Assises du sanitaire: vers un élargissement des missions du FMSE
À l'issue d'un Cnopsav (parlement du sanitaire) le 13 octobre, qui clôturait les Assises du sanitaire animal, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a présenté ses décisions sur le financement et la gouvernance du système sanitaire. Une doctrine de financement a été établie par maladie et niveau de risque, dont les principes préservent les équilibres existants: la prévention «demeure la responsabilité première des éleveurs», même si un «accompagnement temporaire de nouvelles mesures obligatoires» peut être envisagé, comme ce fut le cas pour les vaccins influenza. L'Etat continue à prendre en charge «la lutte et certains pans de la surveillance». Ce faisant, la ministre veut permettre l’extension du champ d’intervention du FMSE (fonds professionnel) aux actions de «prévention et de surveillance», mais «sous réserve d’une gouvernance partagée et conforme aux orientations définies et de l'absence d'incidence sur les finances publiques». Elle charge les professionnels «de trouver une organisation» dans le cadre des futurs programmes sanitaires d’intérêt collectif (PSIC), dont les contours restent à paraitre par décret, et à valider en Cnopsav. Enfin, la ministre veut créer, au sein du Cnopsav, des comités, dont la gouvernance n'est pas précisée: un «comité opérationnel de santé animale» (et son équivalent végétal), appuyé par deux autres comités «l’un scientifique et l’autre rassemblant les différents financeurs susceptibles d’intervenir dans les programmes sanitaires en construction».
Assises du sanitaire: «il reste des choses à construire», constate le président du FMSE
Interrogé par Agra presse à l'issue des conclusions des Assises du sanitaire, le président du FMSE (fonds professionnel), Christophe Chambon se félicite, d'une part, de voir que l'Etat ne renonce pas ses missions sur le sanitaire - ce qui était craint au démarrage des discussions - et, d'autre part, que la ministre de l'Agriculture ait ouvert la voie à l'extension des missions du FMSE, à la surveillance et la prévention, qui s'ajouteraient à sa fonction actuelle d'indemnisation des pertes. Cette décision correspond à une demande de la FNSEA, exprimée dès le début des Assises. L'éleveur évoque notamment la possibilité à l'avenir de commander des vaccins contre des souches de FCO encore non présentes sur le territoire. Toutefois, pour y arriver, «il reste des choses à construire», notamment les futurs programmes sanitaires d’intérêt collectif (PSIC), dans lesquels devront s'inscrire les nouvelles missions du FMSE, constate son président. Selon Christophe Chambon, le fonds professionnel devrait faire partie des membres du futur comité des financeurs qui doit être créé au sein du Cnopsav (parlement du sanitaire). Aux début des Assises, la FNSEA appelait par ailleurs à une «gouvernance professionnelle» du sanitaire ; le comité plénier du Cnopsav devrait rester présidé par la ministre de l'Agriculture, et les autres par la DGAL (ministère), selon M. Chambon.
Porc : la Fict préoccupée par la chute des investissements en charcuterie
Les industriels français de la charcuterie ont vu leur « taux d’investissement d’exploitation » chuter en moyenne de 21% en 2025 et les petites entreprises (moins de 50 salariés) de près de 50%, fait savoir par communiqué du 8 octobre leur fédération, s’appuyant sur une étude de la Banque de France. Depuis cinq ans, ce taux d’investissement d’activité s’est effondré de 44%, passant de 27 % à 15 %. La Fict alerte sur un risque accru de dégradation des finances en 2026, mentionnant la hausse de 40 % du gazole, celle de 30 à 40% des emballages plastiques et du carton ainsi que l’augmentation des prix du gaz et de l'électricité et du Smic. Des hausses absorbées par les entreprises « sur leurs propre marge face à l'impossibilité de répercuter les surcoûts auprès de leurs clients », déplore la fédération dans le communiqué, se référant aux remontées de terrain. L’écrasement des marges vient fragiliser de nombreuses trésoreries à un point de rupture critique (tombées à 12 jours de chiffre d’affaires, constate-t-elle. La Fict rappelle que 40 % des dirigeants d'entreprises de charcuterie ont plus de 60 ans, et souligne que la fragilité financière n’incite pas à la reprise.
