Incendies en Gironde : Lecornu annonce 100 M€ d’aides, dont 6 M€ pour l’agriculture
Lors d’un déplacement en Gironde, le Premier ministre a annoncé le 17 juillet un plan d’aides de 100 millions d’euros (M€), en réponse au méga-feu qui a parcouru 42 000 ha dans le département et 3 600 ha dans les Landes. En parallèle des aides à la reconstruction, aux collectivités et au secteur économique, l’agriculture et la sylviculture bénéficient aussi de mesures dédiées. Dans un document envoyé à la presse, le gouvernement évoque, à court terme, la « mobilisation des leviers fiscaux et sociaux » (échéanciers et prises en charge de cotisations MSA, reports d’échéances fiscales et dégrèvements de TFNB). À moyen terme, la Gironde bénéficiera d’une « enveloppe d’aides ciblées de 6 M€ » afin de « soutenir les trésoreries et relancer la production », dans le cadre de l’« adaptation » du plan national CASI (Canicule, sécheresse, incendie), prévu pour la rentrée. S’y ajouteront des « prêts sécheresse bonifiés ou garantis par l’État, pour adapter les cultures et les élevages ». Concernant la sylviculture, le gouvernement a notamment annoncé une « aide exceptionnelle au broyage des jeunes peuplements », ainsi qu’un « financement pour le renouvellement forestier ». Une centaine d’exploitations agricoles ont été affectées par l’incendie (1 600 ha « dans l’emprise du feu ») ; 200 entreprises de travaux forestiers et, « près de 280 agriculteurs » ont été « réquisitionnés pour lutter contre l’incendie ».
Sécheresse : Coopérative U annonce des mesures pour la filière fruits et légumes
Dominique Schelcher, p.-d.g. de la Coopérative U, a annoncé le 14 août des mesures de soutien en faveur des la filière des fruits et légumes frais touchée par les aléas climatiques récents. Ces « mesures immédiates », prises « dès les premiers jours des vagues de chaleur », écrit-il dans sur le réseau social LinkedIn, concernent plusieurs points : « cahiers des charges révisés (tolérance sur les calibres et le visuel) pour assurer l'écoulement des récoltes ; prix d'achat également révisés pour soutenir économiquement les producteurs face aux surcoûts » et réduction des « délais de paiement de 30 à 15 jours pour soulager les trésoreries ». Le patron de la coopérative rappelle à cette occasion que « Coopérative U n'applique historiquement aucune pénalité de logistique ou de retard sur les livraisons de fruits et légumes ». La Coopérative U n’est pas le seul distributeur à avoir annoncé des mesures de soutien aux agriculteurs frappés par la sécheresse de cet été. Carrefour a ainsi décidé le 14 août d’assouplir ses cahiers des charges des fruits et légumes frais notamment en termes de poids, calibres et aspects visuels, de réviser les prix d’achat et de raccourcir les délais de paiement à 15 jours pendant un mois.
Sécheresse/colza : de lourdes incertitudes sur les dates de semis (Terres Inovia)
En temps « normal », les semis de colza débutent dès la mi-août. Mais, cette année, les conditions climatiques très chaudes et sèches compliquent les prises de décision, d’autant qu’aucune pluviométrie significative n’est annoncée, de façon fiable, dans la plupart des régions de production. L’institut technique Terres Inovia rappelle « qu’un minimum de 15 mm est nécessaire pour faire lever le colza dans un sol préparé, et de 30 à 40 mm dans les autres situations ». Si en Bourgogne-Franche-Comté, les prévisions météorologiques sont plutôt favorables dans les quinze jours à venir – avec un cumul de pluie devant dépasser les 15 mm –, les perspectives sont moins favorables dans les autres régions. Dans ce cas, mieux vaut attendre. En théorie, la période optimale de semis se situe entre le 15 et le 30 août : l’enjeu étant d’atteindre le stade « quatre feuilles » avant le 20 septembre pour que la plante résiste mieux aux attaques éventuelles de ravageurs. Dans les faits, l’enjeu est bien sûr de profiter de chaque fenêtre climatique. « Il est toujours possible de semer au semoir monograine ou au semoir à disque après un passage pluvieux », précise Terres Inovia. « Les semis au combiné avec herse rotative sont en revanche déconseillés car ils assècheraient le sol. » Dans tous les cas, mieux vaut attendre la levée effective des colzas pour apporter les engrais et ainsi, éviter d’engager des frais potentiellement inutiles. (Anne Gilet)
Canicules : un impact potentiel de 1,4 point de PIB en France, selon la banque Triodos
La banque néerlandaise Triodos, spécialisée dans le financement de projets durables, a publié le 8 août une étude sur l’impact économique des canicules observées en Europe depuis le mois de mai. Selon l’établissement, la France devrait être le pays le plus durement touché avec une perte de PIB attendue aux alentours de 1,4 point de croissance, plongeant potentiellement le pays en récession. De son côté, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut avait évoqué, le 12 août, un coût pour le pays « de l'ordre de 10 à 15 milliards d'euros » (Md€), soit « entre 0,3 et 0,5 point » de PIB, selon Le Monde. Au niveau de l’UE, les experts de Triodos estiment que les canicules pourraient coûter un point de croissance de PIB en 2026, soit près de 180 Md€, annulant potentiellement la totalité de la croissance prévue par la Commission européenne en mai. Les analystes pointent différentes conséquences des vagues de chaleur : baisse de la productivité au travail, recul des rendements agricoles – avec une hausse attendue des prix alimentaires –, recul également de la production énergétique (qu’elle soit nucléaire, hydroélectrique ou thermique), avec là encore une augmentation des tarifs, perturbation des transports... L'Italie, l'Espagne et la Belgique font également partie des territoires les plus affectés, contrairement à la Pologne qui, avec moins de jours de chaleurs exceptionnelles enregistrés, s’en sort mieux. (Anne Gilet)
