Agra Fil du 20 octobre 2026

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Pac post-2027 : les Vingt-sept adoptent leur position de négociation partielle sur l’OCM

Le Conseil de l’UE a validé, le 19 octobre, sa position de négociation partielle en vue des futures discussions avec le Parlement européen sur la révision du règlement OCM. Celle-ci ne couvre pas les dispositions financières et horizontales qui sont, elles, négociées au sein des discussions sur le budget 2028-2034. Parmi les principaux éléments, les Vingt-sept souhaitent rendre les interventions sectorielles obligatoires pour certains secteurs (apiculture, fruits et légumes). Une obligation ne s’appliquerait à la viticulture que dans certaines circonstances, avec des dérogations possibles pour tenir compte des spécificités nationales. Par ailleurs, la position partielle prévoit la possibilité d’introduire des normes de commercialisation pour les cultures protéiques, les viandes bovine, porcine, ovine et caprine, ainsi que pour le riz, afin d’intégrer des informations sur l’origine des produits. Enfin, le Conseil de l’UE souhaite maintenir la proposition de Bruxelles visant à harmoniser les règles relatives à la production et à la commercialisation des plants de chanvre en prévoyant toutefois des garanties afin que les nouvelles règles n’interfèrent pas avec des règlementations nationales de sécurité publique ou de lutte contre les stupéfiants.

Pac : poursuite des discussions au Conseil de l’UE en vue d’un accord partiel à Luxembourg

Alors que les États membres ont déjà validé le 19 octobre leur position sur la révision de l’OCM (lire ci-dessus), les travaux concernant la réforme de la Pac se poursuivent encore au Conseil de l’UE. L’objectif reste malgré tout de parvenir à une approche générale partielle à l’occasion de la réunion des ministres de l’Agriculture des 28 et 29 octobre à Luxembourg. Les experts agricoles des États membres, réunis en Comité spécial agriculture (CSA) le 19 octobre, ont d’ailleurs fait le point au sujet des derniers ajustements à la proposition de règlement Pac apportés au cours des dernières semaines par la présidence irlandaise du Conseil de l’UE. Selon toute vraisemblance, les États membres ont largement soutenu la démarche entreprise par l’Irlande dans l’optique d’un accord et de nombreuses délégations ont estimé que les discussions avançaient dans la bonne direction. Toutefois, un certain nombre de questions spécifiques restent toujours en suspens et la présidence irlandaise devra tenir compte en vue de la réunion de Luxembourg. Au cours des dernières semaines, la question du degré de flexibilité à accorder aux États membres tout en préservant le caractère commun de la Pac a figuré au cœur des débats, tout comme la part de soutiens couplés au revenu, le taux de contrôle ou encore la nouvelle conditionnalité des aides.

Nitrates : Bruxelles propose d’assouplir les règles relatives à l’utilisation des digestats

La Commission européenne a lancé le 16 octobre, pour une durée de quatre semaines (jusqu’au 13 novembre), une consultation publique concernant une proposition de directive visant à apporter une modification ciblée de la directive Nitrates. Dans le détail, en s’appuyant sur les résultats du rapport du Centre commun de recherche (JRC) publié en juillet, Bruxelles souhaite accorder des flexibilités aux États membres concernant l’usage de certains digestats liquides provenant d’effluents d’élevage en relevant le plafond légal d’utilisation d’azote qui est de 170 kg/ha/an. L’objectif de cette mesure est de réduire les coûts supportés par les agriculteurs et de diminuer la dépendance de l’UE aux engrais chimiques dans un contexte de tensions et perturbations géopolitiques, notamment au Moyen Orient. L’exécutif européen précise qu’à l’issue de l’analyse des contributions reçues, il transmettra sa proposition aux États membres au sein du comité « Nitrates ». En cas d’avis favorable, le texte sera alors communiqué au Parlement européen et au Conseil de l'UE, qui disposeront de trois mois pour formuler d’éventuelles objections.