Elargissement : l’UE finalise trois chapitres avec le Monténégro et en ouvre avec l’Ukraine
A l’issue de la vingt-neuvième conférence d'adhésion avec le Monténégro, le 12 octobre, la Conseil de l’UE a annoncé la conclusion provisoire de trois chapitres de la négociation (politique économique et monétaire, statistiques, politique sociale et emploi) portant ainsi à 21 (sur 33) le nombre de chapitres clos. La Commission européenne se montre confiant quant à une issue positive des négociations d’ici la fin de l’année ou le début de 2027. Par ailleurs, le ministre irlandais des Affaires européennes, Thomas Byrne, a annoncé, le même jour, l’ouverture de deux nouveaux groupes de chapitres avec l’Ukraine et la Moldavie, le 2 (marché intérieur) et le 3 (compétitivité et la croissance inclusive). « Je me félicite de la décision prise par les États membres de l'UE d'ouvrir deux nouveaux groupes de négociation avec l’Ukraine et la Moldavie », a déclaré le président du Conseil européen Antonio Costa sur X. Et d’ajouter : « Nous attendons avec impatience l'ouverture de tous les groupes restants dès que possible ». Bruxelles espère aussi ouvrir « dans les prochaines semaines » les discussions concernant le volet agricole.
Maïs : le ministère révise à nouveau à la baisse sa prévision de production, à 7,3 Mt
Dans sa note de conjoncture (Agreste) du 13 octobre, le ministère de l'Agriculture table désormais sur une production française de maïs grains à seulement 7,3 Mt cette année, contre 8,1 Mt le mois dernier, et 7,5 Mt annoncé il y a plusieurs semaines par l'AGPM (producteurs de maïs, FNSEA). L’an dernier, elle s’élevait à 13,9 Mt. La récolte est désormais bien avancée (réalisée à 84 % au 5 octobre selon le dernier bulletin Céré’Obs du 9 octobre), et les rendements sont désormais attendus à 63 q/ha, contre 68 q/ha le mois précédent. En 2025, la productivité moyenne s’élevait à 86,5 q/ha. Le ministère précise que « près de 150.000 ha initialement dédiés à la culture du maïs grain seraient finalement récoltés en maïs fourrage ». En tournesol, la production française 2026 a elle aussi été revue à la baisse, passant de 1,3 Mt à 1,2 Mt entre septembre et octobre (1,4 Mt en 2025). En blé tendre, elle passe de 31,67 Mt à 31,48 Mt (33,36 Mt en 2025), et de 10,8 Mt à 10,6 Mt en orge (11,86 Mt en 2025).
Pomme de terre/sécheresse: le CNIPT appelle la GMS à adapter ses agréages
Dans un communiqué du 13 octobre, le CNIPT (interprofession des pommes de terre fraîche) appelle la grande distribution « à traduire ses engagements de soutien à la filière dans les faits, en adaptant ses pratiques d’achat et ses agréages aux réalités de la récolte ». L’interprofession rappelle que la moisson française de pomme de terre 2026 a été particulièrement mauvaise, avec des rendements en forte baisse par rapport à l’an dernier et une qualité dégradée. Le CNIPT a ainsi décidé le 2 septembre dernier d’abaisser exceptionnellement de 50 à 45 mm le calibre minimum des pommes de terre portant l’allégation « frites ». Rappelant que des représentants de la grande distribution avaient publiquement exprimé leur volonté de soutenir les filières agricoles confrontées aux mauvaises récoltes, l’organisation constate que, suite à des retours de professionnels sur le terrain, « toutes les enseignes ne se montrent pas aujourd’hui au même niveau d’engagement ». Le président de l’interprofession Luc Chatelain indique dans le communiqué qu’une pomme de terre « plus petite peut parfaitement faire une excellente frite. Jouer collectif, c’est permettre de valoriser la récolte disponible et de préserver un partage équilibré de la valeur tout au long de la chaîne ».
