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Produits laitiers : Pékin taxe provisoirement les importations de l’UE

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Après le cognac et la viande porcine, la Chine s’attaque à présent aux produits laitiers de l’UE en imposant des droits antisubventions provisoires. Une décision remise en question tant par la Commission européenne que par les organisations agricoles de l’UE alors que les relations commerciales sino-européennes restent tendues.

Le ministère chinois du Commerce (Mofcom) a publié, le 22 décembre, sa décision relative à l’enquête antisubventions sur les importations de produits laitiers en provenance de l’UE. Après le cognac et plus récemment la viande porcine, la Chine applique donc depuis le 23 décembre des droits de douane provisoires sur toute une série de produits laitiers de l’UE, notamment les fromages frais et transformés, les fromages bleus, ainsi que certains laits et crèmes. Ces taxes s’échelonnent, en fonction des entreprises et de leur coopération à l’enquête, de 21,9 % (pour l’entreprise italienne Sterilgarda Alimenti) à 42,7 % (pour le géant néerlandais FriestlandCampina) et viennent s’ajouter aux 15 % déjà appliqués aux produits laitiers européens.

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Selon l’empire du Milieu, les premiers éléments de l’enquête montrent que les subventions accordées par l’UE à son secteur laitier, notamment par le biais de la Pac, ont affecté l’industrie laitière chinoise. Les importations de produits européens subventionnés ont entraîné « une augmentation continue des stocks, une transformation des bénéfices en pertes et des difficultés de production et d’exploitation », estime le Mofcom.

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Tensions croissantes

L’application de ces nouveaux droits provisoires s’inscrit dans un contexte plus global de tensions commerciales sino-européennes depuis le lancement en 2024 par l’UE d’une enquête antisubventions sur les importations chinoises de véhicules électriques à batterie qui a donné lieu à des sanctions à l’encontre de la Chine. Il s’agit d'« une mesure de représailles injustifiée ! », clament ainsi les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) qui évoquent une enquête « qui sent la vengeance politique ».

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De son côté, la Commission européenne juge que l’enquête chinoise est fondée sur « des allégations contestables et des preuves insuffisantes ». En conséquence, elle considère ces mesures comme « injustifiées et infondées ». « Nous mettons tout en œuvre pour défendre les agriculteurs et les exportateurs de l’UE, ainsi que la Pac, contre l’utilisation abusive par la Chine des instruments de défense commerciale », a déclaré le 22 décembre, le porte-parole en chef adjoint de la Commission européenne, Olof Gill, tout en précisant que des actions sont d’ores et déjà en cours à l’OMC. De son côté, Pékin se défend de tout abus, estimant avoir « toujours fait preuve de prudence et de retenue dans l’utilisation des mesures de défense commerciale » contrairement à l’UE. L’enquête antisubventions sur le secteur laitier européen doit se conclure le 21 février, date à laquelle les droits chinois pourraient devenir définitifs.