Sécheresse : la Coordination rurale bloque l’autoroute A47 au sud de Lyon (presse)

D’après la presse locale, des militants de la Coordination rurale, au volant d’une trentaine de tracteurs, ont bloqué le 19 octobre l’autoroute A47, dans le Rhône, afin de protester contre les aides gouvernementales face à la sécheresse, jugées insuffisantes. Dans un « live » consacré à cette action syndicale, le Progrès rapporte que les agriculteurs, arrivés vers 5h30, ont levé le blocage à 19h. Le quotidien régional faisait aussi état dans la matinée d’une « mobilisation d’agriculteurs » sur l'A480, à l’ouest de Grenoble (Isère). Dans un autre article, le Progrès rapporte que l’appel à manifester émanait des sections CR du Rhône, de la Loire, du Jura, de l’Ain et du Vaucluse. Présent sur place et interrogé par Le Figaro, Christian Convers, président de la CR Savoie, estime que les annonces d’Annie Genevard au Sommet de l’élevage (prêts sécheresse à taux zéro, notamment) sont « insuffisantes ». Et de promettre : « Nous allons continuer à mettre la pression sur le gouvernement ». Au-delà des aides face à la sécheresse, les membres de la CR se mobilisaient aussi plus largement sur les questions du revenu et des prix agricoles. Le 12 octobre, une centaine de militants CR s’étaient déjà mobilisés à Agen (Lot-et-Garonne) contre la flambée des prix du GNR (gazole non routier) agricole.

Stockage de l’eau : un décret en consultation simplifie la procédure d’autorisation

Comme prévu par la loi d'urgence agricole, un projet de décret relatif à la consultation du public pour les projets d’ouvrages de stockage d’eau soumis à autorisation environnementale a été mis en consultation publique jusqu’au 4 novembre. Il prévoit notamment la possibilité, à l’initiative du porteur de projet, de remplacer la réunion publique de clôture de la consultation par une permanence du commissaire enquêteur, pour les projets d’ouvrages de stockage soumis à autorisation environnementale. L’objectif étant de simplifier la procédure d’autorisation environnementale pour les exploitants agricoles. Cette mesure prolonge celle introduite par la loi du 11 août 2025 visant à lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur. Elle a notamment permis aux porteurs de projets d’élevage soumis à la réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) de remplacer, s’ils le souhaitaient, la réunion publique d’ouverture et de clôture de la consultation par une permanence du commissaire enquêteur. La loi d’urgence agricole du 18 août 2026 a étendu cette possibilité aux porteurs de projet d’ouvrages de stockage d’eau soumis à autorisation environnementale, mais uniquement pour la réunion de clôture de la consultation. Le gouvernement souhaite que le décret soit pris avant février 2027, avec une entrée en vigueur la plus rapide possible.

Gestion de l’eau : mise en consultation d’un projet d’arrêté sur le contenu des Sdage

Un projet d’arrêté modifiant l’arrêté du 17 mars 2026 relatif au contenu des Schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) pour le cycle 2028-2033 est soumis à consultation publique jusqu’au 3 novembre. Il vise à intégrer les évolutions issues de la révision du cadre européen sur l’eau, adopté en mars 2026, et de la loi d’urgence agricole promulguée le 18 août 2026. Le nouvel arrêté prévoit d’annexer aux Sdage un résumé de l’évaluation de leurs effets socio-économiques sur l’agriculture, afin de proportionner leurs effets aux enjeux des territoires. En revanche, l’obligation d’y annexer un dispositif de suivi et la stratégie d’organisation des compétences locales de l’eau (Socle) sera supprimée. Il vise en outre à simplifier l’élaboration des prochains Sdage, afin d’éviter une mise à jour à chaque cycle. Le texte prévoit également la mobilisation d’objectifs moins stricts (OMS) pour toutes les masses d’eau de surface en état écologique moins que « bon », et la constitution d’une liste indicative de ces masses d’eau susceptibles d’atteindre le bon état à la fin du cycle 2028-2030. Cette liste devra comporter au moins 10 % des masses d’eau classées en OMS. Le projet d’arrêté précise par ailleurs que les débits objectifs d’étiage, lorsqu’ils existent, seront inscrits dans le Sdage, et établis en cohérence avec les études d’évaluation des volumes prélevables.

