporte des éléments techniques pour appuyer une nouvelle fois sa demande : tourbières, savanes, prairies et mangroves doivent elles aussi être intégrées dans le dispositif de lutte contre la déforestation en cours de négociation au niveau européen. Car selon le WWF, oublier ces écosystèmes «présenterait un risque important de voir la conversion s’accélérer par un phénomène de fuite […] vers un écosystème non forestier». Pour preuve, illustre l’ONG, les savanes du Cerrado (Brésil) ont perdu 20% de leur surface au soja et au bœuf, notamment en raison de la protection forte de l’Amazonie. De même, dans le bassin du Congo, le gouvernement a encouragé à cultiver les palmiers à huile dans la savane pour protéger la forêt. Et de citer également le soja dans les prairies de la Pampa (Argentine), le bœuf dans le Gran Chaco (Argentine), le blé dans les grandes Plaines (USA), ou encore l’huile de palme dans les savanes d’Orénoquie (Colombie) et les tourbières de Sumatra (Indonésie). A chaque fois, «le principal moteur de la conversion des milieux naturels est l’agriculture», rappelle le WWF.

Financement participatif: Miimosa crée un fonds de dette de 30 M€

Dans un communiqué paru le 18 janvier, la start-up agricole de financement participatif Miimosa annonce le lancement d'un fonds de dette de 30 millions d'euros, qui vise une taille de 50 à 60 millions d'euros.Il s'agit selon elle «du premier fonds de dette en Europe» dédié à «la transition agricole et alimentaire». Le fonds doit être déployé dans les 24 prochains mois, précise-t-on chez Miimosa. En 2021, la start-up créée en 2015 avait accompagné 1000 projets «pour 25 M€ financés» (5000 projets, pour 70 M€ depuis son lancement). Le fonds interviendra, aux côtés des particuliers, auprès de toutes les collectes supérieures à 100 000 euros. Parmi les investisseurs, Miimosa est parvenu a notamment attiré Carrefour, l'Ademe, la fondation Carasso,Vol-V ou la fondation des Petits frères des pauvres. Outre les épargnants privés, seul Carrefour accompagnait Miimosa dans le financement des projets, rapporte-t-on chez Miimosa.

Luzerne: les déshydrateurs estiment pouvoir diviser par deux leurs émissions de CO2

Les déshydrateurs de luzerne estiment pouvoir réduire encore de moitié les émissions de CO2 fossile de leurs usines d’ici à 2025, a indiqué la Coopération agricole luzerne de France, lors de sa conférence de presse annuelle, le 18 janvier. Évaluées à 131 000 tonnes en 2020, elles devraient tomber à 64 000 en 2025. La chute devrait se poursuivre, avec des émissions de 50 000 tonnes de CO2 d’origine fossile en 2030, d’après les projections de la filière. Elles s’élevaient à près de 500 000 tonnes en 2008. Le secteur a développé depuis des programmes de réduction de consommation de combustibles fossiles, charbon principalement, grâce au développement du préfanage au champ pour faire perdre de l’humidité à la luzerne coupée. Maintenant, la filière recourt aux énergies alternatives (plaquettes forestières, miscanthus, vapeur d’incinérateur comme à Châlons en Champagne) à hauteur de 40%. «Nous comptons passer à 70 % en 2025, en massifiant la substitution du charbon par des approvisionnements de biomasse contractualisés», a précisé Yann Martinet, directeur de la Coopération agricole luzerne de France. La profession a pour cela passé fin 2020 un accord avec l’État, qui s’engage à compenser les déshydrateurs si le prix de la biomasse est supérieur à celui des énergies fossiles, a précisé Yann Martinet.

Fruits et légumes: Alexis Degouy, futur d-g d’Interfel et du CTIFL

L’interprofession des fruits et légumes frais (Interfel) aura bientôt un nouveau directeur-général, a annoncé le président de l’interprofession Laurent Grandin en conférence de presse le 18 janvier. Il s’agit d’Alexis Degouy, qui succédera à Louis Orenga. Dans un premier temps, Alix Degouy sera directeur général délégué jusqu’à fin mars, puis directeur général d’Interfel et également du centre technique interprofessionnel des fruits et légumes (CTIFL) à partir du 1er avril. Actuellement, M. Degouy est délégué général de l’Union des entreprises de transport et de logistique de France (Union TLF) depuis 2019, selon sa page LinkedIn. Avant cela, il a été directeur des affaires publiques puis directeur général adjoint de l’Ania pendant quatre ans. Auparavant, il était conseiller parlementaire puis chef adjoint de cabinet au ministère de l’Intérieur, sous Brice Hortefeux et Claude Guéant (durant la présidence de Nicolas Sarkozy). Pendant son parcours politique, il a aussi été conseiller en charge des relations avec les élus pour le ministre de l’Agriculture Michel Barnier en 2007-2009.