Pac post-2027 : manifestation pour le maintien de la conditionnalité sociale le 3 novembre
Dans un communiqué de presse le 27 octobre, l’Effat (syndicats de salariés européens de l'alimentation, de l'agriculture et du tourisme) appelle à manifester à Bruxelles le 3 novembre pour le maintien de la conditionnalité sociale, que le conseil des ministres de l'agriculture a proposé, le 26 octobre, d'exclure du texte d’orientation générale partielle sur la réforme de la Pac. Cette disposition, introduite par la réforme de la Pac de 2021, subordonne le versement des aides au respect par les employeurs des normes fondamentales du travail et de l'emploi. «Supprimer la conditionnalité sociale n'est pas une simplification, c'est une déréglementation», a déclaré Enrico Somaglia, secrétaire général. En France, la CFDT Agri-Agro a annoncé qu’elle participerait au rassemblement. Le syndicat rappelle que chaque année, le secteur enregistre environ 500 accidents mortels et 150 000 accidents non mortels et que le travail non déclaré et sous-déclaré concernerait environ 32 % de l’emploi agricole dans l’ensemble de l’UE, contre près de 5 % à l’échelle de l’économie. D'autres organisations se sont dites mécontentes de cette suppression, comme Farm Europe.
Salariés agricoles: Dolores Huerta, figure du syndicalisme aux États-Unis, est morte
La syndicaliste Dolores Huerta, qui a cofondé la principale organisation américaine de défense des travailleurs agricoles dans les années 1960 et a changé la vie de milliers de migrants aux États-Unis, est morte à l’âge de 96 ans, a annoncé le 29 octobre sa famille. Elle souffrait d’un cancer, selon plusieurs médias américains. Cette Américaine d’origine mexicaine est une figure de la lutte pour les droits civiques. C’est elle qui a forgé le slogan «Si se puede» dans les manifestations paysannes en Californie, avant qu’il ne soit adapté des décennies plus tard par Barack Obama en «Yes we can» pour conquérir la Maison Blanche. Elle s’est battue pour que les ouvriers agricoles obtiennent le droit de se syndiquer et a co-fondé en 1962 ce qui allait devenir le syndicat United Farm Workers avec Cesar Chavez. L’organisation, qui reste le syndicat agricole le plus influent des États-Unis, a été secouée au début de l’année par des accusations de viol à l’encontre de M. Chavez remontant aux années 1970. À cette occasion, Mme Huerta a révélé qu’il l’avait également violée, et qu’elle avait gardé le silence par peur de détruire l’héritage de leurs luttes syndicales. Dolores Huerta et Cesar Chavez ont à l’époque organisé des grèves, des marches spectaculaires vers le parlement californien, et un boycott national du raisin de table pour protester contre les mauvaises conditions des travailleurs qui récoltaient les grappes, notamment leur exposition aux pesticides.
Transmission : deux amendements de l’exécutif pour adapter le Pacte Papin à l’agriculture
Comme annoncé le 15 octobre par Sébastien Lecornu sous l'appellation Pacte Genevard, le gouvernement a soumis le 28 octobre deux amendements à son projet de budget 2027 pour faciliter la transmission des fermes grâce à des avantages fiscaux aux cédants et les acquéreurs. Cette réforme est ajoutée sous la forme d'un amendement à l'article 10, qui crée un « Pacte Papin » pour faciliter la cession des PME, notamment aux salariés. Le « Pacte Papin » prévoit un suramortissement de 30 % pour l'achat de matériel de production, qui pourra bénéficier aux entreprises agricoles. Le premier amendement de l’exécutif double le montant de l'abattement fixe, à 1 M€, sur la plus-value réalisée par le cédant au moment de son départ à la retraite, lorsque la cession s'effectue au profit de nouveaux agriculteurs, sans condition d’âge. Le deuxième amendement propose d'étendre l'application du taux réduit de droits de mutation à titre onéreux à 0,1 % aux acquisitions d'immeubles ruraux, pour la fraction du prix inférieure à 150 000 €, en permettant une mise en oeuvre sur plusieurs acquisitions successives sur un an. Il s'agit d'une mesure incitative pour les agriculteurs souhaitant acheter du foncier agricole, à condition qu'ils s'engagent à l'exploiter et en conserver la propriété pendant au moins cinq ans. Les deux dispositifs sont prévus pour durer jusqu'en 2029.
