Promotion des produits agricoles de l'UE : le budget 2027 finalement renfloué
La Commission européenne va finalement rehausser de 50 millions d’euros les fonds pour la politique de promotion des produits agroalimentaires de l’UE en 2027, comme le confirme la lettre rectificative au budget publiée le 9 octobre. Au mois de juillet, les premiers chiffres qu’avait fait circuler la Commission européenne faisaient craindre une nette baisse de l’enveloppe consacrée à cette politique avec un budget de 112 M€ contre 160 M€ en 2026 et 132 M€ en 2025. Finalement, comme le promettait depuis des semaines aux parties prenantes inquiètes le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen, l’enveloppe totale atteindra 162 M€. Les 50 M€ supplémentaires vont servir à financer les programme multi, c’est-à-dire ceux portés par plusieurs organisations de producteurs issues de différents Etats membres et financés à 100% par l’UE. Par ailleurs, la DG Agri rappelle que la campagne « Buy european food », annoncée en grande pompe par Ursula von der Leyen il y a un an, « sera déployée l'année prochaine dans les 27 États membres et financée à hauteur de 35 millions d'euros ».
Pac post-2027 : pas d'instance de dialogue avec les OPA autour de la position française
Alors que son prédécesseur Julien Denormandie avait organisé plusieurs réunions avec les organisations professionnelles agricoles (OPA) pour présenter et discuter le projet de position française dans les négociations de la Pac 2021-2027, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard n'a pas encore aménagé de telles instances, alors que les négociations de la programmation post-2027 sont déjà bien avancées, avec un accord entre les ministres européens attendu sur la Pac et le règlement OCM d’ici la fin du mois d’octobre. Depuis plusieurs mois que dure cette négociation, les syndicats agricoles ont bien transmis leurs demandes, mais la position française n'a pas été présentée, tout du moins pas dans des réunions multilatérales. La semaine dernière, une réunion avec la DGPE (ministère de l'Agriculture) a consisté à présenter aux OPA les impacts de scénarios issus de la proposition de la Commission européenne. Lors de son allocution au Sommet de l'élevage, le 8 octobre, Annie Genevard a présenté ses « cinq priorités » dans la négociation de la Pac : budget maintenu, orientation vers la « compétitivité », « renouvellement des générations », « adaptation au changement climatique » et «simplification ». Elle n'a toutefois pas dévoilé la position français sur les débats techniques actuellement en cours (agriculteur actif, plafonnement des aides...).
UE/Arménie : entrée en vigueur des mesures de libéralisation des échanges
Les mesures commerciales autonomes libéralisant pour deux ans une grande partie des échanges entre l’UE et l’Arménie, ont été publiées le 9 octobre au Journal officiel et sont entrées en vigueur le lendemain. Ces dispositions, mises en place pour aider l’Arménie à faire face aux restrictions que lui impose la Russie, prennent la forme d’une suspension des droits de douane ad valorem du système de préférences généralisées plus (SPG +), permettant ainsi de libéraliser environ 80 % des exportations arméniennes vers l’UE. Au niveau agroalimentaire, les mesures concernent 99 % des exportations arméniennes de fruits, légumes et plantes frais ainsi que plus de 91 % des boissons et spiritueux. Des contingents d’importation en franchise de droits sont mis en place pour huit produits agricoles, dont le raisin, les abricots, les cerises, les pêches et les concombres. Plusieurs produits sensibles ont été exclus comme les amidons modifiés, le rhum ou encore le maïs. Des mesures de sauvegarde destinées à protéger le marché de l’UE si les importations portent préjudice aux producteurs européens sont prévues.
