Agrafil du 6 juin 2024

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Tuberculose bovine: vers une «adaptation» des conditions d’indemnisation

À l’occasion des questions d’actualité au gouvernement, le 5 juin, au Sénat, la ministre déléguée à l’Agriculture Agnès Pannier-Runacher a annoncé qu’un «groupe de travail associant les représentants agricoles sera très prochainement lancé pour adapter le dispositif d’indemnisation» à destination des élevages touchés par la tuberculose bovine et contraints d'abattre tout ou une partie de leur cheptel (vidéo). Les conclusions de ce groupe de travail sont attendues «pour la fin de l’année», explique la ministre. «Nous en tirerons immédiatement des actions pour améliorer ces indemnisations», assure-t-elle. Agnès Pannier-Runacher répondait à une question de la sénatrice de la Gironde Nathalie Delattre. Cette dernière évoquait le cas d’une éleveuse girondine contrainte d’abattre l’ensemble de son cheptel pour une vache atteinte de la maladie. Afin de toucher la totalité des indemnisations, un éleveur doit reconstituer son troupeau «sous un délai d’un an et à l’identique», poursuit la sénatrice. Or, cela est impossible pour cette éleveuse car ses 200 animaux «d’une race rare n’existent pas sur le marché», affirme-t-elle. L’élue dénonce «un cahier des charges strict et d’une complexité abyssale». La ministre déléguée convient qu’il est nécessaire d’adapter le dispositif d’indemnisation «aux évolutions, notamment au regain d’intérêt pour les races les plus rares».  

Saisonniers/logement: la garantie Visale ouverte aux travailleurs saisonniers

Les travailleurs saisonniers peuvent, depuis le 4 juin, bénéficier de la garantie Visale, annonce le groupement paritaire Action Logement dans un communiqué le 5 juin. Cette garantie, pilotée par l’APAGL, association paritaire d’utilité sociale au sein du groupe, vise à faciliter l’accès au logement des jeunes et des salariés en mobilité professionnelle et sécuriser les propriétaires-bailleurs en cas de location de leurs biens. Cette évolution va offrir une plus large diversité de logements éligibles pour les travailleurs saisonniers et la capacité de proposer à des bailleurs d’être couverts contre les impayés locatifs, sur des durées d’occupation réduites, de 1 à 9 mois. Par ailleurs, ces derniers sont aussi couverts pour le risque en cas de dégradations du logement pouvant aller jusqu’à l’équivalent de 3 mois de loyer (dont 1 mois au titre des dégradations des meubles). Le groupe précise qu’un guide qui fait le point sur les solutions déployées dans tous les territoires est disponible. Le 29 mai, le Cese avait adopté un avis sur le logement des travailleurs saisonniers préconisant l’éligibilité des logements dédiés aux mêmes aides des logements permanents.

Saisonniers : l’Italie veut renforcer le contrôle des visas pour les travailleurs hors UE

La Première ministre italienne Giorgia Meloni a annoncé le 4 juin un plan pour réformer le système italien de visas pour les travailleurs non originaires de l'UE. «Les flux légaux pour raisons professionnelles sont utilisés comme un autre canal de l'immigration clandestine. Nous sommes face à un mécanisme de fraude et de contournement - avec une forte interférence du crime organisé - que nous devons arrêter et corriger», a-t-elle indiqué. Le gouvernement souhaite mettre en place un système où les arrivées seraient conditionnées à un contrat de travail. Selon Mme Meloni, «seul un pourcentage minime» des visas de travail sont liés à un contrat de travail. Par exemple, le chiffre était de 3% en Campanie, où 157 000 demandes de visas ont été déposées pour des emplois saisonniers l'an dernier - plus de la moitié des 282 000 demandes déposées au total. Le gouvernement italien a établi des «quotas» de travailleurs hors UE en 2023. Ainsi, en décembre, l’Italie avait de façon significative ouvert ses portes à 82 550 travailleurs saisonniers non communautaires dont près de la moitié pour le secteur agricole. Les travailleurs saisonniers étrangers ont représenté 32% du total des journées de travail nécessaires au secteur en 2022. 

