Agra Fil du 13 octobre 2026

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Budget européen 2028-2034 : la réserve de crise rabotée, le plafonnement allégé

La nouvelle base de négociation chiffrée sur le prochain budget de l’UE pour 2028-2034, présentée le 10 octobre par la présidence irlandaise du Conseil, épargne certes le budget de la Pac, mais elle prévoit quand même une forte réduction de la réserve de crise face aux perturbations des marchés agricoles. Son enveloppe serait en effet fortement réduite passant de 6,3 à 3,9 Md€. De plus, les fonds alloués au titre du Fonds européen pour la compétitivité au domaine « Santé, biotechnologies, agriculture et bioéconomie » ont également été réduits de 13 %. Par ailleurs, le projet irlandais allège fortement les dispositifs de dégressivité et de plafonnement des aides. Au lieu d'une dégressivité débutant à 20 000 € avec des paliers de 25 %, 50 % et 75 %, Dublin propose une réduction de 15 % pour les montants compris entre 100 000 et 125 000€ ; une réduction de 25 % pour les montants compris entre 125 000 € et 150 000 € ; et une réduction de 50 % au-delà de 150 000 €. Le plafonnement serait, lui, mis en place de manière volontaire à partir de300 000 € (contre 100 000 € obligatoires dans la proposition de Bruxelles). Enfin, la fourchette autorisée pour le montant moyen d'aide à l’hectare au titre du soutien au revenu lié aux surfaces serait fixé entre 90 et 240 € (contre 130 à 240 € dans la proposition initiale de Bruxelles).

UE-Thaïlande : les négociations commerciales entrent dans leur phase finale

Les négociations commerciales entre l’UE et la Thaïlande entrent dans leur phase finale. C’est le constat dressé par le rapport de la Commission européenne, publié le 9 octobre, sur le dernier cycle de discussions, qui se s’est déroulé du 28 septembre au 2 octobre à Phuket (Thaïlande). Celui-ci mentionne que la plupart des chapitres du texte sont désormais provisoirement clos, notamment au niveau SPS (sanitaire et phytosanitaire) pour lequel les négociateurs sont parvenus à un accord sur toutes les questions en suspens (régionalisation, procédures d'approbation et audits). Les parties indiquent même qu’il n’y aura plus de nouveau cycle de négociation complet. L'UE et la Thaïlande préfèrent désormais se concentrer sur des formats plus spécifiques afin de régler les derniers points de divergence, sur l’accès au marché notamment. Sur ce dernier point, le rapport mentionne que « les deux parties ont confirmé leur volonté de parvenir à un résultat ambitieux tout en tenant compte de leurs sensibilités respectives ». Il faut dire que le sujet reste particulièrement sensible parmi les parties prenantes agricoles de l’UE, qui craignent l’accumulation des concessions avec les autres accords de libre-échange. L'objectif est de finaliser les discussions d'ici la fin de l'année.

Sécheresse/plan de relance : Lecornu réunit des ministres jeudi

Sébastien Lecornu réunira ce jeudi 15 octobre des ministres autour du plan de relance agricole, très attendu par le secteur qui juge insuffisantes les mesures déjà prévues dans le projet de budget pour 2027. Le Premier ministre « présidera à Matignon une réunion sur le plan de relance agricole », selon son agenda. Il s’agira d’une réunion de ministres, a précisé Matignon à l'AFP. « Il y a peut-être 20 à 30 000 exploitations agricoles dans le pays – c’est colossal – qui se posent la question de savoir si elles ont " encore un avenir l’année prochaine "», souligne une source de l’exécutif, qui dit surveiller de « très près » notamment la viticulture, le maraîchage et les grandes cultures. Le gouvernement a déjà débloqué 1,2 Md€ en mesures d’urgence, sur le budget 2026, forçant d’autres secteurs à faire des économies pour aider l’agriculture. Il prépare en outre un « plan de relance » d’un montant qui pourrait être de la même envergure, selon cette source. « Le plan de relance annoncé par le Premier ministre est quasiment finalisé dans son périmètre, y compris financier » et « sera présenté sous forme d’amendements du gouvernement » au projet de budget pour 2027, avait indiqué la ministre de l’Agriculture Annie Genevard le 8 octobre au Sommet de l’élevage.