Présidentielle : au Sommet de Cournon, Philippe tacle le programme agricole du RN
Le candidat Horizons à la présidentielle Édouard Philippe a accusé le 9 octobre Marine Le Pen de proposer des « mesures extrêmement dangereuses » pour les agriculteurs et « contraires à l'intérêt de la France ». En visite au Sommet de l'élevage à Cournon-d'Auvergne deux jours après la candidate du Rassemblement national, l'ancien Premier ministre a fustigé les promesses budgétaires faites par la favorite des sondages face à des agriculteurs plongés dans une crise multiforme. Elle « veut rétablir une tarification nationale, c'est-à-dire au fond des droits de douane nationaux, ce qui revient progressivement à réduire l'Europe à rien » et « elle veut ensuite couper très fortement dans le financement de l'Europe », a-t-il déclaré. « Elle n'ose pas dire qu'elle veut sortir de l'Europe. Mais elle propose des mesures qui auront pour effet immanquablement de détruire la cohésion européenne », a poursuivi Édouard Philippe, actuellement le mieux placé du bloc central en cas de second tour face à Marine Le Pen. « Une Europe effritée dans sa capacité à discuter avec les grandes puissances continentales, l'Amérique du Sud, l'Amérique du Nord, le Canada, l'Inde, la Chine demain, c'est une Europe incroyablement faible. Donc je pense que les propositions qu'elle a formulées sont très dangereuses pour les agriculteurs français » et « contraires aux intérêts de la France », a conclu le maire du Havre.
Agrivoltaïsme : chute de 20 % du prix de l’électricité et explosion de la file d’attente
La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a publié le 9 octobre les résultats de son dernier appel d’offres Photovoltaïque au sol, alliant « très forte baisse » du prix de l’électricité et « très forte souscription » d’où une plus grande file d’attente. Sur les 249 dossiers agrivoltaïques en lice (contre 65 il y a un an), 51 ont été retenus. L’autre enseignement est la chute du prix de l’électricité, à 58,54 €/MWh (-20 %). Voyant une compétition à deux vitesses entre les projets d’avant la loi Aper de 2023 et ceux d’après, France Agrivoltaïsme réclame une modification du cahier des charges. « La persistance d’un stock de projets pré-Aper, estimé à 3 GW, évince mécaniquement les projets post-Aper du classement » de la CRE, selon une récente note à la DGEC consultée par Agra Presse. En cause, un surcoût moyen de 6-10 €/MWh entre les deux. « Attendre l’épuisement naturel du stock pré-Aper n’est pas une solution. Cela repousserait au-delà de 2030 l’émergence réelle du post-Aper », considère l'association. Et de proposer que l’appel d’offres de janvier 2027 « garantisse l’émergence effective d’un premier volume de projets répondant au cadre créé par la loi ». Deux options sont soumises à la DGEC. L’une est de plafonner à 1 GWc le volume total de projets pré-Aper. L’autre option consiste à introduire « un bonus de notation » pour gommer leur écart de compétitivité. Impact budgétaire pour l’Etat : « 4-5 millions d’€ par an ».
Vin : en Vallée du Rhône, des prix d’orientation mais « pas de tunnel arbitraire »
Après le bio et HVE il y a moins d’un an, Inter Rhône a lancé le 9 octobre des prix d’orientation en vin sous IG, sans adhérer aux « tunnels » de la loi d’urgence agricole. « L’objectif est une orientation et non un bornage du prix », a déclaré en conférence de presse conjointe le président du syndicat des vignerons des Côtes du Rhône Damien Gilles, qui toutefois « ne ferme pas la porte » à l’autre dispositif. Deux types d’indicateurs sont ainsi proposés en côtes-du-rhône rouge, conformément à l’article 172 ter de l’OCM : un prix d’équilibre (132 €/hl en conventionnel et HVE, 148 €/hl en bio) et un prix de pérennisation (respectivement 171 €/hl et 193 €/hl). Ils intègrent une dizaine de paramètres, depuis les coûts de production, les évolutions des stocks, des sorties de chais, jusqu’aux prix de vente en GMS, chez les grossistes, à l’exportation. Une marge brute de 30 %, pour contribuer « au maintien de l’activité, à l’investissement et au renouvellement du vignoble », détermine l’écart entre prix d’équilibre et prix de pérennisation. Ce ne sont « ni des prix recommandés, ni des prix minimums, ni des consignes tarifaires », selon le communiqué, cosigné par l’UMVR (négoce), insistant sur leur caractère facultatif. Les tunnels, instaurés par la loi d’urgence, sont, eux, « obligatoires », considère le président d’Inter Rhône Philippe Pellaton. Et d’oser pour cet autre mécanisme la comparaison avec « la dissuasion nucléaire : on peut l’avoir, mais il ne faut pas s’en servir ».
