Canicules : Monique Barbut évoque un coût « de l'ordre de 10 à 15 milliards d'euros »
Les canicules à répétition cet été pourraient coûter à la France « de l'ordre de 10 à 15 milliards d'euros » (Md€), a déclaré la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, le 12 août. « On peut estimer, en tout cas c'est l'estimation de l'Insee et ce chiffre est à prendre avec beaucoup de précautions, un chiffre de l'ordre de 10 à 15 milliards d'euros de coûts directs et indirects de la canicule de cet été », a-t-elle dit en introduction d'une réunion de crise au ministère consacrée à la sécheresse. La ministre a réuni mercredi le Comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH), ainsi que les préfectures de régions. Interrogé par l’AFP, l’Insee indique ne pas être à l’origine de cette estimation et ne pas disposer à ce stade de chiffrage des coûts directs et indirects de la canicule de l'été 2026. Lors d'une précédente réunion le 27 juillet, Monique Barbut avait déjà jugé que la sécheresse « historique » à laquelle est confrontée la France se traduirait par des coûts supérieurs aux 5,6 Md€ estimés pour celle de 2022. « Pour la sécheresse de 2022, ce coût avait été évalué à 5,6 Md€, dont 3,5 Md€ pour les seules fissures des maisons individuelles liées au retrait-gonflement d'argile, 1,1 Md€ de pertes de production agricole et une production hydroélectrique en recul de 20 % », avait-elle précisé.
Changement climatique : dans le Grand Est, la région veut accélérer les travaux sur l’adaptation
La région Grand Est a affiché le 12 août sa volonté d’accélérer l’adaptation du territoire au changement climatique. Il s’agit d’« amplifier le travail engagé avec les professionnels autour de plusieurs priorités : gestion durable et économies d’eau, adaptation des cultures et des pratiques, protection des sols, renouvellement et diversification des forêts, recherche, expérimentation et innovation, accompagnement des exploitations et des filières confrontées aux aléas climatiques », indique-t-elle dans un communiqué. Et d’appeler à y participer les professionnels agricoles et viticoles, acteurs de la forêt et du bois, interprofessions, organismes de recherche, établissements de formation, collectivités et État. « Nous devons protéger notre ressource en eau, accompagner l’évolution des pratiques, préparer nos forêts aux conditions climatiques de demain, soutenir la recherche et l’innovation et sécuriser nos filières », souligne le président Franck Leroy. Plus largement, la région coordonne le projet Life Adapt’Est agissant dans divers domaines : gestion de l’eau, agriculture, forêt, mais aussi infrastructures, bâtiments, santé, biodiversité, aménagement du territoire. Parmi ses actions phares figurent des opérations pilotes dans 40 exploitations agricoles et plusieurs bassins versants pour réduire le ruissellement et améliorer la recharge des nappes.
Climat : la perte de végétation native rend le Brésil plus vulnérable à El Niño (étude)
Selon une étude publiée le 12 août, le Brésil a perdu en quatre décennies une surface de végétation native équivalente à deux fois la France, ce qui le rend plus vulnérable aux événements climatiques extrêmes liés à El Niño – lequel est appelé à s'intensifier vers la fin de l'année. Dans son étude annuelle sur l'usage de la terre au Brésil, le réseau de surveillance environnementale MapBiomas a affirmé que le territoire du pays sud-américain n'était plus recouvert que de 65 % de végétation native, contre 79 % il y a quatre décennies. Les principales pertes se concentrent dans la forêt amazonienne et dans le Cerrado (centre), savane riche en biodiversité. Une grande partie des zones ayant perdu leur végétation native ont été transformées en champs et en pâturages, les terres agricoles représentant à présent 32 % du territoire brésilien, contre 18 % en 1985. Or, les terres agricoles étaient plus vulnérables aux phénomènes météorologiques extrêmes lors de trois épisodes El Niño particulièrement puissants par le passé. Selon le coordinateur général Tasso Azevedo, « une hypothèse est que, en Amazonie, la déforestation réduit l'évapotranspiration et l'humidité de l'air local. Cela entraîne une hausse des températures et une diminution des précipitations (...). El Niño amplifie cet effet ».
