Ukraine: un plan de résilience agricole en construction (Élysée)
Lors de son discours d'inauguration du Salon de l'agriculture le 26 février, Emmanuel Macron a appelé à «bâtir la paix» en Ukraine, tout en prévoyant «des mesures indispensables pour apporter des sanctions et résister». «Ce que nous sommes en train de vivre ne sera pas sans conséquences sur le monde agricole et nos filières», a estimé le président, citant les exportations de vins et de céréales, mais également les prix de l’énergie et de l’alimentation du bétail. «Nous sommes en train de bâtir un plan de résilience pour sécuriser dans nos filières, nos intrants, pour construire au maximum des boucliers en termes de coûts, au niveau national et européen, et apporter des réponses dans la durée», a-t-il annoncé, déplorant une crise qui «durera». Ce plan, précise l’Élysée, comportera «des réponses de court et moyen terme permettant de sécuriser au maximum les revenus, mais également l’approvisionnement en énergie et en intrants». Il sera préparé «dans les prochaines heures» par le ministère de l'Agriculture, «en collaboration avec les filières et les interprofessions agricoles». «Les leçons de l'embargo de 2014 ont été retenues. Les hausses de l'énergie et des engrais sont historiques et insupportables, mais le ministre comme le président en ont pris conscience », salue Christiane Lambert, présidente de la FNSEA. Autant de sujets qui devraient être abordés lors d'un Conseil agricole extraordinaire présidé par Julien Denormandie le 28 février prochain.
Ukraine: inquiétudes pour la rentabilité des élevages (Snia/FNA)
«Nous sommes tous très inquiets pour l’élevage», confie à Agra Presse François Gibon, directeur général de la Fédération du négoce agricole (FNA), à l’issue d’une réunion d’urgence sur la crise ukrainienne, qui s’est tenue autour du ministre de l’Agriculture le 25 février. Pour le seul aliment porcin, confirme le Snia (fabricants d'aliment), la hausse des prix des céréales le jeudi 24 février a fait bondir le prix de 20 €/t sur un jour, par rapport à un prix précédemment aux alentours de 330 €/t. «Ce conflit vient renchérir des cours déjà élevés, en fragilisant la rentabilité de l’élevage», confirme Stéphane Radet, directeur général du Snia, rappelant le contexte haussier des 18 derniers mois. Une situation dont il faudra, prévient-il, «tenir compte dans les coûts des production des élevages». À cout terme, rassure-t-il, aucun problème de disponibilité de matière première ou d'aliment n'est toutefois envisagé en France. Du côté des cultures, les fournisseurs ne prévoient pas non plus de pénuries d’intrants. «Dans l’immédiat, nous n’avons pas de craintes sur les approvisionnements», confirme Florence Nys, directrice générale de l’Unifa (fabricants d’engrais). Principale inconnue pour l’heure, selon elle: l’évolution des prix du gaz, et donc du cours des engrais, alors que «la nouvelle campagne commencera dans deux mois». Indiquant que les fabricants demeurent «vigilants», elle souligne toutefois que le gaz «n’est pas un nouveau sujet», après les hausses observées à l’automne dernier. La situation rappelle donc pour elle que «la décarbonation de la fabrication des engrais est un sujet important», à l’échelle française comme européenne.
Au Salon, Emmanuel Macron ébauche le programme agricole du prochain quinquennat
Sans s'être officiellement déclaré candidat, Emmanuel Macron a dévoilé, lors de son discours du 26 février pour l’inauguration du Salon de l’agriculture, plusieurs pistes pour un second quinquennat. «Nous avons encore beaucoup de chantiers», a reconnu le président de la République. Principale mesure: «un grand texte d’orientation et d’avenir agricole», ayant pour objectif d'installer 20 000 jeunes par an contre 14 000 actuellement. Le texte viserait à «renforcer la formation», à faciliter les investissements dans le numérique, mais aussi à inventer «des systèmes de portage pour faciliter l’installation». «Nous serons au rendez-vous du renouvellement des générations», a assuré le président. M. Macron envisagerait également – dans le sillage de la récente interdiction des antibiotiques comme facteurs de croissance – d’affronter les distorsions de concurrence «sur chacun des points, dès qu’une injustice s’installe». Le chef de l'État souhaite aussi poursuivre «le combat de la juste rémunération». À deux jour de la fin des négociations commerciales annuelles, M. Macron a appelé distributeurs et industriels à «la responsabilité» dans l'application de la loi Egalim 2, tout en rappelant le renforcement des contrôles. Sous les applaudissements des professionnels, il a enfin indiqué souhaiter prolonger l'exonération de cotisations pour les travailleurs occasionnels (TODE), puisque «personne n'a inventé d'instrument plus adapté ».