Captages : le gouvernement présente les besoins de financements pour la réforme

En groupe national captages le 12 octobre, le gouvernement a présenté ses estimations de coûts et pistes de financement pour la réforme des captages d’eau potable. D’après un document de présentation qu’Agra Presse a pu consulter, l’exécutif estime le coût total de la réforme entre 400 et 650 millions d’euros (M€) par an. Dans le détail, le coût de la délimitation des aires d’alimentation de captage (AAC), avec identification des zones les plus contributives, pour tous les points de prélèvement non-exonérés d’actions (c’est-à-dire incluant les captages prioritaires), est estimé à 42 M€ par an, sur trois ans. Les coûts d’animation de l’ensemble des captages non exonérés (dont prioritaires) vont de 80 à 100 M€ par an. Les coûts d’accompagnement au changement de pratiques agricoles sont estimés à 180 à 330 M€/an, avec une « montée progressive sur cinq ans », pour les zones les plus contributives des captages prioritaires (ZPC). Concernant les AAC des captages non exonérés, dont les captages prioritaires mais hors ZPC, le coût d’accompagnement au changement de pratiques est estimé entre 100 et 200 M€/an, « avec une montée progressive sur huit ans des interventions des collectivités ». Pour l’heure, les financements actuellement mobilisés sont de 210 M€ par an. Parmi les pistes explorées au-delà de 2027 pour financer la réforme figurent la révision du prix de l’eau, l’augmentation du financement par les agences de l’eau et par les fonds européens (PPNR, FEC).

Carburant : après le déstockage, TotalEnergies s'engage à baisser le prix du GNR de 20 ct

D’après l’AFP, le p.-d.g. de TotalEnergies Patrick Pouyanné s'est engagé le 12 octobre à baisser de 20 centimes d’euro (ct€) le prix du litre de gazole non routier (GNR), après un déstockage de gasoil qui doit démarrer début novembre. M. Pouyanné s'exprimait à l'issue d'une réunion à Matignon des distributeurs de carburant autour de Sébastien Lecornu. Le gouvernement a annoncé le 7 octobre la mise sur le marché de dix millions de barils de diesel issus des stocks stratégiques, espérant provoquer « une baisse de prix estimée à de 12 à 18 centimes du litre » (pour les particuliers). M. Pouyanné s'est engagé à une baisse de « 20 centimes d'euro du litre sur le gazole non routier (GNR) pour les agriculteurs, les entreprises BTP et les pêcheurs », le prix du GNR n'étant pas plafonné dans les stations du groupe. Outre le déstockage de gazole par la France, M. Pouyanné a dit s'attendre à une « détente sur le marché » des prix du gazole après l'accord annoncé par Washington avec Moscou concernant ce carburant. Pour rappel, l’exécutif a mis en place une aide de 15 ct€/l de GNR pour les agriculteurs, qui a été prolongée jusqu’au 31 décembre. La FNSEA demande son doublement, à 30 ct€/l, et une « application directement sur pied de facture ».

