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NextProtein construit une deuxième usine en Tunisie

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NextProtein est l’une des rares sociétés d’élevage d’insectes à continuer à lever des fonds et poser les jalons de son développement. Son modèle semble différent de celui des grands projets français aujourd’hui en difficulté.

Le producteur d’insectes français NextProtein a annoncé le 4 novembre une levée de fonds de 18 M€ pour construire un site de production en Tunisie « conçu pour produire 12 000 tonnes de produits dérivés d’insectes par an dont 2 500 tonnes de farine protéinée », précise la société dans un communiqué. NextProtein franchit « une étape décisive vers la production de protéines d’insectes à une échelle véritablement industrielle », selon Mohamed Gastli, cofondateur et président de la société.

NextProtein insiste sur son modèle économique spécifique adapté aux pays émergents, utilisant pour nourrir les mouches soldat noires des matières premières à faible valeur ajoutée et à forte variabilité. Selon elle, « cela nous permet de proposer des ingrédients compétitifs, facilement intégrables aux chaînes d’approvisionnement mondiales. »

La levée de fonds de série B a été menée conjointement par le fonds Swen Capital et British International Investment. Les investisseurs historiques Mirova et Raise Impact ont aussi souscrit à l’opération. Et un prêt senior de 4 M€ a été accordé par un consortium bancaire composé de la Société Générale, du CIC Paris Innovation et de la Banque des Start-up by LCL.

Projet de taille raisonnable

Fondée en 2015 par Syrine Chaalala, ancienne spécialiste de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), et Mohamed Gastli, ingénieur chimiste et entrepreneur, NextProtein a son siège à Paris et opère en Tunisie. Après dix ans d’existence, l’entreprise n’est pas rentable, mais elle « atteindra ainsi la rentabilité grâce à sa deuxième usine en Tunisie », affirme-t-elle aujourd’hui.

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Pour y arriver, elle compte sur ses spécificités : l’installation en Tunisie nécessitant moins d’énergie pour élever et transformer les insectes, un coût de main-d’œuvre moindre et des intrants abondants, variés et bon marché pour nourrir les larves. La société parvient aussi à se financer en raison de sa taille raisonnable, loin des méga usines développées un temps notamment en France, et aujourd’hui en grande difficulté.

Aglae Touchard Le Drian, DG du fonds d’investissement Raise, déclarait récemment dans Agra Presse Hebdo avoir « privilégié un projet qui ne demandait pas trop de capitaux » et dont les équipes maîtrisaient notamment la reproduction des insectes.

CB

« NextProtein atteindra ainsi la rentabilité grâce à sa deuxième usine en Tunisie »