Eau : le Sage Vilaine adopté, FRSEA et JA menacent de recours

Le Schéma d'aménagement et de gestion de l'eau (Sage) du bassin versant de la Vilaine a été adopté vendredi 16 octobre, après plusieurs années de discussions, a constaté l'AFP. La révision du Sage Vilaine prévoit notamment l'interdiction d'herbicides pour maïs dans des parcelles sensibles à l'érosion, situées dans une poignée d'aires de captage d'eau potable. Elle a été votée par les membres de la commission locale de l'eau (CLE) par 45 voix pour et 18 contre, lors d'une réunion à Saint-Just (Ille-et-Vilaine). « Le vote ne clôt pas le dossier », ont réagi la FRSEA et les JA de Bretagne le jour-même, menaçant de « contester ce Sage devant les tribunaux ». Dans un communiqué, les syndicats reconnaissent avoir « obtenu des avancées » depuis le début des discussions en 2022, passant « d’une interdiction généralisée à des mesures plus ciblées sur les captages ». Mais ils estiment que l’étude d’impact économique prévue par la loi d’urgence agricole « reste largement insuffisante ». Enfin, « aucun financement ne garantit l’accompagnement de tous les agriculteurs concernés par les changements de pratiques », s’inquiètent la FRSEA et les JA, qualifiant d’« irresponsable » le vote réalisé d’« un texte inabouti ».

Agroalimentaire : Panzani et le portugais Cerealis veulent fusionner

Dans un communiqué du 16 octobre, le pastier français Panzani a annoncé être entré en négociations exclusives avec le groupe portugais Cerealis « en vue du rapprochement des deux entreprises ». Les actionnaires du potentiel nouveau groupe seraient ceux de Cerealis, soit les familles Moreira Da Silva, Silva Domingues et la société d’investissement Sofina, aux côtés de CVC Capital Partners (investisseur luxembourgeois et actionnaire du groupe Panzani), qui serait minoritaire. « Pedro Moreira da Silva, actuel vice-président exécutif de Cerealis, assurerait la conduite d’ensemble du nouveau groupe et piloterait les initiatives communes aux deux entreprises », précise le communiqué. L’objectif est la création d’un poids lourd de l’agroalimentaire européen, « indépendant et diversifié ». En cas de succès de l’opération, « le nouvel ensemble serait valorisé à environ 1,8 Md€, réaliserait un chiffre d’affaires annuel consolidé d’environ 1 Md€, et emploierait près de 1 800 personnes ». Les deux groupes disposent de portefeuilles de clients et de produits complémentaires. En cas de fusion, les deux entreprises conserveraient leurs dirigeants et leurs sièges respectifs.

Équarrissage : des surcapacités financées par l’État d’ici « le premier semestre 2027 »

Lors de la conclusion des Assises du sanitaire le 13 octobre, le ministère de l’Agriculture a annoncé la prochaine « publication d’un marché public visant à assurer une surcapacité d’équarrissage pour la gestion des crises sanitaires ». Ce marché public devrait être attribué au « premier semestre 2027 », selon une note de synthèse du ministère consultée par Agra Presse. Selon un dossier de presse, ces surcapacités pourraient être utilisées de deux manières. D’une part lors de flambées de maladies animales de catégorie A au sens de la réglementation européenne ; il s’agit des maladies à éradication obligatoire et immédiate, avec abattage sur ordre de l’administration (influenza aviaire par exemple). D’autre part, elles pourraient faire l’objet d’une « mise à disposition des associations ATM » (animaux trouvés morts) pour « l’absorption des pics de mortalité relevant de leur compétence », comme une canicule. Ces dernières années, des crises sanitaires ont saturé à plusieurs reprises les capacités d’équarrissage, forçant les autorités à ordonner l’enfouissement de cadavres (canicules de cet été, influenza aviaire début 2022). Plus largement, les conclusions des Assises du sanitaire mettent l’accent sur l’anticipation, dans la ligne du dernier rapport du CGAAER (ministère) sur la question, publié en juillet 2023.

