Pac post-2027 : les dernières propositions de l’Irlande en vue d’une position du Conseil de l’UE
En amont de la réunion des ministres de l’Agriculture les 26 et 27 octobre à Luxembourg, la présidence irlandaise du Conseil de l’UE a dévoilé, le 21 octobre, un nouveau projet d’approche générale partielle afin de favoriser un accord politique et visant à répondre aux dernières problématiques soulevées lors du Comité spécial agriculture le 19 octobre. Sur la définition de l’hectare admissible, l’Irlande propose notamment de remplacer l’expression « prairie permanente » par « surface agricole ». La présidence introduit également un nouvel article afin de afin de clarifier les contrôles minimaux nécessaires pour satisfaire à l'obligation relative aux « surfaces à la disposition de l'agriculteur » figurant dans la définition de l'hectare admissible. Concernant le soutien couplé, Dublin veut porter le plafond des dépenses à 6 M€ (contre 4 M€ initialement). Le texte prévoit une disposition afin de permettre de continuer à utiliser, à titre de montant annuel, le plafond de 2026. Plusieurs autres points font encore débat entre les États membres, comme la dégressivité et le plafonnement – qui sont toutefois discutés dans le cadre plus large des négociations sur le budget à long terme de l’UE, encore entre crochets –, ou la période de transition. Certaines délégations continuent aussi d’évoquer la nécessité de maintenir les aides nationales transitoires.
Budget de la Pac : le groupe PPE en Comagri menace de retirer son soutien à la proposition
Les eurodéputés du groupe PPE (droite) siégeant en commission de l’Agriculture du Parlement européen (Comagri) pourraient retirer leur soutien à la proposition relative aux plans de partenariat nationaux et régionaux si leurs demandes concernant le futur financement de la Pac ne sont pas satisfaites. C’est ce qu’indique l’Allemand Norbert Lins, vice-président de la Comagri et rapporteur PPE sur ce dossier, dans un communiqué publié le 22 octobre sur le réseau social LinkedIn. Alors qu’Ursula von der Leyen s’était engagée à consacrer au moins 10 % des fonds aux zones rurales et à rendre disponibles, dès 2028, environ 45 Md€ provenant des mécanismes de flexibilité existants au bénéfice de la Pac, l’élu avance qu’aucune mesure concrète en ce sens n’a été prise par le Conseil de l’UE et la Commission européenne. « Une simple possibilité de mobiliser des fonds n’équivaut pas à une allocation garantie en faveur de la Pac », précise-t-il. Et de conclure : « Par conséquent, nous ne nous considérons plus liés par notre acceptation de l’année dernière de l’architecture proposée, selon laquelle la Pac est intégrée au règlement-cadre des Plans de partenariat nationaux et régionaux ».
Virus Shamonda : un premier cas humain détecté, en France (ministères)
Pour la première fois au monde, le virus Shamonda, qui infectait alors uniquement les ruminants, a été détecté chez l’être humain, en France, ont annoncé les ministères de la Santé et de l’Agriculture, dans un communiqué le 22 octobre. Le virus a été confirmé chez « un patient présentant une immunodépression sévère, pris en charge aux Hospices civils de Lyon pour une pathologie grave », décédé « début octobre ». Il s’agit « d’un cas exceptionnel », insiste le gouvernement, et « au regard des connaissances disponibles sur ce virus, aucun risque sanitaire pour la population générale n’est identifié à ce jour ». « Le patient n’était pas éleveur et n’avait pas de lien immédiat avec des bovins dans son entourage proche », a précisé le ministère de la Santé lors d’un brief à la presse le même jour. Et d’ajouter : « Il n’y a aucun élément épidémiologique qui laisserait penser que le virus passe de l’animal à l’humain , ni d’un humain à un autre humain ». Le cas survenu à Lyon constitue « la première détection documentée et rapportée du virus chez l’être humain », ce pathogène du genre orthobunyavirus étant « jusqu’à présent considéré comme non transmissible à l’être humain ». Des investigations « cliniques, biologiques et épidémiologiques » sont encore en cours, ajoutent les ministères. À ce stade, « l’hypothèse est celle d’une contamination vectorielle du cas, par la piqûre d’un moucheron de type Culicoïde », le même qui diffuse la maladie chez les ruminants.
