Agra Fil du 30 octobre 2026

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Foncier: les sénateurs PS proposent une redevance pour les Safer d'outre-mer

Les sénateurs de la commission des affaires économiques ont adopté, le 28 octobre, une proposition de loi socialiste contre les «désordres fonciers outre-mer», dont une disposition vise à créer une redevance de 1 % sur le montant des transactions de terres agricoles notifiées, collecté par les notaires. L'objectif est de résoudre la précarité financière persistances des Safer en outre-mer: les subventions du ministère de l'Agriculture, qui ont été maintenues en 2017 contrairement aux Safer de métropole depuis 2017, et le fonds de péréquation des Safer, sont «insuffisants», avaient estimé deux parlementaires à l'origine d'un rapport sur le foncier agricole en outre-mer, en 2023. «En Martinique, les 500 notifications annuelles représentent une valeur d'environ 45 millions d'euros. Avec 1 à 2 % de ce montant, les Safer pourraient fonctionner sans peser sur les collectivités», expliquait sa directrice, citée dans le rapport. La proposition de loi prévoit par ailleurs d'«adapter» le contrat de fiducie aux exploitations agricoles ultramarines afin «d'éviter que ces exploitations ne disparaissent faute de préparation de la transmission du vivant du chef d'exploitation.»

Chlordécone : l'État condamné en première instance à indemniser un ex-ouvrier exposé

Le tribunal administratif de la Guadeloupe a condamné l’État à verser 28.500 euros à un ancien ouvrier agricole atteint d’un cancer de la prostate lié à son exposition au chlordécone dans des bananeraies, selon le jugement rendu public le 28 octobre. Les juges reconnaissent l’existence d’un «lien direct et certain» entre la maladie du requérant et son «exposition chronique au chlordécone» lorsqu’il travaillait dans des exploitations bananières de 1973 à 1992, après avoir exercé au Lamentin (nord) dès 1955.  S’appuyant sur un arrêt rendu le 11 mars 2025 par la cour administrative d’appel de Paris, la juridiction rappelle qu’«en autorisant la vente d’un produit dont la toxicité et la persistance étaient alors connues, l’État a commis une faute» dès février 1972. Elle souligne également que l’État a «tardé à mettre en place des contrôles» après l’interdiction du pesticide le 3 juillet 1990. Diagnostiqué en mars 2010, le cancer du plaignant a été reconnu comme maladie professionnelle par la MSA en 2023. L’ancien ouvrier réclamait une provision de 1.119.946 euros. Le tribunal lui alloue 17.000 euros pour son déficit fonctionnel temporaire, 10.000 euros pour les souffrances endurées et 1.500 euros pour son préjudice esthétique, ainsi que 1.500 euros pour ses frais de justice. Les juges ont par ailleurs écarté l’argument de la ministre de l’Agriculture qui soutenait que la demande était prescrite.

Oléagineux : l'interprofession Terres Univia lancera un plan soja fin 2027

Interrogé par Agra Presse, Benjamin Lammert, président de l’Interprofession des huiles et protéines végétales Terres Univia, a indiqué qu’un plan interprofessionnel soja allait voir le jour fin 2027. Il constituera un outil « pour tracer la route » permettant d’atteindre l’objectif affiché de Terres Univia de 300 000 ha de soja à l’horizon 2035, contre 156 000 ha en 2026. Le plan sera fondé « sur une analyse actualisée à l’échelle des bassins de production des potentiels de la culture, de sa compétitivité au niveau de l’exploitation et des opportunités de marché », explique-t-il. Il s'agira ainsi d’identifier « à la fois les potentialités agronomiques, climatiques, économique dans un territoire pour développer du soja non-OGM d’origine tracée, certifiée, locale, etc., et avec une sécurité de filière », complète le président de l’interprofession. Les questions de l’accès à l’eau, de sa gestion optimisée et de l’amélioration de la génétique des semences y seront également traitées. L’intervention de l’État sera par ailleurs indispensable, surtout concernant la question des semences. « Nous estimons à au moins 10 M€ d’argent public pour financer une partie de la recherche concernant les semences dans le cadre de notre futur plan », détaille Benjamin Lammert.

Phosphates : importations européennes de brut russe au plus haut depuis dix ans (presse)

Dans un article du média Feed Strategy du 27 octobre, le groupe de recyclage suédois Ragn-Sells estime que les importations de phosphate brut de l’UE en provenance de Russie ont atteint un plus haut depuis 2016. À partir du traitement des données de la Commission européenne, l’entreprise évalue leur valeur à 170 M€ entre janvier et septembre 2026, soit une hausse de 17 % sur un an. La Russie représenterait 38 % des importations totales, suivi du Maroc (137 M€) et de l’Afrique du Sud (48 M€). Ces chiffres restent préliminaires et sont amenés à évoluer, précise Ragn-Sells. Pour rappel, le phosphore est utilisé dans les engrais minéraux et l’alimentation animale. L’Europe importe la quasi-totalité de ses besoins, ne disposant que d’une seule mine active en Finlande, couvrant moins de 10 % de la demande agricole. « Depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022, la valeur des importations européennes de phosphate brut russe a augmenté plutôt que diminué », a déclaré Pär Larshans, directeur du développement durable du groupe. Ragn-Sells estime que d’autres solutions existent, dont un procédé développé par ses soins : la récupération de phosphore à partir de cendres de boues d’épuration. Mais il est nécessaire d’assouplir les règles européennes, qui interdisent son usage dans l’alimentation animale, pour développer la technologie à grande échelle.