Volailles/porc : l'industrie brésilienne nomme un négociateur pour l'UE, l'Afrique et l'Asie

Dans un communiqué du 16 octobre, l’ABPA (industries du poulet, de l’œuf et du porc) annonce avoir nommé l’ex-secrétaire du Commerce agricole Luís Rua pour diriger la « nouvelle antenne de l’association dédiée aux négociations sur des marchés stratégiques, tels que l'Union européenne, l'Afrique et l'Asie ». Luís Rua a démissionné cet été du ministère brésilien de l’Agriculture, où il occupait le poste de secrétaire du Commerce et des relations internationales. Il revient à l’ABPA après en avoir été directeur des marchés entre 2019 et 2024 ; un poste qui l’a notamment mis en relation avec les gouvernements étrangers, les autorités sanitaires et le monde des affaires. Le lobby brésilien des viandes blanches diversifie ses marchés, qu’il doit défendre « dans un monde de plus en plus complexe et incertain », commente-t-il dans le communiqué. La création de cette antenne pour l’UE, l’Asie et l’Afrique intervient alors que le Brésil espère bientôt reprendre ses exportations de viandes de volaille vers l’Union européenne, dont l’accès avait été bloqué début septembre faute de garanties suffisantes sur le non-usage d’antibiotique de croissance dans les productions lui étant destinées.

Volailles/porc : au Brésil, l'industrie vétérinaire veut sensibiliser à l’antibiorésistance

Le « mouvement » pour un usage responsable des antimicrobiens dans l’aviculture et la production porcine au Brésil, lancé il y a un an par l’ABPA (industriels des viandes blanches et de l’œuf), se félicite, dans un communiqué du 16 octobre, de l’adhésion du syndicat de l'industrie des produits pour la santé animale (Sindan). Cette démarche consiste à promouvoir un usage des médicaments vétérinaires ne risquant pas de rendre les microorganismes résistants. « La lutte contre la résistance aux antimicrobiens est un défi qui exige l'engagement de tous les secteurs impliqués dans la santé animale et la production alimentaire », argumente le vice-président du Sindan, Emílio Salani, cité dans le document. Dans un précédent communiqué de juillet, le mouvement nommé « Tous contre la résistance aux antimicrobiens » annonçait l’adhésion de la Fondation pour le soutien à la science et à la technologie animales (Facta). Depuis sa fondation en octobre 2025, le « mouvement » a été rejoint par plusieurs organisations professionnelles de provinces brésiliennes. Seul l’usage vétérinaire est concerné, et non en tant que facteurs de croissance, que l’ABPA compte préserver au motif qu’il met en jeu des molécules non-employées en médecine humaine.

Charcuterie : sortie de crise en vue dans le Morbihan autour de l’andouille de Guémené

Un procédé de fumage garantissant la santé des consommateurs serait bientôt fiabilisé chez le fabricant d’andouilles de Guémené Rivalan-Quidu (Maison de l’Andouille), selon le communiqué du 14 octobre de la préfecture du Morbihan, où se trouve cet artisan. France 3 Bretagne rappelle que l’actuel procédé traditionnel de fumage laisse des résidus d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), toxiques, pouvant dépasser le taux autorisé par la règlementation européenne. C’est le seul fabricant d’andouilles de Guémené dans ce cas, selon un communiqué du ministère de l’Agriculture du 15 octobre. Le ministère précise que la DGCCRF réalise des analyses hebdomadaires de ses lots et que l’Institut du porc (Ifip) l’accompagne depuis juin afin de « fiabiliser son procédé de fumage ». Le fabricant a défendu ces derniers jours dans la presse bretonne le goût donné par son fumage traditionnel. Et le sénateur Yves Bleunven (UC, Morbihan) a demandé le 14 octobre, à l’occasion des questions d’actualité au gouvernement, une mention d’information sur l’emballage déconseillant de manger la peau de l’andouille, qui concentre ces substances. En vain, car la ministre Annie Genevard a répondu qu’une telle mention jetterait le discrédit sur cette spécialité.