Carburant : à Agen, la CR dépose des citernes vides pour dénoncer le prix du GNR

Une centaine d'agriculteurs membres de la Coordination rurale ont déposé des bidons et des citernes vides devant la préfecture du Lot-et-Garonne, le 12 octobre à Agen, pour dénoncer le prix du gazole non routier (GNR), utilisé dans leurs exploitations, exsangues après un été caniculaire. « Il fallait marquer le coup pour le GNR, pour les charges qui explosent », a déclaré à un correspondant de l'AFP José Perez, président de la section locale du deuxième syndicat agricole, qui a d'abord bloqué un rond-point avec une vingtaine de tracteurs avant d'aller rencontrer le préfet. Comme « mesure d'urgence, il faudrait un GNR à 1 € TTC maximum », soit environ la moitié du prix moyen actuel, a-t-il plaidé, quelques jours après une tentative de blocage d'un dépôt pétrolier par d'autres agriculteurs de la CR près de Toulouse. Une aide de 15 ct€/l de GNR est en vigueur depuis avril pour les agriculteurs et le guichet a été prolongé jusqu'à la fin de l'année pour un coût de plus de 50 M€ par mois. Ils bénéficiaient déjà d'un taux d'imposition réduit sur le GNR (1,3 Md€ de recettes en moins pour l'État en 2026). La mobilisation de lundi à Agen « est certainement la première d'une longue salve », a prévenu Karine Duc, autre figure de la CR, devenue présidente de la chambre d'agriculture du Lot-et-Garonne.

Élevage : accord national entre RTE et les OPA pour les nouvelles lignes électriques

Dans un communiqué du 12 octobre, Chambres d’agriculture France et la FNSEA annoncent avoir signé avec RTE (gestionnaire du réseau de transport d’électricité) un « accord national en faveur des exploitants agricoles concernés par les nouvelles lignes électriques à très haute tension ». La démarche concerne « les projets de création de lignes électriques aériennes à 400 kV et 225 kV ». Pour les lignes 400 kV, l’accord prévoit un « accompagnement complémentaire » de 1 000 € par an et par équivalent pylône, « sur une durée de 80 ans à compter de la mise en service de la ligne ». Le montant de cet accompagnement s’élève à 375 €/an pour les lignes 225 kV, avec les mêmes modalités. Ces sommes sont financées par les « plans d'accompagnement de projet » (PAP), dispositif « contribuant au développement économique local » des territoires traversés. Finançant des projets proposés par les acteurs locaux (chambres consulaires, associations, collectivités, etc.), ce fonds est « piloté par les préfets et prévu par le Contrat de service public », précise RTE sur son site internet. Les organisations nationales appellent maintenant à poursuivre le dialogue au niveau local, afin de « rechercher, au cas par cas, les solutions les mieux adaptées aux enjeux et aux contraintes de chaque territoire ».

Loup : 54 brebis tuées dans une attaque dans le Vercors

Cinquante-quatre brebis d'un élevage ont été tuées en fin de semaine dans l'attaque d'une meute de loups dans le massif du Vercors en Isère, a annoncé la préfecture le 11 octobre. Ce carnage, dans la nuit du jeudi 8 au vendredi 9 dans un alpage de la commune de Villars-de-Lans, est survenu un mois et demi après une attaque massive similaire ayant tué 60 brebis dans le Vercors, mais dans le département voisin de la Drôme cette fois. Et ce alors que les éleveurs manifestent de plus en plus leur colère dans toutes les régions touchées par ces prédations, demandant à l’État d'abattre davantage de loups, ce qui déclenche en retour la colère des organisations de défense de la faune. En pleine nuit, dans l'alpage de la Fauge, 54 brebis du même élevage sont mortes et huit ont été blessées, a indiqué à l'AFP la préfecture de l'Isère, confirmant une information du quotidien le Dauphiné Libéré. Sur les 54, une quinzaine de moutons ont été tués directement par les loups, le reste ayant succombé par étouffement en s'empilant au fond d'une combe dans laquelle ils étaient tombés en fuyant les prédateurs, a précisé à l'AFP Sébastien Mollet, chef du service départemental de l'OFB pour l'Isère.