Maïs: production mondiale revue en hausse, les prix décrochent (USDA)
La production mondiale de maïs s’annonce plus généreuse qu’escompté cette année, en particulier aux États-Unis, selon les prévisions du ministère américain de l’Agriculture (USDA) publiées le 9 octobre qui provoquent une chute des cours de cette céréale. Dans sa mise à jour mensuelle sur l’état de l’offre et la demande dans le monde (Wasde), l’USDA a estimé que la production mondiale pourrait désormais s’élever à un peu plus de 1,29 milliard de tonnes pour le grain jaune (environ 3 millions de tonnes de plus qu’envisagé précédemment). Si cette augmentation se matérialise, la récolte 2026-27 deviendrait alors la deuxième plus importante de l’histoire, après celle en cours. Cette réévaluation a pris le marché de court, faisant dégringoler dans la foulée le prix du maïs américain jusqu’à 6 % en séance, à 4,70 dollars le boisseau (25 kg). L’évolution des prévisions de l’USDA repose principalement sur une hausse attendue de la production américaine, d’environ six millions de tonnes comparé à l’estimation précédente. Alors que, selon M. Strickler, le marché tablait sur une baisse des rendements aux Etats-Unis, le ministère estime au contraire que ceux-ci seront encore plus favorables. L’Argentine et l’Ukraine voient aussi leur potentiel de récolte augmenter. En revanche, «la production de maïs devrait diminuer (...) dans l’Union européenne, aux Philippines et au Mexique», relève l’USDA.
Céréales russes : après l'Estonie, la Lituanie veut les bannir de son territoire (presse)
Selon un article du média Lituanien LRT du 8 octobre, le premier ministre Mindaugas Sinkevičius va proposer aux autorités européennes de bannir la circulation des grains russes et biélorusses sur son territoire, ainsi que sur l’ensemble du bloc UE. La Lituanie proposera également des sanctions contre les oligarques russes du secteur agricole soutenant la guerre. La Russie, ayant des difficultés à exporter ses céréales via la mer Noire, explore des voies alternatives, dont l'envoi par ses ports de l’oblast de Kaliningrad donnant sur la mer Baltique, ou directement par les ports des pays Baltes. L’Estonie a banni toute entrée de grains russes et biélorusses sur son territoire le 1er octobre. Mais les exportateurs russes peuvent s’en détourner. De son côté, la Lettonie impose de plus en plus de restrictions ces dernières semaines. Contacté par Agra Presse, l’analyste russe Ikar explique que le blé russe ne traverse l'UE que par la Lettonie, à hauteur de 530 000 t lors des trois derniers mois, un chiffre en augmentation par rapport à d’habitude. Alexander Karavaytsev, économiste du Conseil international des céréales (CIC), a expliqué que les hypothétiques interdictions ou restrictions décidées par « les pays Baltes pourraient affecter environ 2,7 à 3,6 Mt de capacité russe d’exportation potentielle au cours des neuf mois restants de la campagne 2026-27 ». Il s’agit ainsi d’un enjeu significatif d’après lui, surtout dans un contexte où la mer Noire est peu accessible.
Sucre : les cours mondiaux au plus haut depuis près de deux ans
Le cours du sucre brut a atteint un sommet depuis près de deux ans à New York cette semaine, soit décembre 2024, porté par le ralentissement de la récolte au Brésil et les conséquences négatives de la mousson indienne. La tendance haussière a été initiée dès le début de l’été. La hausse de 20 % enregistrée en août a été largement portée par l'activité spéculative des fonds, préoccupés notamment par les risques associés à El Niño. Les dernières nouvelles « ont été globalement haussières » elles aussi, admet l'Organisation internationale du sucre (ISO) dans son dernier rapport de marché publié le 6 octobre. « Les pluies dans le Centre-Sud du Brésil ont ralenti la récolte, de sorte que la production de sucre semble désormais devoir être inférieure aux 39 Mt que l'ISO anticipait il y a six semaines », souligne l'organisation. Et la mousson indienne qui « est terminée » a été très mauvaise et aura « des conséquences négatives pour la production en 2026/27 comme en 2027/28 », ajoute le rapport. A court terme cependant, l'ISO prévoit un marché suffisamment approvisionné.