Virus Shamonda : chez les bovins, vers une « fin de la vague » d’ici « quelques semaines »
« On va sous doute arriver à la fin de la vague » des contaminations de bovins par le virus Shamonda-Europe « d’ici quelques semaines », a estimé Jean-Luc-Guérin, professeur à l’École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT), lors d’un brief à la presse le 22 octobre. Alors que le virus est présent dans 54 départements, selon la plateforme ESA, « on peut supposer que l’ensemble du territoire est en train de faire son infection », à la suite de quoi « une grande partie des troupeaux seront séropositifs ». Or, l’infection confère « une très bonne immunité, qui peut durer plusieurs années », explique Gilles Salvat, directeur général délégué à l’Anses. Par ailleurs, le mode de diffusion de la maladie laisse aussi espérer une pause hivernale. Le virus Shamonda est véhiculé par les moucherons Culicoïdes, qui transmettent aussi la FCO et la MHE. « Les contaminations dureront jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de Culicoïdes », indique M Salvat. « Généralement, elles s’arrêtent fin septembre, début octobre. Mais quand il y a une arrière-saison très chaude, elles peuvent durer jusqu’à novembre ». Apparu au Nigeria dans les années 60, le virus Shamonda a été détecté pour la première fois en France cet été ; il a infecté principalement des bovins, mais aussi des ovins et des équins.
Pesticides/engrais : les professionnels dénoncent le projet de hausse de taxe sur les AMM
Dans un courrier envoyé au Premier ministre et à la ministre de l’Agriculture le 19 octobre, qu'Agra Presse s'est procuré, Phyteis (producteurs de phytos) et d’autres organisations*, dont France Fertilisants (producteurs d’engrais), dénoncent le projet gouvernemental de « hausse considérable de la taxe relative à la mise sur le marché (AMM) » pour les intrants (produits phytosanitaires et fertilisants), dans le cadre du PLF 2027. La lettre évoque une hausse de 7 M€ du plafond d’affectation à l’Anses, ainsi qu’une augmentation de 144 % de son rendement prévisionnel. En cas de validation, l’Hexagone deviendrait l’un des pays les plus onéreux en la matière, affectant l’accès aux solutions pour les agriculteurs, alertent les organisations. Elles rappellent que la taxe avait déjà été augmentée en 2022 et en 2024, sans résultats tangibles : pas de meilleur service rendu, pas de réduction significative de délai d’instruction des dossiers déposés auprès de l’Anses, ni d’embauches supplémentaires afin de faire face à la hausse des missions confiées à l’organisme. Elles réclament une rencontre dans les prochains jours avec le Premier ministre et la ministre de l’Agriculture sur ce sujet. Elles demandent également que cette mesure « soit réexaminée et que son impact économique et agricole fasse l’objet d’une évaluation approfondie avant toute décision définitive ». * Phyteis, France Fertilisants, NégoA, Alliance Biocontrôle, Afaïa, UPJ
Sécheresse/PLF 2027 : les députés envoient un « signal » sur le plan de relance
Les députés de la commission des Finances ont envoyé le 22 octobre un « signal » au gouvernement, en adoptant une hausse de plus de 800 M€ du budget du ministère de l'Agriculture, dont plus de 600 M€ pour aider les agriculteurs en difficulté après l'été. « Comme il n'y aura sûrement pas de séance sur la partie dépenses, c'est beaucoup des messages que nous envoyons ici », a déclaré le président de la commission Éric Coquerel (LFI), en référence à la possibilité que le texte initial soit renvoyé au Sénat sans discussions en séance sur la partie dépenses du budget. Le ministère n’a pas encore dévoilé les amendements au projet de loi de finances (PLF 2027) qui matérialiseront le « plan de relance » de 500 à 700 M€ promis par le gouvernement après le plan CASI (aides d’urgence). Faute de pouvoir les discuter, les députés de la commission des Finances ont adopté plusieurs amendements pour « donner un signal » au gouvernement et aux agriculteurs. Le plus conséquent est un amendement LFI visant à créer un programme de soutien aux fermes en difficulté doté de 500 M€ (meilleures indemnisations pour les agriculteurs non-assurés, prêts publics à taux zéro). Deux autres abondent de 50 M€ chacun des fonds de soutien aux maraîchers diversifiés et aux éleveurs pour l'achat de fourrage. Enfin, 14 amendements avaient été déposés – et ont été largement adoptés – pour revenir sur la suppression de 100 M€ alloués aux régions pour gérer les fonds européens pour l'agriculture.
