Maïs : vers une production française 2026 de 7,04 Mt, au plus bas depuis 1976 (Arvalis)
Lors d’une conférence de presse à Paris organisée par l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA) le 20 octobre, l’institut technique Arvalis a indiqué tabler sur une production française de maïs grain à 7,04 Mt en 2026, en recul de 49 % par rapport à l’an dernier, et un plus bas depuis 1976. De son côté, le ministère de l’Agriculture tablait sur 7,3 Mt dans la dernière note Agreste publiée le 13 octobre. La production s’est établie sur une sole de 1,06 Mha, en déclin notable par rapport à l’an dernier. Arvalis estime que 232 000 ha ont été transférés vers du maïs fourrage et de la méthanisation, contre 150 000 ha selon le ministère. Le rendement moyen est estimé à 6,67 t/ha, mais avec des résultats très hétérogènes : 9,67 t/ha en irrigué, et 4,59 t/ha en pluvial. « Au vu des transferts de surface, qui ont concerné essentiellement les surfaces non irriguées (86 % des cas), environ 41 % de la production française est irriguée, contre 31 % d’habitude », précise Aude Carrera, ingénieure d’Arvalis. Les importations françaises vont naturellement augmenter. La récolte de maïs doux, davantage irriguée, a moins souffert, reculant de seulement 12 % sur un an, soit un rendement moyen d’environ 17,4 à 18 t/ha, sur 17 100 ha.
Maïs/sécheresse : l’AGPM estime les pertes à 2,5 Md€ pour les producteurs
Lors d’une conférence de presse le 20 octobre, Franck Laborde, président de l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA) a déclaré que la récolte 2026 catastrophique de maïs grain allait engendrer « une perte de chiffre d’affaires de 2,5 Md€ » pour les agriculteurs. Le gouvernement estime que 20 000 à 30 000 exploitations sont au bord de la défaillance, ajoute le syndicat. Ces pertes s’expliquent notamment par l’impréparation de la France face au changement climatique, estime l’association spécialisée. Afin de permettre un nouveau cycle de production pour 2027, l’AGPM a rappelé la demande de l’ensemble des associations spécialisées grandes cultures de la FNSEA (AGPB, Fop, CGB, UNPT) : une aide de l’État à la trésorerie de 450 €/ha, sachant que les besoins totaux s’élèveraient à 900 €/ha. Ces 450 €/ha incluent une dérogation aux producteurs pour ne pas semer d’intercultures, qui permettrait une économie de près de 200 €/ha. À plus long terme, l’AGPM a rappelé sa demande d’augmentation de la capacité nationale de stockage d’eau de 1 milliard de m3 à l’horizon 2035, pour un coût de 600 M€. L’AGPM, qui met en avant des bénéfices pour l’ensemble de la population, demande à l’État de prendre en charge la majorité de l’effort, soit 480 M€ (420 M€ dédiés au stockage proprement dit et 60 M€ à l’irrigation). Le secteur agricole prendrait en charge les 120 M€ restants.
Maïs semence : vers une production à seulement 60 % de l’objectif (syndicat)
Lors d’une conférence de presse à Paris, le président de l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA) Franck Laborde a déclaré que la production française de maïs semence n’allait atteindre que « 60 % de l’objectif du secteur, du jamais vu ». De son côté, dans une note du 13 octobre, le ministère de l’Agriculture l’estime, en volume, à 171 000 t, en repli de plus de 25 % par rapport à 2025. Toutefois, le président de l’association spécialisée se veut rassurant : « Les besoins du marché français seront approvisionnés », affirme-t-il. Tout en prévenant qu’il pourrait « ponctuellement y avoir des ruptures sur certaines variétés. Nous disons aux agriculteurs : " Positionnez-vous le plus tôt possible vis-à-vis de vos fournisseurs pour réserver les variétés dont vous avez besoin " ». Les exportations de semences devraient s’effriter, alors que les importations augmenteraient. Concernant les perspectives d’assolements 2027 de maïs grain, Franck Laborde estime qu’il est encore trop tôt pour se prononcer. En revanche, « nous tablons sur une hausse des surfaces de maïs fourrage », sans livrer de chiffre précis. Le président de l’association spécialisée rappelle que les éleveurs ont des stocks de fourrage réduits, en raison notamment de la faiblesse de la pousse d’herbe, engendrant une forte demande en maïs ensilage.
