Abonné

Les pistes de Peakbridge pour investir dans la foodtech

- - 4 min
Erich Sieber, cofondateur de Peakbridge. Crédits : © Peakbridge

Le directeur général de l’un des principaux fonds d’investissement spécialiste de l’agtech et de la foodtech détaille les créneaux les plus porteurs à l’avenir qui se situent à l’intersection de la nutrition et de la santé. 

Erich Sieber, cofondateur et directeur général de Peakbridge, fonds spécialiste de la foodtech et de l’agtech basé aux Pays-Bas, estime que la motivation pour la santé est un puissant levier pour le développement de nombreuses start-up, dans un entretien à Agfunder News publié le 7 octobre. « Je pense que la santé a toujours été un moteur de consommation, et un moteur stable, tandis que la durabilité est apparue puis, malheureusement, a perdu de son importance », déclare-t-il, notamment après que les consommateurs se sont rendu compte que de nombreux produits alimentaires végétaux étaient en fait des produits ultra-transformés.

« Nous voyons donc des opportunités dans les ingrédients fonctionnels dont les bénéfices sont démontrés cliniquement. Il peut s’agir de fibres, de prébiotiques, de probiotiques, etc. »

Erich Sieber voit dans les traitements anti-obésité de type GLP-1une opportunité pour les investisseurs. Les produits complémentaires aux traitements GLP-1 sont en train de « transformer l’industrie alimentaire ». Selon lui, « il existe énormément de potentiel autour de ces traitements, aussi bien dans la nutrition d’accompagnement que dans les plateformes numériques permettant d'offrir un accompagnement global aux utilisateurs de GLP-1. »

Et de citer les exemples récents tels que Eli Lilly qui a investi dans « Oura, l’entreprise spécialisée dans les objets connectés, ce qui revient à voir une entreprise pharmaceutique investir dans la nutrition personnalisée. » Ou bien « Unilever qui rachète la marque de compléments alimentaires verts Grüns, ou encore Danone qui rachète l’entreprise de nutrition Huel… » Ce secteur « offre des perspectives de sortie beaucoup plus larges, plus intéressantes et à plus forte valeur que l’alimentaire pur. »

Un autre secteur attire l’attention de Peakbridge : les compléments alimentaires. Mais seulement si des essais cliniques permettant d’apporter des preuves d’efficacité solides.

Avis mitigé sur les protéines alternatives

En revanche il se montre plus mesuré pour d’autres secteurs. Peakbridge a investi dans les protéines alternatives, mais son directeur général souligne que cela prend énormément de temps, ce qui est toujours difficile pour un fonds en quête de retour plus ou moins rapide. Même chose pour les modes de production agricole alternatifs. « Nous avons réalisé trois investissements dans ce domaine, dont un ou deux que je ne referais probablement pas aujourd’hui », souligne-t-il, mais se déclare très satisfait de Vanilla Vida, qui cultive de la vanille en serre. « Entre le moment où vous réalisez un investissement d’amorçage à un stade très précoce et celui où l’entreprise atteint le changement d’échelle, construit ses serres, génère du chiffre d’affaires puis de l’EBIT, le délai est tout simplement très long pour un fonds de capital-risque. »

Enfin, Erich Sieber livre son avis sur les opportunités actuelles : « en ce qui concerne le cycle des valorisations, je pense que nous avons atteint le point bas. Pour ce qui est du cycle des portefeuilles des fonds, nous n’y sommes pas encore tout à fait. Je pense qu’il y aura encore des tours de financement à des valorisations en baisse (down rounds), des restructurations et quelques liquidations. Mais nous nous en approchons. Je dirais donc que c’est un bon moment pour investir. Je pense également que nous observons une séparation entre, d’un côté, les investissements très gourmands en capitaux et, de l’autre, ceux qui sont plus efficients en capital. Et ces derniers parviennent plus facilement à lever des fonds à de bonnes valorisations. »