Bioéthanol : la filière se félicite de l’accord franco-allemand sur l’avenir de l’automobile

Le secteur du bioéthanol a accueilli favorablement l’accord franco-allemand sur l’avenir de l’industrie automobile révélé le 15 octobre par l’AFP, de sources diplomatiques. Selon les termes de ce compromis, les industriels devront baisser leurs émissions de CO2 de 90 % à l’horizon 2035, mais sans compenser les 10 % restants, contrairement à une proposition initiale de la Commission européenne. L’accord franco-allemand justifie cette concession par « l’utilisation croissante de carburants » dits « renouvelables », dont les biocarburants. Dans un communiqué du 16 octobre, la Collective du bioéthanol (France) « se réjouit que la totalité des biocarburants durables produits en Europe soient pris en compte : les biocarburants de première génération issus des cultures (1G), qui représentent près de 90 % de la production européenne d’éthanol, ainsi que les biocarburants avancés issus de déchets et résidus ». De son côté, ePure, le lobby européen du bioéthanol, salue la « reconnaissance importante de la valeur des carburants durables produits localement, tels que le bioéthanol renouvelable, pour atteindre les objectifs de décarbonation des transports ». Et d’appeler à ce que « le cadre européen révisé des normes de CO2 reconnaisse tous les carburants conformes à la directive sur les énergies renouvelables ».

Carburants : Bruxelles valide l’augmentation d'un régime d'aides d'État espagnol de 52 M€

En vertu du cadre temporaire pour les aides d’État liées à la crise au Moyen-Orient (METSAF), la Commission a donné son feu vert, le 19 octobre, à une augmentation de 52 millions d’euros (M€) apportée au budget d’un régime espagnol d’aides d’État destiné aux agriculteurs confrontés à la hausse des prix des carburants. Bruxelles précise, dans un communiqué, que le régime initial, approuvé le 2 juin, avait déjà fait l’objet d’une première augmentation budgétaire de 55 M€ le 14 juillet. Avec cette nouvelle hausse, le budget total se porte à 161 M€. Il continuera d’être d’application jusqu’au 31 décembre. Dans son analyse, l’exécutif européen a estimé que « le régime modifié demeure conforme aux conditions prévues par le METSAF », notamment le fait que les fonds sont accordés « dans le cadre d’un régime doté d’un budget prévisionnel clairement défini et vise à soutenir temporairement le développement des entreprises actives dans la production primaire de produits agricoles ». Et de conclure en indiquant qu’il reste « nécessaire, approprié et proportionné pour faciliter le développement d’une activité économique ».

Fruits et légumes/fourrages : en Autriche, des pertes sévères à cause de la sécheresse

Les récoltes de fruits et de légumes ont diminué respectivement de 30 % et 40 % en Autriche cette année en raison de la chaleur prolongée et de la sécheresse durant l'été, a indiqué la chambre d'agriculture autrichienne le 16 octobre. Les oignons et les carottes sont en baisse de 25 % par rapport à l'année précédente, tandis que certaines cultures comme le chou blanc accusent une chute allant jusqu'à 50 % dans certaines régions, a précisé la LKOe dans un communiqué. La récolte des pommes est toujours en cours, mais devrait reculer d'environ 35 %. Comme une large partie de l’Europe, l'Autriche a connu cette année son été le plus chaud depuis le début des relevés météorologiques, avec des températures en moyenne de 2,6°C au-dessus de la moyenne calculée entre 1991-2020, selon le service météorologique national GeoSphere Austria. La sécheresse a également entraîné une pénurie de fourrage et une hausse du nombre d'animaux abattus en août, a rapporté l'agence de presse APA le 16 octobre, citant des chiffres d'Agrarmarkt Austria (AMA). Environ 19 % de bovins, 40,3 % de veaux et 56,2 % de bœufs de plus que l'année précédente ont été livrés aux abattoirs, selon le rapport.