Prairies: reprise «timide» de la pousse, qui reste au plus bas «depuis au moins 40 ans»
Dans une note de conjoncture (Agreste) parue le 28 octobre, le ministère de l'Agriculture constate une «reprise timide» de la pousse de l'herbe au 20 octobre. «La baisse des températures et le retour de quelques pluies ont permis un léger redémarrage de la pousse de l’herbe», constatent les analystes. Cette pousse d'octobre ne représente que 2% de la pousse annuelle normale, contre 8% en moyenne sur la période 1989-2018. Si bien que la pousse «demeure inférieure à la normale et le déficit continue de se creuser dans quasiment toutes les régions». La pousse cumulée des prairies permanentes reste inférieure de 43 % à celle observée à cette date durant la période de référence 1989-2018. Et elle ne présente que 55% de la pousse annuelle de référence contre 96% en moyenne à cette date : «c'est le plus bas niveau depuis au moins 40 ans», calcule le ministère. Le déficit dépasse les 30 % dans 85 % des régions fourragères, soit 88 % des surfaces en prairies permanentes, et même les 50 % autour d’un axe reliant le Limousin à l’Alsace, précise la note. Seules les régions du pourtour méditerranéen, le nord des Alpes et localement des zones ayant bénéficié de précipitations plus soutenues ont un déficit moindre.
Volaille : le ministre danois envisage d’interdire le « poulet turbo »
Le ministre de l’Agriculture danois a indiqué le 2 octobre vouloir introduire une interdiction de l’élevage de « poulet turbo », désignant ainsi des poulets d’élevage intensif à croissance ultrarapide. Son souhait vise l’échelle nationale et, à terme, européenne. « Je souhaite œuvrer en faveur d’une interdiction nationale, mais c’est clair qu’il s’agit de quelque chose qui doit être examiné à la fois sur le plan juridique et, bien sûr, économique, avant que nous puissions passer à l’action », a dit à la télévision TV2 Christian Rabjerg Madsen. » Nous travaillons également en faveur d’une interdiction au niveau de l’UE », a-t-il ajouté. S’il n’existe actuellement pas d’interdiction légale au Danemark, en Norvège, la filière avicole, poussée par les distributeurs, s’est engagée à abandonner les races de « poulet turbo » d’ici fin 2027. La veille de cette déclaration du ministre, la chaîne danoise TV2 avait diffusé des images filmées en caméra cachée chez l’un des plus grands producteurs de poulets du Danemark. Le reportage dénonçait que le temps d’obscurité était limité à trois heures, contre au moins six heures obligatoires, afin d’augmenter la consommation et accélérer la prise de poids.
Porc : les Philippines lancent une enquête en vue de mesures de sauvegarde, l’UE visée
Le ministère philippin de l’agriculture a annoncé, le 21 octobre avoir lancé une enquête en vue de possibles mesures de sauvegarde sur les importations de porc. L'enquête concerne le porc frais, réfrigéré et congelé, ainsi que les abats et les graisses, sur une période allant de 2021 à août 2026. Le ministère identifie plusieurs indicateurs de préjudices possibles pour l'industrie locale, notamment la baisse des prix à la production et des revenus des producteurs, la diminution des parts de marché et de l'autosuffisance, la pénétration croissante des importations et l'augmentation des stocks commerciaux. L’UE serait la principale cible de l’enquête. « Elle a représenté environ 47 % des importations des produits concernés entre 2021 et 2025 », indique le ministère de l'agriculture. Et d’ajouter que le Brésil, l'Espagne, le Canada, les Pays-Bas et les États-Unis figurent également parmi les autres fournisseurs identifiés. En parallèle, pour répondre aux difficultés du secteur philippin, le ministère plaide pour un retour à un droit de douane de 40 % sur les importations de porc ainsi que pour une suspension des importations pendant deux mois. Ces mesures interviennent au moment où Bruxelles et Manille ont annoncé, fin septembre, avoir bouclé les principaux pourparlers en vue d'un accord commercial.