Sécheresse : les régies publiques de l'eau appellent à anticiper les prochaines crises
Après un été marqué par une sécheresse historique, Christophe Lime, président du réseau France Eau publique, a appelé dans un entretien avec l’AFP à « anticiper » les prochaines crises de l’eau. M. Lime demande aux préfets de réunir d’ici la fin de l’année les acteurs de l’eau de leur département, pour « éviter d'avoir des discussions en situation de crise » et pouvoir « travailler sur la sobriété » de manière anticipée. Il a par ailleurs appelé de ses vœux des travaux pour « avoir une meilleure connaissance de nos réserves d'eau, assez aléatoire pour l'instant ». Autre préconisation : « Regarder tous les forages ou tous les périmètres qu'on a fermés depuis un certain nombre d'années » (au nombre de plusieurs milliers) et étudier de possibles remises en service. « On répond à la crise sans anticipation, et l'eau demande de l'anticipation parce que ça demande de la concertation avant d'avoir des conflits », a déclaré M. Lime. Il rappelle que, après avoir appelé durant l'été les exploitants à ne pas respecter les interdictions et restrictions d'irrigation prises face à la sécheresse, la Coordination rurale a incité fin septembre les agriculteurs à « creuser » pour « faire des lacs », « que ce soit légal ou pas ». « L'eau va devenir un des éléments les plus structurants de notre société. (...) Il faut se servir de ce qui s'est passé cet été pour pouvoir changer notre regard sur l'eau et sur notre société », a conclu M. Lime.
Sucre : les députés rejettent l’extension de la taxe soda aux produits sucrés
Les députés ont adopté le 22 octobre une série d’amendements similaires supprimant l’article 8 du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), qui prévoyait d’étendre la « taxe soda » à certains produits sucrés préemballés. Les partisans de la suppression (86 voix du centre, de la droite et de l’extrême droite) ont dénoncé la création d’une nouvelle taxe qui pèserait sur le pouvoir d’achat, tout en avançant que cet outil ne réduira pas la consommation des produits les plus sucrés. En face, les défenseurs de cette taxe – 58 voix de la gauche et du bloc central, divisé – n’ont pas suffi à empêcher son rejet. Le rapporteur général Thibault Bazin (DR, Meurthe-et-Moselle) a donné un avis de sagesse, tandis que la ministre de la Santé demandait le retrait des amendements. Stéphanie Rist a rappelé que cette taxe – dont le gouvernement espère 300 M€ – ne vise pas à modifier les comportements des consommateurs, mais à inciter les industriels à modifier leurs recettes. Elle a indiqué que, pour un paquet de gâteaux, la taxe représenterait au maximum moins de huit centimes d'euros. Selon l’AFP, le vote est loin d'être définitif : l'adoption du PLFSS par les députés lors de cette première lecture paraît hautement improbable et le texte devra aussi être discuté au Sénat.
Hexane : les députés votent son interdiction dans l’agroalimentaire en 2027
Lors de l'examen du PLFSS (financement de la sécurité sociale), les députés ont voté le 21 octobre l’interdiction à partir de 2027 du recours à l’hexane dans les procédés de fabrication des denrées alimentaires et de certains aliments pour animaux destinés à l’alimentation humaine. L’amendement prévoit également une contribution de 10 % sur les secteurs concernés affectée à l’Assurance maladie. Massivement utilisé par l’industrie agroalimentaire pour extraire des huiles végétales, l’hexane est un solvant reconnu comme neurotoxique et suspecté d’être un perturbateur endocrinien. Ces dernières années, les appels de médecins et scientifiques à mieux l’encadrer, voire à l’interdire, se sont multipliés. Le rapporteur général du budget de la Sécurité sociale, Thibault Bazin (LR), s’est opposé à la mesure, estimant notamment que les études disponibles ne montrent pas de risque lié à la présence de résidus d’hexane dans l’alimentation. Le gouvernement a également émis un avis défavorable, sans donner d’explications. « La science a parlé », a rétorqué le député MoDem Richard Ramos, coauteur d’un rapport parlementaire consacré à l’hexane, en invoquant notamment des travaux établissant un lien entre l’hexane et la maladie de Parkinson. Adopté en commission la semaine dernière, l’amendement du groupe écologiste a recueilli 60 voix contre 56 lors de l’examen du budget de la Sécurité sociale. La gauche et une partie du bloc central ont voté pour, tandis que le reste du camp gouvernemental, la droite et l’extrême droite s’y sont opposés.