Vendanges/climat: une majorité des vignerons inquiets pour leur santé (étude)

Les professionnels du vin seraient 78% à considérer qu’il existe des risques pour leur santé physique (malaises, déshydratation, baisse de l’attention) et 37,5% à s’inquiéter pour leur santé mentale, en raison de l’augmentation des températures dans le cadre de leur travail, selon l’étude Cliseve (Climat, Santé et Vignobles) dévoilée par Vignerons Engagés le 5 juin. Elle a été menée par l’organisation professionnelle, l’agence RSE Croissance bleue et le laboratoire Lapa-Research. La viticulture, deuxième métier la plus exposée après celle du BTP, a fait face à une actualité tragique lors des vendanges 2023. Pour la filière vin, l’enjeu est aussi celui du recrutement: 43% des répondants pourraient renoncer à travailler, sous 5 ans, dans la filière vin en raison des difficultés liées au réchauffement climatique. «Nous avons désormais un état des lieux détaillé sur lequel s’appuyer pour construire un plan d’action à la hauteur des enjeux», indique Rémi Marlin, président de Vignerons Engagés. L’étude donne une vingtaine de recommandations qui seront présentées aux pouvoirs publics et aux professionnels de la filière. Les solutions identifiées constitueront un guide de 10 bonnes pratiques que Vignerons Engagés entend distribuer à partir du mois de juillet. 

Pesticides/drones: PPL examinée mardi à l'Assemblée, soutien du gouvernement

Le député Renaissance Pascal Lavergne a déposé le 5 juin une proposition de loi visant à autoriser, sous condition, le recours au drone pour l'épandage de pesticides. Le texte sera examiné le 11 juin par la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale. A l'occasion d'une audition parlementaire le 4 juin, la ministre déléguée de l'Agriculture, Agnès Pannier-Runacher, a indiqué que ce texte aura le soutien du gouvernement. La proposition de loi vise l'usage sur des vignes en pente, des vignes mères de porte-greffes conduites au sol et des bananeraies, à condition que les agriculteurs ne recourent qu'à «certains produits à faible risque ou autorisés en agriculture biologique, lorsque celui-ci présente des avantages manifestes pour la santé humaine et l’environnement par rapport aux applications terrestres». Le texte ouvre aussi un usage à d'autres types de parcelles ou cultures «dans le cadre d’essais dont les conditions de réalisation garantissent l’absence de risque inacceptable pour la santé et l’environnement». La loi Egalim avait instauré une expérimentation de trois ans sur des surfaces agricoles à forte pente ou en bio qui s'est achevée en 2022. En 2023, Marc Fesneau s'était dit favorable à sa reconduction. Ce retour est notamment demandé par la filière viticole afin d'éviter les accidents liés aux retournements d'engins d'épandage terrestres sur fortes pentes.

Pesticides/eau: Pannier-Runacher espère des budgets supplémentaires pour les captages

À l'occasion d'une audition le 4 juin devant les députés de la commission du Développement durable, Agnès Pannier-Runacher, s'est dite favorable à des budgets supplémentaires pour la protection de l'eau. «Sur les crédits eau, le ministère de l'Agriculture a une enveloppe de 20 M€ dans le cadre du Parsada. Vous allez me dire: "C'est très peu". Vous avez raison», a-t-elle répondu au député socialiste Jean-Louis Bricout, qui estimait les dépenses annuelles des collectivités dans le traitement de l'eau autour de 250 M€. Et la ministre d'ajouter: «C'est pour cela que le MTECT (ministère de la Transition écologique) travaille sur un plan eau plus large sur lequel il fera ses annonces prochainement, et qui prend en compte les enjeux dans la limite de nos marges de manœuvre budgétaires». Son cabinet précise que la ministre faisait référence au lancement «dans les prochaines semaines» du Groupe national captage (GNC), comme annoncé dans le plan Ecophyto 2030. Une réunion avec les ministres de la Santé et de l'Environnement doit permettre de définir la «méthode appliquée par le GNC» d'ici la «mi-juin». Le cabinet du ministre de la Transition écologique précise que le Plan eau prévoit bien des mesures de protection des captages, «dans une logique préventive», et que des «financements sont en cours».