Crise agricole : la MSA décuple son budget d’accompagnement social, à 4,275 M€
Dans un communiqué du 20 octobre, la MSA indique que le conseil d’administration de la Caisse centrale de la Mutualité sociale agricole (CCMSA) a décidé de réorienter son budget 2026 d’action sanitaire et sociale pour mobiliser une enveloppe de 4,275 millions d’euros (M€) afin de « renforcer l’accompagnement social des personnes et des familles affectées » par la crise agricole. Fixée à 200 000 €/an dans la précédente convention d’objectifs et de gestion (COG), l’enveloppe dédiée aux conséquences sociales des crises avait déjà été doublée pour atteindre 400 000 € dans la COG 2026-2030, signée plus tôt cette année. La présente décision du conseil d’administration porte exceptionnellement ces moyens à 4,275 M€ pour 2026, soit plus de dix fois le montant prévu initialement. Financée par un redéploiement de crédits du Fonds national d’action sanitaire et sociale (FNASS), cette enveloppe permettra aux caisses de MSA de renforcer les secours d’urgence, tel que le relogement dans les zones incendiées, et la mise en place d’accompagnement des adhérents fragilisés en mobilisant les dispositifs existants de la MSA, tels que l’aide au répit et au remplacement, ainsi qu’un soutien psychologique (consultations, groupes de parole). Les 35 caisses de MSA ont été confrontées à la sécheresse, tandis que 33 ont été confrontées à la canicule et 20 aux incendies.
Plan CASI : 90 000 demandes pour le fonds de réarmement, premiers paiements effectués
En octobre, plus de 90 000 dossiers ont été déposés en deux semaines pour demander les aides du fonds de réarmement face à la sécheresse, a annoncé le ministère de l’Agriculture le 20 octobre. « Rien qu’au cours de la semaine du 12 octobre, 54 672 demandes ont été reçues, contre 37 170 la semaine précédente » (soit un total de 91 842 dossiers), peut-on lire dans un communiqué. Des premiers paiements ont été réalisés « début octobre », précise le ministère, « à hauteur de plusieurs millions d’euros ». Et d’ajouter que « la majeure partie des versements sera effectuée d’ici fin-octobre début novembre ». Inclus dans le plan CASI (canicules, sécheresse, incendies) annoncé le 4 septembre, le fonds de réarmement comprend 235 M€ d’aides à la trésorerie, à la main des préfets. La Rue de Varenne note « une dynamique particulièrement forte de dépôt » dans plusieurs régions, « notamment la Bretagne, les Pays de la Loire et la Nouvelle-Aquitaine ». Le plan comprend aussi des prises en charge de cotisations sociales ; la répartition de l’enveloppe entre caisses locales de la MSA « a été validée par la Caisse centrale le 14 octobre », indique le ministère. D’ores et déjà, au 12 octobre, « 3 106 demandes de prises en charge de cotisations ont été adressées à la MSA », et la Sécu agricole a déjà accordé « 1 776 échéanciers de paiement ».