Fiscalité : les députés alignent les prélèvements des dirigeants de SA et SAS et des exploitants
Lors de la lecture en séance publique du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS 2027) le 22 octobre, les députés ont adopté l’amendement de Dominique Potier (socialiste, Meurthe-et-Moselle) visant à mettre fin aux distorsions dans le système de prélèvements sociaux entre les non-salariés agricoles et les dirigeants assimilés salariés de SA ou SAS. « Les dividendes perçus par les dirigeants assimilés salariés de SA ou SAS ne sont pas considérés comme des revenus d’activité et ne sont soumis aucune cotisation salariale ou patronale recouvrée ni par les Urssaf, ni par les caisses de MSA. En revanche, les dividendes perçus par des non-salariés sont bien considérés comme des revenus professionnels. Ils sont intégrés à l’assiette des cotisations sociales des non-salariés pour leur montant excédant 10 % du capital social. Dans ce cas, les dividendes sont soumis aux cotisations sociales des non-salariés », détaille l’exposé. L’amendement propose de mettre en place un niveau minimal d’assiette. La MSA estime l’impact financier d’un tel dispositif, pour le régime agricole uniquement, à 187 ME de nouvelles recettes en 2027, 202 M€ en 2028, 227 M€ en 2029 et au moins 300 M€ en 2030. Soit un produit cumulé de plus de 900 M€ sur la période 2027-2030.
Retraites : les députés prolongent la dérogation pour les conjoints collaborateurs
Lors de la lecture en séance publique du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) le 21 octobre, les députés ont adopté l’amendement du rapporteur général Thibault Bazin (DR, Meurthe-et-Moselle) prolongeant de cinq ans supplémentaires le statut de conjoint collaborateur d’exploitation ou d’entreprise agricole. Ce dispositif dérogatoire avait été initialement institué par la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2022 avec une extension au domaine agricole par la LFSS 2025. « Afin de ne pas remettre en cause la situation des personnes les plus proches de l’âge de la retraite », le dispositif prévoyait de permettre aux conjoints collaborateurs qui atteindraient l’âge d’annulation de la décote (67 ans) avant le 1er janvier 2032, de conserver leur statut. « Cette mesure permet aux conjoints collaborateurs nés avant le 1er janvier 1970, de conserver leur statut, tout en maintenant le principe, instauré par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2022 et la loi du 17 décembre 2021 visant à assurer la revalorisation des pensions de retraites agricoles les plus faibles, d’une limitation dans le temps du bénéfice du statut », est-il expliqué dans l’exposé des faits.
PLFSS 2027 : les députés votent une provision fiscale et sociale pour les agriculteurs en ALD
Lors de la lecture en séance publique du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 le 22 octobre, les députés ont adopté plusieurs amendements similaires portant sur la création d’une provision fiscale et sociale afin de permettre à un agriculteur qui déclare une maladie de longue durée ou est victime d’un accident grave de faire face. Le gouvernent s’était exprimé contre et le rapporteur général avait émis un avis de sagesse. Cette réserve de 50 000 €, déductible fiscalement et socialement, est destinée aux dépenses d’investissements nécessitées par l’aménagement technique des outils de production de l’exploitation en fonction de la perte de mobilité de l’exploitant. Elle peut aussi financer le remplacement du chef d’exploitation de longue durée ou l’embauche d’un salarié (embauche directe ou via un groupement d’employeurs) afin d’accompagner le dirigeant dans son travail. Pour les Gaec et les EARL qui n’ont pas opté pour le régime fiscal des sociétés de capitaux, le montant est multiplié par le nombre d’associés exploitants, dans la limite de quatre.