Pesticides: le CGAAER appelle à planifier les alternatives «plusieurs années en avance»

Dans un rapport publié le 3 juin sur les alternatives aux pesticides contenant une substance active visée par un retrait, le CGAAER recommande de mettre en place «un dispositif» qui permette de «déclencher, plusieurs années en avance d’un retrait, la décision de lancer les plans d’action» pour identifier les alternatives non chimiques. Il recommande aussi d’améliorer le «pilotage global» de la politique publique sur la protection des cultures pour répondre à la «forte demande de sécurisation» des professionnels, notamment demandeurs de «marges d’adaptation» et de «délais d’appropriation des alternatives», d’autant qu’ils doivent aussi composer avec d’autres défis comme le changement climatique et la protection de la biodiversité. Ces recommandations sont issues d’un «retour d’expérience» des plans de sortie du glyphosate, des néonicotinoïdes et du phosmet. Au passage, note le CGAAER, les plans d’actions sur les alternatives «sont généralement conçus comme un mécanisme d’adaptation de la production végétale aux retraits des substances actives et à la diminution de l’offre en agrochimie» alors qu’ils «pourraient aussi être considérés comme un levier vers la transition agro-écologique tout en préservant la souveraineté alimentaire de la France».

Pesticides: le CGAAER propose de prioriser les zones «les plus sensibles» pour les alternatives

Dans son rapport du 3 juin sur les alternatives aux pesticides de synthèse, le CGAAER propose aussi de «déployer en priorité» les alternatives non chimiques et mixtes dans les zones «les plus sensibles» (zones de présence de riverains, à proximité de cours d’eau, captages, Natura 2000). Ce déploiement localisé doit être assorti d’aides à la formation et à l’information; d’un appui financier face au «surcoût», aux risques phytosanitaires accrus liés à «la moindre efficacité des alternatives», à la charge de travail supplémentaires et aux besoins en agroéquipements, estime l’instance. Les hauts-fonctionnaires estiment également qu’il faut «créer de la clarté et de la confiance» sur l’«efficacité» et l’ «innocuité» des méthodes non chimiques, souvent combinatoires, de protection des cultures. Pour cela, ils recommandent d de mettre en place «un dispositif normalisé d’évaluation» avec des «réseaux d’essais des méthodes non chimiques et mixtes» reposant sur des «protocoles officiels» et «des mesures favorisant les dispositifs en grandes parcelles».

Pesticides: plus de 80% des Français «inquiets» des conséquences (sondage)

Plus de huit Français sur 10 sont «inquiets» des effets des pesticides sur l’eau, la biodiversité et la santé, affirme la Maison de la bio dans un communiqué le 5 juin. L’organisation des professionnels de la bio qui rassemble notamment le Synabio (transformateurs), le Synadis (distributeurs) et Forébio, (organisations de producteurs….) s’appuie sur «un sondage exclusif Ifop» réalisé en mai. Sur 1003 personnes interrogées, 86% se disent «inquiètes» des conséquences des pesticides sur la qualité de l’eau, et 83% sur la biodiversité, la santé des consommateurs et la santé des agriculteurs. «L’Agriculture biologique est le seul label officiel de qualité garantissant la non-utilisation de pesticides de synthèse et réglementé par les institutions françaises et européennes», rappelle la Maison de la bio qui demande de «réaffirmer des objectifs ambitieux pour le développement de l’Agriculture Biologique dans les territoires et se donner les moyens de les atteindre». Inscrit dans la Stratégie nationale biodiversité et repris dans la Planification écologique, l’objectif de la France est d’atteindre 21% de surfaces en bio en 2030, contre 10,7% en 2022. Une ambition réaffirmée en mai durant les débats parlementaires sur le projet de loi d’orientation agricole. 

Chambres/pesticides: vers l'«allègement» de la condition d'indépendance de l'élu

À l'occasion d'une audition le 4 juin devant les députés de la commission du Développement durable, la ministre déléguée de l'Agriculture, Agnès Pannier-Runacher, s'est engagée à assouplir le critère d'indépendance des élus de chambre d'agriculture vis-à-vis des activités de vente de pesticides, instaurée dans le cadre de la séparation de la vente et du conseil en 2019. «Je vous confirme que nous allons résoudre ce problème de constitution des listes électorales; nous avons besoin d'élus de chambres d'agriculture qui ont des responsabilités, qui connaissent bien le monde agricole», a-t-elle répondu au député Jean-Luc Fugit; le parlementaire Renaissance rapportait les «difficultés [des chambres] pour recruter des administrateurs», car «l'indépendance des instances (...) est très limitante». Le cabinet d'Agnes Pannier-Runacher précise qu'il s'agira d'«alléger la condition empêchant les élus membres d'une organisation exerçant une activité de vente de siéger au bureau d'une chambre d'agriculture». Les contours de la mesure, qui passera par la future loi sur les pesticides, restent à définir, «notamment pour éviter la présence lors de délibérations pouvant placer l'élu en question en situation de conflit d'intérêt». Le dernier scrutin consulaire s'est déroulé quelques mois avant la parution de l'ordonnance de séparation de la vente et du conseil. Le prochain scrutin doit se dérouler en janvier 2025, et le gouvernement doit en fixer les règles prochainement.