Lait: Danone augmente ses prix et ses ventes, et reste ouvert aux acquisitions
Le géant français de l’agroalimentaire Danone a vu son chiffre d’affaires augmenter de 5,2 % au troisième trimestre, porté par des hausses de prix et, plus faiblement, par les volumes, mais les ventes en Amérique du Nord ont déçu et nécessité «des mesures fortes». Les ventes de Danone ont atteint 7,23 milliards d’euros au troisième trimestre 2026 (+5,2 % et +4,0 % à taux de change et périmètre constants), selon un communiqué publié mercredi, soit un peu mieux qu’espéré par les analystes financiers qui scruteront toutefois la performance en Chine et aux Etats-Unis. «Le contexte inflationniste marqué fait que nous avons procédé à des augmentations de prix au troisième trimestre dans toutes les régions et dans toutes les catégories, mais pas pour tous les produits», a déclaré à l’AFP le directeur financier de Danone, Juergen Esser. Danone a été capable d’absorber «deux tiers de l’inflation» en interne mais a été obligé de répercuter le tiers restant aux distributeurs et, in fine, aux consommateurs. «Beaucoup d’entreprises vont être très prudentes en termes d’investissement», selon M. Esser, mais pas Danone, qui reste ouvert aux acquisitions et confirme par ailleurs ses objectifs pour 2026 (entre 3 et 5 % d’augmentation du chiffre d’affaires et une croissance plus rapide du résultat opérationnel courant).
Alternatives végétales: Fleury Michon fait une acquisition en Grande-Bretagne
Dans un communiqué financier du 20 octobre, Fleury Michon a annoncé l’acquisition de 100% de la société anglaise All Plants (environ 5 millions d’euros de chiffre d’affaires), dotant ainsi l’ETI vendéenne (836,4 M€) d’« une base solide pour accélérer le déploiement de sa gamme végétale au Royaume-Uni afin de saisir les opportunités d’un marché plus développé qu’en France ». La gamme végétale du charcutier-traiteur est constituée de « tranches végé » [alternatives au jambon] et de plats cuisinés ; celle d’All Plants, présentée comme « de qualité et diversifiée » dans le communiqué, présente sur son site internet des pâtes fraîches et des composantes protéiques. Ces produits frais sont présents en grande distribution. L’opération porte sur l’ensemble des activités de commercialisation d’All Plants, ses équipes et les droits liés à sa marque éponyme. Les cédants sont le couple Ella et Matthew Mills, entrepreneurs dans le domaine du végétarisme. Ella Mills est en particulier connue pour ses livres de cuisine vegan. Le média britannique Green Queen, dans son article du 22 octobre sur la cession, mentionne qu’elle « conservera son rôle d’ambassadrice de la marque ».
Céréales : la Russie envisage d’exporter ses grains via un port en Géorgie (presse)
D’après un article de Bloomberg du 23 octobre (article payant), la Russie réfléchirait à faire sortir son blé par un port basé en Géorgie, afin de contourner les difficultés rencontrées en mer Noire. Il s’agit du port d’Ochamchire, situé en Abkhazie, la région séparatiste de Géorgie, soutenue par Moscou et internationalement reconnue comme faisant partie de ce pays voisin, relate le média. L’information divulguée par Bloomberg provient de quatre sources anonymes. Elles précisent que c'est l'opérateur logistique Modern Way qui proposerait cette solution. Pour rappel, Moscou emprunte déjà des routes alternatives, comme la mer Baltique ou l’Arctique, via le port de Mourmansk. Mais les volumes expédiés ne compensent pas ceux circulant traditionnellement via la mer Noire. Ajoutons à cela un renchérissement des frais logistiques, les trajets étant bien plus longs. Cette nouvelle solution atténuerait les problèmes russes, mais serait loin de les régler totalement. Le port géorgien dispose d’une capacité limitée et n’est pas habitué à recevoir des céréales. Les marchandises devront être transportés par container, moyen plus onéreux et d'habitude réservé aux produits à forte valeur ajoutée comme la banane, alors que les céréales circulent conventionnellement en vrac. Elles transiteraient ensuite par la Turquie, impliquant que le terminal doit encore mettre en place un service de contrôle de la qualité avant de pouvoir commencer les expéditions, explique Bloomberg.