Eau : les surfaces irriguées pourraient bondir de 91 % d’ici 2050 en Seine-Normandie
Une étude prospective menée entre janvier 2025 et mars 2026 à la demande de la Driaaf d’Île-de-France (préfecture) examine trois scénarios d’évolution des besoins en eau de l’agriculture dans le bassin Seine-Normandie à l’horizon 2050, dans un contexte de changement climatique. Fondés sur une même trajectoire de fortes émissions de gaz à effet de serre, les trois scénarios montrent tous une hausse des besoins agricoles en eau d’ici 2050. Le premier, marqué par un décalage entre la prise de conscience des enjeux climatiques et le passage à l’action, entraînerait une hausse de 51 % des besoins en eau et de 56 % de la surface irriguée. Les parties prenantes consultées le jugent « peu probable », en raison des coûts engendrés par l’inaction. Le second repose sur une transition agroécologique des systèmes agricoles et alimentaires, avec une hausse des besoins en eau de 13 %. Ce scénario, jugé « plus souhaitable » sur le plan environnemental, est aussi perçu comme le « moins probable », en raison des possibles effets « défavorables » sur la rentabilité des exploitations. Le troisième scénario, qui privilégie le recours aux innovations techniques, entraînerait une hausse de 67 % des besoins en eau et de 91 % des surfaces irriguées par rapport à 2020. Considéré comme « le plus probable, car il privilégie une vision « technophile et intensive de l’agriculture similaire au chemin déjà emprunté aujourd’hui », il suscite toutefois des inquiétudes au regard des investissements nécessaires.
Transport d'animaux: tentative irlandaise de relance des négociations en allégeant les contraintes
La Présidence irlandaise du Conseil a soumis aux États membres, début octobre, un nouveau texte de compromis concernant la proposition sur les conditions de transport des animaux d’élevage. Dublin tente donc de relancer les négociations sur ce texte, présenté fin 2023 par la Commission européenne, qui sont au point mort depuis des mois. Au lieu d’un temps maximal de 9 h proposé par Bruxelles pour le transport des bovins, porcins, ovins et caprins vers leur lieu d’abattage, l'Irlande suggère de fixer cette limite à 31h avec une pause d'au moins une heure après une 10h de transport par voie terrestre, puis une pause de 24h après 21h. Pour les mêmes animaux envoyés vers leur lieu d’engraissement c’est une limite de 63h qui est mise sur la table. L’Irlande a aussi supprimé les limitations de transport lorsque les températures extérieures sont trop froides ou trop élevées proposant à la place de fixer des températures minimale et maximale à l’intérieur des compartiments (entre 0 et 35° C). Pour les trajets vers des pays tiers, la certification de conformité à l’issue du premier voyage et la réalisation d’évaluations inopinées conditionnent le maintien de l’autorisation. Au Parlement européen, aussi, les négociations sont au ralenti. Un vote en plénière y reste néanmoins prévu en avril 2027.
Elevage/ICPE : le projet d’ordonnance dans l’ensemble conforme aux attentes de l'UGPVB
Le projet d’ordonnance sur les installations classées (ICPE) en élevage, mis en consultation publique le 6 octobre « répond dans l’ensemble à la commande d’une police environnementale spécifique à l’élevage », estime le juriste de l’UGPVB (groupements d'éleveurs bretons), interrogé par Agra Presse. Un quatrième régime est créé, la « notification », qui correspond peu ou prou à une « déclaration » assortie d’une consultation publique du dossier. Ce régime de notification s'inscrit dans la perspective des abaissements des seuils prévus à partir de 2030 dans la directive européenne IED, dont les règles d’exploitation sont parues le 8 octobre. En effet, certains élevages, aujourd’hui sous le régime d’enregistrement, pourraient passer sous un régime plus contraignant découlant de la transposition française de cette directive; en transposition française, ce serait la « notification » dans laquelle la procédure de soumission au public est simplifiée. Le juriste souligne que le décret de nomenclature, qui accompagne l’ordonnance et contient des seuils de taille de cheptel associés à chaque régime, n’est pas mis en consultation, mais seulement présenté à titre indicatif, pour montrer que ces seuils seront définis en deux temps : avant et après l’entrée en vigueur des nouveaux seuils européens.
