Après le bio et HVE il y a moins d’un an, Inter Rhône a lancé le 9 octobre des prix d’orientation en vin sous IG, sans adhérer aux « tunnels » de la loi d’urgence agricole. « L’objectif est une orientation et non un bornage du prix », a déclaré en conférence de presse conjointe le président du syndicat des vignerons des Côtes du Rhône Damien Gilles, qui toutefois « ne ferme pas la porte » à l’autre dispositif. Deux types d’indicateurs sont ainsi proposés en côtes-du-rhône rouge, en application de l’article 172 ter de l’OCM : un prix d’équilibre (132 €/hl en conventionnel et HVE, 148 €/hl en bio, pour la campagne 2026-2027) et un prix de pérennisation (respectivement 171 €/hl et 193 €/hl). Ils intègrent une dizaine de paramètres, depuis les coûts de production, les évolutions des stocks, des sorties de chais, jusqu’aux prix de vente en GMS, chez les grossistes, à l’exportation. Une marge brute de 30 %, pour contribuer « au maintien de l’activité, à l’investissement et au renouvellement du vignoble », détermine l’écart entre prix d’équilibre et prix de pérennisation.
Dérogeant aux règles de la concurrence, l’article 172 ter permet aux organisations interprofessionnelles reconnues de mettre à disposition des opérateurs « des indicateurs prospectifs d’orientation des prix, sous réserve qu’ils restent non contraignants ». Ce ne sont « ni des prix recommandés, ni des prix minimums, ni des consignes tarifaires », selon le communiqué, cosigné par l’UMVR (négoce), insistant sur leur caractère facultatif. Les tunnels, instaurés par la loi d’urgence agricole d’août 2026, sont, eux, « obligatoires », considère le président d’Inter Rhône Philippe Pellaton. Et d’oser, pour cet autre mécanisme, la comparaison avec « la dissuasion nucléaire : on peut l’avoir, mais il ne faut pas s’en servir ».
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JCD