Bio : les colégislateurs européens s’accordent sur la mise à jour du règlement
Les colégislateurs européens sont parvenus, le 20 octobre à l’issue de leur seule réunion en trilogue, à un compromis sur la mise à jour du règlement sur l’agriculture biologique présenté en 2025. Concrètement, le texte prévoit que les produits importés dont les règles de production sont reconnues comme équivalentes à celles de l'UE peuvent continuer à être commercialisés sous l'appellation « biologique » et utiliser le logo bio de leur pays d'origine. L’usage de celui de l’UE est réservé aux importations qui respectent des normes équivalentes et satisfont à des exigences supplémentaires en matière de production et de contrôle. Comme l’espérait Bruxelles, l’accord prévoit aussi de prolonger de dix ans, jusqu’au 31 décembre 2036 (le temps de finaliser les négociations avec onze pays tiers), la reconnaissance des accords d’équivalence qui devait expirer le 31 décembre. Enfin, l’accord prévoit que les seuils permettant d’accorder une exemption de certification aux petits détaillants soient relevés de 20 000 € à 40 000 € pour le chiffre d'affaires annuel, et de 5 000 kg à 10 000 kg pour la limite de volume de ventes annuel. Pour pouvoir entrer en vigueur, l'accord provisoire doit à présent être formellement entériné par le Parlement européen et le Conseil de l’UE avant d’être publié au Journal officiel de l’UE.
Bio : au Sial, la Pologne promeut les garanties du label européen Eurofeuille
La chambre polonaise de l’alimentation biologique (Pize) participe au Salon international de l’alimentation (Sial), qui se déroule actuellement au Parc des expositions Paris nord Villepinte, pour y déployer la campagne de promotion et d’information « Bio européen : savourer, déguster, partager », d’après un communiqué le 19 octobre. Cofinancée par l’UE, cette campagne lancée en mars 2025 et devant s’achever en mai 2028 vise à renforcer la confiance des consommateurs français et néerlandais dans les produits bio européens, et notamment dans son label qu’est l’Eurofeuille. D'après le Baromètre sur la consommation et la perception des produits bio présenté au dernier Salon de l’agriculture par l’Agence bio, 66 % des Français connaissent l’Eurofeuille, et parmi eux 81 % lui font confiance. Cependant, 72 % des Français pensent que les produits bio importés sont moins bien contrôlés que les produits français. Un des objectifs de cette campagne est de faire savoir que « quel que soit le pays de production dans l’Union, les garanties sont les mêmes » (pas de pesticides de synthèse, pas d’OGM, rotation des cultures, bien-être animal, minimum de 95 % d’ingrédients bio dans les produits transformés, certification obligatoire…), indique le communiqué.
Pesticides : à Strasbourg, ONG et citoyens dénoncent le projet d’autorisations illimitées
Des membres d’associations environnementales et des parents d’enfants malades se sont rassemblés, le 20 octobre devant le Parlement européen à Strasbourg, pour marquer leur opposition au projet de Bruxelles d’accorder des autorisations illimitées à certains pesticides, rapporte l'AFP. Des manifestants ont brandi des portraits des députés européens favorables aux autorisations illimitées, accompagnés du message « We are watching you » (« Nous vous surveillons », en anglais). Les ONG redoutent que les eurodéputés de droite et d’extrême droite s’allient pour tenter d’autoriser très largement des pesticides sans limite de temps, lors d’un vote qui pourrait avoir lieu en novembre ou en décembre dans l’hémicycle. Fin septembre, les États européens avaient toutefois opté pour une position beaucoup plus restrictive, plaidant pour accorder des autorisations illimitées aux pesticides à faible risque uniquement. Une négociation aura lieu entre les Vingt-sept et les eurodéputés quand le Parlement européen aura arrêté sa position. Un premier vote des eurodéputés est attendu en commission environnement le 5 novembre. Ce rassemblement précède une mobilisation à l’appel de nombreuses organisations environnementales prévue à Strasbourg le 24 novembre lors de la prochaine session du Parlement européen.