NGT : la Chine dépose environ deux tiers des brevets dans le monde selon l’AFBV
Lors d’une conférence de presse à Paris le 13 octobre, l’AFBV (Association française des biotechnologies végétales) a indiqué que la Chine est désormais le grand leader du marché des semences issues de NGT, avec environ 65 % des brevets déposés dans le monde. Alain Bonjean, administrateur et expert de la Chine de l’association, précise que les brevets déposés sont essentiellement destinés au marché intérieur, sur diverses cultures : blé, maïs, soja, coton etc. Il ajoute que le pays, qui tend à accroître ses exports, s’investit depuis les années 2015 environ dans la technique de sélection, via des plans quinquennaux, témoignant d’une vision à long terme, justifiant sa position. Le deuxième pays le plus avancé dans les NGT sont les USA, avec environ 25-30 % de parts de marché. L’Inde, l’Argentine, le Brésil ainsi que certains pays africains (Nigéria, Kenya, Ghana etc.) s’investissent également. Les essais aux champs se développent sur le continent européen. Le Royaume-Uni fait figure de locomotive, concentrant ses efforts sur la qualité et la résistance aux maladies, rapporte l'AFBV. Les cultures concernées sont essentiellement le blé, l’orge, le colza, ou encore la tomate et la pomme de terre. En France, l’Inrae fait des expériences sur la cameline.
Echalote: tensions sur le projet IGP bretonne entre les porteurs du projet et le Cerafel
A l’occasion d’une conférence de presse le 12 octobre, le Collectif de l’échalote traditionnelle de Bretagne a fait le point sur son projet d'indication géographique protégée (IGP), suspendu par l’INAO (institut de la qualité et de l'origine) le 12 mai. « Cette décision a suscité une profonde incompréhension », a résumé Bernard Cadiou, président, qui a toutefois démenti les rumeurs d'action en justice. L’INAO a souligné plusieurs problèmes : aire géographique, comparabilité avec l’échalion et un risque de confusion entre la dénomination « échalote traditionnelle de Bretagne » et des marques déjà présentes sur le marché comme Prince de Bretagne. L’INAO invite d’ailleurs le Collectif à s'accorder avec le Cerafel. « Pour trouver un accord, encore faut-il être deux. Nous sommes toujours en attente d’une réponse de leur part » a regretté Bernard Cadiou. Contacté par Agra presse, Marc Kerangueven, président du Cerafel, nie toute politique de « la chaise vide » : « Le Cerafel, qui soutient cette initiative, a toujours été prêt à apporter son aide administrative sur le dossier, en laissant le lead au Collectif. Mais le Cerafel ne veut pas adhérer au Collectif comme on lui avait été demandé ».
Saisonniers étrangers : une PPL socialiste propose un titre de séjour pluriannuel
Une proposition de projet de loi (PPL) déposée par la députée Céline Hervieu (Socialistes et apparentés) le 6 octobre préconise la création d’une carte de séjour pluriannuelle pour les étrangers travaillant dans les métiers en tension. « Il s’agit d’un titre de séjour de plein droit, et non d’une admission exceptionnelle au séjour, dispositif expérimental actuellement en vigueur jusqu’au 31 décembre 2026 » est-il précisé. « A trois mois du terme prévu, aucune évaluation n’a été engagée afin de permettre, ou non, la pérennisation de ce dispositif » qui n'a pas permis « depuis son entrée en vigueur (que) 1655 régularisations », alors que le gouvernement en attendait 10 000. Le « caractère discrétionnaire par l’autorité administrative », l’ «appréhension circulaire entre immigration et travail » (un travail pour être régularisé, une régularisation pour travailler), les modalités de mise en œuvre sont parmi les raisons avancées à cet échec. Le titre serait d’une durée maximale de quatre ans. L’octroi de cette carte de séjour demeure subordonné à la détention préalable d’une autorisation de travail, comme c’est le cas pour tout titre de séjour. Pour les personnes en situation irrégulière, la mention « travailleur dans un métier essentiel ou en tension » serait ajoutée à la liste des exemptions à la production d’un visa de long séjour.
Saisonniers : lancement d'un consortium européen sur l'impact du climat sur la santé
Dans un message publié sur le réseau social LinkedIn le 8 octobre, Caroline Véran, co-fondatrice du Baromètre Clisève, qui a pour objectif d’évaluer les impacts du climat sur la santé au travail, indique la constitution d’un consortium européen avec la CFDT Agri Agro, l'Effat (syndicats européens de l'alimentation, de l'agriculture et du tourisme) et Geopa (employeurs agricoles européens). L'annonce a été faite à l’occasion de l’exposition SafeHabitus au Parlement européen, à Strasbourg: « Les échanges ont mis en lumière le besoin de disposer d’une base de données commune et construire des indicateurs sociaux européens pour orienter l’adaptation et en suivre les effets », explique Caroline Véran. Le 14 octobre à Bruxelles, à l’invitation de l’eurodéputée écologiste Maria Ohisalo, Clisève participera à une consultation préparatoire à son rapport d’initiative sur les effets des températures extrêmes sur la santé et la sécurité au travail. Les premières données du baromètre Clisève, livrées début 2026, avaient montré que 74% des répondants se déclaraient impuissants face aux événements climatiques. D’autre part, pour les saisonniers, le climat passait devant l’effort physique comme première cause de pénibilité au travail agricole (68% contre 29%).