Clauses miroirs: un groupe transpartisan à l'Assemblée pour «donner une impulsion»

Un groupe transpartisan de députés s'est fixé le 5 juin comme objectif de «donner une impulsion» au gouvernement pour porter à  Bruxelles les mesures miroirs, des dispositions qui permettent d'imposer aux produits agricoles importés les mêmes normes que celles s'appliquant aux agriculteurs européens. «Nous avons tout pour constituer un combat transpartisan afin de faire aboutir un instrument juridique à l'échelle européenne», a déclaré le  socialiste Dominique Potier lors d'une conférence à l'Assemblée nationale. «Il faut qu'on leur donne une impulsion en vue des combats européens à venir», a-t-il ajouté. A ses côtés étaient présents une dizaine de parlementaires allant du communiste André Chassaigne au LR Julien Dive en passant par le macroniste Frédéric Descrozaille et l'écologiste Marie Pochon. Leur but à court terme est d'inscrire à l'agenda parlementaire une proposition de résolution, sur la base de celle déposée en février par plus de 70 députés, invitant le gouvernement à défendre le sujet auprès de la Commission européenne et proposant une feuille de route sur les mesures miroirs à pousser à Bruxelles.

Climat: The Shift project lance une consultation des agriculteurs pour octobre

Le cabinet de conseil The Shift project a lancé une «grande consultation» des agriculteurs via une enquête en ligne , le 5 juin, pour enrichir son rapport final sur l’agriculture dont la publication est prévue le 28 novembre. «Nous avons lancé un ambitieux travail de réflexion sur votre domaine, c'est-à-dire le domaine agricole dont nous savons qu'il doit aujourd'hui marier trois contraires: produire beaucoup, produire pas cher, produire en respectant l'environnement», déclare le président Jean-Marc Jancovici dans une vidéo postée sur Youtube pour inciter les agriculteurs à donner leur avis. «L’objectif de cette grande consultation (menée avec l'association de bénévoles Le Shifters, NDLR), c’est vraiment d’avoir un maximum de retours de terrain pour demander aux agriculteurs et aux agricultrices leur perception de ces enjeux, leurs attentes, leurs besoins, les freins pour transformer le secteur agricole», renchérit la cheffe de projet affaires publiques Emma Stokking auprès d’Agra Presse. «La consultation va rester ouverte jusqu’au rapport final (…) mais on propose aux agriculteurs d’y répondre avant octobre, puisqu’il nous faudrait un petit temps pour intégrer l’ensemble des retours pour que ce soit prêt pour le rapport final», ajoute-t-elle. 

Sucre: une PPL Modem pour augmenter la taxe soda et l'étendre à l'ultra-transformé

Dans un communiqué de presse paru le 5 juin, le député Modem du Rhône Cyrille Isaac-Sibille annonce avoir déposé une proposition de loi visant à augmenter la taxe soda et l'étendre aux sucres ajoutés dans les produits ultra-transformés. Dans le détail, ce médecin de formation propose de concentrer la taxe soda sur «trois paliers au de 16» et d'augmenter les taux d'accise. Dans une étude le 19 mars, l'Anses observait une diminution des teneurs moyennes pondérées de sucres de 7% entre 2013 et 2019 pour l’ensemble du secteur des boissons rafraîchissantes sans alcool. Parmi les pistes d'explications :  l’instauration d’un accord collectif entre les principaux industriels du secteur et les pouvoirs publics pour diminuer le taux moyen de sucres, et la mise en place d’une taxe dite Soda en 2012. Dans un rapport plus large, l’Anses a constaté que 77% des produits transformés et boissons contenaient un ingrédient sucrant ou vecteur de goût sucré, selon les données les plus récentes disponibles récoltées entre 2012 et 2020. L'Anses recommande aux industriels de poursuivre leurs «efforts», alors que la consommation moyenne de sucres libres en France est de 95 à 100 g. Selon l’OMS, la consommation maximale de sucres libres doit être de 50g par jour et par adulte.