Don agricole : les députés votent l’exclusion du montant de l’assiette des cotisations sociales
Lors de la lecture en séance publique du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS 2027) le 22 octobre, les députés ont adopté plusieurs amendements similaires visant à exclure le montant correspondant à la valorisation du don agricole de l’assiette des cotisations et contributions sociales. « Actuellement, lorsqu’un agriculteur effectue un don en nature issu de sa production agricole, il est tenu d’intégrer le montant de ce don dans son résultat fiscal. Ainsi, bien que ce dernier bénéficie, dans la cadre du mécénat d’entreprise, d’une réduction d’impôt à hauteur de 60 % du don dans la limite de 20 000 €, il doit toutefois payer des cotisations MSA sur ce don Ainsi, pour exemple, quand un producteur donne l’équivalent de 2 000 €, il est soumis à un prélèvement MSA, de l’ordre de 40 %, d’un montant de 800 € », argumente l’exposé des motifs. Pour les députés, cette situation remettrait en cause l’incitation au don des entreprises agricoles. Or, les associations d’aide alimentaire ont besoin de produits frais. « De plus, elles en récupèrent de moins en moins compte tenu des politiques de lutte contre le gaspillage alimentaire dans les grandes et moyennes surfaces et des effets climatiques sur la production agricole », est-il précisé.
Intempéries en Corse : près de 1 000 exploitations touchées, dont « une centaine durement »
Après les fortes intempéries qui ont frappé la Corse le 20 octobre, de nombreuses exploitations agricoles de la Plaine orientale ont subi d’importants dégâts, rapporte Corse Net Infos le 21 octobre. « De Marana Golo-Casinca à Solenzara, il y a énormément d'exploitations touchées tout le long de la plaine », indique Jean-Baptiste Arena, président de la chambre d’agriculture de Corse. Les dégâts sur les stocks de foin inquiètent particulièrement les éleveurs. Déjà fragilisées par la sécheresse de cette année, les réserves ont été entamées plus tôt que prévu, dès la fin du mois de juillet. Les pertes liées aux intempéries risquent donc d’accentuer les difficultés dans les prochains mois. Parallèlement, la filière agrumes attend de pouvoir évaluer les conséquences des inondations dans les vergers, alors que la récolte des clémentines vient de commencer. Certains arbres ont été emportés par les crues, tandis que ceux restés debout pourraient subir des problèmes sanitaires liés à l’excès d’eau. Si l’ampleur exacte des dégâts reste à déterminer, Jean-Baptiste Arena estime que près d’un millier d’exploitations pourraient être concernées, dont « une centaine durement », sur les quelque 3 000 exploitations que compte la Corse. Les agriculteurs espèrent maintenant que l’état de catastrophe naturelle demandé par la préfète de la Haute-Corse sera déclaré.
Assises du végétal : le CGAAER juge indispensable une coordination avec Écophyto
Un rapport du CGAAER sur le financement du sanitaire végétal, publié le 20 octobre (mais datant de novembre 2025), estime qu’aucune politique sanitaire végétale globale ne pourra se déployer sans une meilleure coordination entre la surveillance sanitaire assurée par l’État et la stratégie Écophyto (réduction des pesticides). Visant à « nourrir » les débats prévus lors des Assises du sanitaire végétal, le document rappelle que tous les acteurs de la filière constatent la montée des risques phytosanitaires, alors que les outils de lutte « sont de plus en plus contraints ». Le CGAAER indique par ailleurs que « les moyens publics mobilisés restent constants, mais sont peu lisibles, du fait de leur forte territorialisation, délégation et gestion parfois statique ». L’organisme pointe également que l’implication des filières agricoles dans la maîtrise des risques est « très hétérogène », variant selon leur nature et les territoires concernés, « générant ainsi des situations inéquitables entre producteurs et bassins ». Afin d’assurer un financement optimal menant à une politique efficace du sanitaire végétal, le CGAAER évoque sept recommandations. Parmi elles, citons le renforcement du rôle du FMSE (fonds professionnel) « dans l’accompagnement, l’initiation voire le financement des PSIC (Programme sanitaire d’intérêt collectif) ».