Séquestration/carbone : le Parlement européen ne s’oppose pas aux méthodologies proposées
Réunis en session plénière à Strasbourg, le 20 octobre, les eurodéputés ont très largement rejeté (199 voix pour, 407 contre et 45 abstentions) une demande d’objection concernant l’acte délégué sur les méthodologies reconnues dans le cadre de la législation sur la certification volontaire du stockage de carbone agricole. Une majorité absolue des parlementaires était requise pour que l'hémicycle européen puisse mettre son veto. Bruxelles a proposé, en juillet, trois premières méthodologies reconnues couvrant les pratiques agricoles qui séquestrent le carbone ou réduisent les émissions des sols, la réhumidification et la restauration des tourbières, et le reboisement. Mais les opposants au Parlement européen estimaient que celles-ci ne sont pas assez strictes en ce qui concerne la prise en compte des changements indirects d’affectation des sols, les méthodes de quantification des émissions ou encore les mesures pour limiter la spéculation foncière. Une première demande d’objection avait déjà été rejetée le 5 octobre par la commission de l’Environnement du Parlement européen, mais à une plus courte majorité (38 voix contre 40).
Vin : l’interpro du bordeaux lance son prix d’orientation, inférieur au coût de revient
Après une annonce identique ce mois-ci en vallée du Rhône, l’interprofession du vin de Bordeaux (CIVB) a lancé le 20 octobre un prix d’orientation. Le dispositif est similaire, basé sur l’article 172 ter de l’OCM, mais avec un indicateur en deçà du coût de production. Ce prix d’orientation est « calculé sur la base de données objectives », explique le CIVB. Mis en œuvre sur l’AOP bordeaux rouge en vrac, il intègre les coûts de production et les prix de marché. Or, les vignerons vendent aujourd’hui à perte. Leur vin est commercialisé à 877 €/tonneau en moyenne sur 2025-2026, constate l’interprofession. Insuffisant face au coût de revient à 1 320 €/tonneau pour les cinq derniers millésimes, selon un échantillon d’une centaine de producteurs. Le CIVB propose un prix d’orientation à mi-chemin, atteignant 1 100 €/tonneau. « On s’inscrit dans une trajectoire de remontée progressive des cours vers les coûts de production », a déclaré en conférence de presse Stephane Héraud, au nom du collège production. Il y a « une volonté de revalorisation des prix dans la filière », selon le représentant du négoce Jean-Raymond Clarenc. Les deux familles souhaitent « un meilleur équilibre entre préservation du produit (valeur et image de qualité) et conditions de marché, dans le respect de la liberté de fixation des prix », appuie l’interprofession, en visant « une plus juste rémunération des acteurs de la filière ».
Asperges : une campagne 2026 rendue difficile par la météo (FranceAgriMer)
Les conditions météorologiques, que cela soit les tempêtes ou les fortes chaleurs, ont marqué profondément la campagne 2026 d’asperges, selon le bilan du RNM (FranceAgriMer) publié le 15 octobre. Si les tempêtes de février ont retardé le démarrage de la campagne, les volumes ont augmenté rapidement dès le mois d’avril, sous l’influence d’un ensoleillement exceptionnel et de températures supérieures aux normales de saison. Les tonnages sont rapidement devenus très importants : les aspergeraies ont affiché des rendements élevés et donné des asperges de gros calibre. Par ailleurs, les épisodes de fortes chaleurs ont détourné les consommateurs du produit plus tôt qu’anticipé, accentuant le déséquilibre entre l’offre et la demande. Après trois années au-dessus de la moyenne quinquennale, les prix sont repassés en 2026 en dessous de ce niveau dès la mi-avril et y sont restés jusqu’à la fin de la campagne. Une situation qui a poussé de nombreux producteurs du Sud-Ouest et du Sud-Est à mettre un terme à la récolte dès le début du mois de mai. Avec des conditions météorologiques estivales précoces, les consommateurs se sont tournés plus tôt vers les produits d’été. Les vacances scolaires, ainsi que le contexte international, marqué par le conflit en Iran, ont aussi pesé sur la consommation. L’arrêt progressif des parcelles a permis de réduire les volumes disponibles sur le marché toujours atone, les prix ne s’étant redressés que très légèrement.