Pomme de terre : en Espagne, les Français de Princesse Amandine gagnent du terrain

La marque française de pommes de terre Princesse Amandine devrait vendre 7 500 tonnes de tubercules en 2024 en Espagne, rapporte le site espagnol Mercados. En quatre ans de présence en Espagne, elle a multiplié par cinq ses volumes (1500 tonnes en 2020). Au travers de l’association Princesa Amandine Ibérica, la marque est aussi productrice dans les régions de Séville, de Valladolid et en Murcie, ainsi qu’au Portugal (Alava et Silveira Torres Vedras), pour un total de 180 hectares en 2024 (40 hectares en 2020). Jean-Michel Béranger, directeur général de l’association explique: «La distribution nous a aidé dans cette croissance puisque nous sommes passés d'une douzaine d'enseignes au début à près d'une vingtaine aujourd'hui. Chez la majorité d’entre eux, la part de marché en valeur de la marque s’établit entre 3% et 5%. Elle peut dépasser 10% dans les enseignes la soutenant davantage». Une des raisons de Princesse Amandine tient aussi à une forte présence en marketing direct avec les magasins (assortiment, segmentation, merchandising visuel…). «Notre objectif est d'augmenter la consommation de la pomme de terre en Espagne afin que nous puissions tous continuer à cultiver», conclut Jean-Michel Béranger.

Chou-fleur : la campagne se termine, volumes en forte baisse, prix soutenus

Au 1er mai 2024, alors que la campagne se termine, la production française de choux-fleurs pour 2023-2024 devrait avoir atteint 175 900 tonnes, soit une baisse de 22% sur un an et de 25% par rapport à la moyenne 2018-2022, selon une note des services du ministère de l’Agriculture (Agreste). La succession de périodes pluvieuses et de tempêtes ont freiné le développement du produit et compliqué la récolte, mais aussi le froid en janvier, ont lourdement pesé sur les rendements dans le bassin Ouest (-28%). En revanche, les surfaces sont demeurées globalement les mêmes par rapport à la campagne précédente : 13 709 hectares, soit une baisse de 1% pour 2023-2024 mais de 7% en comparaison de la moyenne quinquennale. Le recul des surfaces a été particulièrement marqué pour la production de choux-fleurs d’été. En termes de commercialisation, sur février, des apports conséquents et assez précoces ont entrainé les prix à la baisse. Cependant, une fois ces volumes passés, les apports se sont réduits progressivement et en avril, dans un contexte de fin de campagne, les prix se sont raffermis. A cette date, ils étaient supérieurs de 37% à ceux de la campagne 2022-2023 et de 43% à ceux de la moyenne 2018-2022. 

Biochar/horticulture: la Florentaise s'associe avec des acteurs chinois

Dans un communiqué de presse du 13 mai, Florentaise, entreprise française spécialisée dans les terreaux bas carbone, a annoncé la création de deux joint-ventures – Greenchar HK et Futan – avec des acteurs chinois afin de valoriser les déchets agricoles locaux et de produire du biochar. Grâce à la signature d’un accord, Florentaise utilisera et distribuera ce dernier de façon exclusive, au sein de sa gamme de terreaux et fertilisants organiques. La joint-venture Greenchar HK aura pour objectif la fabrication d’équipements de pyrogazéification dédiés à la production de biochar. Pour ce faire, elle s’appuiera notamment sur le savoir-faire de GazoTech, entreprise française spécialisée dans les technologies de pyrogazéification pour la production de bioénergies et de biochar, au sein de laquelle la société mère de Florentaise, Floreasy, détient une participation minoritaire. Un premier contrat a d’ores et déjà été signé entre Greenchar HK et Futan, avec comme objectif de valoriser les déchets de l’agriculture chinoise (riz, blé, maïs). L'ouverture d'une installation de pyrogazéification est prévue dans la ville de Jiaxing pour octobre 2024.