Maïs doux : en Espagne, ouverture de la plus grande usine d’Europe
En Espagne, Huercasa, l'un des leaders européens des légumes de 5e gamme (sous vide), a ouvert le 26 octobre sa nouvelle unité de transformation d’épis de maïs doux qui traitera 500 tonnes de produits par jour, à Sanchonuno, dans la communauté autonome de Castille-et-León. Le site sera ainsi en mesure de réceptionner quelque 500 tonnes de maïs doux par jour, ce qui devrait en faire la plus grande usine de transformation d'épis de maïs doux en Europe. Elle devrait permettre à l'entreprise ségovienne d'accroître sa production d'environ 50 %. L'entreprise a investi 25 millions d'euros dans ce projet. « Cet investissement témoigne d'un engagement résolu envers notre territoire, avec une vocation tournée vers l'international », a précisé Félix Moracho Fuertes, président de Huercasa. Le projet devrait aussi favoriser l'approvisionnement local, notamment en augmentant la part de maïs provenant de Castille-et-León. Fondé en 1979, Huercasa a développé une gamme incluant le maïs doux, les betteraves rouges (depuis son unité en Roumanie), les pommes de terre, la patate douce et le pois chiches, qu’elle exporte sur 38 pays dont l’Europe, depuis 2005. Elle cultive par 3 600 hectares (Espagne, Portugal, France et Romanie) pour son approvisionnement.
Salades : volumes plombés par la météo cette année, mais prix au sommet (ministère)
Selon les prévisions arrêtées au 1er octobre 2026 par les services du ministère de l'Agriculture (Agreste), la production française de laitues atteindrait 389,7 millions de têtes pour l’ensemble de la campagne 2026-2027, en recul de 8 %. La filière a subi un fort impact des épisodes estivaux de canicule. L’ensemble des bassins auraient été concernés par la baisse, et tout particulièrement ceux spécialisés dans la laitue d’été (Nord, Ouest et Centre-Ouest). Les pertes sont différentes selon les variétés : -8% en batavia, -9% en laitue à couper, -7% pour les autres laitues pommées et jusqu’à -21% en romaine. En juin, l'altération des laitues est intervenue plus rapidement et a augmenté le risque de perte pour le détail, ce qui a pour effet de freiner la demande. Les prix ont été néanmoins supérieurs de 11 % à la moyenne quinquennale compte tenu de la faiblesse de l’offre. Le manque de volumes se confirmant, en juillet et surtout août, les cours ont atteint des sommets (+ 58% par rapport à août 2025 et +69 % par rapport à la moyenne quinquennale), et cela malgré des grammages réduits. La situation s’est renouvelée en septembre. Effet connexe : en cumul de mai à août 2026, les importations (35 200 tonnes) ont été en hausse de 39 % par rapport à la même période de la campagne précédente.
Fruits et légumes : en Italie, 20 000 t perdues à cause du conflit du transport routier
Le conflit touchant le transport routier dans le sud de l’Italie et particulièrement la Sicile, entre le 16 et le 20 octobre, aura couté à la filière fruits et légumes régionale près de 30 000 tonnes de produits non commercialisés, rapporte le site Italia Fruit le 28 octobre. Sur ce chiffre encore provisoire, les deux tiers, soient 20 000 tonnes, ont été mis au rebut. Graziano Scardino, président régional de la Cia (Confédération des agriculteurs) considère que les effets du blocage se traduisent par un double préjudice : « Outre celui subi directement par les agriculteurs, qui n'ont pas pu vendre leurs récoltes sur les marchés régionaux ou continentaux, il y a aussi celui subi par les consommateurs. Ces derniers n'ont trouvé que des fruits et légumes importés, vendus à des prix plus élevés, ce qui a profité exclusivement aux entreprises étrangères ». Seule une fraction limitée des produits a pu être absorbée par l'industrie de transformation, « qui plus est à des prix dérisoires après cinq ou six jours passés en chambre froide », tandis que le reste « a été irrémédiablement perdu ». La confédération va solliciter des aides supplémentaires, qui viendraient s'ajouter à celles pour faire face à la hausse du carburant et celles approuvées par l’assemblée régionale sicilienne.
Spiritueux : les ventes de Rémy Cointreau en hausse, portées par le cognac
Rémy Cointreau a observé une hausse de 4,4 % de son chiffre d'affaires semestriel à 510,9 M€, portée par le cognac, et annoncé le 28 octobre que les droits de douane américains pèseraient finalement peu sur ses comptes. Le groupe de spiritueux note que l'impact des droits de douane sur le résultat opérationnel courant est estimé à 5 M€ pour l'année, contre 20 M€ précédemment, selon un communiqué. Cette révision reflète la baisse de 15 % à 10 % du taux des taxes américaines, mais aussi le remboursement de droits de douane au premier semestre de 6,4 M€. Les tensions commerciales avec les Etats-Unis et la Chine avaient largement affecté ses bénéfices 2025-2026 et le groupe a connu des années difficiles avec les tensions géopolitiques et commerciales, des questions de pouvoir d'achat et des changements de préférences de consommation. Sur 2026-2027, les ventes de cognac ont été dynamiques au deuxième trimestre, progressant 16,5 % à 196,8 M€ avec « une forte accélération des ventes dans la région Asie Pacifique, notamment en Chine à l'occasion du Mid-Autumn Festival ». La région Amériques affiche elle un recul de ses recettes, « affectées par une base de comparaison élevée et des effets de déstockage liés à l'évolution du réseau de distribution aux États-Unis », selon le groupe qui souligne toutefois une dynamique « sous-jacente encourageante ».
