Agra Fil du 22 octobre 2026

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Budget de l’UE 2027 : le Parlement européen souhaite revoir à la hausse les fonds agricoles

La plénière du Parlement européen a validé, le 20 octobre à Strasbourg, sa position concernant le projet de budget de l'UE pour 2027, proposant un ajout de 1,17 milliards d’euros (Md€) à la proposition de la Commission européenne, soit 194 Md€. Une hausse qui devrait toucher les fonds liés à l'agriculture. Concrètement, les eurodéputés souhaitent que le financement du Fonds européen agricole de garantie (Feaga), le premier pilier de la Pac, soit augmenté de 85 M€, dont 20 M€ supplémentaires à destination des jeunes agriculteurs. En outre, ils plaident pour un ajout de 85 M€ pour le programme Life (environnement). Enfin, l’hémicycle strasbourgeois appelle à augmenter le financement du mécanisme de protection civile de 80 M€ afin de mieux répondre aux catastrophes naturelles, après avoir été fortement sollicité cet été face notamment aux nombreux feux de forêts ayant touché l’UE. S’ouvrent à présent trois semaines de négociations avec le Conseil de l’UE, qui, de son côté, a adopté sa position en septembre, afin de parvenir à un accord sur le budget de l'année prochaine. Le premier cycle de négociations devrait avoir lieu dès le 3 novembre.

Céréales : les cours décrochent, face aux espoirs de discussions entre la Russie et l’Ukraine

Les cours du blé tendre sur Euronext reculaient fortement vers 17h, de 6 à 7 €/t selon les échéances de livraison de la récolte 2026. Ceux des autres grains (colza et maïs) cédaient également du terrain, de manière moins marquée. L’effritement des prix fait suite à l’appel du président ukrainien Volodomyr Zelensky, sur Fox News, à un « gel » de la ligne de front comme premier pas dans des discussions pour mettre fin à la guerre, explique un expert anonyme à Agra Presse. De son côté, la Russie a annoncé qu’elle était disposée à reprendre les discussions trilatérales entre Moscou, Kiev et Washington vers le 10 novembre, soit après les élections états-uniennes de mi-mandat. En cas de baisse de tensions entre les belligérants, le commerce de grains via la mer Noire, artère cruciale, pourrait reprendre à plein régime, concurrençant notamment les origines françaises, actuellement recherchées. Toutefois, la prudence reste de mise, les positions russes et ukrainiennes restant assez éloignées. La Russie exige notamment que l’armée ukrainienne se retire des territoires qu’elle tient encore dans la région de Donetsk (est), ce que Kiev considère comme inacceptable.

Mer Noire : l’Otan annonce le déploiement des moyens de surveillance supplémentaires

Après une réunion des ambassadeurs le 20 octobre, l’Otan a annoncé le déploiement de moyens supplémentaires en mer Noire pour soutenir les activités de surveillance, de reconnaissance et d'enquête, après une série d’attaques de drones contre des navires marchands imputées à la Russie. « Nous continuerons à faire front commun et à veiller à ce que nous soyons prêts et capables de faire face à toute menace », a assuré Alisson Hart, porte-parole de l'Otan, sur le réseau social X. Depuis début octobre, les attaques de drones se multiplient au large de la Bulgarie et de la Roumanie, nouveaux développements de la guerre menée par la Russie en Ukraine. Les 6 et 13 octobre, quatre navires marchands ont ainsi été frappés par des drones dans la zone économique exclusive bulgare en mer Noire. Deux ont coulé et 21 marins sont portés disparus. De son côté, la Roumanie a annoncé samedi avoir abattu deux drones russes au-dessus de la mer Noire. Cette zone constitue une artère maritime essentielle pour l’exportation mondiale de céréales, de ressources énergétiques et de matières premières pour l’industrie, ce qui rend sa stabilité vitale pour la sécurité alimentaire et énergétique internationale.