Céréales : les résultats de Bunge bénéficient de la hausse des prix (presse)

D’après un article de Reuters du 29 octobre, le négociant en céréales Bunge a dégagé un bénéfice ajusté de 2,56 $ par action lors du troisième trimestre (juillet-septembre), supérieur aux 2,44 $ initialement prévus en moyenne par les analystes. Le groupe a notamment profité de la hausse des prix des grains constatée depuis le début du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, notamment en soja et en maïs. Bunge rapporte par exemple une hausse du chiffre d’affaires trimestriel de son activité de trituration et de raffinage de soja de 5,4 % par rapport à l’an dernier sur la même période, à 11,4 Md$. Son segment négoce de céréales et meunerie est également en progression, de 5,2 % sur la même période, à 6,76 Md$. Bunge maintient sa prévision de résultat par action pour 2026, entre 9,25 et 9,75 $. Le négoce anticipe une demande soutenue en huiles végétales aux États-Unis, en raison d’une politique locale favorable à la production de biocarburant. Au Brésil, où le groupe est très présent, la dépréciation de la monnaie nationale après la réélection de Lula à la tête du pays entraîne une accélération des ventes des agriculteurs locaux, tout en réduisant certains coûts pour Bunge, le rendant optimiste quant aux résultats du dernier trimestre 2026.

Bière : Carlsberg enregistre une hausse de ses ventes et maintient ses prévisions

Le brasseur danois Carlsberg a annoncé le 29 octobre une hausse de près de 5 % de son chiffre d'affaires au troisième trimestre et maintient ses prévisions pour 2026 malgré de faibles performances en Chine. « Le groupe a enregistré une solide croissance de son chiffre d'affaires au troisième trimestre, reflétant une bonne dynamique sur de nombreux marchés et la résilience de son portefeuille diversifié de boissons, qui ont plus que compensé un environnement commercial difficile en Chine », a souligné le directeur général Jacob Aarup-Andersen, cité dans le rapport trimestriel. Entre juillet et septembre, le chiffre d'affaires s'est élevé à 25,3 milliards de couronnes danoises (environ 3,4 milliards d'euros) contre 24,1 milliards un an plus tôt. En volume, la vente de boissons non alcoolisées a augmenté de 11 % tandis que celle des bières a reculé de 3 %, pénalisée par un marché chinois ralenti pendant l'été. Sur les six premiers mois de l'année, son bénéfice net s'est élevé à 4,288 milliards de couronnes (573 millions d'euros). Le brasseur, qui a finalisé l'an dernier l'acquisition du fabricant de boissons sans alcool Britvic, maintient ses prévisions de croissance organique de son résultat opérationnel, entre 4 % et 6 %. En plus de sa marque phare Carlsberg, le groupe danois possède un large portefeuille contenant notamment Brooklyn, Kronenbourg 1664 et Tuborg.

Sécheresse : la CR demande au préfet de la Vienne de faire cesser les contrôles

L’antenne de la Coordination rurale basée dans la Vienne (CR86) a adressé le 27 octobre une lettre au préfet du département, Charles Giusti, lui demandant de faire cesser les contrôles des agriculteurs« avant l’embrasement ». Dans un contexte de « crise structurelle » et « d’aléas climatiques » qui ont fortement pénalisés les récoltes (dont le maïs), « la reprise de ces contrôles apparaît inacceptable », peut-on lire. Le deuxième syndicat agricole français évoque des suicides et tentatives de suicides ces dernières semaines. Il ajoute que le précédent préfet « avait d’ailleurs su entendre cette réalité et accepter la nécessité d’une suspension des contrôles ». Assimilant ces contrôles à un « acharnement », la CR 86 estime que « la priorité doit se trouver dans l'accompagnement et la restauration de la situation des agriculteurs ». L’organisation explique avoir alerté sur la situation depuis longtemps, sans réaction notable des autorités. Elle en profite pour dénoncer à nouveau l’insuffisance des dispositifs de soutien, « notamment le fonds de réarmement ». 

Porc/sécheresse : part minimale de maïs réduite temporairement dans l’IGP Sud-Ouest

Un arrêté interministériel du 22 octobre publié le 29 octobre réduit temporairement de 30% à 15% la part minimale de maïs denté dans la ration d’engraissement des porcs sous IGP Porc du Sud-Ouest « en raison d'une période de sécheresse ». Il est en vigueur depuis le 7 octobre, date de la proposition de l’Inao jusqu’à 31 octobre 2027. « L'importance de la culture de maïs denté [très utilisé en alimentation animale] dans le sud-ouest a permis de favoriser son usage dans les rations en engraissement », explique le cahier des charges de cette IGP. Or, la récolte 2026 de maïs grain (semences comprise) dans le Sud-Ouest comme au niveau national est réduite de moitié selon la statistique publique. Ce recul historique est l’effet conjugué de la régression des surfaces cultivées et de la baisse des rendements causée par les fortes chaleurs et le manque d’eau. L’Irqualim (institut des produits sous signes officiels de qualité) d’Occitanie indique sur son site internet que le Porc du Sud-Ouest est commercialisé en viande fraîche, et également destiné à la fabrication du jambon de Bayonne et de toutes les charcuteries et salaisons du Sud-Ouest.

