« Cash settled » : l’essor discret des marchés à terme sans grain
Rompue aux marchés à terme à livraison physique – où les grains changent réellement de mains –, la filière céréalière européenne voit émerger, depuis cinq ans, une nouvelle génération d’outils financiers de couverture. Les contrats à « dénouement financier », ou « cash settled » selon le vocabulaire anglo-saxon, permettent de se couvrir sans qu’aucune marchandise ne circule. Leur développement répond aux limites des marchés à termes livrables, notamment sur certains marchés de petite taille, ou très éclatés comme en mer Noire. Leur développement dans d’autres secteurs s’intensifie : l’huile, le saumon, les produits laitiers… Ces produits ne sont pas davantage sujets à la spéculation que leurs équivalents livrables, assurent les professionnels.
C’était l’été dernier, dans l’Ouest parisien. Le cabinet d’analyse Argus Media (ex-Agritel) annonce qu’il contribue à la création d’un nouveau contrat à terme pour la zone mer Noire. Proposé par le CME (bourse de Chicago), cet outil de couverture, appelé « contrat à terme à dénouement financier » – ou « cash settled » en anglais, est adossé au blé tendre roumain et bulgare.