Guerre commerciale : plainte contre la surtaxe américaine visant des produits canadiens

Le groupe américain Gellert Global (importateur de denrées alimentaires) a déposé une plainte le 20 octobre devant la Cour du commerce international des États-Unis pour contester les droits de douane de 50 % imposés par Donald Trump sur certains produits agroalimentaires canadiens. Dans un communiqué du même jour, le Liberty Justice Center (LJC), qui représente l’entreprise dans son action, avance que l’administration Trump a « outrepassé ses pouvoirs légaux provoquant des dommages immédiats aux entreprises américaines, leurs fournisseurs et clients ». Le LJC indique également que le gouvernement américain a imposé des droits de douane sur des produits sans lien avec la discrimination alléguée, comme le fromage canadien. Pour les requérants, Donald Trump ne peut pas voir dans un désaccord commercial la preuve d'une « discrimination », justifiant la mise en place de cette surtaxe. « Aucun président ne devrait avoir le pouvoir de dépoussiérer une loi tombée en désuétude et de l'utiliser pour imposer des droits de douane ou des interdictions d'importation généralisées sans les limites exigées par le Congrès », estime Sara Albrecht, p.-d.g. du Liberty Justice Center.

TO-DE : les députés étendent le dispositif aux entreprises de travaux agricoles

Lors de la lecture en séance publique du projet de financement de la sécurité sociale (PLFSS) le 21 octobre, les députés ont adopté l’amendement de leur collègue Hélène Laporte (RN, Lot-et-Garonne) étendant le dispositif d'exonération de cotisations sociales des employeurs de travailleurs occasionnels agricoles et forestiers (TO-DE) aux entreprises de travaux agricoles, ruraux et forestiers (Etarf). « Les exclure du champ d'exonération pour réserver celle-ci aux seuls exploitants n'apparaît pas justifié. Il convient de fonder cette exonération de cotisations sociales sur le seul critère de la nature du travail effectué plutôt que sur celui du statut juridique de l'employeur », explique l’exposé des faits. On compte en France 21 000 entreprises de travaux agricoles, ruraux et forestiers, qui emploient 100 000 salariés permanents ou saisonniers, représentant 10 % du total des salariés agricoles. Malgré des minima conventionnels supérieurs au Smic, le secteur peine à trouver des candidats.

Incendies : les députés étendent l’exonération de cotisations à toute la France

Lors de la lecture en séance publique du projet de financement de la sécurité sociale (PLFSS) le 20 octobre, les députés ont adopté un amendement de leur collègue Paul-André Colombani (Liot, Corse du Sud), visant à étendre à l’ensemble du territoire les mesures de soutien pour les entreprises (y compris les exploitations agricoles) installées dans les communes confinées ou évacuées en raison des incendies de l’été 2026, prévues dans l’article 4. « Il apparaît que seules les communes de la Gironde, des Landes et du Var peuvent en bénéficier. Or, d’autres territoires ont connu des incendies d’une ampleur inédite, et leurs acteurs économiques ont subi les mêmes pertes d’activité », argumente l’exposé des faits. Les employeurs de moins de 250 salariés dont le chiffre d’affaires a baissé entre juillet et septembre 2026 pourront être exonérés, en tout ou partie, de leurs cotisations patronales sur cette période. Dans ce cadre, les exploitants agricoles dont l’activité a reculé bénéficieront d’une aide forfaitaire déduite de leurs cotisations. Enfin, tous les cotisants de ces communes seront dispensés des pénalités de retard sur leurs cotisations d’août à octobre et pourront étaler le paiement des sommes restant dues. « La solidarité nationale ne peut pas dépendre du département où le sinistre est survenu », estime le groupe Liot.

Vin : en Champagne, coup d’arrêt à la révision de l’aire d’appellation

Le Syndicat général des vignerons de la Champagne, ODG de l’appellation éponyme, a voté le 21 octobre pour l’arrêt du chantier de révision générale de l’aire AOC, selon un communiqué, mettant en cause le changement climatique, les « incertitudes » économiques et les tensions géopolitiques. « Il n’est pas pertinent d’achever aujourd’hui une révision conçue il y a vingt-trois ans, dans un contexte qui a évolué sur tous les plans », avance le président Maxime Toubart. « Avant de redessiner l’aire d’appellation, nous devons réfléchir au champagne que nous voulons produire demain, à son identité, à ses équilibres et aux terroirs qui lui permettront de rester fidèle à lui-même. » Le contexte climatique a changé depuis 2003, pointe le SGV. Entre les décennies 1996-2005 et 2016-2025, la Champagne a connu une hausse de la température moyenne d’environ 1°C. D’autres évolutions sont notées en termes d’ensoleillement et de pluviométrie. « La précocité des vendanges, les degrés potentiels et l’acidité des raisins en portent déjà la trace », d’après le communiqué. Sur le plan économique, la donne est aussi très différente. La consommation de vin recule sur la plupart des grands marchés, constate le SGV. Avec une part de l’export qui a grimpé de 41 % à 58 % entre 2003 et 2025, le champagne est davantage soumis aux tensions commerciales et géopolitique, poursuit le syndicat.