Pesticides : aux Pays-Bas, la justice demande l’interdiction d’un fongicide perturbateur endocrinien
Dans une décision du 11 août, la Cour d'appel pour le commerce et l'industrie (CBb), plus haute juridiction administrative des Pays-Bas, demande le retrait du marché du Pitcher, un fongicide contenant du fludioxonil, identifié comme perturbateur endocrinien par l’Efsa en 2024. En raison de ce classement, ce produit n’aurait dû être autorisé que « dans des systèmes fermés ou dans d'autres conditions excluant tout contact avec les personnes », ce qui n’a pas été le cas, selon un communiqué de la CBb. Saisie par PAN Europe, la Cour somme le Ctgb (Conseil pour l'autorisation des produits phytosanitaires et des biocides) de retirer le Pitcher du marché. Pour rappel, l’autorisation des substances actives se fait au niveau européen, tandis que celles des formulations commerciales échoit aux États membres. Avec cette décision, la CBb s’aligne sur la Cour de justice de l’UE, qui a estimé en avril 2024 que les États membres doivent s’appuyer sur les connaissances scientifiques les plus récentes pour délivrer leurs autorisations de mise sur le marché. En revanche, dans une autre décision du 11 août, la CBb n’a pas annulé l’autorisation du fongicide Dagonis (difénoconazole), non classé comme perturbateur endocrinien.
Influenza aviaire : nouveau protocole de vaccination et suppression de la surveillance passive
Une instruction technique du ministère de l’Agriculture, publiée le 30 juillet, a introduit le protocole de « vaccination mixte » des canards contre l’influenza aviaire : les éleveurs peuvent désormais mettre en place des canetons ayant reçu une injection du vaccin Ceva, puis faire injecter au 28e jour (entre le 27e et 31e jour) du Volvac (Boehringer Ingelheim). L’immunité résultant de ce protocole est meilleure et plus longue, d’après les expérimentations conduites par l’Anses et l’École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT). Afin de consolider ces résultats, comme l’annonce la chambre d’agriculture de la Dordogne, des volontaires peuvent accepter des contrôles sérologiques à un jour d’âge, puis quinze jours après la deuxième injection et au plus proche de l’abattage. Par ailleurs, une autre instruction, également publiée le 30 juillet, a supprimé la surveillance post-vaccinale passive renforcée (hors zones réglementées) pour le reste de la campagne de 2025-2026 (jusqu’en octobre 2026). Un allègement qui évite désormais à l’éleveur ou à son technicien d’effectuer chaque semaine cinq prélèvements pour test virologique jusqu’à la première semaine de gavage (en canards à foie gras). La surveillance vétérinaire active est maintenue. Cette modification a été instituée par un règlement européen le 6 mars 2026.
Volailles : en Espagne, la Castille-et-León engage 1,5 M€ contre la maladie de Newcastle
La revue spécialisée AviNews a indiqué le 31 juillet que la région espagnole de Castille-et-León (nord) a décidé d’engager 1,5 million d’euros (M€) contre la maladie de Newcastle, qui se répand rapidement sur son territoire depuis juin. Cette enveloppe doit servir à la détection et à la gestion des cas, ainsi qu’à indemniser les élevages avicoles contraints de sacrifier leurs animaux. La gestion des foyers, est-il détaillé, comprend l’abattage des volailles des élevages atteints par cette maladie respiratoire, la destruction des matériels à haut risque, ainsi que le nettoyage et la désinfection des installations. Le 12 août, la presse espagnole a signalé qu’un élevage de 59 000 poulets portait à 28 le nombre de cas enregistré dans la région depuis deux mois. La maladie s’est déclarée dans cinq provinces de la Castille-et-León, touchant particulièrement celle de Valladolid. Selon la presse espagnole, les répercussions économiques pourraient être considérables. Les médias se sont l’écho de plus de 1,7 million de volailles sacrifiées en Espagne depuis le début de 2026. L’épizootie a aussi fait rage en Allemagne et en Pologne, qui ont déclaré respectivement 70 et 119 foyers entre janvier et juin, mais aucun autre cet été, selon la plateforme française ESA (Épidémiosurveillance en santé animale).
Champagne : les dates des vendanges publiées, précocité record et quotas en baisse
Les dates des vendanges par commune dans toute l'appellation champagne ont été publiées le 12 août, avec une nouvelle précocité record, due aux successions d'épisodes de forte chaleur. Cette publication du « ban » des vendanges, la date avant laquelle il est interdit de récolter le raisin sauf dérogations, est « la plus précoce » jamais observée, souligne David Chatillon, coprésident du Comité Champagne (interprofession). La chaleur record enregistrée depuis le début de l'année 2026 a « bien sûr » contribué à accélérer le processus de maturation des cépages, selon lui. Les quotas commercialisables ont cependant été revus à la baisse pour la quatrième année de suite, face à l'incertitude économique mondiale et aux aléas climatiques récurrents. Les vignerons et maisons de Champagne ont fixé à 8 800 kg/ha le rendement commercialisable de la vendange 2026, contre 9 000 kg/ha en 2025, et 10 000 en 2024. Par ailleurs, un arrêté publié le 12 août au Journal officiel autorise exceptionnellement cette année les producteurs de champagne à recourir à des achats allant jusqu'à 15 % de vendanges, de moûts ou de vins, contre 5 % habituellement. La filière avait fait cette demande face à des épisodes de gel au printemps, qui avaient détruit près de 40 % des bourgeons du vignoble champenois, l'une des pires destructions du genre, après celle de l'année 2003.