Protéines alternatives : impact limité sur l’agriculture à moyen terme et des opportunités (étude)

Quel que soit le scenario, l’impact à moyen terme des technologies de fermentation de précision sur l’agriculture conventionnelle « devrait rester limité », selon une étude publiée le 9 octobre par la Commission européenne. Ce travail, mené par diverses organismes de recherche européens, conclut que les technologies de production de protéines à partir de biomasse par des micro-organismes ne devraient « pas entraîner de déplacement généralisé des protéines animales ou végétales conventionnelles ». Leurs effets se feront d’abord sentir dans « certaines applications à plus forte valeur ajoutée, des aliments transformés, des ingrédients fonctionnels et des niches liées à l’alimentation animale ». Les secteurs laitiers et des œufs sont les plus exposés, mais ces technologies peuvent aussi être source d’opportunités pour le secteur agricole, soulignent les auteurs : « Certaines régions disposant déjà d’infrastructures dans le sucre, l’amidon, le brassage, les produits laitiers, le biogaz ou la bioraffinerie pourraient voir émerger de nouveaux pôles industriels ruraux. » Ils indiquent toutefois que les grandes régions de cultures liées au sucre ou à l’amidon pourraient être mieux placées que les territoires plus éloignés, dépendants de l’élevage ou structurellement fragiles.

Noix de Grenoble : la variété Fernor intègre le cahier des charges de l’AOP

L’organisme de gestion de l'AOP noix de Grenoble a annoncé, en conférence de presse le 30 septembre, l’intégration de la variété Fernor, cultivée depuis près de 30 ans dans la zone couverte par l'AOP, dans son cahier des charges ; une première depuis la création de l'appellation d'origine protégée. Cousine de la traditionnelle Franquette, la Fernor se distingue par un calibre plus élevé, une amertume moins prononcée et un démarrage de production plus rapide, entre cinq et sept ans, contre douze à quinze ans pour les variétés jusqu’ici autorisées. Par ailleurs, son arbre, de plus petit gabarit, présente une meilleure résilience face aux intempéries. « Dans un contexte de changement climatique, ces atouts sont plus que nécessaires pour assurer leur rentabilité économique et leur juste rémunération », précise le Comité interprofessionnel de la noix de Grenoble (CING). L’intégration de cette variété s’accompagne de nouvelles conditions de production. Les vergers devront notamment être installés à 800 m d’altitude maximum, sur des parcelles présentant un niveau d’acidité du sol supérieur ou égal à pH 6. Parallèlement, l’enherbement des noyeraies devient obligatoire toute l’année à partir de la sixième année après plantation. Lancée le 28 septembre, la récolte 2026 devrait s’annoncer dans la moyenne basse, entre 10 000 et 13 000 t, mais présenter des calibres moins petits que l’an dernier, selon Christian Nagearaffe, président du CING.

Céréales/légumineuses : l'italien Euricom (Ebly) rachète l'allemand Müller’s Mühle

Dans un communiqué du 12 octobre, Euricom, groupe familial italien spécialisé dans le riz, les légumineuses, les produits céréaliers (marque Ebly en France), a annoncé « la signature d’un accord ferme en vue d’acquérir 100 % du capital » du transformateur allemand Müller’s Mühle, filiale du groupe meunier GoodMills Deutschland. Le montant de l’opération n’a pas été précisé. Müller’s Mühle a son siège social à Gelsenkirchen, ainsi qu’une usine dédiée à la production de farines de légumineuses riches en protéines et en amidon, servant d’ingrédients à la fabrication d’aliments à base de protéines végétales. Le groupe italien prévoit de poursuivre les investissements dans le site, la marque et les équipes de Müller’s Mühle, jugeant le marché porteur. Il souhaite s’appuyer sur cette implantation pour satisfaire ses clients allemands, mais aussi exporter, notamment en France. « Soumise aux autorisations réglementaires, la transaction dont les conditions ne sont pas rendues publiques devrait être finalisée d'ici fin 2026 », précise Euricom dans le communiqué.