Noix de Dordogne : la filière prévoit des pertes de rendement de 20 à 50 %

Alors que la récolte vient de débuter, la production de noix devrait fortement reculer en Dordogne en 2026, avec des pertes de rendement estimées entre 20 et 50 % selon les acteurs de la filière réunis au sein de la fédération régionale InterNoix Sud-ouest, cités par Ici le 21 octobre. En cause, les canicules successives survenues cet été. Au printemps pourtant, les nuciculteurs de Dordogne avaient de grand espoirs. « L'année s'annonçait exceptionnelle, aussi bien la quantité que le calibre des noix », indiquait Fabien Joffre, président de l'interprofession noix du Sud-Ouest, à Ici en août. Habituellement, la Dordogne, deuxième producteur français de noix derrière l'Isère, produit 10 000 t de noix chaque année. « Je pense que nous aurons 7 000 t, mais je n’en suis pas sûr », précise Michel Campagnaud, porte-parole de d’InterNoix Sud-ouest. Les vagues de chaleur successives et le manque de précipitations ont soumis les noyers à un important stress hydrique. Dans le département, seulement 45 % des noyers sont irrigués. « C’est là que nous avons le plus perdu », analyse Michel Campagnaud. Si l’irrigation a permis de limiter les pertes, elle n’a toutefois pas suffi à préserver l’entièreté de la production. Depuis quelques années, avec le changement climatique, la récolte des noix était déjà devenue plus compliquée en Dordogne, avec des résultats très irréguliers selon les années.

Fleurs/pesticides : l’Anses envoie un questionnaire aux fleuristes

L’Anses a sollicité la Fédération française des artisans fleuristes (FFAF) pour relayer un questionnaire informatisé portant notamment sur les pesticides, élaboré pour les artisans fleuristes, apprend-on du syndicat spécialisé le 20 octobre. Ce questionnaire élaboré par l'agence sanitaire doit lui permettre d’appréhender au mieux la réalité des pratiques professionnelles des artisans fleuristes. Les réponses obtenues visent à permettre de cibler les tâches les plus exposantes sur lesquelles des mesures d’exposition seront à réaliser et d’identifier les pratiques susceptibles de contribuer à l’exposition aux produits phytosanitaires et autres agents chimiques. Le questionnaire servira aussi pour l’élaboration d’un protocole de mesure à mettre en œuvre afin de pouvoir documenter les expositions aux agents chimiques des professionnels français exerçant dans le secteur de la fleur coupée. Début 2025, l’Anses avait été saisie par la Direction générale du travail et le ministère de l’Agriculture pour réaliser une expertise relative à l’exposition aux agents chimiques des travailleurs du secteur de la fleur coupée. La décision avait été prise après la décision de la cour d'appel de Rennes concernant une fillette morte d'une leucémie liée à l'exposition aux pesticides de sa mère, alors fleuriste pendant sa grossesse.

Fruits et légumes : charges et faible pouvoir de négociation brident l’investissement

La Coalition globale des fruits et légumes, qui regroupe plusieurs associations spécialisées dont FreshFel, a publié la nouvelle édition de son enquête sur les coûts de la filière, rapporte Fruitnet le 21 octobre. 85 % des répondants font état de hausses en matière d’énergie, de transport, d’engrais, de produits phytosanitaires et d’emballages. Le carburant et le gaz se distinguent : un répondant sur cinq fait état de hausses supérieures à 50 %. Les coûts de transport ont progressé d’au moins 10 % pour 75 % des répondants. 70 % des sondés ont subi une augmentation de 10 % ou plus du coût des engrais. Parallèlement, 50 % des répondants indiquent ne pas être en mesure d’augmenter leurs prix de vente suffisamment pour compenser. Un pouvoir de négociation limité, une concurrence intense et la résistance des acheteurs constituent les principaux obstacles. Résultat : 70 % signalent un impact sur les investissements en matière de durabilité (efficacité énergétique, réduction des déchets, résilience climatique), tandis que 63 % affirment que les coûts limitent les investissements dans l'innovation. Près de 90 % des personnes interrogées s'attendent à une nouvelle augmentation des coûts globaux.