Fruits et légumes : Coopérative U rejoint la démarche « Tous gagnants » (Nouveaux champs)

L’enseigne Coopérative U a annoncé, dans un communiqué mi-octobre, commercialiser depuis septembre quatre références de fruits et légumes français dans le cadre de la démarche « Tous gagnants » du Collectif Nouveaux champs. Les produits concernés : chasselas de Moissac et prunes, tous deux produits par Blue Whale (barquettes de 750 g) ; poires de Fruits et Compagnie (vendues par quatre) ; carottes des Fermes Larrère (sachet de 500 g). Présentée à l’occasion du Salon de l’agriculture de 2026, la démarche « Tous gagnants » vise à sécuriser le revenu des producteurs en développant des contrats pluriannuels avec un prix indicatif validé par le producteur ou sa structure commerciale et engagé avec les enseignes. Le premier produit référencé sous cette démarche était une barquette de 400 g de tomates cerise françaises produites par les Paysans de Rougeline, commercialisée dans les magasins Carrefour, selon un communiqué du Collectif Nouveaux champs du 30 juin. Avec Coopérative U, la démarche s’étend pour la première fois à plusieurs filières de fruits et légumes au sein d’une même enseigne nationale. « Avec Coopérative U (…), nous démontrons que le modèle « Tous gagnants » peut être partagé par plusieurs entreprises, plusieurs filières et plusieurs distributeurs », se félicite Gilles Bertrandias, président du Collectif Nouveaux champs.

Olives : des experts de l’ONU appellent à protéger les agriculteurs en Cisjordanie

À l’approche de la récolte annuelle des olives en Cisjordanie, plusieurs experts des Nations unies (ONU) ont exhorté Israël, le 19 octobre dans un communiqué, à garantir la protection des agriculteurs palestiniens de Cisjordanie occupée, ainsi que l’accès en toute sécurité à leurs terres. L’AFP avance que les violences commises par des colons israéliens contre les Palestiniens en Cisjordanie se sont fortement intensifiées ces derniers mois, avec une nouvelle recrudescence à l'occasion de la récolte des olives. Celle-ci « ne devrait pas se transformer, une fois de plus, en une saison marquée par la peur, les pertes, la violence et les destructions », estiment les experts mandatés par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, mais qui ne s'expriment toutefois pas au nom de l'organisation. Selon l’ONU, lors de la récolte de 2025, 178 attaques de colons liées à cette période ont été recensées à travers la Cisjordanie occupée, affectant 88 villes et villages palestiniens, soit le plus grand nombre de localités touchées depuis 2020. Plus de 6 000 arbres et jeunes plants avaient été vandalisés, soit près du double du nombre enregistré en 2024 et le niveau le plus élevé depuis six ans.

