USA/Canada : après l’échec des discussions, place à la guerre commerciale
Les négociations sur un accord commercial entre les États-Unis et le Canada ont échoué vendredi 21 août, laissant place à l’instauration de droits de douane et de mesures de rétorsion par les deux parties, rapporte l’AFP. Le Premier ministre canadien Mark Carney a annoncé samedi 22 août des mesures de rétorsion visant l'acier ou les produits laitiers américains après avoir refusé le « mauvais accord » commercial proposé par Washington, qui a aussitôt menacé de surenchérir. Ces mesures de rétorsion répondent à l'entrée en vigueur le même jour de nouvelles surtaxes américaines de 50 % affectant environ 20 Md$ de marchandises, soit 5,5 % des exportations canadiennes vers les États-Unis, dont le ciment ou les crosses de hockey. Le montant de ces surtaxes canadiennes sera « au dollar près » celui des nouveaux droits de douane américains. Après des semaines de pourparlers, le Premier ministre canadien a décidé vendredi soir de mettre fin aux discussions, juste avant que n'expire l'ultimatum de la Maison Blanche pour ces droits de douane. « Au dernier moment, les États-Unis ont essayé d'ajouter des éléments pour restreindre notre capacité à avoir d'autres accords commerciaux », a-t-il dénoncé.
Viande bovine : Trump suspend temporairement des taxes sur certaines importations
Donald Trump a annoncé le 21 août la suspension des taxes sur l'importation de 300 000 t de bœuf aux États-Unis dans les 90 prochains jours, avec le souhait affiché de faire baisser le prix de ce produit à l'approche des élections législatives de mi-mandat. D'après des données officielles sur l'inflation en mai, il fallait débourser en magasin 15 % de plus qu'il y a un an pour un steak de bœuf. Les prix reflètent notamment les tensions sur l'offre, avec un cheptel au plus bas depuis les années 1950. Les acteurs mettent en avant des raisons économiques et climatiques, notamment les sécheresses à répétition qui grillent les pâturages. « Alors que nous nous efforçons de reconstituer ce troupeau et de soutenir nos éleveurs, pendant les 90 prochains jours, les États-Unis autoriseront l'importation de jusqu'à 300 000 tonnes de produits destinés au bœuf haché, sans droits de douane hors quota », a donc soutenu le président américain sur sa plateforme Truth Social vendredi. Donald Trump a affirmé que la viande importée serait vendue « à un prix inférieur de 25 % aux prix actuellement pratiqués sur le marché ». Le président américain n'a toutefois pas précisé les pays d'où elle proviendrait. Le pouvoir d'achat est l'une des principales préoccupations des Américains à moins de trois mois des élections de mi-mandat, prévues en novembre.
Fourrage/sécheresse : trafic de fourrage entre la France et la Suisse
La sécheresse qui amenuise les stocks de nourriture pour les animaux d'élevage entraîne un commerce illégal de fourrage entre la France et la Suisse, dont des agriculteurs au pouvoir d'achat plus élevé viennent se fournir en France, dénonce la FDSEA du Doubs. Son président Florent Dornier fait état d’« agriculteurs suisses qui passent la douane pour venir chercher des stocks en France » sans passer par une déclaration obligatoire (la Suisse ne faisant pas partie du marché unique). « On voit passer des dizaines et des dizaines de camions qui vont du côté suisse », explique le syndicaliste à l’AFP. Si le prix du foin, qui fluctue habituellement aux alentours de 150 €/t, a dépassé les 170 €/t avec la sécheresse, des acheteurs suisses sont prêts à payer 220 ou 230 €/t, selon M. Dornier. Des prix « exorbitants, inaccessibles pour des paysans français ». Selon France 3 Bourgogne-Franche-Comté, un agriculteur suisse a été intercepté le 17 août avec un chargement illégal de « plusieurs tonnes de fourrage ». Dans un courriel adressé à l'AFP, la préfecture du Doubs indique avoir constaté « quelques transports de fourrages et paille qui ne respectaient pas les formalités d'exportation », des « initiatives individuelles frauduleuses sans qu'un trafic caractérisé ait été démontré à ce jour ».