Présidentielle: les annonces de Macron, «bon signe» ou «paradoxe», selon les syndicats
Réagissant à la «loi d'orientation agricole» évoquée par Emmanuel Macron dans son discours d'inauguration du Salon de l'agriculture, le 26 février, Samuel Vandaele, président de Jeunes Agriculteurs, salue auprès d’Agra Presse «un très bon signe» sur l’installation et le renouvellement des générations. Issu de discussions avec l’Élysée dans les dernières semaines, ce projet pourrait selon lui «rassembler beaucoup de propositions portées par les JA». «C'est quasiment une déclaration de candidature», réagit de son côté la présidente de la FNSEA Christiane Lambert, estimant que le prolongement du dispositif TO-DE souhaité par le président «sera clé pour embaucher les saisonniers». Quant à la Confédération paysanne, elle se félicite aussi de l'accent mis par le chef de l'État sur l’installation, mais elle doute de la trajectoire proposée. «Comment peut-on faire à la fois une Pac qui reste identique, un plan France 2030 centré sur la génétique, la robotique et le numérique qui va rendre les paysans plus dépendants, et croire en même temps qu’on va installer plus de monde?» s’interroge Nicolas Girod. Pour lui, la loi d’orientation devra donc remettre en cause les aides à l’hectare, ainsi que la concentration du foncier. La FNSafer avait déjà annoncé en décembre 2021 un projet de fonds national de portage du foncier, dont les consultations seraient actuellement en train de se terminer.
Argentine: 1 Mha et 630 M€ de dégâts agricoles après des incendies hors normes
Zones de réserve naturelle, prairies, forêts, cultures… Selon l’Institut argentin de technologie agricole (INTA), près d’un million d’hectares ont été ravagés dans la province de Corrientes (nord-est) par des incendies toujours hors de contrôle. Seules les pluies attendues cette fin de semaine pourraient les freiner. La Société rurale argentine (SRA) a estimé les pertes subies par les exploitants agricoles, jusqu’ici, à un total de 630 millions d’euros. Quant au bétail, le recensement des animaux ayant péri dans les flammes n’a pas encore été établi, sachant que la province de Corrientes compte un cheptel bovin de 4,6 millions de têtes. Le bilan s’alourdira à cause du manque de fourrages, qui provoquera une hausse de la mortalité et une baisse du taux de fertilité. Les premiers foyers d’incendies à Corrientes se sont déclarés dès novembre 2021. Ils sont devenus hors de contrôle dans un contexte de sécheresse qui touche tout le nord-est de l’Argentine, ainsi que le Paraguay. Toutefois, l’hypothèse de l’origine humaine des foyers n’est pas écartée. «Plus de 70 enquêtes policières liées à l’origine de ces feux ont été ouvertes à la suite de plaintes», a indiqué le ministre argentin de l’Environnement, Juan Cabandié. (Marc-Henri André)
Relations commerciales: Lidl va expérimenter le Rémunéra-score en viande bovine
Dans un communiqué commun paru le 26 février, le discounter Lidl et la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) annoncent le lancement prochain d'un Rémunéra-score dans la filière bovine. Une expérimentation volontaire de cet étiquetage était prévue, pour une durée de cinq ans, dans la loi Egalim 2. Chez Lidl, il sera appliqué «avant septembre» et sur «tous les produits issus de contrats tripartites» portant sur des «races à viande» commercialisés dans la réseau français de Lidl. Il prendra la forme d'une notation alphabétique, allant «A+» à «F». La note maximale sera attribuée à des produits sur lesquels la rémunération de l'éleveur est «indexée sur le coût de production de l'éleveur, valeur de référence émise par l'interprofession», précise le communiqué. La moins bonne serait attribuée à un «prix moyen de marché (...) aujourd'hui inférieur de beaucoup au coût de production». Dans la filière bovine, la parution des indicateurs de coûts de production par l'interprofession est toujours bloquée, les syndicats ont récemment saisi l'institut technique (Idele) pour qu'il les publie.
Circuits courts: Groupama lance un service en ligne pour aider les agriculteurs
A l'occasion du Salon de l'agriculture, Groupama dévoilera le 28 janvier un service en ligne dédié aux circuits courts intitulé Granvillage, qui «permettra entre autres aux producteurs de créer une vitrine en ligne pour une meilleure visibilité des produits et de simplifier la gestion de leur commercialisation», est-il indiqué sur les plaquettes distribuées sur le stand de l'assureur. Le service reposera sur un outil fourni en marque blanche par la start-up française Kuupanda, indiquent ses co-fondateurs à Agra presse. Basée dans les Pyrénées-Orientales, Kuupanda vient de lever 500 000 euros avec des objectifs ambitieux de diffusion de son logiciel en ligne de gestion de la commercialisation de produits agricoles en circuits courts. «Né de quatre ans de développement, cet outil fait gagner 4 heures par semaine, dans la gestion des stocks, des commandes, de la logistique…», a expliqué l'un des cofondateurs Pablo Hernandez, lors de la journée de lancement de l’accélérateur Hectar, le 16 février. «Nous avons choisi une politique de prix agressive». Kuupanda propose une offre freemium à 20 euros par mois, et des offres sur mesures, notamment pour les distributeurs clients des agriculteurs. L'objectif est d’attendre 20 000 producteurs en 2025, contre 500 actuellement.