Champagne : le vin issu de la récolte 2026 pourra dépasser les 13 % d'alcool (JO)
Le champagne issu de la récole de raisins de cet été pourra exceptionnellement dépasser les 13 % d'alcool, selon un arrêté publié le 28 octobre au Journal officiel (JO), qui fait suite à une dérogation obtenue début septembre. « Les vins tirés en 2027 issus d'un assemblage de vins de la récolte 2026 non enrichis et de vins de récoltes antérieures enrichis pourront dépasser, après prise de mousse, le titre alcoométrique volumique total maximum de 13 % », précise le texte. La mesure est prise « à titre exceptionnel et suite aux conditions climatiques de l'été 2026 marquées par des épisodes de canicule et une sécheresse exceptionnelle qui conduisent à des titres alcoométriques volumiques potentiels particulièrement élevés lors de la récolte 2026 ». Le Comité Champagne (interprofession) avait obtenu de l'Inao une dérogation temporaire à son cahier des charges, grande première. Cela permet aux vignerons dont le raisin présente un fort potentiel en degré d'alcool, de produire des vins titrant jusqu'à 15 %, et ce même après assemblage avec des millésimes antérieurs passés par une éventuelle chaptalisation - ajout de sucres lors du processus de double fermentation. La dérogation ne concernera que « quelques vignerons », avait toutefois estimé début septembre Maxime Toubart, président du SGV (producteurs) et coprésident de l’interprofession.
PPAM : en Suisse, fermeture annoncée du centre technique, la filière inquiète
En Suisse, l’annonce de la prochaine fermeture de la branche PPAM d’Agroscope (centre de compétences pour la recherche agronomique) jette la filière helvétique dans l’inquiétude, rapporte le site Bioactualités le 15 octobre. Pour raisons budgétaires, les travaux menés à la station de Conthey (Valais), la seule du genre en Suisse, se termineront pour le printemps 2027. Pendant 45 ans, le site a assuré la conservation du matériel génétique et l'accompagnement technique de la filière et a développé une vingtaine de variétés. «Cette suppression risque de fragiliser, voire de provoquer l'effondrement progressif de l'ensemble de la filière, des producteurs aux transformateurs, jusqu'aux acteurs de la mise sur le marché», considère Julien Héritier, directeur de Mediplant (recherche appliquée, production pilote). De multiples questions se posent : quid de l’ accompagnement technique des producteurs, des variétés et du patrimoine génétique sélectionnés ? La filière suisse, notoirement importatrice (la production ne couvre que 10 à 20 % du volume du marché), représente une surface de culture entre 300 et 400 hectares répartis entre une centaine de producteurs pour un volume moyen annuel supérieur à 350 tonnes, selon Agroscope. Les plantes les plus cultivées sont notamment la menthe, la sauge officinale, le thym et la mélisse.
Bio : les industriels spécialisés veulent doubler le marché bio français d'ici 2030
Dans un communiqué paru le 28 octobre, les industriels du Synabio (agroalimentaire bio) présentent leur «feuille de route stratégique», qui doit leur permettre de faire passer de 5,8 % à 12 % de parts de marché pour le bio en 2030, tous circuits confondus, et 20 % en 2040. Les industriels soulignent que malgré la crise la consommation bio a triplé en quinze ans et affiche, en 2025, une hausse de 3,6 % en volume. Le syndicat se fixe trois «priorités», intitulées «santé, souveraineté et accessibilité», et fait plusieurs propositions aux candidats à la présidentielle 2027. En matière de santé, le syndicat demande que le bio soit «reconnu comme un levier de prévention»; il propose de «généraliser le Nutri-Score», de «mieux identifier l’ultra-transformation», et d'encadrer la publicité des «aliments moins favorables à la santé», comme proposé récemment par un député Les Républicains (LR). En matière de «souveraineté», le Synabio souligne que le prix du bio est «moins dépendant des intrants importés». Pour l'accessibilité, les industriels demandent un «suivi régulier des négociations, davantage de contrôles et des indicateurs adaptés aux coûts du bio», mais aussi «des engagements des enseignes et de la restauration» pour une progression de l’offre, et une bonification des titres restaurant.