Céréales : le Burkina Faso interdit les exportations de farines « jusqu’à nouvel ordre »

Le Burkina Faso a, une nouvelle fois, suspendu « jusqu'à nouvel ordre » ses exportations de farines de mil, maïs et sorgho (et dérivés) pour en « assurer la disponibilité régulière » et « améliorer leur accessibilité aux consommateurs », selon un communiqué consulté le 11 octobre par l'AFP. Cet embargo intervient après celui de 2022, finalement levé en juillet. Selon l’AFP, depuis cette date, les opérateurs économiques dénoncent la sortie massive de farine vers les pays voisins, où les prix sont plus attractifs, occasionnant sur le marché local la pénurie et la flambée des prix. « Tout contrevenant à cette décision s'expose à des sanctions conformément à la réglementation en vigueur », avance le ministre du Commerce Serge Gnaniodem Poda. Et de préciser que « la délivrance des autorisations spéciales d'exportations de ces produits est également suspendue ». Depuis septembre 2022, le Burkina Faso est gouverné par une junte qui a fait du souverainisme économique une de ses priorités. Le régime promeut l'autosuffisance alimentaire et affirme que la production céréalière a atteint 7,15 Mt en 2025, soit 126 % des besoins nationaux, même s'il a bénéficié ces dernières années de dons de céréales, russes notamment.

Pesticides : un herbicide à base de pendiméthaline homologué sur maïs, annonce BASF

Dans un communiqué du 8 octobre, l’agrochimiste BASF a annoncé que l’un de ses herbicides avait reçu une homologation pour un usage en maïs dès 2027. Il s’agit du produit commercial Prowl Expert (nouveau nom de Prowl 400), contenant de la pendiméthaline (matière active). « En France, aucun cas de résistance à la pendiméthaline n’a été détecté à ce jour », relate le communiqué de BASF, citant l’Inrae. Pour rappel, les maïsiculteurs, comme les producteurs de céréales à paille, souffrent d’importants problèmes d’expansion d’adventices dans leurs parcelles, en raison de l’apparition de résistance et de manque de solutions herbicides. L’agrochimiste précise que son produit est désormais également utilisable sur « sorgho, protéagineux d’hiver et de printemps, légumineuses potagères sèches d’hiver », ainsi que sur canne à sucre. BASF énumère les conditions d’utilisation de l’herbicide. Apportant un renfort « anti-graminées et anti-dicotylédones des programmes sans flufénacet », il est utilisable « en association en pré-levée ou en post-levée précoce sur l’ensemble des céréales à paille, sauf sur épeautre où il est utilisable en post-levée précoce ». Il peut également s’appliquer en conditions de sols drainés.

Climat : El Niño pourrait faire de 2026 l'année la plus chaude jamais enregistrée (Copernicus)

Le phénomène météorologique El Niño, d’une « intensité exceptionnelle », a entraîné le réchauffement d’une partie du Pacifique à des niveaux inédits en septembre, et pourrait contribuer à faire de cette année la plus chaude jamais enregistrée, a indiqué le 12 octobre Carlo Buontempo, directeur de l’observatoire européen Copernicus. « Si nous suivons le schéma observé par le passé, nous pourrions connaître une année 2026 record, suivie d’une année 2027 record », a-t-il déclaré à l’AFP. En septembre, la température de l’ensemble des océans – hors zones polaires – a atteint 21,05°C dans le monde, le plus haut niveau jamais enregistré pour ce mois, surpassant le précédent record mensuel de septembre 2023 (20,92°C). Les températures de surface « sont restées exceptionnellement élevées sur une grande partie du Pacifique tropical, où les conditions El Niño se renforcent et devaient encore s’intensifier ces prochains mois », relève Copernicus dans son bulletin mensuel. El Niño est une variation naturelle du climat, qui réchauffe les températures de surface dans le centre et l’est de l’océan Pacifique équatorial. L’épisode actuel, déclaré en juin, pourrait devenir le plus intense jamais enregistré, amplifiant les effets du changement climatique d’origine humaine.

