Agra Fil du 19 août 2026

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Cadmium : Barbut plaide pour accélérer la trajectoire de réduction dans les engrais

Dans un entretien à Libération paru le 16 août, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut indique qu’elle est favorable à « une norme maximale de 20 mg/kg [de cadmium dans les engrais] à horizon 2030, contre 90 mg/kg actuellement ». Une cible qui constituerait une accélération notable par rapport à la position actuelle du gouvernement. Un arrêté est attendu pour fixer une trajectoire de réduction de ce métal lourd toxique présent dans les engrais phosphatés. Après une première marche à 60 mg/kg de P2O5 en 2027, le texte mis en consultation avant l’été prévoit pour 2030 une teneur maximale de 40 mg/kg. Le projet d’arrêté prévoit ensuite, pour 2032, un rapport du gouvernement sur la possibilité de passer à 20 mg/kg au plus tard en 2038. Plus rapide, la trajectoire proposée par Monique Barbut est identique à celle inscrite dans la proposition de loi du député écologiste Benoit Biteau, adoptée par l’Assemblée début juin. Par ailleurs, la ministre a jugé que les conclusions du Conseil constitutionnel, qui a validé la quasi-totalité de la loi d'urgence agricole le 14 août, ne sont « pas surprenantes », tout en saluant des clarifications « utiles ». Pour rappel, après l’adoption de ce texte par le Parlement fin juillet, Monique Barbut avait présenté sa démission à Emmanuel Macron, qui l’avait refusée.

Sécheresse : les distributeurs adaptent leurs conditions d’achat

Face à « la multiplication des épisodes de sécheresse et de canicule, les enseignes de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) réaffirment leur solidarité avec les producteurs et les filières les plus exposés », annonce l’organisation dans un communiqué le 18 août. Concrètement, les distributeurs adhérents s’engagent à « adapter les pratiques aux réalités du terrain, en préservant une approche pragmatique concernant les conditions d’agréage et d’acceptation des produits (calibres, aspects…), faire de l’origine France une priorité assumée, en privilégiant les productions françaises lorsqu’elles sont disponibles, et maintenir un dialogue permanent avec les producteurs et leurs représentants ». Pour rappel, le FCD regroupe la plupart des enseignes de la grande distribution dont E. Leclerc, Coopérative U, Carrefour, Auchan, Groupement Les Mousquetaires, Intermarché, Casino. Le 14 août, Carrefour et Coopérative U avaient dévoilé des mesures pour les producteurs de fruits et légumes frais touchés par les aléas climatiques des dernières semaines, notamment en assouplissant leurs exigences en matière d’aspect et de calibre et en raccourcissant les délais de paiement de 30 à 15 jours.

Bovins : le nouvel orthobunyavirus désormais présent dans 13 départements français

Présent jusque-là dans l’est de la France et en Normandie, le nouvel orthobunyavirus affectant les bovins a été détecté dans 13 départements, indique la plateforme Épidémiosurveillance en santé animale (ESA) dans son bulletin du 18 août. Ce virus identifié fin juillet est désormais présent dans le Massif central (Cantal, Haute-Loire, Puy-de-Dôme), en Alsace (Bas-Rhin, Haut-Rhin), en Bourgogne-Franche-Comté (Côte-d’Or, Doubs, Jura) et dans les Alpes (Ain, Savoie, Haute-Savoie), ainsi que dans le Calvados et les Ardennes. Ces cas ont « tous » été détectés sur des animaux « présentant des symptômes » (diarrhée, fièvre, baisse de la production laitière). Des analyses sont toujours en cours afin de déterminer si ce virus, proche de Schmallenberg, est à l’origine de ces symptômes. C’est l’École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT) qui a confirmé les foyers, à la suite du développement, « en urgence », d’une méthode de détection par PCR. Véhiculé par les moucherons Culicoïdes, le nouvel orthobunyavirus (Shamonda) est aussi présent en Suisse et en Allemagne ; « des investigations sont en cours » aux Pays-Bas, en attente de confirmation, selon la plateforme ESA. Sur son site internet, le ministère de l’Agriculture indique que « la situation est évolutive ».