Tomates d’industrie : en Italie du nord, rendements au plus bas et volumes livrés décevants

Un total de 3,2 Mt de tomates ont été livrées aux transformateurs en 2026, selon l’organisation interprofessionnelle « OI Pomodoro da Industria Nord Italia »*, rapporte Tomate News le 20 octobre. Ce déficit d'environ 14 % par rapport aux volumes contractés s’explique par de mauvais rendements, les plus faibles depuis 2011. Ceux-ci « se sont établis à 66,3 t/ha, contre une moyenne de 71,6 t/ha sur les cinq dernières années », selon le média spécialisé. « L’augmentation des surfaces cultivées ne s’est pas traduite par une croissance proportionnelle de la production, en raison notamment d’épisodes de grêle qui ont touché des milliers d’hectares dans la zone, réduisant ainsi les quantités produites », est-il expliqué. Les difficultés ont été aggravées par la disponibilité limitée d’eau d’irrigation. Dans plusieurs zones, les producteurs ont dû recourir à l’irrigation par puits, ce qui a entraîné une consommation d’énergie accrue et des coûts supplémentaires En 2026, la surface consacrée aux tomates destinées à la transformation dans le nord de l'Italie a atteint 48 349 ha, dont 43 477 ha en production intégrée et 4 872 ha en agriculture biologique, soit 10,1 % du total. * Émilie-Romagne, Lombardie, Piémont, Vénétie et province autonome de Bolzano

Viande bovine : au Sial, l’Argentine montre patte blanche en matière de traçabilité

Le système de traçabilité de la filière bovine argentine est prêt pour l’entrée en vigueur prochaine du règlement européen sur la déforestation : c’est le message qu’a voulu faire passer l’Institut de promotion de la viande bovine argentine (IPCVA) au Sial, qui s’est achevé à Paris Villepinte le 21 octobre. Dans un contexte de concurrence entre pays du Mercosur pour l’export de viande bovine vers l’UE, la filière argentine y présentait sa plateforme Visec Carne de « traçabilité socio-environnementale ». Créé par les professionnels et soutenu par les pouvoirs publics, cet outil « relie les informations officielles de traçabilité animale à des données géographiques, des analyses satellitaires et des documents relatifs aux exigences légales, et organise ces éléments de preuve autour des opérations commerciales ». En septembre, Visec Carne avait généré plus de 55 000 rapports et était « intervenu dans plus de 120 expéditions », pour « plus d’un million de dispositifs d’identification bovine » examinés, selon un communiqué. Pour rappel, le règlement UE 2023/1115 interdit l’importation de plusieurs produits issus de terres déforestées, notamment la viande bovine ; il entrera en vigueur le 31 décembre pour les grands et moyens opérateurs. La plateforme Visec Carne s’adresse notamment aux importateurs, qui devront prouver la conformité des produits.

Agroalimentaire : l’Ania, LCA et Comexposium veulent s’allier pour l’export

L’Ania (industries agroalimentaires), la Coopération agricole et l’organisateur de salons professionnels Comexposium ont annoncé le 20 octobre la signature d’une « lettre d'intention pour construire un programme commun de conquête des marchés à l'export ». Cette première démarche, conclue en présence des ministres Annie Genevard (Agriculture) et Nicolas Forissier (Commerce extérieur), réunis à l’occasion du Sial à Paris, vise à s’appuyer sur les salons Sial Paris et Wine Paris pour permettre aux entreprises françaises d’avoir accès plus facilement aux acheteurs, importateurs et distributeurs internationaux. « Le programme envisagé associerait préparation à l'export, participation à des salons professionnels, rendez-vous d'affaires qualifiés et suivi des contacts commerciaux. Des dispositifs mutualisés et des conditions de participation adaptées pourraient également être proposés afin de faciliter l'accès des PME, ETI et coopératives aux marchés étrangers », indique un communiqué. Les signataires se doteront d’un « comité de pilotage d'ici fin 2026 afin de définir les marchés prioritaires, les événements mobilisables et les modalités d'une première phase pilote de trois ans, envisagée sur la période 2027-2029 ».