Présidentielle : Zemmour veut « remettre la production au cœur du système »

Interviewé par TV Agri au Sommet de l’élevage le 7 octobre, le candidat à la présidence de la République Éric Zemmour, président de Reconquête, a estimé qu’il faudrait « remettre la production au cœur du système agricole français » et la France en tête des pays européens exportateurs. Pour y parvenir, il se propose de « négocier fermement » à Bruxelles pour une Pac privilégiant le premier pilier et d’orienter les 9 Md€ reçus par la France vers la production. Il s’agirait aussi d’augmenter la compétitivité en réduisant les impôts et les normes et en augmentant les capacités de stockage en eau et en fourrages. Ce faisant, Éric Zemmour a donné pour exemple les agricultures d’Allemagne et d’Espagne. Le candidat d’extrême droite a assuré que l’abolition des droits de succession, une mesure phare de son parti, permettrait aux agriculteurs de transmettre et de soutenir le nombre d’exploitations. Bien que surtout inspiré par la Coordination rurale, M. Zemmour a assuré être à l’écoute de tous les syndicats agricoles. Joint par Agra Presse le 12 octobre, l’expert agricole du parti, l’agriculteur Olivier Cleland, a indiqué que le programme national de Reconquête était en cours de validation.

Transmission : Arterris et Quatuor Transactions accompagnent les cédants

Arterris, coopérative de l’arc méditerranéen, et Quatuor Transactions, spécialiste de la vente de fermes dans l'Ouest, officialisent leur partenariat visant à « mieux accompagner les agriculteurs dans leurs projets de transmission, de cessation d’activité ou d’installation ». L’objectif est d’« assurer la pérennité des exploitations », souligne dans un communiqué Annick Taulet, directrice marketing et distribution agricole chez Arterris. Il s’agit d’offrir un accompagnement « jusqu’au bout de la carrière », après celui déjà proposé aux jeunes agriculteurs (appui technique et financier) et aux agriculteurs en place (conseil dans la diversification en élevage –volailles, ovins – et en productions végétales – asperges, carottes ou pommes de terre). Cela passe par un diagnostic de l’exploitation, donnant à l’acquéreur une vision complète de l’outil à reprendre, avec les éventuels travaux à prévoir (mise aux normes de l’électricité, de l’hygiène, etc.). Quatuor Transactions « accompagne le cédant dans l’anticipation de son projet, évalue la transmissibilité de son exploitation et recherche un repreneur capable de poursuivre son activité dans de bonnes conditions », explique Nicolas Le Labourier, le responsable commercial marché agricole.

Distribution : cyberattaque visant les frigos d’Intermarché, Coopérative U et E.Leclerc

Plusieurs supermarchés ont été victimes dans la nuit du 11 au 12 octobre d'une cyberattaque visant leurs installations frigorifiques, dont 150 à 200 magasins Intermarché et moins d'une centaine de points de vente de Coopérative U, ont indiqué les deux distributeurs à l'AFP, confirmant une information de BFM TV. Selon la chaîne, des établissements d'E.Leclerc sont également touchés. De son côté, le site spécialisé « Je bosse en grande distribution » fait état de magasins Carrefour Market et Monoprix piratés. Les pirates auraient, d'après la chaîne d'information, « réussi à déclencher à distance le dégivrage forcé » des installations frigorifiques de nombreux magasins. Ces derniers seront contraints de « jeter l'ensemble des produits » frais et surgelés concernés, a précisé Intermarché à l'AFP. Le parquet de Paris, qui évoque des « départs de feu », a annoncé le lancement d'une enquête dirigée par la section anticybercriminalité et confiée à l’Office anticybercriminalité (OFAC). Intermarché déplore le « gaspillage alimentaire » et la « perte » financière entraînée par cette attaque, sans donner de chiffres. « L'un des points durs » aura trait aux assurances qui ne « couvrent pas ce type » d'incident en magasin, a précisé l'enseigne à l'AFP.