Pesticides/perturbateurs endocriniens : une liste pour mieux cibler la surveillance alimentaire
Le gouvernement a publié le 22 octobre la troisième mouture de son plan d’action 2026-2030 sur les perturbateurs endocriniens (PE) visant à réduire leurs effets délétères sur la santé et sur l’environnement. Parmi les mesures prévues figure notamment le renforcement des contrôles et de la surveillance des produits, aliments et eau de consommation, en France et aux frontières. Le document souligne que le cadre réglementaire actuel ne permet pas de cibler efficacement l’ensemble des produits et denrées susceptibles d’en contenir. Pour y remédier, il prévoit que la DGPR (prévention des risques), avec l’appui de l’Anses et d’Ineris, élabore une liste de substances PE par usage et susceptibles de se retrouver dans les produits, l’alimentation animale, les denrées alimentaires incluant l’eau de consommation. Sur la base de cette liste, la DGAL (ministère de l'Agriculture) identifiera et explorera les résultats de la campagne 2026, parmi le plus de 75 000 prélèvements réalisés annuellement sur le territoire et aux frontières sur les denrées alimentaires d’origine animale et végétale, et sur les aliments pour animaux. Les résultats permettront à la DGAL d’orienter ses campagnes de contrôle à partir de 2027. La démarche intégrera également la surveillance des denrées alimentaires d’origine végétale importées, assurée par la direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI).
Santé/environnement: une amélioration des systèmes alimentaires encore «insuffisante» (étude)
Malgré plusieurs décennies d’efforts, la transformation des systèmes alimentaires européens et britannique demeure « insuffisante » face aux enjeux sanitaires et environnementaux, révèle un rapport publié en octobre par un collectif de chercheurs, dont ceux de l’Iddri. Les auteurs identifient cinq obstacles majeurs à la mise en œuvre d’actions visant à rendre une alimentation «saine durable et accessible à tous». Le premier tient aux déséquilibres structurels de pouvoir, qui favorisent les acteurs ayant intérêt au maintien du statu quo, dont les entreprises de l’agroalimentaire. S’y ajoutent des cadres politiques et institutionnels difficiles à appréhender, ainsi que des débats polarisés sur l’évolution des régimes alimentaires, exacerbés par des préoccupations liées au coût de l’alimentation et à la sécurité alimentaire. Enfin, le manque de coordination entre chercheurs et acteurs de terrain, conjugué à des travaux scientifiques parfois peu accessibles ou éloignées des réalités du terrain, freine la traduction des connaissances en actions concrètes. Pour lever ces obstacles, les auteurs préconisent d’agir rapidement sur trois leviers : renforcer les politiques d’achat public, soutenir les initiatives alimentaires locales et inciter les distributeurs et acteurs de la restauration à faire évoluer leur offre.
Nutri-score : la marque C’est qui le Patron ?! va l'afficher sur tous ses produits
La marque de produits alimentaires élaborés par des consommateurs C’est qui le Patron ?! (CQLP) a annoncé le 28 octobre, sur LinkedIn, qu’elle afficherait le Nutri-Score sur l’ensemble de ses produits dans les prochains mois. Cette décision intervient à la suite du vote des consommateurs de la coopérative, dont 80 % se sont prononcés en faveur de cet affichage. Si certains craignaient qu’un score un peu plus bas, comme le C attribué aux yaourts au lait entier de la marque, desserve le soutien aux producteurs, la majorité à privilégié la transparence. « Ceux qui choisissent nos produits le font avant tout pour soutenir les producteurs et la transparence qu’ils permettent (répartition du prix, cahier des charges …) », souligne CQLP. La décision a été saluée par Serge Hercberg, professeur de nutrition et co-inventeur du Nutri-Score, qui y voit « une belle leçon » pour toutes les entreprises qui refusent encore d'afficher le Nutri-Score. Le 23 octobre, les députés avaient rejeté à la quasi-unanimité le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, renvoyant ainsi le texte directement au Sénat. Le texte en question ne comprendra pas l’affichage obligatoire du Nutri-Score, qui a été ajouté par les députés en commission après l'article 8, puis rejeté en séance publique.