Lait : les prix du lait liquide particulièrement bas en grande distribution
Le lait de consommation atteint actuellement des prix particulièrement bas dans plusieurs enseignes de la grande distribution française. Par exemple, le 21 août, sur le site Carrefour.fr, le pack de 6 litres de lait demi-écrémé stérilisé UHT Verneuil, vendu en livraison ou en drive, était proposé à 4,14 €, soit 0,69 €/l. Cet état de fait a été récemment souligné par le magazine Linéaires, qui a relevé en juin et juillet des offres à 0,79 €/l (E. Leclerc), 0,89 €/l (Aldi) et 0,82 €/l chez Netto (Intermarché). Cette situation semble paradoxale, alors que les distributeurs ont annoncé le 18 août des facilités pour les filières fruits et légumes touchés par la sécheresse et que la filière laitière est également très affectée par les conditions climatiques estivales entraînant des baisses de production et des manques de fourrages. Marie-Andrée Luherne, vice-présidente de la FNPL (éleveurs, FNSEA) a d’ailleurs déploré le 7 août « qu’aucun signe des transformateurs privés comme coopératifs, aucune revalorisation du prix du lait pour le mois d'août » n’ait été décidé. Elle demande « la réouverture immédiate des négociations commerciales et que 100 % des hausses qui seront in fine payées par les consommateurs reviennent dans les cours de ferme ». Les industriels du lait conditionné (Syndilait) réclament de longue date un prix public du litre de lait d’au moins un euro.
Loup : la louve capturée en Normandie a été abattue dans les Alpes-de-Haute-Provence
Après avoir été transférée dans la Drôme, la louve qui avait été capturée en Normandie au mois de mai « a été prélevée dans la nuit du 16 au 17 juillet 2026 à La Bréole (Alpes-de-Haute-Provence), dans le cadre légal d'un tir de défense », a annoncé l’OFB sur son site internet. Après avoir été prise dans un piège à renards en Seine-Maritime, elle avait été capturée le 10 mai, avant d’être transférée et « remise en liberté quatre jours plus tard dans la Drôme ». Un transfert qui avait provoqué la colère des éleveurs locaux et des associations environnementales. Environ deux mois après son lâcher, la louve a été abattue par un lieutenant de louveterie à La Bréole, alors qu’elle « évoluait à proximité d'un troupeau ovin et était accompagnée d'un second loup, qu'elle suivait depuis plusieurs jours ». Elle s’était « fixée » dans la zone et était « possiblement impliquée dans une prédation survenue sur un troupeau d’ovins », selon l’OFB. Avant cela, elle avait parcouru 634 km en 65 jours, selon les données du collier GPS dont elle avait été équipée. L’analyse de son trajet a permis d’identifier une seule prédation d’ovin domestique et de nombreuses prédations d’animaux sauvages (sept chevreuils, un chamois, un faon, un marcassin, un renard, au minimum).
Maïs : crainte d’une flambée du maïs non OGM, pénalisant l’élevage (presse)
« Une flambée des prix du maïs non-OGM » et un écart « considérable » avec ceux du maïs transgénique : ce scénario « est jugé aujourd’hui probable par les acteurs du marché », alerte La Dépêche - Le petit meunier dans un article publié le 14 août. En cause, l’effondrement attendu de la production européenne, « principale source de maïs non-OGM sur la planète ». Le média spécialisé indique que « le cabinet Expana a récemment révisé à la baisse de 4,6 Mt sa projection en maïs, à 49,1 Mt » pour le Vieux continent. Quant à la récolte française, « plusieurs analystes la situent désormais sous les 7 Mt », largement en dessous de la prévision du ministère début août (9 Mt), déjà au plus bas depuis 1980. Or, au niveau mondial, la récolte de maïs (très majoritairement OGM) « ne suscite pas d’inquiétude », avec 1 300 Mt attendues par l’USDA, « au même niveau élevé que l’an passé ». La Dépêche estime que, « pour la France, la solution passera principalement par l’Ukraine », dont les exportations sont entravées par la guerre avec la Russie. En cas de poursuite du blocage de ses expéditions, « on ne peut pas exclure un maïs européen qui effleurerait les 300 €/t », estime un courtier interrogé par nos confrères. Un surcoût potentiel à venir pour les filières d’élevage sous cahier des charges imposant une alimentation non OGM.
