Betteraves sucrières : la production nationale attendue en retrait de 20 % (filière)
La filière betteravière française, réunie au sein de l'Association interprofessionnelle de la betterave et du sucre (AIBS), a dressé le 25 août une première prévision concernant la récolte 2026. La sécheresse et les canicules enregistrées depuis le printemps ont affecté lourdement le développement des betteraves, compromettant « significativement le potentiel de récolte ». Même si « des disparités régionales sont constatées », les prélèvements réalisés mi-août laissent entrevoir « une baisse de production nationale de plus de 20 % » par rapport à la moyenne quinquennale. Dans le détail, le poids racinaire est attendu en retrait de 18 %, soit une perte de près de 10 t/ha. Avec un déficit de près de 20 t/ha de feuilles, le développement foliaire chute de plus de 50 %. Et la croissance des betteraves est ralentie, voire stoppée dans certains secteurs, du fait d’un fort stress hydrique. « Ces conditions exceptionnelles ont également favorisé le développement de bioagresseurs, comme les charançons et la teigne, ainsi que la dégradation sanitaire des racines par les pourritures (rhizopus), aggravant encore les pertes constatées », note l’AIBS. Face à la baisse potentielle des volumes de betteraves collectés – et donc de sucre, d’alcool et d’éthanol produits –, les industriels vont probablement devoir adapter leur logistique et la durée des campagnes de transformation. (Anne Gilet)
Maïs : les prévisions de rendements européens revues à la baisse par la Commission
En raison de la persistance d’un temps chaud et sec, la Commission européenne revoit nettement à la baisse ses prévisions de rendement du maïs sur le Vieux continent, d’après le bulletin JRC Mars publié le 25 août. Elle table en 2026 sur 6,61 t/ha (-5 % en un mois) pour le maïs grain et 37,8 t/ha (-8 %) pour le maïs fourrager. Les stress thermiques et hydriques ont de « sévères impacts » sur les cultures d’été en France, sud de l’Allemagne, nord et centre de l’Italie, Autriche, Tchéquie, Slovaquie, Hongrie et ouest de la Roumanie, selon le bulletin. Des « impacts modérés » sont également relevés dans les pays du Benelux, en Slovénie et Croatie. « Bien que les conditions restent plus favorables pour les cultures d'été dans certaines régions du nord et de l'est de l'Europe, les prévisions de rendement de l'UE pour toutes les cultures d'été ont été fortement revues à la baisse, chutant jusqu'à 14 % en dessous de la moyenne quinquennale », affirme la Commission. Concernant le maïs grain, elles tombent en France à 6,5 t/ha (-16 % par rapport au mois précédent), en Hongrie à 3,85 t/ha (-15 %), en Allemagne à 8,46 t/ha (-8 %), en Italie à 8,39 t/ha (-1 %).
Sécheresse : le Grand Est réclame « un plan européen massif » pour l'agriculture
Alors que l’agriculture connaît un « été hors norme », le président de la région Grand Est, Franck Leroy, a réclamé le 25 août à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, « un plan européen massif de sauvegarde et d'avenir pour l'agriculture ». Il demande que ce plan associe « des mesures d'urgence et une stratégie durable d'adaptation au changement climatique », après un été 2026 « marqué par une sécheresse exceptionnelle, des canicules à répétition et des pertes importantes dans de nombreuses filières ». « Toute la chaîne agricole et alimentaire se trouve fragilisée », notamment sur le plan économique, mais aussi à terme sur la « capacité de production » des territoires, selon un communiqué. Dans l'urgence, M. Leroy demande, dans un courrier adressé à Mme von der Leyen, une « mobilisation européenne permettant de soutenir les trésoreries des exploitations, compenser les pertes les plus graves et prévenir les abandons, les décapitalisations et les faillites ». Mais, sur le long terme, il faut également, selon lui, engager une « véritable stratégie européenne d'adaptation de l'agriculture », en termes de gestion d'eau, d'amélioration des sols, d'innovation, etc, pour permettre aux exploitations de « résister durablement aux crises de demain ». L’élu appelle aussi, dans la programmation budgétaire européenne après 2028, à « renforcer et sanctuariser la politique agricole commune » (Pac).