Médicaments anti-obésité : les ventes ont bondi depuis leur remboursement sous conditions

Les ventes de médicaments analogues du GLP-1, prescrits notamment pour favoriser la perte de poids chez les personnes souffrant d’obésité sévère, ont fortement progressé en France depuis le 15 juin, date à laquelle leur remboursement a été autorisé sous conditions par l’Assurance maladie. Selon les chiffres fournis au Monde par le Groupement pour l’élaboration et la réalisation de statistiques (GERS, qui suit les ventes de médicaments dans les pharmacies), plus de 251 000 boîtes de Wegovy et de Mounjaro ont ainsi été dispensées entre le 1er et le 26 septembre. Un niveau qui a presque doublé en un mois (environ 127 000 boîtes en mai). Cette hausse témoigne de la forte augmentation des demandes de prise en charge adressées aux centres spécialisés de l’obésité (CSO). Du 28 mai au 30 juin, les CSO ont reçu 11 483 demandes dans la France entière, selon la professeure Judith Aron-Wisnewsky, présidente du Groupe de concertation et de coordination CSO. À titre de comparaison, ils avaient accueilli 24 000 nouveaux patients en première consultation pour l’ensemble de l’année 2025. La ruée observée depuis mi-juin a ainsi mis à jour l’ampleur d’une obésité sévère qui échappait jusqu’alors en partie aux radars du système de soins, observe Véronique Nègre, médecin coordinatrice des CSO de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Alimentation : selon Action contre la Faim, 39 % de Français mal nourris en métropole (sondage)

Dans un communiqué du 12 octobre, Action contre la faim retire d'un sondage OpinionWay que 13 % de la population métropolitaine est en « insuffisance alimentaire quantitative » (manque occasionnel ou fréquent de nourriture) et 39% en « insuffisance alimentaire qualitative » (renoncement à certains aliments par manque de moyens). Des taux qui grimpent respectivement à 25 % et 47 % chez les 18-24 ans. L’association humanitaire rappelle que, en droit international, le droit à l’alimentation implique de pouvoir accéder physiquement et économiquement à une alimentation suffisante et adéquate. Elle considère, comme 73 % des 1 053 personnes interrogées en août, que ce droit n’est pas respecté en France. L’ONG réitère, à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation (le 16 octobre), sa revendication d’une loi-cadre qui garantirait sa mise en œuvre. Une disposition recommandée en mars par la Commission nationale consultative des droits de l'homme, souligne-t-elle. Action contre la Faim explique espérer au moins un million de signatures de l’Initiative citoyenne européenne pour la reconnaissance du droit à l’alimentation afin de faire pression sur l’État français.

Élevage/événementiel : record battu pour le Sommet de Cournon avec 139 000 visiteurs

Le Sommet de l’élevage a fermé ses portes vendredi 9 octobre à Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme) sur un bilan record de 139 000 visiteurs, apprend-on dans un communiqué le 11 octobre. « Cette 35e édition marque un passage de tous les records que ce soit en termes de visiteurs, d’exposants, de surface d’exposition, de nouveautés, de conférences… », se félicite son directeur Benoit Delaloy, cité dans le communiqué. Le Sommet a ainsi accueilli 1 814 exposants et 6 500 visiteurs internationaux (provenant de 100 pays). Le salon avait mis à l’honneur les races bovines limousine et jersiaise, ainsi que la race ovine bizet. Trois nouveaux espaces thématiques (Agora) avaient été créés (machinisme, santé animale, installation-transmission). Alors que 2026 est l’Année internationale du pastoralisme, le centre-ville de Clermont-Ferrand a accueilli, en même temps que le Sommet, l’évènement grand public Pâture, qui a attiré 25 000 personnes. La prochaine édition du Sommet se tiendra du 5 au 8 octobre 2027, avec les concours nationaux aubrac et prim’holstein.