Volaille : les canicules n’ont pas affecté les comptes de LDC à l’été 2026
LDC a présenté le 7 octobre un chiffre d’affaires en hausse de 4,2 % (à périmètre et taux de change constants) pour son 2e trimestre 2026-2027 (de juin à août 2026), qui reflète une bonne tenue des ventes de viandes de volailles et de produits traiteur, les premières ayant peu souffert de la chaleur estivale et les seconds en ayant profité. Ainsi, le pôle Volaille du groupe a vu son chiffre d’affaires progresser de 3,8% (périmètre identique) à 1,04 milliard d’euros. Les fortes chaleurs ont eu un « impact limité » sur les volumes disponibles, est-il affirmé dans le communiqué. La croissance du pôle a été soutenue par les familles label, bio et plein air ainsi que les produits élaborés cuits et les viandes de canard. De son côté le pôle traiteur a connu une progression de 7,6% (sans effet de périmètre) à 322,5 millions d’euros, dans un contexte météorologique favorable aux salades traiteur, au snacking et aux pizzas (quoique défavorable aux plats cuisinés). Le groupe déclare maintenir ses perspectives pour l’exercice entier, d’un chiffre d’affaires supérieur à 7,7 milliards d’euros associé à un taux de marge opérationnelle courante supérieur à 5,5 %, croyant à la résistance de la consommation.
Volaille : l'Anvol appelle à des contrôles renforcés des importations du Brésil
Réagissant au rétablissement attendu des importations de viandes et volailles brésiliennes, l’interprofession des volailles de chair (Anvol) réclame, dans un communiqué le 6 octobre, des contrôles en élevage permettant de s'assurer que le poulet envoyé n'a pas été traité aux antibiotiques comme hormones de croissance. Ces importations avaient été suspendues début septembre 2026 du fait que le Brésil n’avait pu prouver la séparation stricte entre les productions destinées à l’UE et celles destinées aux autres marchés. Depuis, la Commission européenne a réalisé un audit et donné foi aux contrôles officiels brésiliens dans ses conclusions publiées le 28 septembre. Anvol demande, au-delà de « simples garanties documentaires », « des contrôles européens réguliers et inopinés en élevage », « ciblant notamment la stricte séparation entre les productions, mais aussi le respect de l’ensemble des normes imposées aux producteurs européens ». L’association interprofessionnelle s’attend au retour imminent du poulet brésilien dans l’UE, même si les volumes importés au cours des huit premiers mois de 2026 avaient « progressé de 56 % » par anticipation de la fermeture du marché européen.
Porc : Porci d’Oc et RAGT ont créé une association pour stimuler l’élevage occitan
La coopérative Alliance Porci d’Oc et le groupe RAGT officialisé le 7 octobre au Sommet de l’élevage la création de l’association « Pour le porc Occitan » dédiée à l’accompagnement des agriculteurs souhaitant créer ou développer un atelier porcin sur leur exploitation. Cet accompagnement sera global, d’après le communiqué des deux partenaires : conduite de l’élevage, technique amont et aval, assistance administrative, réglementaire et financière. Le détail de ce plan d’accompagnement doit être précisé d’ici la fin de l’année 2026. A travers cette association, RAGT, distributeur de semences et fabricant d’aliments lié à Sanders, apportera sa propre expertise. « La filière porcine offre de véritables opportunités de diversification et contribue à l’avenir de notre agriculture », déclare Lionel Tauriac, président d’APO, dans le communiqué. En Occitanie, seulement un porc consommé sur quatre est produit dans la région. Ce constat de Midi Porc, l’interprofession de la filière porcine d’Occitanie, est rappelé. « Pourtant la production porcine recèle de nombreux atouts et opportunités de diversification pour les agriculteurs », font valoir les partenaires.