Fruits et légumes : dans le sud de l'Italie, une grève du transport routier perturbe la filière
Depuis plusieurs jours, le sud de l’Italie (Sicile, Calabre, Pouilles, Campanie) subit une grève des transporteurs routiers, qui luttent contre la flambée du prix du gazole et perturbent l'approvisionnement alimentaire de la région, en particulier en fruits et légumes, rapporte le site Italiafruit le 20 octobre. Dans le Mezzogiorno, les livraisons sont bloquées depuis des jours, si bien que les stocks disponibles dans les points de vente sont désormais proches de l'épuisement (la situation est meilleure dans le centre du pays). FederDistribuzione (distributeurs) a exprimé sa vive préoccupation face au blocage du transport routier qui affecte plusieurs zones du sud de l'Italie. « Des tonnes de tomates restent non récoltées, faute de pouvoir les livrer ; notre secteur, déjà à bout de souffle en raison des hausses de coûts précédentes, est désormais au bord de l'effondrement », s’inquiète le Consortium de protection de l'IGP « pomodoro di Pachino » (tomate de Pachino), particulièrement touché par le mouvement. Le 20 octobre, le ministre des Infrastructures et des Transports, Matteo Salvini, doit rencontrer les représentants nationaux du secteur du transport routier et les groupes et comités locaux participant à la mobilisation.
Dégâts de gibier : plus de 1 million de sangliers tués la saison dernière en France (OFB)
Entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2026, 1 015 429 sangliers ont été chassés et tués lors de la dernière saison de chasse 2025-2026, soit une hausse de plus de 15,3 % sur un an, selon des chiffres communiqués par l'Office français de la biodiversité (OFB) à l’AFP. « Même si ce chiffre peut paraître important, il y a de fortes disparités entre les départements », certains ayant des prélèvements plus importants (Gard, Loir-et-Cher, Ardèche), tandis que d'autres ont vu ces derniers baisser (Maine-et-Loire, Lot), a indiqué à Aurélie Barboiron, administratrice du réseau « ongulés sauvages » au sein de l'OFB. Par ailleurs, « il n'y a pas de risque de nuire aux populations » ou à la survie de l'espèce, a-t-elle ajouté. Selon l'OFB, même s'il est difficile de donner le nombre exact de sangliers présents en France, on peut estimer leur population « entre 1,5 et 2 millions d'individus », avait dit en février à l'AFP Éric Baubet, expert de la gestion des ongulés sauvages au sein de l'organisme public. Outre les sangliers, les prélèvements 2025-2026 de daims et de cerfs augmentent respectivement de 13 % et 8,5 %. À l’inverse, ils baissent pour les mouflons (-10,6 %), les chamois (-6,3 %) et les chevreuils (-1 %).
