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Luzerne déshydratée : production en recul, inquiétudes sur les semis

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En raison de la sécheresse, la production 2026 de luzerne déshydratée est attendue en recul d’au moins 20 % chez le leader Désialis. Le temps sec a aussi engendré des difficultés de semis cet été, qui pourraient peser sur la campagne 2027.

Alors que la campagne de coupe s’achève habituellement vers la fin octobre, la sécheresse devrait faire reculer la production de luzerne déshydratée du leader Désialis « probablement de plus de 20 % par rapport à la moyenne quinquennale », a indiqué son directeur général Pierre Bégoc à Agra Presse. « On s’oriente vers une campagne 2026 moins bonne que 2020, qui était déjà très mauvaise, et encore pire que 1976 », a-t-il précisé le 7 octobre à l’occasion du Sommet de l’élevage. « La luzerne bio décroche plus que la conventionnelle », ajoute le dirigeant de cette union de commercialisation qui regroupe quatre coopératives (1) dans le Grand Est.

Démarrées plus tôt qu’habituellement, en avril, les premières coupes promettaient une récolte « correcte », avant de décrocher à partir du mois de juin sous l’effet de la sécheresse. Malgré cette baisse, « Désialis sera en capacité d’honorer tous ses engagements contractuels », grâce à une organisation « précoce ». « Nous avons organisé nos mises en marché pour ne pas être exposés à un risque », indique M. Bégoc. Essentiellement commercialisée via des contrats à partir de fin février, « la luzerne était disponible pour les acheteurs du monde de l’alimentation animale », souligne-t-il.

« On n’a pas servi le grand export »

Par ailleurs, le leader de la luzerne déshydratée (85 % de la production française) n’a « pas servi le grand export » cette année, réservant 99 % de ses volumes à la France et à l’Europe (y compris Suisse et Royaume-Uni), des débouchés devenus prioritaires depuis 2023. « Il n’y a pas eu de flux vers le Moyen-Orient », explique le directeur de Désialis, notamment en raison des difficultés de circulation via le détroit d’Ormuz. « Depuis 2023, on s’organise pour être plus présent et plus concentré encore sur l’Europe », qui représentait à l’époque 90 % des débouchés. Une orientation réaffirmée dans le plan stratégique 2030 de Désialis adopté au printemps. Toutefois, « on se garde une porte de sortie vers le grand export s’il y a assez de matière pour l’alimenter et s’il permet une valorisation équivalente à l’Europe », précise Pierre Bégoc. Par exemple, Désialis est « homologué pour la Chine depuis décembre 2025 ». « Nous mènerons probablement des tests dans les prochains mois », indique M. Bégoc.

Au-delà de la récolte 2026 qui s’achève ces jours-ci, « nous sommes aussi inquiets pour les semis » de luzerne, pénalisés par la sécheresse historique de cet été, indique Pierre Bégoc. Alors que la période idéale se situe « fin juin, début juillet », voire jusqu’à début septembre, « certains n’ont pas réussi à semer cet été » faute de précipitations, rapporte le président de Désialis, Sébastien Francart. Selon lui, une dernière fenêtre de semis est possible début mars 2027, pour une récolte la même année, mais avec une perte de potentiel de rendement (une ou deux coupes par an, au lieu de quatre habituellement).

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La filière dispose de leviers pour compenser ces futures pertes, notamment en gardant des luzernières une quatrième année, alors qu’elles sont habituellement retournées après la troisième année. Toutefois, la sécheresse ne semble pas avoir grevé la disponibilité en semences de luzerne, selon Désialis.

Plus largement, dans le contexte de flambée des engrais, « les agriculteurs ont de nouveau de l’intérêt pour la luzerne », légumineuse qui enrichit le sol en azote, note Pierre Bégoc. « La luzerne présente un indice de fréquence de traitement [de phytos] très bas », ajoute-t-il, et « c’est une solution pour décarboner l’élevage de demain ». Dans les 18 usines fournissant Désialis, « la biomasse sous forme de plaquettes forestières a remplacé les énergies fossiles pour un taux de substitution de 97 % », explique M. Bégoc. « On a pris le sujet à bras-le-corps dès 2017. » Avec 0,24 kg CO2/kg de protéines, Désialis revendique une empreinte carbone « 2,5 fois inférieure à celle d’un tourteau de soja ou de blé ». Selon Pierre Bégoc, « nous sommes sur le podium des matières premières les moins carbonées, mais, pour le moment, nous n’en tirons pas encore de valeur ajoutée complémentaire ».

YG

« Désialis sera en capacité d’honorer tous ses engagements contractuels »

« Les planteurs ont de nouveau de l’intérêt pour la luzerne »