Climat : pas d’accord au Giec sur la date de publication du prochain rapport

Le Giec a échoué à se mettre d'accord sur la date de publication de son prochain grand rapport, après une semaine de « discussions difficiles » entre pays, a indiqué le 16 octobre l'ambassadeur français chargé des négociations climatiques, Benoît Faraco, sur LinkedIn, alors que des discussions se tenaient à Addis-Abeba (Éthiopie). Il a mis en avant des « pressions de la part de quelques pays » pour ralentir les processus de publications. Les experts du Giec, qui travaillent sous l’égide de l’ONU, publient des rapports d’évaluation tous les cinq à sept ans, servant d’état des lieux de référence de la science climatique. Ils préparent actuellement une septième mouture, mais le calendrier de publication de ce prochain rapport divise profondément les pays. Certains souhaitent que le prochain rapport soit publié d’ici 2028 afin d’informer la Cop33, qui doit produire le crucial deuxième « bilan mondial » des efforts climatiques réalisés depuis l’accord de Paris. Leur argument : que les décideurs politiques disposent des meilleures informations pour prendre des mesures ambitieuses. Mais d’autres comme l’Arabie saoudite, la Chine ou l’Inde, préfèrent qu'il soit publié en 2029, faisant valoir le besoin de temps pour intégrer de nouvelles données scientifiques et travaux de chercheurs issus de pays en développement. Le 19 octobre, le président du Giec a annoncé que l’instance se réunira de nouveau « dès que possible ».

Sécurité alimentaire : dialogue scientifique au sein du G7 sur les sols et la santé animale

À l’issue d’une réunion des ministres de l’Agriculture du G7 à Paris le 19 octobre, Annie Genevard a annoncé « un dialogue réunissant les hauts responsables scientifiques agricoles des pays du G7 », selon un communiqué. Alors que la France préside le G7 jusqu'à la fin de l'année, l’Inrae organisera une rencontre les 3 et 4 décembre, à Versailles, afin « d’identifier les priorités communes, les besoins de recherche et les pistes de coopération en matière de santé des sols et de gestion des nutriments ». Après une première réunion en juin consacrée à la crise des engrais provoquée par la fermeture du détroit d’Ormuz, Annie Genevard a appelé « aller plus loin » et à réfléchir comment « améliorer la résilience et l'efficacité de nos systèmes productifs ». Parmi les pistes, la ministre française a cité devant la presse « l’amélioration de la qualité des sols » ou encore « la mobilisation des engrais organiques ». Également présent, le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen a notamment cité les fertilisants issus de « technologies microbiennes qui ne sont pas dépendantes du coût de l’énergie ». De leur côté, « les hauts responsables vétérinaires du G7 se réuniront les 19 et 20 novembre à Paris », indique la Rue de Varenne, pour « échanger sur les menaces biologiques » et sur « la désinformation » en santé animale.

Foncier : une PPL apparentée Républicains pour supprimer le « zéro artificialisation nette »

Une proposition de loi (PPL), déposée le 13 octobre à l’Assemblée par la députée Émeline Rey-Rinchet (apparentée DR), vise à supprimer le « zéro artificialisation nette » (Zan). À force de dérogations successives, ce dispositif est « toujours plus complexe à appliquer pour les collectivités locales », d’après le texte. L’objectif Zan, instauré par la loi Climat et résilience de 2021, pose le principe que, à l’horizon 2050, tout nouvel hectare artificialisé devra être renaturé. Mais plusieurs assouplissements ont depuis été introduits. « Depuis son adoption, la règle a dû être régulièrement adaptée pour permettre la réalisation de projets qui ne pouvaient entrer dans le cadre initial, notamment certains grands projets industriels ou stratégiques », pointe la PPL. Toutes ces dérogations « nécessitent de nouvelles procédures, allongent les délais et rendent le dispositif toujours plus complexe à appliquer pour les collectivités locales ». Le Conseil constitutionnel avait censuré, le 21 mai, un assouplissement des règles contre le Zan, estimant que cette mesure intégrée dans la loi de « simplification » était trop éloignée du texte initial (cavalier législatif). Profitant de l’article facilitant l’implantation de centres de données (« data centers »), LR et RN avaient fait approuver une révision des contraintes pesant à ce titre sur les collectivités. La mesure leur aurait permis de dépasser jusqu’à 20 % leur quota de surfaces aménageables.

