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Réforme des captages : les pistes de financement

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Le gouvernement estime que la réforme des captages d’eau potable coûtera 400 à 650 millions d’euros par an. La régie publique Eau de Paris déplore que le financement envisagé pèse sur les usagers et non sur les pollueurs.

En groupe national captages le 12 octobre, le gouvernement a présenté ses estimations de coûts et pistes de financement pour la réforme des captages d’eau potable. D’après un document de présentation qu’Agra Presse a pu consulter, l’exécutif estime le coût total de la réforme entre 400 et 650 millions d’euros (M€) par an. Dans le détail, le coût de la délimitation des aires d’alimentation de captage (AAC), avec identification des zones les plus contributives, pour tous les points de prélèvement non-exonérés d’actions (c’est-à-dire incluant les captages prioritaires), est estimé à 42 M€ par an, sur trois ans. Les coûts d’animation de l’ensemble des captages non exonérés (dont prioritaires) vont de 80 à 100 M€ par an. Les coûts d’accompagnement au changement de pratiques agricoles sont estimés à 180 à 330 M€/an, avec une « montée progressive sur cinq ans », pour les zones les plus contributives des captages prioritaires (ZPC). Concernant les AAC des captages non exonérés, dont captages prioritaires mais hors ZPC, le coût d’accompagnement au changement de pratiques est estimé entre 100 et 200 M€/an, « avec une montée progressive sur huit ans des interventions des collectivités ».

Pour l’heure, les financements actuellement mobilisés sont de 210 M€ par an. Parmi les pistes explorées au-delà de 2027 pour financer la réforme figurent la révision du prix de l’eau, l’augmentation du financement par les agences de l’eau et par les fonds européens (PPNR, FEC).

Sous le feu des critiques

La régie publique Eau de Paris s’est inquiétée du cadre de financement proposé, le 13 octobre auprès de l’AFP. « Ce qui nous a été présenté et proposé en matière de financement, c’est bien que le coût se répercute sur la facture des usagers et que ce soit les agences de l’eau qui le financent, mais les agences de l’eau, par qui sont-elles financées ? Par la facture de l’eau, en réalité », a réagi sa présidente, Alice Timsit. Les redevances acquittées par les ménages représentent une large part du budget des agences de l’eau, selon un rapport du conseil d’analyse économique de janvier 2026. Mme Timsit déplore « une inversion totale du principe pollueur-payeur en pollué-payeur », et l’absence de mise à contribution de « ceux qui concourent à la pollution de l’eau », notamment les industries chimiques et agroalimentaires.

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De leur côté, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs ont dénoncé, dans un communiqué le 12 octobre, une réforme des captages qui conduirait à « une véritable décroissance agricole ». Ils pointent « des contraintes majeures » aux exploitations « sans qu’aient été sérieusement évaluées leurs conséquences économiques, sociales et productives ».

LM, AFP

« Une inversion totale du principe pollueur-payeur »