Porc : sur son site expérimental, Cooperl lance un nouveau bâtiment dédié au numérique
Cooperl a inauguré le 8 octobre un nouveau bâtiment sur son élevage expérimental FarmLab, nommé Observatoire, où seront enregistrées les données numériques sur les conduites d’élevage. Dans son communiqué diffusé le 9 octobre, la coopérative porcine décrit un espace modulable et deux projets phares déjà lancés. L’un est Goodpig, visant à réduire le stress des porcelets et les morsures des queues par la présence maternelle. Cette conduite « en compagnie » est inspirée de la structure sociale naturelle du sanglier, selon le communiqué. Ce projet consiste à tester ses effets sur l’état des animaux et la rentabilité économique. Le second projet phare est Iris Twin, un « jumeau virtuel » relié à l’élevage par des « caméras intelligentes », qui aidera l’éleveur à prévenir les problèmes. Cette inauguration était un des événements des 60 ans du groupement d’éleveurs des Côtes d’Armor devenu le premier groupe coopératif porcin de France. L’observatoire est co-financé par l’Etat (France Relance, France 2030, France Agrimer) et l’association Lit Ouesterel (conciliation des attentes sociétales et de l’élevage), précise Cooperl à Agra Presse.
Lait : Sodiaal propose de produire davantage de beurre pour la MDD
« Sodiaal propose d’augmenter ses capacités annuelles de production de beurre plaquette de 4500 tonnes », indique Jean-Michel Javelle, président de la coopérative, à Agra Presse. « Nos deux sites de production de beurre de Quimper et de Clermont-Ferrand ont les équipements nécessaires pour produire plus », selon lui, notamment après des investissements dans de nouvelles machines et une optimisation de l’organisation. La production actuelle de beurre de la coopérative est de 30 000 tonnes par an, essentiellement pour des marques de distributeurs (MDD). En faisant cette proposition de service, Sodiaal s’adresse en priorité aux distributeurs qui ont demandé aux industriels de « maintenir les volumes de lait français, comme les distributeurs s’y engagent pour leurs MDD », selon un communiqué de la FCD du 1er octobre. Or, le beurre plaquette MDD affiche souvent une mention « lait origine UE », comme le rappelle Jean-Michel Javelle, et seule la coopérative U s’engage à vendre du beurre MDD à partir de lait français. Cette prise de position de Sodiaal fait suite à sa mobilisation pour l’emmental d’origine française et fait écho à une situation particulièrement délicate pour les éleveurs touchés par la canicule de cet été et un prix du lait conventionnel orienté à la baisse.
Miels sous signes de qualité: sept ODG lancent un site web pour rassurer le consommateur
Sept organismes de défense et de gestion (ODG) de miels sous signes officiels de qualité (AOP, IGP, Label rouge et AB) ont lancé un site internet pour informer les consommateurs sur « la rigueur des contrôles et l’excellence » de leurs produits, selon un communiqué le 5 octobre. Baptisé mielscertifies.fr, cet outil qui se veut « pédagogique et interactif » permet de « décrypter les labels en un seul coup d’œil et de découvrir les secrets de chaque terroir ». Les ODG à l'origine de cette initiative sont : le groupement qualité de miels d’Occitanie (pour le miel des Cévennes IGP), l’ODG miels d’Alsace, l’ODG de l’AOP miel de sapin des Vosges, le syndicat AOP miel de Corse, le syndicat des miels des Landes, le syndicat des miels de Provence et des Alpes du sud, et l’ODG miel tilleul Picardie. Elles veulent ainsi rassurer les consommateurs « face à la diversité de l’offre et à la persistance des fraudes sur l’origine et l’authenticité des miels ». Dans son bilan d’activité 2024, la DGCCRF avait constaté que sur 53 producteurs, grossistes et détaillants contrôlés, « 40% étaient en anomalie (fausses origines, faux producteurs, étiquetage erroné) de même que 52 % des 228 échantillons analysés (fausse origine florale, ajout de sucres exogènes) ».