Ovins/caprins : la grande douve américaine, parasite invasif, détectée en Sologne
Une grande douve américaine (Fascioloides magna), ver plat parasite de 5 cm de long, a été découverte dans le foie d’un daim en Sologne, a annoncé l’OFB le 16 octobre. La découverte a été réalisée par le réseau Sagir (surveillance de la santé de la faune sauvage), administré par l’OFB. « On ignore comment le parasite est arrivé en France », indique l’organisme public, qui a mis en place une « surveillance renforcée ». « Les premières investigations menées en urgence laissent penser qu'il est déjà bien implanté parmi les cervidés de Sologne. » Ce trématode peut se transmettre aux ovins et caprins, chez qui « l'infestation peut être mortelle », prévient l‘OFB. En revanche, il n’y a « pas de risque pour l'être humain », et les bovins et sangliers « sont peu affectés ». Les cervidés sont les espèces les plus à risque, les chevreuils et les daims présentant « la mortalité la plus élevée ». La dispersion de ce ver plat géant peut se faire via les excréments des animaux infectés (sous forme d’œufs), mais aussi « par les cours d'eau et les réseaux hydrographiques ». Le cycle de la grande douve américaine mobilise en effet « deux types d'hôtes » : d'abord des limnées (petits mollusques d'eau douce), puis des cervidés. « Le passage de l'un à l'autre dépend de la présence de zones humides adaptées, comme les étangs et les marais. »
Volailles : la pintade cherche son salut auprès de la grande distribution
Le Comité interprofessionnel de la pintade (CIP) cherche à augmenter la présence de cette volaille en grande distribution afin de maintenir sa filière, a indiqué le président du CIP, Jean-Louis Zwick, lors d’une conférence de presse du Synalaf (labels avicoles) le 14 octobre. Alors que la pintade investit les rayons à partir de l’automne, avant les chapons de pintade en fin d’année, le CIP veut négocier une seconde saison de distribution, qu’il situerait après Pâques. Selon lui, le salut de la filière en dépend, celle-ci ayant été durement affectée par la chute de consommation en restauration pendant la crise Covid et les épisodes d’influenza aviaire, a expliqué son porte-parole. Le débouché de la restauration est passé de plus de 50 % avant le Covid à 37 % en 2025, d’après le CIP. « La pintade est sortie des cartes et on aura du mal à l’y faire remettre », a regretté Jean-Louis Zwick. Ce dernier en appelle à la responsabilité des distributeurs à l’égard d’une production annuelle de seulement 20 millions de têtes (contre 30 millions avant le Covid) et de « l’unique sélectionneur de pintades du monde, qui est en France ». Car, malgré l’exportation de 20 % de viande et 22 % de pintades reproductrices, elle a besoin du consommateur français.
Mer Noire : Bruxelles accuse Moscou de compromettre la sécurité alimentaire mondiale
À l’occasion d’un débat le 20 octobre en séance plénière du Parlement européen, à Strasbourg, la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, a affirmé que l’intensification des attaques russes en mer Noire pourrait compromettre la sécurité alimentaire mondiale, alors que l’épisode de super El Nino, les sécheresses et le conflit au Moyen Orient perturbent déjà les marchés. « La Russie attaque les infrastructures agricoles ukrainiennes, les ports de la mer Noire et du Danube, les points de passage frontaliers, les installations d’exportation, les navires et les voies maritimes, tout en détruisant les capacités de stockage des céréales », indique-t-elle. La cheffe de la diplomatie de l'UE appelle donc à une réponse européenne forte qui passerait notamment par un renforcement des « voies de solidarité » et de la sécurité le long de la mer Noire et du Danube. Elle plaide également pour un meilleur partage d’informations en temps réel, ainsi que pour des « mécanismes de décision collective plus rapides lorsque surviennent des incidents graves ». Enfin, la voie diplomatique ne doit pas être oubliée, soulignant la tentative d’accord avec la Turquie, l’Inde et d’autres pays importateurs nets de denrées alimentaires afin de garantir la liberté de navigation en mer Noire.
Prix alimentaires : l’énergie et les canicules pourraient faire repartir l’inflation (BCE)
Dans un billet publié le 20 octobre sur le blog de la Banque centrale européenne (BCE), Elena Bobeica, Gerrit Koester, Friderike Kuik et Christiane Nickel, du service Économie de l’institution basée à Francfort, avancent que les prix alimentaires pourraient repartir à la hausse dans la zone euro en 2027. L’inflation alimentaire dans la zone euro est passée de 2,6 % en janvier à 1,1 % en août, son niveau le plus bas depuis la mi-2021, avant de remonter légèrement à 1,3 % en septembre, en raison de bonnes récoltes en Europe l’an dernier, précise l’AFP, et par la baisse des prix internationaux de matières premières agricoles, comme le café, le cacao ou le sucre. Cependant, les auteurs estiment que cette situation ne pourrait être que passagère en raison, principalement, d’un « double choc » lié aux coûts de l’énergie dû à la situation au Moyen-Orient, mais aussi aux épisodes de chaleur extrême et de sécheresse qui ont affecté les cultures. La BCE prévoit désormais que l’inflation alimentaire remonte jusqu’à 3,4 % au troisième trimestre 2027, avant de refluer.
