Le groupe Avril veut céder ses activités dans l’œuf et le porc

16.04.2021 - 17:27
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JCD
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Avril souhaite vendre ses activités dans l’œuf et le porc pour se recentrer sur la transformation du végétal, a-t-il annoncé lors d’une présentation des résultats 2020.

« On veut devenir le leader des solutions végétales au service des transitions, qu’elles soient alimentaires, environnementales ou agricoles », a déclaré le DG Jean-Philippe Puig, en dévoilant le 13 avril, un plan stratégique à horizon 2030. Cela passe par la cession des métiers de la transformation animale, qui pèsent « un peu moins » de 500 M€ de chiffre d’affaires sur les 5,8 Mrd€ dégagés par le groupe.

L’opération, prévue « dans les prochains mois », concerne six sites en France dans le conditionnement d’œufs Matines et la fabrication d’ovoproduits, et deux sites d’abattage-découpe de porc. Avril « n’est pas dans l’urgence au niveau de ces cessions », a-t-il indiqué. Le groupe dit vouloir accompagner les sociétés concernées et pour cela identifier des partenaires qui permettront de « garantir un cadre de développement et de croissance à chacune » d’elles.

Quatre marchés prioritaires

La stratégie 2030 est de « concentrer les investissements sur quatre axes », a expliqué Jean-Philippe Puig. Avec l’objectif d’« accélérer sa croissance », Avril vise notamment les produits alimentaires de grande consommation, dont les huiles de table où le groupe est déjà le numéro un français grâce à la marque Lesieur. Les ingrédients de spécialités constituent un autre axe de développement, autour de « solutions végétales innovantes pour des applications en nutrition animale, en alimentation humaine et en chimie renouvelable ». Le groupe, qui produit du biodiesel, mise également sur ses activités dans les énergies renouvelables. Enfin, il compte développer les services et solutions pour les agriculteurs, par exemple dans les domaines de la nutrition animale, via Sanders, et de la fertilisation organique.

Avril a plutôt bien résisté à la crise sanitaire sur l’exercice : son chiffre d’affaires est resté stable, autour de 5,8 Mrd€ (-1,3 %), tandis que son résultat net part du groupe a progressé d’un peu moins de 70 %, à 59 M€. L’activité œufs a pourtant continué de se dégrader en 2020, malgré des restructurations pour s’écarter de l’élevage en cages. Aux difficultés historiques de Matines est venu s’ajouter l’arrêt de la restauration hors domicile avec la Covid-19. L’activité de transformation porcine a connu en revanche une année 2020 « exceptionnelle », soutenue par la demande chinoise. Pour la première fois depuis cinq ans, la filiale de transformation des graines oléagineuses Saipol renoue avec la rentabilité. Elle est soutenue par la hausse des prix des matières premières, le succès de nouvelles solutions comme les huiles prétraitées, les biocarburants de spécialité à haute durabilité ou encore Oleo100, fabriqué à partir de colza français.

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