Raisins : les producteurs français vent debout devant l’importation sud-africaine de Lidl

Dans un communiqué de presse le 18 août, la FNPFruits (producteurs de fruits, FNSEA) dénonce la mise en vente dès le 20 août de raisins rosés sans pépin d’origine sud-africaine chez Lidl, alors que la campagne française de raisin de table bat son plein. Le syndicat juge cette promotion « incompréhensible au regard de la disponibilité actuelle de la production française ». Il rappelle par ailleurs que, depuis le mois de juillet, le distributeur a mené plusieurs opérations de promotion de raisin d’importation : Égypte, Brésil, Maroc, Pérou, et deux concernant le raisin italien. « À croire que l’enseigne ignore l’existence même d’une production française », s’étonne ironiquement la FNPFruits. Pour le syndicat, « il est incohérent de se présenter comme un partenaire des agriculteurs français tout en multipliant les mises en avant de produits importés lorsque l’offre française est disponible ». Et de prévenir : « Si le dialogue et la pédagogie ne suffisent pas, les arboriculteurs sauront prochainement passer à l’étape suivante ». Depuis le début de l’été, Lidl a été plusieurs fois mis en cause par la filière fruits et légumes : abricots provenant de Turquie à la mi-juillet, publicité de prix sans négociation préalable avec les producteurs sur le concombre français en août.

Vin : les vendanges ont démarré dès le 18 août en Alsace, une précocité record

Les vendanges ont démarré le 18 août pour tous les cépages en Alsace, a indiqué l'Association des viticulteurs d'Alsace (AVA). En 2025, les vendanges avaient démarré le 19 août pour le vin pétillant, une première. Habituellement, le crémant donne le coup d'envoi des vendanges en Alsace, suivi de l'AOC Alsace et enfin des grands crus. « Cette année, on a décidé d'ouvrir les trois en même temps, sous réserve de quelques grands crus » soumis à des spécificités, a expliqué à l'AFP Théo Grischko, délégué général de l'AVA. « On a un millésime qui est assez précoce, on bat tous les records », a-t-il souligné. Il y a toutefois « une grande disparité de maturité », qui explique la décision d'ouvrir aux vendanges les trois types d'AOC en même temps. Cela doit permettre « de donner les marges de manœuvre à chaque vigneron d'aller pouvoir chercher le raisin à la maturité qu'il souhaite et de le revendiquer ensuite soit en crémant, soit en vin d'Alsace et en grand cru ». « Cette année est extrêmement particulière avec une météo hors normes », a souligné Marie-Noëlle Lauer, conseillère viticole de la chambre d'agriculture d'Alsace, avec des pointes jusqu'à « 44°Cà l'ombre ». La vendange est toutefois annoncée « saine », sans mildiou. En 2025, la récolte a représenté 840 681 hl. L'estimation de récolte 2026 est de 804 00 hl en Alsace, a-t-elle indiqué.

Tomates d’industrie : en Italie, une récolte en hausse, inquiétudes sur la fin de saison

En Italie, la récolte de tomates d’industrie, qui bat son plein actuellement, devrait connaitre une hausse notable, à 6,35 millions de tonnes (Mt), rapporte le site Tomato News le 18 août, reprenant les données de l’Amitom (Association méditerranéenne internationale de la tomate transformée), arrêtées au 14 août. Les première prévisions avaient donné un total de 5,8 Mt. Dans le nord du pays, les chiffres de livraison communiqués par l'OI Nord (organisation de producteurs) indiquent un volume cumulé de 929 000 t au 2 août. « Il s'agit du volume le plus élevé jamais enregistré par l'OI à ce stade de la saison, dépassant de plus de 50 % la moyenne quinquennale », est-il indiqué. La surface effectivement plantée dans le nord de l'Italie, principalement en Émilie-Romagne (63 %) affiche une hausse confirmée d'environ 7 % par rapport à l'année dernière. Dans le centre et le sud du pays, au 10 août, environ 30 % de la surface totale a déjà été récoltée, un niveau supérieur à la normale. La prévision pour cette zone est relevée de 3 à 3,1 Mt. Cependant, quelques inquiétudes se font jour pour la suite : « Les vagues de chaleur généralisées accélèrent la maturation et accroissent la pression des ravageurs, faisant craindre une baisse des rendements pour les cultures tardives », souligne l’Amitom.