Porc: L214 va attaquer en justice le gazage au CO2, remis en cause au Royaume-Uni

Par un communiqué du 29 octobre, L214 annonce entamer un recours contre l’État français pour faire interdire l’étourdissement des porcs à forte concentration de gaz carbonique en France, trois jours après que le gouvernement britannique a mis en consultation publique son projet d’abolition. L’association de défense des animaux s’appuie sur deux avis de l’Efsa, en 2004 et 2020, le dernier présentant la méthode actuelle comme « une préoccupation majeure en matière de bien-être animal, car elle est fortement aversive [désagréable] et provoque douleur, peur et détresse respiratoire. » Elle informe que le gouvernement du Royaume-Uni a mis son projet d’abolition en consultation publique le 26 octobre jusqu’au 21 décembre, en faisant référence à l’avis « indépendant » du Comité britannique pour le bien-être animal (AWC) d’octobre 2025. Ce faisant, L214 a diffusé une « nouvelle enquête » sur la question en visant l’abattoir de Cooperl de Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine) où sont abattus des porcs dont la viande est commercialisée, selon le communiqué, dans les supermarchés Sainsbury’s en Angleterre. L’association demande aussi à Carrefour de « refuser le gazage des cochons ».

Vin : l'inclusion de l’œnotourisme dans le PSN actée par décret

Un décret, paru le 29 octobre au Journal officiel, intègre la « promotion de l'œnotourisme dans les régions de production » à la liste des types d'interventions mises en œuvre dans le secteur du vin, formalisant l’accord de filière, en avril, pour ouvrir le PSN (déclinaison française de la Pac) à cette activité. Ces aides européennes bénéficieront aux organisations professionnelles et interprofessions, d’après le texte. « Les dépenses éligibles sont celles engagées pour la réalisation de campagnes de communication ou d'évènements promotionnels destinés à promouvoir l'œnotourisme », indique le décret. Le 23 avril au congrès de la Cnaoc (vignerons AOC), Annie Genevard avait validé « une nouvelle ligne du PSN de deux fois 5 millions d’euros » pour l’oenotourisme, à savoir en 2027 et 2028. « Il faut ouvrir grand les domaines, avait-elle déclaré. La rencontre et l’expérience que permet l’oenotourisme est un vrai gisement de valeur pour votre métier et les territoires que vous faites vivre. » Cette action fait partie de Cap Vins, le plan de relance présenté en février 2025 par les organisations professionnelles. « Valoriser et moderniser l’image du vin » en est l’un des grands axes. Cap Vins identifie l’œnotourisme comme « un levier majeur de renforcement du lien entre les consommateurs et le vin ».

Distribution : l'ancien responsable des affaires publiques des JA arrive chez Lidl France

Responsable du service affaires publiques et communication des Jeunes agriculteurs (JA) depuis 2019, Thomas Debrix D'Aietti a annoncé le 29 octobre sur le réseau social Linkedin qu'il devient directeur des affaires publiques de Lidl France.

Agenda de la semaine agricole du 2 novembre 2026

Lundi 2 novembre
Suite de l'examen du PLF 2027 (recettes) à l'Assemblée
Visioconférence Inn’Ovin sur le manque de fourrages
Visioconférence du CTIFL (fruits) sur la «micro-injection dans le tronc»
Visioconférence de l'Itab sur une enquête sur l'irrigation en bio

Mardi 3 novembre
Suite de l'examen du PLF 2027 (dépenses) à l'Assemblée
Assises nationales de l’alimentation et de l’agriculture, à Laval (Ouest-France)

Mercredi 4 novembre
Présentation du programme de travail de la Commission européenne pour 2027
Présentation du paquet annuel sur l'élargissement de l'UE par la Commission européenne
Commission de l’Agriculture du Parlement européen 
Commission du Commerce international du Parlement européen
Commission de l’Environnement du Parlement européen 
Examen en commission au Sénat de la PPL Désordres fonciers outre-mer
Rencontres nationales des fermes publiques à Lyon, jusqu'au 5
Conférence de presse annuelle de l'UFS (semenciers)
Rencontres internationales de l'Afcome (distributeurs d'engrais), à Clermont-Ferrand
Conférence de presse de la FNH sur le poulet

Jeudi 5 novembre
Rencontre-débat sur la cohabitation entre pastoralisme et grands prédateurs
Table ronde LCA Nutrition animale sur la «souveraineté alimentaire»
Visioconférences Végé'Tech 2026, organisées par Vegepolys Valley