Insécurité alimentaire : plus de 19 millions d'Afghans menacés d'ici avril, alerte l'ONU
Quelque 19,2 millions d'Afghans, soit plus d'un tiers de la population du pays, devraient être confrontés à une insécurité alimentaire aiguë d'ici le mois d'avril 2027, a alerté le 20 octobre le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha), via sa porte-parole Olga Cherevko. Après des séismes meurtriers l'année dernière, plusieurs désastres climatiques cette année et le retour de millions d'Afghans d'Iran et du Pakistan depuis 2023, une partie de la population afghane est en proie à une crise alimentaire. Selon le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), entre septembre et octobre, 15,9 millions de personnes ont été ou sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë atteignant le niveau « crise » ou pire. Ce chiffre inclut déjà 3,4 millions de personnes vivant dans des conditions relevant du niveau « d'urgence ». Il est à craindre également que « plus de quatre millions d’enfants, âgés de six mois à cinq ans, auront besoin d’un traitement contre la malnutrition aiguë l’année prochaine », a prévenu Mme Cherevko.
Carburant : les États-Unis prévoient une aide de 8 Md$ pour les récoltes agricoles
La secrétaire américaine à l’Agriculture Brooke Rollins a annoncé, le 19 octobre, la mise en place de paiements uniques exceptionnels destinés aux agriculteurs d’un montant de 8 milliards de dollars (Md$) dans le cadre du programme Harvest Fuel Relief (aide au carburant pour la récolte). Ces fonds sont autorisés en vertu du Commodity Credit Corporation (CCC) Charter Act et seront administrés par la Farm Service Agency (FSA). Selon le département américain de l’Agriculture (USDA), cette aide doit permettre aux agriculteurs de faire face aux perturbations temporaires des marchés, à la hausse des coûts du diesel. Le niveau de soutien se fondera sur « une formule uniforme destinée à couvrir une partie des pertes estimées pour la campagne agricole 2026 » ; cette formule s’appuiera sur les superficies déclarées, des estimations de coûts de production, ainsi que les prévisions de rendements et de prix. L’USDA précise que les taux de paiement pour les grandes cultures seront annoncés en novembre, et les détails concernant les autres produits admissibles suivront.
Distribution : le groupe Casino s’appelle désormais Plesio
Le groupe Casino a annoncé le 20 octobre son changement de nom pour devenir Plesio. « Plesio, qui signifie « proximité » en grec, a été choisi pour fédérer les sept marques autour du projet du groupe », lit-on dans un communiqué du distributeur. « Le plan stratégique du groupe, Renouveau 2030, accompagne cette ambition en se déployant sur trois marchés clés : les courses du quotidien, la restauration à emporter et les services ». Les sept marques – Monoprix, Casino, Spar, Vival, Cdiscount, Franprix et Naturalia – conservent leur nom et leur identité. Confronté à des difficultés importantes, le groupe Casino (chiffre d'affaires 2025 de 8,2 Md€) a été repris par l’homme d’affaires Daniel Kretinsky. Il s’est séparé de ses supermarchés et hypermarchés en France portant l’enseigne Casino, surtout auprès d’Intermarché et d’Auchan. Très endetté, ils serait toutefois sur le point de trouver un accord avec ses créanciers, selon un article paru dans Les Echos le 15 octobre.