Hexane : une nouvelle PPL écologiste demande l’interdiction dans l’alimentation

Une proposition de loi (PPL) écologiste visant à interdire l’hexane dans l’alimentation humaine et animale a été enregistrée à l’Assemblée le 13 octobre. Emmenés par Benoît Biteau, les députés demandent au gouvernement d’activer une clause de sauvegarde pour interdire l’emploi de l’hexane dans l’extraction d’huiles végétales, la fabrication et l’importation de denrées alimentaires et ingrédients destinés à la consommation humaine. En corollaire, ils demandent « un moratoire » d’un an, le temps que la clause de sauvegarde soit activée. L’article 2 de la PPL interdit la mise en marché de viande, d’œufs et de produits laitiers issus d’animaux nourris avec des tourteaux obtenus par extraction avec de l’hexane. Enfin, l’article 3 interdit la production, la mise en marché et l’importation d’alimentation animale produite grâce à l’hexane (tourteaux). Pour rappel, le député Richard Ramos (Modem) avait déposé une PPL pour interdire l’hexane le 11 mars 2025, avant de la retirer en juillet. Entre temps, il a participé à une mission d’information flash sur l’hexane qui, sans préconiser l’interdiction, appelait à « soutenir » les travaux de recherche sur les risques et à « anticiper de possibles évolutions réglementaires ». L’Efsa conduit en effet une réévaluation des risques de l’hexane, dont les conclusions sont attendues pour l’automne 2027.

Climat : les engagements climatiques largement insuffisants, selon l’ONU

Les engagements mondiaux pour limiter le réchauffement climatique restent largement insuffisants et placent le monde sur une trajectoire de réchauffement de 2,6°C au cours du siècle, selon le rapport annuel du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) publié le 21 octobre. Des projections plus sombres que celles de l’an dernier – réchauffement de 2,3°C à 2,5°C – notamment en raison du retrait des États-Unis de l’accord de Paris et de la révision des estimations d’émissions historiques. Sur la seule base des politiques actuelles, sans tenir compte des engagements à faire mieux, le réchauffement mondial pourrait même atteindre 2,8°C d’ici 2100, soit le double de son niveau actuel. Les émissions de gaz à effet de serre, liées à la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, restent « à des niveaux records » en 2025. La possibilité de maintenir le réchauffement sous 1,5°C « a disparu », tranche le rapport, après des « décennies d’action climatique insuffisante », notamment de la part des pays riches du G20, responsables des trois quarts des émissions. Le rapport envisage néanmoins un scénario plus favorable, dans lequel le réchauffement culminerait entre 1,7°C et 1,8°C, avant de repasser sous 1,5°C d’ici à 2100. Pour y parvenir, les émissions mondiales devraient diminuer de 18 % d’ici 2030, de 45 % d’ici 2035 et de 69 % d’ici 2040, par rapport à 2025.

FAO : Phil Hogan, candidat irlandais au poste de directeur général, dévoile ses priorités

Dans un message publié sur son site internet le 13 octobre, le candidat irlandais à la direction générale de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l'agriculture (FAO), Phil Hogan, a dévoilé les priorités de son programme, intitulé « Une nouvelle FAO pour un monde nouveau ». L’ancien commissaire européen à l’Agriculture (2014-2019) et au Commerce (2019-2020) souhaite notamment faire figurer la sécurité alimentaire parmi les principaux enjeux sécuritaires mondiaux et placer les agriculteurs au cœur de la transformation vers des systèmes alimentaires plus durables. Il propose, en outre, d’intégrer l’action climatique et de renforcer la résilience climatique dans les politiques alimentaires. Enfin, il souhaite favoriser l’accès à l’innovation et la création d'emplois, l'augmentation des revenus et la promotion d'une croissance économique inclusive. Les États membres de l’UE n’étant pas parvenus à se mettre d’accord avant l’été sur un candidat commun, trois candidats européens (l’Espagnol Luis Planas, l’Irlandais Phil Hogan et l’Italien Maurizio Martina) se sont donc lancés dans la course.