Défaillances d’entreprises : nouvelle hausse de 3,9 % en agriculture au 3e trimestre
Le groupe Altares a dévoilé, le 13 octobre, les chiffres des défaillances d’entreprises en France pour le troisième trimestre 2026 : dans le secteur agricole, elles progressent de 3,9 %, comparativement à la même période en 2025. « À rebours de nombreux secteurs productifs, l’agriculture poursuit sa détérioration, selon un communiqué. Les défaillances atteignent 344 procédures, contre 331 un an plus tôt (+3,9 %). Cette progression est moins spectaculaire que celle observée au 3e trimestre 2024 (+48 %) ou 2025 (+30 %), mais elle confirme une tendance de fond. » Dans le détail par secteur, la culture de céréales (+24 %) et la viticulture (+43 %) sont « particulièrement fragilisées ». Les défaillances en élevage affichent -6,2 %. Parmi les autres secteurs, l’hôtellerie restauration devient « le principal foyer de dégradation ». « La restauration franchit un nouveau seuil avec 1 694 défaillances, en hausse de près de 10 % sur un an, note Altares. La tendance est particulièrement sévère pour la restauration rapide (+15,8 %, 764 procédures). La restauration traditionnelle (+6,3 %, 880) ne parvient toujours pas à inverser une trajectoire difficile depuis la crise sanitaire. C’est également le cas des débits de boissons, lourdement fragilisés cet été (+13,4 %), approchant désormais les 300 défauts. »
Eau/Sage Vilaine : plusieurs organisations demandent le maintien du vote mi-octobre
Plusieurs organisations, dont Eau et Rivières de Bretagne, la Confédération paysanne, France Nature Environnement ou encore Soutien aux victimes des pesticides, ont appelé le Premier ministre et les préfets de la Bretagne et des Pays de la Loire à soutenir le maintien du vote sur la révision du Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (Sage) de la Vilaine, prévu le 16 octobre. Dans un courrier du 9 octobre, elles leurs demandent, ainsi qu’aux services de l’État, d’être présents lors de la prochaine réunion de la Commission locale de l’eau (CLE), afin de permettre la clôture du processus décisionnel « dans des conditions sereines et sécurisées ». Engagé en 2022, la révision du Sage Vilaine a mobilisé pendant près de quatre ans élus, représentants du monde agricole, associations, acteurs économiques et services de l’État. « Il est donc étonnant d’entendre plusieurs acteurs déclarer, au bout de quatre années, que les conditions du dialogue n’étaient pas réunies », soulignent les organisations. Selon elles, le Sage Vilaine intègre déjà les modifications apportées par la loi d’urgence agricole, et ses effets socio-économiques ont déjà été analysés. Elles estiment qu’il peut donc être soumis au vote le 16 octobre, même si certains décrets d’application ne sont pas encore parus. Elles précisent notamment le Sage pourra être modifié si besoin après son adoption ; le décret du 2 décembre 2024 ayant facilité les révision de ces schémas.
Restauration : les députés pour pérenniser le paiement des courses par chèques déjeuner
Les tickets-resto pourront continuer à servir au supermarché : les députés ont voté le 12 octobre une proposition de loi pérennisant cette possibilité, malgré les inquiétudes des restaurateurs, qui réclament un traitement plus favorable face à la grande distribution. Pour la troisième fois depuis 2023, les tickets-resto revenaient dans l’hémicycle, au cours d’un vif débat, malgré des travées relativement clairsemées. L’enjeu principal était de pérenniser une mesure instaurée en 2022 : la possibilité d’utiliser ses tickets pour acheter tous les produits alimentaires, y compris pâtes ou farine par exemple. Une dérogation prolongée à deux reprises, qui doit expirer au 31 décembre. Le texte prévoit une reconduction d’un an, et une pérennisation à partir de 2028. Les députés se sont largement retrouvés sur le principe, mais l’impact sur les restaurateurs a suscité davantage de divergences. La part de la grande distribution dans les dépenses réglées avec des titres-restaurant est passée de 22% à 31% entre fin 2022 et mi-2024, selon les chiffres cités dans l’hémicycle.