Concombres : Légumes de France épingle une promotion de Lidl
Dans un communiqué de presse du 12 août, Légumes de France (producteurs, FNSEA) dénonce les pratiques commerciales qui entourent la prochaine opération promotionnelle sur le concombre chez Lidl. Selon le syndicat, l’enseigne imposerait au fournisseur un prix d’achat calculé afin qu’elle puisse annoncer un prix de vente promotionnel décidé préalablement : « La négociation commerciale se résume alors à entériner un chiffre arrêté à l'avance ». Légumes de France juge « insoutenable » la « compétition promotionnelle entre enseignes » de grande distribution, car elle aligne les prix sur « le plus bas dénominateur commun », dénonçant l’érosion de la valeur à chaque opération de ce type. Surtout dans une période où la canicule et la sécheresse pèsent fortement sur les rendements, la qualité et les volumes récoltés en maraichage. Dans ces conditions, Légumes de France lance un double message. Le premier à l’intention des enseignes de « refuser le prix imposé et de renouer avec une négociation commerciale qui tienne compte des coûts et des conditions réelles de production ». L’autre s’adresse à la filière dans son intégralité, pour qu’elle conteste « une compétition qui se joue sur le dos de la valeur des légumes français ». Récemment, Lidl avait été pareillement mis en cause par les producteurs de fruits sur l'importation d'abricots turcs en pleine saison française.
Pêches : malgré la météo, des volumes dans la moyenne, bon dynamisme des ventes
Au 1er août, la production française de pêches atteindrait près de 217 000 t, en très léger repli par rapport à 2025 (-1 %) et au même niveau que la moyenne des cinq dernières années, selon une note du service statistique du ministère de l’Agriculture parue le 12 août. « Les vergers étant en général irrigués, les vagues de chaleur observées jusqu’en juillet ont principalement réduit le calibre des fruits, avec un impact limité sur les volumes globaux », est-il expliqué. En Vallée du Rhône (33 800 t), les orages de grêle de juillet ont entrainé des pertes localisées. En région Paca (77 600 t), un éclaircissage trop important, des vents printaniers sur les variétés précoces et les vagues de chaleur successives ont légèrement affecté les rendements attendus. En Occitanie (95 000 t), les fortes chaleurs ont limité le développement des fruits, réduisant leur calibre sans peser significativement sur les volumes (quelques pertes dues aux incendies en Roussillon). Côté commercialisation, les prix restent fermes : en juillet 2026, ceux des pêches se situent au même niveau qu’en 2025 (+9 % par rapport à la moyenne quinquennale 2021-2025). La persistance des températures caniculaires a stimulé la consommation.
Abricots : production quasi stable et des prix en hausse en 2026 (Agreste)
Au 1er août, la production française d’abricots est estimée à 100 600 t, proche de celle de 2025, selon une note des services du ministère de l’Agriculture le 11 août. « Cette stabilité masque néanmoins des contrastes régionaux marqués », souligne Agreste. La vallée du Rhône a connu un rebond significatif (59 000 t, +16 %), malgré des pertes localisées dues à la grêle, et alors que la canicule « a réduit le calibre des fruits , sans altérer significativement le potentiel de production ». En revanche, les autres bassins sont orientés à la baisse, pénalisés par des conditions printanières défavorables. C’est surtout le cas pour l’Occitanie : la baisse de 22 % (à 26 200 t) provient des conditions climatiques du printemps (pluies excessives pendant la floraison, coulure importante, chute massive de fruits) ; une situation particulièrement marquée en Roussillon, « où les arbres, affaiblis par des années de sècheresse, peinent à se rétablir ». En région Paca, la réduction des surfaces (-2 %, à 1 500 ha) et la coulure printanière ont réduit les volumes de 13 % (à 13 400 t). Côté commercialisation, la production vendue en juillet – essentiellement rhônalpine – a bénéficié d’une demande soutenue par les forte chaleurs. Les prix en juillet sont supérieurs de 8 % à ceux de l’année précédente.
À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil, Agra Business, et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.