Biogaz : parution du décret sur les certificats de production (CPB), la profession satisfaite
Dans un communiqué du 13 octobre, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) s’est réjoui de la publication du décret relatif à l’obligation de restitution de certificats de production de biogaz (CPB) le 9 octobre au Journal officiel. Le décret répond globalement aux demandes de la profession, organisant six périodes d’obligation successives : une première de quatre ans (2026-2029), puis cinq de trois ans jusqu’en 2044. « Ce nouvel horizon apporte enfin la visibilité nécessaire aux producteurs, fournisseurs, investisseurs et financeurs pour sécuriser les projets et inscrire le développement du biométhane dans la durée », explique le SER. L’organisation précise que la hausse des coefficients d’obligation jusqu’en 2044 « permet de compenser la baisse anticipée de la consommation de gaz dans les bâtiments et d’assurer ainsi un volume constant d’obligation en TWh à partir de 2032 ». Mais les coefficients devront être revus à partir de 2032 afin d’assurer une hausse constante en volumes des obligations, prévient le syndicat. Il indique que tout n’est pas réglé pour autant, comme l’indexation de la pénalité de non-restitution, « que le décret n’a pas retenue ou encore le périmètre de l’assiette, notamment pour certaines cogénérations ».
Horticulture : vers un retour du « passeport phytosanitaire » avec le Royaume-Uni
À l’occasion d’un séminaire organisé par l’AVBS (association belge de l'horticulture ornementale) mi-octobre, Sally Cullimore, représentante de la Horticultural Trades Association (HTA) britannique, a fait le point sur les négociations concernant l'accord sanitaire et phytosanitaire (SPS) entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. L'accord envisagé – qui pourrait être annoncé à l’occasion du sommet UE/Royaume-Uni à Bruxelles le 20 novembre 2026 – viserait à instaurer une zone SPS commune, en alignant les réglementations britanniques concernées sur celles de l'UE, notamment dans les domaines de la santé végétale et de la commercialisation des semences. Le Royaume-Uni participerait aux discussions qui orientent les décisions futures, sans toutefois disposer d’un droit de vote équivalent à celui des États membres de l’UE. Dans le cadre du dispositif envisagé, les entreprises reviendraient à un système de « passeport phytosanitaire », remplaçant l’exigence actuelle de certificats phytosanitaires pour les mouvements concernés. Les végétaux et autres marchandises visées ne seraient plus soumis à des contrôles sanitaires et phytosanitaires systématiques aux frontières lors de leurs échanges entre les deux marchés. Les déclarations en douane resteraient toutefois obligatoires. L'accord pourrait entrer en vigueur au plus tard en novembre 2027.
Mandarines : Bruxelles maintient ses droits antidumping sur les importations chinoises
Par un règlement d’exécution publié au Journal officiel de l’UE le 22 octobre, la Commission européenne maintient son droit antidumping définitif sur les importations de certains agrumes, notamment les mandarines (y compris les tangerines et satsumas), les clémentines ou les wilkings en provenance de Chine. En l’espèce, l'application des taux de droit spécifique s’échelonnant entre 361,40 €/t et 531,20 €/t net de produit, en fonction des entreprises chinoises, se poursuit. Pour justifier sa décision, Bruxelles a indiqué que « l’abrogation des mesures entraînerait un nouvel afflux d’importations faisant l’objet d’un dumping en provenance de Chine, ce qui se traduirait par une détérioration rapide et accrue de la situation financière déjà fragile du secteur ». L’exécutif européen avait été saisi d’une demande formulée le 21 octobre 2025 par la Fenaval (fédération espagnole des associations de légumes et aliments transformés). Cette organisation représentant l’industrie de l’UE des agrumes préparés ou conservés s’inquiétait de l’expiration prochaine des mesures et de la réapparition du préjudice. Ce règlement d’exécution est entré en vigueur le lendemain de sa publication au JO de l’UE.