Distribution : les enseignes font le bilan des dégâts après les violences urbaines

Après les violences urbaines des 17 et 18 octobre, les enseignes de la grande distribution ont commencé à mesurer l’ampleur des dégâts dans les centres-villes. La FCD (distributeurs) dans un message sur LinkedIn dénombre ainsi « plus de 1 500 commerces touchés » en France. Le p.-d.g. de Carrefour Alexandre Bompard, après s’être rendu auprès des patrons de magasins pillés, écrit sur LinkedIn : « Au total, 50 magasins frappés dont 19 magasins de proximité et supermarchés Carrefour pillés et saccagés partout en France, ici à Paris, mais aussi à Rennes, Lille, Bordeaux et ailleurs ». Selon lui, « des dizaines de salariés de nos partenaires franchisés seront contraints au chômage partiel. La facture des travaux se comptera en plus d’une dizaine de millions d’euros et nos commerçants ont besoin d’une accélération des procédures d’indemnisation comme dans le cas des catastrophes naturelles. » La FCD demande à cette occasion « un accompagnement concret, notamment administratif, pour simplifier et accélérer les démarches, les procédures et les indemnisations ». « Nous ne devons pas nous habituer à ce que la violence et l’affrontement deviennent notre quotidien. Il ne doit pas y avoir un autre 17 octobre », a plaidé Dominique Schelcher (Coopérative U) dans un post LinkedIn, tandis que Thierry Cotillard (Intermarché) a prôné « de lourdes sanctions pour les auteurs », dans Le Parisien.

Distribution : Carrefour a conclu l'acquisition de Coccinelle et Coccimarket

Carrefour a annoncé le 19 octobre « avoir conclu avec Colruyt Group un accord en vue de l’acquisition de Codifrance, spécialiste français de l’affiliation et de la distribution alimentaire de proximité ». Ce communiqué vient confirmer les informations de La Lettre du 30 septembre. « Codifrance approvisionne environ 3 100 clients en France. La société emploie près de 380 collaborateurs ; elle dispose de trois centres de distribution. Au titre de l’exercice 2025-2026, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 307 M€. La valeur d’entreprise de Codifrance pour cette opération s’élève à 152 M€ », détaille Carrefour. La finalisation est attendue au cours du premier semestre 2027 selon Carrefour, sachant que l’opération devra obtenir l’autorisation préalable de l’Autorité de la concurrence française. Créé en 1969, Codifrance détient les enseignes de proximité Coccimarket, Coccinelle, Panier Sympa, VivÉco et Épi Service. Son siège social est basé dans le Loiret. Cette vente s’inscrit dans le contexte du départ de Colruyt de France, qui était présent surtout dans le quart nord-est. 81 supermarchés Colruyt ont déjà été cédés à Intermarché, 14 ont été repris par E.Leclerc, 3 par Carrefour et 2 par Super U.

Produits laitiers : le Néerlandais Koert Verkerk élu à la tête de l’association européenne

L’association européenne de l’industrie laitière (EDA) a élu, le 16 octobre à l’occasion de son congrès annuel à Bratislava (Slovaquie), le Néerlandais Koert Verkerk à sa présidence. Directeur des affaires publiques chez FrieslandCampina, il siège également au sein des conseils d'administration de l'Association laitière néerlandaise (NZO) et de la Plateforme laitière mondiale (GDP). Il remplace dans cette fonction un autre Néerlandais, Albert de Groot, qui avait lui-même succédé en mars 2025 à l’Italien Giuseppe Ambrosi, lequel était en poste depuis 2021. « C’est un honneur pour moi de présider l’EDA à une époque marquée par d’importants défis économiques, géopolitiques et de développement durable », a déclaré Koert Verkerk à l’issue de son élection. Et d’ajouter : « La sécurité alimentaire est redevenue un enjeu stratégique européen, et un secteur laitier compétitif a un rôle crucial à jouer. Toutefois, l’Europe ne peut renforcer sa sécurité alimentaire si elle fragilise les fondements économiques de la production alimentaire. »