Influenza: le ministère prévoit des remises en place de volailles dès le 29 mars
«Les mises en place de jeunes volailles pourront (…) être ré-autorisées à compter du 29 mars», annonce le ministère de l'Agriculture dans un communiqué le 24 février, considérant que «l’épizootie d’influenza tend à se stabiliser dans le Sud-Ouest». Cette reprise de la production sera soumise à deux conditions: une «absence de circulation de virus dans la zone» de dépeuplement massif, ainsi qu'un «audit biosécurité favorable». Dans le détail, la Rue de Varenne prévoit deux périodes: une «première période de trente jours (suivant le dernier foyer recensé de la zone)» pour le nettoyage-désinfection; puis une période «complémentaire de vide sanitaire (dit d’assainissement) de trois semaines minimales». Comme pressenti, le dépeuplement massif mené dans la zone de 226 communes du Sud-Ouest est «achevé», confirme le ministère. Bilan: «Depuis le début de la crise, près de 4,18 millions d'animaux ont été abattus, dont 3,44 millions dans le Sud-Ouest.» Toutefois, le gouvernement ajoute qu'un «nombre d’élevages limité a été préservé et soumis à protocole de surveillance renforcé». Couvoirs, élevages de reproducteurs, élevages de poules pondeuses: il s'agit d'exploitations présentant une «importance particulière pour l’économie de la filière et les capacités de remises en production».
Bio: la Fnab exige un moratoire sur la collecte des CVO par les interprofessions
«Nous demandons au gouvernement un moratoire sur le droit accordé aux interprofessions de collecter les contributions volontaires obligatoires (CVO), puisque celles-ci ne sont pas alignées avec les objectifs du gouvernement sur la bio», défend Philippe Camburet, président de la Fnab, auprès d’Agra Presse. Son syndicat, rappelle-t-il, souhaitait depuis décembre réorienter CVO collectées par les producteurs bio pour financer des campagnes de promotion de l’Agence bio. Mais dans le cadre des discussions autour du ministre de l'Agriculture Julien Denormandie ces dernières semaines, «les efforts ne sont toujours pas à la hauteur», regrette-t-il. En lait, illustre-t-il, le Cniel aurait par exemple prélevé aux agriculteurs biologiques 2 millions d’euros de taxes, pour en réinvestir seulement 17% dans la bio. Et malgré quelques augmentations consenties par certaines interprofessions, rares seraient celles qui accepteraient de financer directement l’Agence bio, dont les besoins ont été chiffrés à 15 millions d’euros.
Carbone: le chantier européen est «stratégique» pour le label bas-carbone (Arvalis)
Pour le label bas-carbone français, «les discussions européennes dans les mois à venir seront stratégiques», prévient Baptiste Soenen, chef du service agronomie d'Arvalis, et l’un des auteurs de la méthode de calcul en grandes cultures. Car par crainte du «greenwashing», rappelle-t-il, les discussions européennes tendraient aujourd’hui à séparer le stockage de la réduction d’émissions dans un éventuel système du carbone volontaire européen. Or, rappelle Baptiste Soenen, «dans le label bas-carbone français, stockage et émissions sont comptés en même temps». Seule une somme totale positive permet alors aux producteurs de vendre leurs crédits. Centrer le label bas carbone européen sur le stockage pourrait alors potentiellement selon lui s'avérer contre-productif, en encourageant par exemple les agriculteurs à fertiliser leurs intercultures pour augmenter le stockage de carbone dans sol, tout en faisant croître le bilan d'émissions à l’hectare. Principale raison d’optimisme : «la France est en avance», rappelle Baptiste Soenen, indiquant avoir été sollicité par de nombreuses directions européennes, tout comme ses collègues de l’Idele.
