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Bovins : dix-huit départements touchés par le nouveau virus Shamonda-Europe

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Confirmé fin juillet en Suisse et dans l’est de la France, le nouvel orthobunyavirus, baptisé Shamonda-Europe, est présent dans de nombreuses régions de l’Hexagone. Malgré un impact sanitaire plutôt limité, « la situation est évolutive », prévient le ministère.

Une maladie de plus pour les bovins. D’abord présent dans l’est de la France et les pays limitrophes, le nouvel orthobunyavirus a été détecté dans dix-huit départements, indique la plateforme Épidémiosurveillance en santé animale (ESA) dans son bulletin du 25 août. Identifié fin juillet, le virus Shamonda-Europe a été confirmé dans des élevages bovins du Massif central, d’une large partie Est de la France (Alsace, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est), ainsi qu’en Normandie. Autant de détections rendues possibles par le développement en urgence d’un test PCR par l’École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT). Les cas français ont « tous » été détectés sur des animaux « présentant des symptômes », précise la plateforme ESA.

Diarrhée, fièvre, baisse de la production laitière : éleveurs et vétérinaires avaient commencé à observer cet ensemble de symptômes dès fin juin chez des bovins en France, en Suisse et en Allemagne. Le 31 juillet, l’Institut suisse de virologie et d’immunologie (IVI) annonçait avoir isolé un nouvel orthobunyavirus sur des vaches malades. Des « analyses génétiques », encore en cours, doivent permettre de déterminer si ce virus est « responsable des maladies observées », précisent les scientifiques helvètes. Par la suite, ce nouveau virus a été baptisé Shamonda-Europe, pour sa proximité avec un virus Shamonda détecté au Nigéria en 1965. Shamonda-Europe appartient au sérogroupe Simbu, qui comprend notamment le virus de Schmallenberg, à l’origine d’une épizootie en Europe en 2012.

Six pays concernés en Europe

Quelques semaines après son identification, le virus Shamonda-Europe était confirmé dans, en tout, six pays européens, avec l’Allemagne, l’Autriche (deux élevages), les Pays-Bas (huit foyers) et le Liechtenstein. S’y ajoute un cas en cours de confirmation en Belgique. Selon la plateforme ESA, « les données actuellement disponibles vont dans le sens de la diffusion de ce même virus en Belgique, Suisse, Pays-Bas et France ». Une propagation large caractéristique d’une maladie vectorielle : l’orthobunyavirus est principalement véhiculé par les moucherons Culicoïdes, déjà connus pour transmettre la FCO et la MHE. Comme le souligne le ministère de l’Agriculture sur son site internet, « la situation est évolutive ».

Bien que le virus Shamonda se propage rapidement, « son impact est pour le moment jugé faible dans les élevages touchés », estime la Rue de Varenne. D’après l’Inrae, les bovins adultes peuvent subir « un syndrome aigu, mais généralement transitoire, avec fièvre, abattement et baisse de production ». En raison de sa faible dangerosité, cette maladie n’est pas réglementée par le droit européen ; aucune mesure spécifique de police sanitaire n’est donc prévue. Toujours selon le ministère, « ce virus n’est pas transmissible à l’homme et ne présente donc pas d’impact pour la santé publique, notamment pour la consommation du lait ou de la viande ».

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Pas de vaccin

Plusieurs éléments incitent toutefois à la prudence. Au-delà de son impact sanitaire aujourd’hui réduit, aucun vaccin n’est disponible pour l’orthobunyavirus. Par ailleurs, « la maladie semble également se traduire par des avortements, précoces ou tardifs », voire des veaux malformés, prévient GDS France (groupements de défense sanitaire) dans un document destiné aux éleveurs. Les experts sanitaires préconisent ainsi de « surveiller les femelles gestantes et les naissances dans les mois à venir ».

Par ailleurs, bien que les bovins semblent être les hôtes privilégiés de Shamonda-Europe, la maladie « pourrait toucher également les petits ruminants », préviennent les GDS. D’autres espèces sont déjà concernées : le nouvel orthobunyavirus a ainsi été détecté pour la première fois sur des chevaux en Suisse. L’infection a été découverte chez « deux chevaux décédés » présentant des troubles neurologiques, l’un à Zurich et l’autre à Berne, selon l’université de Berne.

Les scientifiques suisses décrivent des animaux d’abord « souvent apathiques et abattus », avant l’apparition dans certains cas de troubles neurologiques : somnolence, troubles de la coordination et de l’équilibre, spasmes, « sensibilité excessive au toucher ou à d’autres stimuli », etc. Le virus était présent dans leur cerveau, mais pas dans leur sang. La présence de l’orthobunyavirus Shamonda « constituerait […] une explication plausible à la multiplication des symptômes neurologiques », avance l’université. Une hypothèse à confirmer, comme chez les autres espèces de ruminants.

YG

Possibilité d’avortement et de veaux malformés

Premiers cas sur des chevaux souffrant de troubles neurologiques