Canicule : une mission parlementaire sur le coût de la canicule lancée le 26 août
Le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale Éric Coquerel (LFI) présidera une mission parlementaire sur le coût de la canicule, dont les travaux débuteront mercredi 26 août, a indiqué la veille son entourage à l'AFP. Cette « mission flash » entendra notamment Météo-France, l'Office français de la biodiversité (OFB), la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, l'Office national des forêts (ONF), le ministère de la Transition écologique, la direction générale du Trésor au ministère de l'Économie, selon le programme des auditions, prévues à ce stade jusqu'au 23 septembre. Éric Coquerel espère rendre ses conclusions « début octobre », a précisé son entourage. Le député LFI avait annoncé début août son intention de lancer cette mission flash. Il avait alors réclamé l'examen à la rentrée d'un projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour augmenter les crédits liés aux commandes de matériel de lutte contre les feux et ceux pour lutter contre le réchauffement climatique, estimant que le gouvernement ne pouvait pas se contenter de dégeler des crédits exceptionnels. La ministre de la Transition écologique Monique Barbut avait indiqué mi-août que les canicules à répétition cet été pourraient coûter à la France « de l'ordre de 10 à 15 Md€ », soit plus que celle de 2022 (5,6 Md€).
Saisonniers : élargissement confirmé pour le logement sous tente (JO)
Un arrêté est paru au Journal officiel le 25 août qui autorise l’hébergement sous tente des saisonniers agricoles dans quatre nouveaux départements (Rhône, Côte-d'Or, Saône-et-Loire, Yonne). Comme attendu, cette possibilité est désormais ouverte « du 1er juin au 30 septembre », pour les salariés « recrutés pour une durée inférieure à un mois ». Par ailleurs, le texte encadre aussi les conditions du logement sous tente, fixant notamment une hauteur minimale de 2 m et exigeant la mise à disposition de sanitaires et d’armoires fermant à clé pour les effets personnels. Avant cet arrêté, la réglementation ne permettait de déroger à l'interdiction du logement sous tente que dans 15 départements au sud de la Loire (excluant notamment la Gironde), du 1er juin au 15 septembre. Pour rappel, la parution de ce texte intervient après qu’une dérogation donnée par la préfecture de Saône-et-Loire a été révoquée par l’État en mars, comme le relataient Les Echos (article payant). Dans un communiqué du 23 juillet, la CFDT Agri-Agro estimait, en évoquant l'arrêté à paraître, que « cette nouvelle dérégulation sans engagement réel à résoudre structurellement le problème est indigne de notre République ». Le syndicat de salariés annonçait alors qu'il attaquerait le futur texte au Conseil d'État.
Pommes : « nette progression » en 2025-2026 pour Blue Whale, grâce à l’export
Le « collectif de producteurs » de fruits Blue Whale a annoncé le 24 août avoir réalisé une campagne 2025-2026 en « nette progression », notamment grâce à l’export qui a joué un « rôle stratégique » dans la création de valeur. Avec une récolte « supérieure aux prévisions », le groupe aux 260 arboriculteurs a commercialisé lors de la campagne écoulée 313 476 tonnes de fruits, principalement des pommes, pour un chiffre d’affaires de 384,1 M€ (+8 % sur un an). Toutefois, sur le marché français (un tiers des volumes de Blue Whale), « la valeur ne suit pas les volumes ». Les prix à la production ont été « sous pression », souligne le leader hexagonal, avec « davantage de fruits orientés vers la transformation » (petits calibres) et une consommation de pommes qui « marque clairement le pas ». C’est donc l’export qui « sauve la mise », avec une progression de 45 % sur un an du chiffre d’affaires. « Le Moyen-Orient, l’Inde et les pays du Golfe ont soutenu cette dynamique », rapporte le premier exportateur français, basé à Montauban. Malgré la fermeture du détroit d’Ormuz, Blue Whale dit avoir « maintenu ses expéditions », grâce à « une réorganisation rapide des destinations, des ports d’arrivée et des documents logistiques ».