Serres : Rougeline va tester des itinéraires mixant technologie et protection intégrée
Le projet Coop Protect, porté par Rougeline, vise une baisse de 20 % de l’IFT chimique grâce à la combinaison de plusieurs méthodes de protection agroécologique en tomates, fraises et concombres produits sous serre. Ce travail fait partie des deux projets soutenus par l’appel à projets PRAAM et retenus par le ministère de l’Agriculture dans le cadre de France 2030. « Il s’agit de mettre en œuvre à la fois des leviers de protection intégrée – phéromones, plantes de services – et des solutions technologiques comme des systèmes de vision, des modèles de production anticipant la dynamique des agresseurs et des robots UVC. Nous avons sélectionné sept bioagresseurs particulièrement liés aux évolutions climatiques », explique Audrey Tinarelli, chargée de production et développement en agroécologie chez Rougeline, contactée par Agra Presse. Le projet concerne 49 sites de production et 143 ha, soit environ 40 % des surfaces globales de Rougeline, en Nouvelle-Aquitaine, en Provence-Alpes-Côte d’Azur et dans la vallée du Rhône. Un système assurantiel et des dispositions pour sécuriser le temps passé par les producteurs seront mis en place dans une volonté de partage du risque économique : « Ces itinéraires techniques peuvent être chers à mettre en place. Pour les valoriser, les produits devront être commercialisés sous les labels Zéro Pesticide et Biodiversité. » L’essai doit se dérouler sur trois ans avec des résultats attendus en 2030.
Vin : le Modef réclame l’abandon de l’OCM au profit d’une aide à l’hectare
Le Modef a réclamé le 22 octobre l’abandon de l’OCM vin au profit d’une aide à l’hectare. « On demande qu’il n’y ait plus d’OCM vin spécifique dans la Pac », a déclaré en conférence de presse Xavier Fabre, président de la fédération du Gard. À la place, le syndicat veut une aide à l’hectare. « Ça permettrait de maintenir le potentiel viticole », d’après lui. Ainsi, l’OCM vin, « symbole de la cogestion État-FNSEA », reste une cible à abattre pour le Modef. Dans un communiqué en novembre, l’organisation lui attribuait déjà les difficultés du secteur : « Cette crise est liée à la libéralisation du marché du vin depuis l’OCM de 2008, avec notamment la fin des droits de plantation. » Le Modef revendique aujourd’hui « un changement de cap révolutionnaire ». « On demande que les fonds de la Pac ne servent plus à détruire le potentiel de production, mais à maintenir et développer une viticulture familiale », a expliqué Xavier Fabre. D’après ses calculs, « il manque 1 500 €/ha au vigneron pour être rentable ». La solution pour s’en sortir : « une aide à ce niveau et des prix rémunérateurs ». Le Modef veut « un prix plancher, fixé et garanti par l’État » : 100 €/hl en vins de table, 200 €/hl en IGP, 250 €/hl en AOP et 260 €/hl en bio.
Lait : Alain Mathieu élu à la présidence du Cnaol
Le Conseil national des appellations d’origine laitières (Cnaol) a annoncé que son conseil d’administration a élu Alain Mathieu à sa présidence le 21 octobre. « Producteur de lait à l’AOP comté dans le Jura, il succède à Hubert Dubien, qui devient vice-président après cinq années à la tête de l’organisation », précise un communiqué. Alain Mathieu a été « président de sa fruitière de 1997 à 2002, il a ensuite présidé la Fédération des coopératives laitières du Jura de 2006 à 2017, ainsi que la Fédération régionale des coopératives laitières Alpes-Jura de 2007 à 2017. Membre du bureau du Comité interprofessionnel de gestion du comté (CIGC) depuis 2015, il en est devenu président en 2018. En lien avec l'exigence de qualité, il assure également la présidence du dynamique Centre technique des fromages comtois (CTFC) », selon le communiqué. « Je souhaite que le Cnaol continue à porter une voix forte pour défendre notre modèle, préserver l’identité de nos AOP et consolider la confiance des consommateurs au service de l’intérêt générale », indique Alain Mathieu.
Agenda de la semaine agricole du 26 octobre 2026
Lundi 26 octobre
Conseil des ministres de l’Agriculture de l’UE (Pac post-2027)
Mardi 27 octobre
Congrès mondial Agraya (Global Gap), en Italie, jusqu’au 29
Conférence de presse de l'Apecita (emploi des cadres agricoles)
Conférence de presse du Synabio (transformateurs de produits bio)
Mercredi 28 octobre
Conférence Tomato News 2026 (tomate d’industrie), en Italie
Jeudi 29 octobre
Visioconférence sur les agriculteurs dans la chaine de valeur
Les députés examinent une PPL LFI sur la ré-interdiction de l'acétamipride et du flupyradifurone
Conférence de presse de La Vie claire (distribution spécialisée bio)