Chambres d’agriculture : le pouvoir d’annuler les actes litigieux revient aux préfets (JO)
Selon deux décrets parus au Journal officiel le 16 août (n°14 et n°15), le pouvoir d’annuler les actes votés par les chambres d’agriculture revient désormais aux préfets de tutelle, et non au ministre de l’Agriculture comme c’était le cas auparavant. Comme prévu par l’article L511-10 du Code rural, cette possibilité s’applique à « tout acte ou délibération étranger aux attributions légales des chambres ou contraires aux lois et à l'ordre public ». Un simple arrêté préfectoral suffit désormais pour les annuler. L’ancienne procédure prévoyait que les préfets envoient les procès-verbaux des sessions et délibérations des chambres au ministère de l’Agriculture, lequel pouvait prendre un décret pour annuler les actes litigieux. La Rue de Varenne garde le pouvoir d’annuler les délibérations de Chambres d’agriculture France (tête de réseau), via un arrêté ministériel pris dans les deux mois (et non plus un décret). Ces dernières années, le ministère de l’Agriculture a annulé des délibérations de la chambre du Lot-et-Garonne, qui a refusé plusieurs années de suite de participer au financement de la chambre régionale, de Chambres d’agriculture France et du fonds de péréquation du réseau. Des transferts pourtant inscrits par la loi dans le Code rural.
Pesticides/conseil stratégique : parution du décret sur les conflits d'intérêt
Un décret est paru au Journal officiel le 16 août afin d’encadrer les conflits d'intérêts pour la délivrance du conseil stratégique, ainsi que les agréments liés aux produits phytopharmaceutiques. Ce texte était prévu par la loi « visant à lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur » (dite loi Duplomb), qui a mis fin à la séparation de la vente et du conseil des pesticides et rendu facultatif le conseil stratégique. Comme dans le projet mis en consultation en juin, l’une des principales dispositions (article 15) stipule que les personnes prodiguant les conseils sur l’usage des phytos ne doivent pas être « rémunérées sur la base [de leurs] ventes ». Autre disposition notable : les personnes délivrant le conseil stratégique doivent être « titulaires d’un diplôme ou être de niveau V dans les domaines de l’agronomie, des productions végétales, de l’environnement, de l’agroécologie, de la gestion des ressources naturelles ou dans des domaines équivalents ». Elles doivent également disposer d’une expérience professionnelle minimale de cinq ans dans le conseil agronomique.
Fruits et légumes : la filière demande plus de concertation avec la GMS sur les promotions
Dans un communiqué de presse commun le 17 août, la FNP Fruits, Légumes de France (production), Felcoop (coopératives) et Gefel (AOP) alertent la distribution sur la faiblesse des volumes disponibles en 2026 à la suite des conditions climatiques. Pour les syndicats, « il n’est pas acceptable de construire les promotions de 2026 avec les volumes et les références de prix de 2025 ». Ils indiquent que les particularités de cette campagne ont modifié les calendriers et les volumes disponibles. Les signataires pointent « des opérations promotionnelles [qui] sont programmées plusieurs semaines à l’avance, avec un prix consommateur arrêté et parfois déjà imprimé dans les catalogues, avant même que les volumes réellement disponibles et les conditions d’achat auprès des fournisseurs aient fait l’objet d’un véritable échange ». Ils appellent donc les enseignes à prendre en compte les disponibilités, les conditions économiques et le calendrier avant toute programmation d’une opération promotionnelle. « Cette concertation doit intervenir avant la fixation définitive du prix consommateur et avant l’impression des catalogues ou la programmation des campagnes commerciales. »
Porc : en Allemagne, les éleveurs demandent des dispositions pour passer les crises
Lors d’une rencontre de la filière porcine convoquée le 12 août par le ministre allemand de l’Agriculture Alois Rainer, le syndicat des éleveurs de porc (ISN) a appelé le gouvernement fédéral à réexaminer certaines échéances réglementaires dans le contexte de prix bas persistant des porcelets et porcs charcutiers. L’ISN envisage notamment des reports de délais et des aides à l’investissement pour la transformation des maternités, note Christine Roguet, agroéconomiste à l’Ifip (institut français du porc) dans un message publié sur LinkedIn le 17 août. La priorité, selon elle, est la mise en place rapide d'une réserve de péréquation des risques fondée sur la fiscalité. Ce dispositif permettrait de constituer des provisions défiscalisées lors des bonnes années. Il viendrait en complément du lissage des bénéfices, que l’ISN veut voir pérennisé. Enfin, la filière souhaite que l’État fédéral œuvre pour rouvrir des marchés tiers à la viande issue de zones indemnes de PPA (peste porcine africaine). Dans son communiqué du 13 août, l’ISN souligne que la hausse du cours directeur au cours de la semaine écoulée n’avait apporté qu’un « léger répit », alors que les prix « sont loin de permettre aux éleveurs de porcs de sortir du rouge », perdant en moyenne 40 € par porc.
À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil, Agra Business, et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.