Biodiversité: «Nous n'atteignons pas les objectifs», concède Bérangère Abba
Bérangère Abba, secrétaire d'État chargée de la Biodiversité, a estimé le 25 février à Strasbourg que les objectifs européens en matière de protection de la biodiversité n'étaient pas atteints, à l'occasion d'une conférence célébrant les 30 ans du dispositif Natura 2000. «Malgré les efforts et les moyens conséquents déployés au niveau communautaire, nous n'atteignons pas les objectifs que nous nous sommes fixés en matière de lutte contre l'érosion de la biodiversité», a déclaré Bérangère Abba, en clôture de la conférence, organisée dans le cadre de la présidence française de l'Union européenne sur les zones Natura 2000. A l'issue de deux jours d'échanges ayant rassemblé experts et ministres au Parlement européen, Bérangère Abba a dressé «le constat qu'il nous fallait accélérer, être plus ambitieux sur ces dispositifs de préservation de la biodiversité au niveau européen, au regard de nos expériences nationales et des défis à l'oeuvre». En conclusion de la conférence, les 27 pays membres ont adopté une déclaration d'intention, baptisée "Déclaration de Strasbourg", qui distingue trois «principes clés»: le renforcement de la législation européenne existante, la réduction des «pressions humaines sur la nature», et l'accompagnement vers des «pratiques compatibles avec la préservation de la biodiversité». A l'occasion des 30 ans du réseau Natura 2000, plusieurs ONG ont déploré une «véritable course à la désignation de nouvelles aires protégées, au détriment de la mise en place de mesures de gestion appropriées».
Agroécologie: des cadres d'Inrae dressent six chantiers prioritaires
Pesticides, climat, bio, transition alimentaire, revenus, installation: «L’agriculture française doit résolument s’engager sur une autre voie en répondant à six grands défis», estiment plusieurs cadres de l’Inrae dans un article publié le 24 février sur le site The Conversation, à la veille du Salon de l’agriculture. Christian Huygue (directeur scientifique agriculture), Cécile Detang-Dessendre (directrice de recherche) et Hervé Guyomard (directeur de recherche) dressent dans cette tribune plusieurs constats d’échec. Pour eux, le plan Ecophyto «n’a pas produit la baisse escomptée», les émissions agricoles restent stables, les politiques nutritionnelles restent «modestes», et plus de 50 milliards d’euros sont dépensés chaque année pour dépolluer les eaux des nitrates et pesticides. Autant de déconvenues face auxquelles les chercheurs proposent de renforcer les redevances pour pollutions diffuses, de taxer les émissions de gaz à effet de serre agricoles, de mieux récompenser les services environnementaux du bio, de favoriser la mixité lait/viande des troupeaux, d’introduire des mécanismes d’ajustement aux frontières européennes sur l’environnement et de la santé en plus du climat, ou encore de faire des exploitations «des entreprises à mission».
Start-up: la Ferme Digitale intègre des investisseurs et régionalise son réseau
A l'occasion du Salon de l'agriculture, où elle dispose du plus vaste stand de l'évènement (600m2), assurent ses dirigeants, la Ferme digitale, principal réseau de start-up agricoles français, a présenté ses nouvelles orientations le 26 février, annonçant notamment l'intégration d'investisseurs dans son réseau. Les sociétés d'investissement Famm, fondée par l'entrepreneur Didier Rousseau, et Astanor, qui a récemment recruté l'ex p.-d-g de Danone Emmanuel Faber, formeront un «pôle d'investisseurs» au sein de l'association, qui fédère désormais 75 sociétés membres, dont une cinquantaine de start-up. Son président Jérôme Le Roy (Weenat, stations météos connectées) a également annoncé le développement d'un maillage régional, avec la nomination de six ambassadeurs régionaux, chargés d'animer le réseau dans leur périmètre géographique. L'association a également affiché un objectif de faire «labelliser» 50% de ses membres sur des critères d'économie «à impact» (ex: Zei, B-Corp). La Ferme Digitale a récemment remis un rapport sur les contours de l'initiative French AgriTech pour les start-up agricoles, qui doit être présentée avec le gouvernement le 28 février au Salon.
Relations commerciales: Yves Tregaro reconduit en tant que médiateur délégué
Par un arrêté ministériel du 21 février, Yves Tregaro a été reconduit pour un mandat de trois ans à son poste de médiateur délégué des relations commerciales agricoles, aux côtés de Thierry Dahan, le médiateur en titre depuis décembre. Ingénieur agronome de formation, Yves Tregaro occupe cette fonction depuis 2017. Il exerçait précédemment en tant qu’agroéconomiste à FranceAgriMer et a également été membre du conseil scientifique d’AgroParisTech entre 2019 et 2021. Les pouvoirs de la médiation des relations commerciales ont été renforcés par la loi Egalim 2 du 18 octobre 2021, avec l'élargissement de ses prérogatives à la conclusion des contrats écrits pour la vente de produits agricoles - et non plus seulement à leur exécution.
Agenda de la semaine agricole du 28 février (complément)
Lundi 28 février
7h30 - Valérie Pécresse (LR) débute sa visite du Salon de l'agriculture
12h - Présentation de l'initiative French Agri Tech - Hall 4 - Ferme digitale
Mardi 1er mars
Matinée - Jérémie Wainstain (The green data) présente son ouvrage L'équation alimentaire - Hall 4, stand Ferme digitale
Vendredi 4 mars
Présentation des résultats semestriels de Bonduelle