Céréales : en Allemagne, la sécheresse historique devrait peser sur la récolte

La récolte céréalière en Allemagne pour 2026 devrait être en baisse de 7 % sur un an et inférieure à la moyenne en raison des vagues de chaleur successives cet été et d'une sécheresse historique, selon la Fédération des agriculteurs allemands (DBV). D'après leur bilan publié le 18 août, elle devrait s'élever à 41,9 Mt, contre 45,2 Mt un an plus tôt. Le rendement, toutes céréales confondues, serait par ailleurs 9 % inférieur à celui enregistré en 2025. « Les facteurs déterminants ont été un printemps trop sec et une vague de chaleur dans la seconde moitié de juin, pendant la phase de remplissage des grains, qui a entraîné à de nombreux endroits une maturité forcée », a expliqué le DBV dans un communiqué. Par ailleurs, son président Joachim Rukwied fait état « d'énormes disparités régionales, avec un fort gradient nord-sud », constatant notamment « des récoltes perdues pour certaines cultures », en particulier « dans le sud et l'ouest de l'Allemagne ». Malgré le reflux des températures en cours, « là où les dommages dus à la sécheresse (…) sont très prononcés, par exemple pour le maïs, la pluie n'aidera plus », selon lui. Le syndicat prévoit des rendements moyens en baisse de 20 % pour le colza d’hiver, attaqué par des parasites, et de 4 % pour l’orge d’hiver, « compensés par une surface plus importante ».

Allemagne : le gouvernement divisé sur l'inscription du climat dans la Constitution

Quels moyens accorder à la lutte contre le changement climatique ? Le débat a été relancé en Allemagne par la proposition des sociaux-démocrates de modifier la Constitution, soutenue par les associations écologistes mais accueillie avec scepticisme par les conservateurs du chancelier Merz. Le SPD, partenaire minoritaire du gouvernement, a proposé le 16 août d'inscrire dans la Loi fondamentale la protection de la nature et l'adaptation au changement climatique comme « missions communes » de l'État fédéral et des Länder (régions). Cette proposition s'inscrit dans un plan d'action plus large présenté le même jour par plusieurs ministres du parti, comprenant des mesures face à la chaleur, des modifications du droit de l'urbanisme et un renforcement de la protection des travailleurs contre les températures extrêmes. Dans le document, que l'AFP a pu consulter, le SPD estime qu'une révision constitutionnelle est « la condition préalable pour que l'État fédéral puisse participer au financement des missions des communes ou des Länder » et garantir sur le long terme les mesures climatiques. Mais les réticences de la CDU (chrétiens-démocrates) et la majorité des deux tiers nécessaire à toute modification de la Loi fondamentale rendent son adoption incertaine.

Gaza : seulement 3 % des terres agricoles intactes et accessibles, selon l’ONU

Seulement 3 % des terres cultivables de la bande de Gaza restent intactes et accessibles aux agriculteurs, selon une étude publiée le 17 août par l'Organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Centre satellitaire des Nations unies (Unosat). Cette dégradation récente s'explique notamment par la restriction drastique des accès aux champs, matérialisée par le déplacement vers l'ouest de la « ligne jaune » séparant la zone de cessez-le-feu de la zone contrôlée par l'armée israélienne. Sur l'ensemble de l'enclave palestinienne, 27 % des terres agricoles demeurent physiquement accessibles, mais la quasi-totalité de cette surface subit de lourds dégâts nécessitant d'importants travaux de réhabilitation. Les serres sont également touchées : à peine 16,6 % d'entre elles restent utilisables. Outre l'impossibilité d'accéder à leurs parcelles, les exploitants et éleveurs gazaouis font face à une pénurie aiguë d'engrais, de semences, de carburant et de nourriture pour le bétail, aggravée par les blocages aux frontières, note la FAO. Avant le déclenchement de la guerre en octobre 2023, le secteur agricole représentait près de 10 % de l'économie gazaouie et faisait vivre plus de 560 000 personnes.

À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil, Agra Business, et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.