Vin : non-autorisés, les édulcorants amélioreraient l’appétence des jeunes adultes (étude)
Selon des chercheurs d’AgroToulouse et de l’école d’ingénieurs de Purpan, « les édulcorants non fermentescibles améliorent l'appréciation du vin rouge par la génération Z ». Leurs travaux, publiés le 25 juin dans IVES Technical Reviews, portent sur l'ajout d'érythritol, de rébaudioside A et de xylitol. Testés séparément auprès de jeunes adultes (âge moyen d’environ 22 ans) de la région toulousaine, ils s’avèrent concluants sur le plan gustatif. « Une tendance convergente a été observée : les édulcorants non fermentescibles ont systématiquement amélioré l'appréciation du vin rouge par les jeunes adultes et ont renforcé les perceptions de sucrosité, de douceur et de fruité », souligne l’étude. Et les chercheurs de s’interroger : « Pourquoi de tels édulcorants sont autorisés dans la production de bière mais pas dans les boissons à base de vin ? ». L'ajout de sucre est une stratégie reconnue pour améliorer l'agrément gustatif. Exemple tout récent : le bordeaux claret a modifié son cahier des charges en autorisant l’édulcoration jusqu’à 7 g/l, selon un arrêté publié le 19 mai. Mais l'utilisation de sucres classiques présente un risque de refermentation en bouteille, nécessitant l'ajout de stabilisants comme les sulfites. Ce qu’évitent les édulcorants. À noter dans l’étude, les doses ayant les meilleurs résultats correspondent à « environ 20 g/l de saccharose ».
Loup : suspension des tirs facilitée pour le préfet coordonnateur (JO)
Un décret paru au Journal officiel le 25 août facilite la suspension des tirs contre le loup par le préfet coordonnateur du Plan national loup, en particulier en supprimant toute contrainte calendaire. Ce texte vient modifier un décret de 2018 qui lui permet de suspendre par arrêté « les décisions des préfets de départements » concernant les tirs de défense ou de prélèvement. Le préfet coordonnateur peut désormais exercer cette prérogative « pour une période qu'il précise pouvant aller jusqu'à la fin de l'année civile en cours » – et non plus « à compter du 1er septembre et pour une période pouvant aller jusqu'au 31 décembre », comme le prévoyait le texte modifié. Par ailleurs, le décret paru le 25 août prévoit aussi que les décisions des préfets de département sur les tirs réalisés par les lieutenants de louveterie et les agents de l’OFB « peuvent être soumises à son accord préalable ». Ces deux mesures visent à réserver le quota annuel de tirs « aux territoires où la prévention ou la diminution de dommages importants aux troupeaux domestiques est prioritaire », tout en adaptant la gestion au « nombre de loups déjà abattus ».
Fromage végétal : Jay & Joy veut lever 400 K€ auprès du grand public
Jay & Joy, fabricant d’alternatives végétales au fromage, a annoncé le 25 août le lancement d’une levée de fonds participative auprès du grand public visant à mobiliser 400 000 € en capital. Organisée via la plateforme Crowdcube, cette campagne de financement participatif est « proposée aux mêmes conditions financières que pour les investisseurs professionnels », indique la société, qui a levé deux millions d’euros début 2026 auprès de fonds d’investissements, de family offices et de business angels. Les fonds seront destinés en priorité à l’augmentation des capacités de production et de l’efficacité de son site industriel. Jay & Joy propose une gamme d’alternatives au fromage à partir de noix de cajou, amandes, soja et légumineuses : des produits s’approchant des fromages de plateau, mais aussi du râpé, des tartinables et bientôt du tranché. La société qui opère sous deux marques – Jay & Joy pour le réseau spécialisé bio et Les nouveaux affineurs pour la grande distribution – compte vendre 200 tonnes de produits en 2026, puis augmenter ce volume de 50 % en 2027. La société, qui ne communique pas son chiffre d’affaires, compte terminer son exercice 2027 à l’équilibre.
Consommation : les aliments pour chiens et chats ont passé un cap dans la montée en gamme
Les exigences des propriétaires de chiens et chats sont montées d’un cran ces dernières années en matière de pet-food, affirme DNG, cabinet de conseil en stratégie dans les produits de grande consommation, dans un communiqué du 25 août. Les experts considèrent en effet que « la premiumisation, la naturalité et le made in France ne sont plus des options différenciantes mais des standards attendus ». La richesse en ingrédients carnés, la transparence sur l’origine ou encore le protocole de fabrication font partie des arguments de nouveaux fabricants qui vendent sur internet. Ces derniers gagnent des parts de marché en vendant deux fois plus cher que les marques historiques en GMS (des groupes Mars et Nestlé). Certains de ces nouveaux acteurs ont franchi le cap des 50 M€ de chiffre d’affaires. Deux défis se présentent pour les plus importants : sécuriser leurs approvisionnements et diversifier leurs canaux de distribution (en animaleries par exemple). En 2024, le marché français des animaux de compagnie représentait 6,8 Md€ de chiffre d’affaires, après avoir progressé de 32 % en trois ans, rappelle le communiqué.
À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil, Agra Business, et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.