Biodiversité/espèces nuisibles : un arrêté met à jour la liste pour trois ans (JO)
Un arrêté du ministère de la Transition écologique, publié le 21 août au Journal officiel, met à jour la liste des espèces d’animaux classées susceptibles d’occasionner des dégâts (Esod) et les territoires concernés, par département. Cette liste, valable trois ans (jusqu’au 30 juin 2029), précise les modalités de destruction. Les animaux concernés, selon les territoires, sont la belette, la fouine, la martre, le renard, le corbeau freux, la corneille noire, la pie bavarde, le geai des chênes et l’étourneau sansonnet. L’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) et la LPO ont annoncé, dans des communiqués distincts, qu’elles déposeraient un recours au Conseil d’État. Le 9 mars, une étude du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) avait démontré que l'élimination massive des Esod ne réduit pas les pertes économiques qui leur sont attribuées. Elle indiquait également que les mesures mises en œuvre pour les détruire ont un coût « huit fois plus élevé que les déclarations de dégâts imputés à ces espèces ».
Engrais : des maisons rendues « inhabitables » par la pollution près d’un site de Timac Agro
En Charente-Maritime, les habitants de Tonnay-Charente, voisins du site de production de la société Timac Agro (groupe Roullier), dont l’activité fertilisant est à l’arrêt depuis 2023, ont appris que leurs jardins étaient pollués par des métaux lourds (plomb, cadmium, arsenic...) « à des niveaux présentant des risques sanitaires », rapporte l’AFP le 21 aout. Les résultats de l’interprétation de l’état des milieux (IEM), demandée depuis 2019 par les services de l’État à Timac, indiquent que, sur 92 parcelles du lotissement, près de la moitié présentent « un état des sols incompatible avec les usages résidentiels et l’autoproduction alimentaire ». Les habitants sont incités à éviter la consommation de légumes cultivés en potager, à laver les jouets utilisés en extérieur ou encore à de se déchausser dans leur maison. Dans un arrêté fin juillet, le préfet a demandé à Timac Agro de lui remettre, dans un délai de six mois, un plan de gestion censé définir, parcelle par parcelle, les mesures de nettoyage et de restauration d’un sol sain et les restrictions d’usage. La société a deux mois pour faire appel. Pour Gérard Garder, administrateur du Collectif de défense de Tonnay-Charente (CDDTC), cet arrêté « est une grande victoire » qui identifie « enfin Timac Agro comme responsable de la pollution de nos sols ». Contacté par l’AFP, Timac Agro dit avoir « pris acte de l’arrêté préfectoral et examine les suites à [lui] réserver dans le respect des voies de droit », estimant avoir « pleinement coopéré avec les autorités administratives ».
Nutrition-santé animale : l’allemand EW Group a finalisé l’acquisition d’Olmix
La holding familiale allemande EW Group, investie dans la génétique avicole (Aviagen, Ross, Hubbard, Lohmann, Novogen…), piscicole et végétale, ainsi que dans la prévention des maladies, a annoncé début août l'acquisition de la société française Olmix, experte des ingrédients de santé animale et végétale à base d’algues et biosourcés. L’entreprise Olmix emploie plus de 900 salariés dans le Morbihan et réalise près de 200 millions d’euros de chiffre d’affaires. Elle conservera son autonomie, mais sera soutenue par EW Group pour la R&D, les nouvelles technologies et la poursuite de son expansion internationale, rapporte la presse en Allemagne et en France. Le géant allemand de plus de 30 000 salariés était entré en négociation exclusive avec l’ETI française et ses actionnaires (Amadéite, holding du fondateur Hervé Balusson, et Motion Equity Partners) en mai. Le montant de la transaction n’est pas divulgué, mais le Journal des entreprises rappelle le 17 août que, au début des discussions, CFNews avait indiqué qu’Olmix était valorisée entre 400 et 450 millions d’euros, soit environ 12 fois son Ebitda (information non confirmée officiellement lors de la finalisation).
À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil, Agra Business, et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.