Influenza : le Modef s’inquiète de retards dans les indemnisations

Le 8 avril, le Modef des Landes a pointé des retards dans le versement des indemnisations pour les animaux abattus dans le cadre de la lutte contre l’influenza aviaire.

Les indemnisations liées à l’épizootie d’influenza aviaire hautement pathogène « tardent à arriver chez de nombreux producteurs », alerte le Modef des Landes dans un communiqué le 8 avril. D’après le syndicat, qui a envoyé un courrier à la préfète des Landes, « certains éleveurs et éleveuses viennent de passer trois à quatre mois sans aucun revenu ». Début janvier, le ministère de l’Agriculture avait annoncé que ces indemnisations feraient l’objet d’acomptes. « Le problème concerne les élevages où l’influenza a été détectée par analyse après qu’ils ont été dépeuplés », indique Serge Mora, le président du Modef des Landes, à Agra Presse, sans pouvoir quantifier le nombre d’exploitations concernées. Les indemnisations « couvrent 70 % de la valeur des animaux abattus », rappelle cet éleveur, un niveau qui « rembourse les achats de canetons et d’aliment ».

« Le plus inquiétant, c’est la perte de production » induite par l’interdiction de remettre en place des animaux, ajoute M. Mora. D’après lui, sont particulièrement fragilisés les éleveurs qui n’avaient pas d’animaux au moment de l’épizootie et qui se retrouvent « sans trésorerie jusqu’à fin juin, date à laquelle on nous a promis les premiers acomptes des indemnisations pour perte de production ». Certains producteurs de canards prêts à gaver situés en zone indemne seraient dans une situation « plus grave encore », car privés de débouchés et non éligibles aux indemnisations. En tout, l’épizootie a provoqué l’abattage (sanitaire ou préventif) de 3,5 millions de volailles.

Date de remise en place toujours incertaine

La date de remise en place des animaux reste incertaine. « Hier (le 7 avril, NDLR), on nous a parlé de fin mai », lance Serge Mora, citant un représentant des pouvoirs publics intervenant lors d’une table ronde organisée par le journal Sud Ouest. Premier département touché, les Landes comptent 341 foyers confirmés en élevages. « Ça fait autant de sites à nettoyer et désinfecter, par une entreprise agréée, puis à faire vérifier par les fonctionnaires de la DDCSPP », explique le président du Modef des Landes. Dans un communiqué du 18 mars, le ministère de l’Agriculture indiquait que le repeuplement des élevages de palmipèdes « n’interviendra qu’une fois l’épizootie terminée et après une période d’assainissement de quatre semaines autour des anciens foyers des " zones de protection " ». « On n’a plus de foyer dans les élevages depuis le 26 mars et on n’a pas observé de cas dans la faune sauvage depuis le 23 mars, c’est une très bonne nouvelle », a déclaré Julien Denormandie sur Public Sénat le 8 avril.

« Le plus inquiétant, c’est la perte de production »