Affichage nutritionnel : quatorze enseignes de distribution adoptent le score Yuka
Quatorze enseignes de distribution ont décidé d’afficher le score de l’application Yuka sur leurs sites de vente en ligne, selon un communiqué publié le 13 octobre. « En France, 23 millions de personnes utilisent Yuka pour vérifier la composition d’un produit avant de l’acheter. Si ce réflexe s’est largement installé dans les habitudes de consommation en magasin, il restait jusqu’ici plus difficile à reproduire au moment de faire ses courses en ligne », précisent les fondateurs de Yuka. Onze enseignes affichent d’ores et déjà le score Yuka en ligne : Intermarché, Carrefour, Auchan Luxembourg, Chronodrive, Houra, La Fourche, Greenweez, Le Fourgon, Kazidomi, Bene Bono et Willy anti-gaspi. Biocoop doit suivre dans les prochaines semaines, puis Naturalia et Picard début 2027. Selon les enseignes, le score apparaît dans le catalogue ou sur la fiche produit, et peut être utilisé comme critère de recherche. Identique à celui de l'application, il est mis à jour automatiquement lorsqu'un produit est reformulé. Les enseignes de distribution et les marques ne peuvent ni intervenir sur le score ni décider de n’afficher que les produits les mieux notés. Chaque produit alimentaire est noté sur 100, selon trois critères : la qualité nutritionnelle, selon la méthode du Nutri-score (60 %), les additifs (30 %) et une bonification de 10 % pour les produits biologiques.
Santé : obésité, mauvaise alimentation et sédentarité en tête des risques d’ici 2100
L’obésité, la mauvaise alimentation et la sédentarité figurent parmi les principales menaces pour la santé humaine d’ici à 2100, devant le faible niveau d'instruction, les inégalités de revenu ou le tabagisme, selon une étude publiée le 11 octobre dans la revue scientifique The Lancet. Ces trois facteurs représenteraient à eux seuls 23,1 milliards d’années de vie en bonne santé perdues et évitables d’ici à la fin du siècle, soit près de 10 % de la charge mondiale de morbidité étudiée. Ils favorisent notamment des maladies chroniques tel le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, certaines maladies respiratoires et les cancers. Pour établir cette liste, une commission de 37 experts a modélisé les conséquences de 17 menaces sur la santé entre 2025 et 2100, en estimant le nombre d’années de vie en bonne santé qui pourraient être préservées grâce à des mesures de prévention et d’action publiques. La clef, selon les auteurs, consiste à préparer les systèmes de santé à faire face à ces menaces complexes. Cela suppose d’anticiper les risques, de renforcer les mesures de prévention, notamment grâce aux soins de santé primaires, de préparer des plans de préparation pour réagir efficacement aux menaces et de déployer des stratégies de protection pour en limiter les conséquences, notamment en améliorant l’environnement alimentaire. L’étude comporte toutefois des limites, notamment dans l’évaluation des effets futurs du changement climatique sur la santé.
Sucre/santé: le Synabio demande d'aménager le projet de taxe sur les sucres et additifs
Le Synabio (fabricants bio) appelle le gouvernement à « mieux cibler » l’extension de la taxe soda à des produits sucrés et transformés, proposée dans l’article 8 du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, pour tenir compte du « modèle de transformation particulièrement exigeant » déjà à l’œuvre dans la filière bio. Dans un communiqué le 8 octobre, le syndicat de l’agroalimentaire bio demande de « concentrer la taxe sur les sucres ajoutés ou libres plutôt que sur les sucres totaux » qui recouvrent les sucres naturellement présents dans les produits. De plus, l’article 8 tel que proposé par l’exécutif, prévoit de tenir compte de la présence d’additifs alimentaires pour justifier la taxe. Face à cela, le Synabio demande, « à titre transitoire », de ne pas inclure la cinquantaine d’additifs autorisés en bio (contre plus de 300 autorisés dans l’alimentation conventionnelle), le temps de produire « un référentiel scientifique public » qui permette d’identifier les additifs marqueurs de l’alimentation ultra-transformée. Enfin, le Synabio demande « un report de l’entrée au vigueur au 1er septembre 2027 » et « une publication suffisamment anticipée des modalités d’application », pour donner aux PME le temps de s’adapter.