Distribution : Lidl vise 2 Md€ d'exportations pour ses fournisseurs français
Lidl France a dévoilé le 20 octobre son objectif d’exporter pour 2 milliards d’euros (Md€) de produits alimentaires français vers les 32 pays européens où l’enseigne est implantée. Cet objectif, dont l’échéance n’est pas précisée, représente une forte augmentation par rapport au montant des produits français exportés entre août 2025 et juillet 2026, qui avait atteint 1,3 Md€. 250 PME françaises exportent dans le réseau Lidl, notamment vers les trois premiers marchés que sont l'Allemagne, le Royaume-Uni et la Belgique. Plusieurs types de produits sont concernés par cette ambition. Par exemple, entre août 2025 et juillet 2026, « le pain au chocolat est le premier produit exporté avec 73,6 millions d'unités exportées ». Autre exemple : « près de 98 millions d'unités de fromages et laitages sont exportées annuellement, dont notamment le fromage blanc qui est plébiscité avec 10,9 millions d’unités exportées », précise le distributeur allemand. Les produits fabriqués par des industriels français pour Lidl sont distribués sous la marque de distributeur (MDD) Duc de cœur, qui compte 138 références. Lidl précise que « toutes les négociations pour les accords-cadres à destination des pays européens sont réalisées au siège de Lidl France, dans le strict respect de la législation française et de ses dispositifs de protection du revenu agricole ».
Enseignement : l’ESA d’Angers inaugure une chaire dédiée au climat et à l’eau
L'École supérieure des agricultures (ESA) d'Angers a inauguré une chaire baptisée « Climat x Eau », consacrée à la diffusion des connaissances scientifiques sur le changement climatique et sur la gestion de l'eau, au bénéfice des différentes agricultures du Grand Ouest, rapportent Les Echos dans un article du 19 octobre. L’établissement du Maine-et-Loire entend ainsi renforcer son positionnement sur ces sujets, étroitement liés aux transformations des différentes agricultures. S'appuyant sur les compétences de l’école en matière de recherche et de formation, la chaire vise à mieux articuler connaissances scientifiques et réalités des acteurs du territoire, en s'adressant à la fois aux étudiants, aux professionnels des filières agricoles et aux collectivités. Quatre axes ont été déterminés, précise l'école sur son site : enrichissement des formations initiales ; développement de la formation continue ; approfondissement de l'expertise collective ; et renforcement des partenariats et du rayonnement de l'ESA. Son financement reposera exclusivement sur le mécénat privé, à travers le Campus des agricultures, fonds de dotation de l'ESA.
Paca : le viticulteur François de Canson élu président du conseil régional
François de Canson a été élu président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur le 12 octobre, lors d’une assemblée plénière extraordinaire qui s’est tenue à Marseille, rapporte un communiqué. Il succède à Renaud Muselier, élu sénateur des Bouches-du-Rhône. Âgé de 61 ans, M. de Canson est viticulteur et président de la Cave des vignerons londais. Il est conseiller régional depuis 2015 et vice-président de la région depuis 2021, chargé notamment du développement économique, du tourisme et de la prévention des risques majeurs. Élu maire de La Londe-les-Maures (Var) en 2008, il préside également le Comité régional de tourisme depuis 2018. Avant son engagement politique, il a exercé plusieurs responsabilités dans le secteur privé, en France et dans le monde. « Deux grandes orientations guideront mon mandat : la souveraineté et l'adaptation au changement climatique », a déclaré M. de Canson dans son discours d'investiture.
Semences : le président et le vice-président reconduits à la tête de Semae
Dans un communiqué du 20 octobre, l’interprofession des semences et plants Semae a annoncé la reconduction à sa présidence de Pierre Pagès, ainsi que de son vice-président François Desprez. Pour rappel, Pierre Pagès est agriculteur multiplicateur de maïs dans le Sud-Ouest et vice-président d’Euralis. François Desprez est président du groupe semencier Florimond Desprez. « Dans un contexte où les semences et plants sont plus que jamais au cœur de la souveraineté alimentaire française, cette continuité vise à poursuivre le travail collectif au service de la filière », a précisé Semae dans le communiqué.