Agra Fil du 10 août 2026

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Maïs : le ministère table sur une production française 2026 au plus bas depuis « au moins 1980 »

Dans une note d’Agreste publiée le 7 août, le ministère de l’Agriculture projette la production française de maïs grain cette année à un niveau jamais observé depuis « au moins 1980 », à 9 Mt, incluant les semences. Hors semences, elle tomberait même à 8,821 Mt. Si ce volume se confirmait, il s’agirait d’une chute annuelle de la production nationale de 35,5 % par rapport à l’an dernier, et de 34,1 % par rapport à la moyenne quinquennale. La baisse attendue de la production s’explique par le repli annuel des surfaces et surtout par la sécheresse, accompagnée de températures caniculaires, survenue à un stade de développement sensible des plantes, rappelle le ministère. Le rendement moyen tomberait à 70,3 q/ha, un plus bas depuis 2003, et en recul de 16 q/ha par rapport à 2025. De leur côté, les surfaces sont estimées à 1,281 Mha, contre 1,613 Mha l’an dernier. Quant au tournesol, sa production se stabiliserait autour de 1,4 Mt, grâce à la nette hausse des assolements. Les rendements décrocheraient, passant de 20,7 q/ha à 18,1 q/ha. Les récoltes de ces deux cultures n’ayant pas encore commencé, les chiffres sont amenés à évoluer, prévient le ministère.

Maïs : les conditions de culture se dégradent encore dans l’Hexagone (FranceAgriMer)

Dans son bulletin hebdomadaire Céré’Obs du 7 août, FranceAgriMer a constaté une nouvelle dégradation des conditions de culture de maïs grain en France. Sur la période allant du 28 juillet au 3 août, le taux de cultures se développant dans des conditions « bonnes » à « très bonnes » chute à 31 %, contre 34 % précédemment. La sécheresse et les fortes températures frappant le territoire hexagonal sont, bien entendu, à l’origine de cette nouvelle dégradation des notations. Le stade floraison femelle passe de 95 % à 98 %, soit au même niveau que l’an dernier à pareille époque, mais en avance par rapport à la moyenne établie sur la période 2021-2025 (91 %). Le bulletin Céré’Obs précise que la date médiane de ce stade présente deux jours d’avance par rapport à l’année passée, et sept jours d’avance par rapport à la moyenne quinquennale. Le stade « humidité du grain 50 % » est aussi en avance, passant de 1 % à 11 % d’une semaine sur l’autre, contre 5 % en 2025 à la même époque, et 3 % en moyenne lors des cinq dernières années.

Pommes de terre : le ministère prévoit des rendements au plus bas depuis 1996

Dans sa note de conjoncture du 7 août, consacrée aux grandes cultures, Agreste (ministère de l’Agriculture) estime à un peu moins de 40 t/ha les rendements moyens hexagonaux 2026 de pommes de terre de conservation et de demi-saison, soit l’un des plus faibles niveaux depuis 1996. Sur une surface de 166 000 ha, les volumes atteindraient donc 6,5 Mt environ, en recul de 21,5 % par rapport à l’an dernier (qui avait atteint un niveau record), et de 7,2 % par rapport à la moyenne quinquennale. Concernant la pomme de terre de féculerie, la surface est estimée à 10 000 ha, et la production atteindrait 421 000 t, soit un repli de 17,3 % par rapport à 2025 (et de 42,1 % par rapport à la moyenne quinquennale). « Les rendements pourraient être très hétérogènes selon les parcelles et régions, en fonction des possibilités d’irrigation notamment », peut-on lire dans le rapport. Le déficit hydrique pénalise donc les cultures hexagonales. Par ailleurs, notons que le service statistique du ministère a revu à la hausse ses prévisions de surfaces mises en jachère, qui atteindraient 518 000 ha, contre 495 000 ha l’an dernier. Pour rappel, la flambée des coûts des engrais cumulée à la faiblesse des prix de vente des matières premières agricoles (pommes de terre, maïs, etc.) explique cette progression. Tous ces chiffres sont bien entendu encore amenés à évoluer.

Blé : la Syrie est autosuffisante pour la première fois depuis 15 ans

La Syrie a atteint cette année l'autosuffisance en blé, pour la première fois en 15 ans, la guerre civile qui avait éclaté en 2011 ayant durement frappé le secteur agricole et contraint le pays à l'importation, a indiqué le 6 août un responsable à l'AFP. Dévastée par cette guerre qui a pris fin en 2024, la Syrie a en outre subi au cours des dernières années des vagues successives de sécheresse, la plus sévère étant survenue en 2025 selon l'ONU, nuisant à la production agricole et poussant les autorités à importer. « Il ne sera pas nécessaire d'importer cette saison », a annoncé le directeur adjoint de l'Organisation générale des céréales, Ahmad Qadoun. Cette dernière a annoncé le 5 août avoir reçu de la part des agriculteurs des différentes provinces 2,7 Mt de blé pour la saison courante, dépassant les besoins annuels, estimés à 2,55 Mt, selon l'agence de presse officielle syrienne Sana. Avant 2011, la production atteignait en moyenne 4,1 Mt/an. Le régime de Bachar al-Assad, renversé en décembre 2024 par une coalition islamiste, importait notamment du blé de l'allié russe.

Lait de brebis : Société (Lactalis) veut réduire les prix payés aux producteurs (presse)

Alors que les négociations sur les prix du lait sont en cours entre les éleveurs et le fromager Société des Caves, cette filiale de Lactalis « a demandé à ses producteurs d’accepter une baisse de 20 €/1 000 litres » pour 2026-2027, rapporte l’Organisation de producteurs du bassin de Roquefort (OPBR) dans un communiqué le 4 août. Selon son président Sébastien Ginisty, cité par La France agricole, « c’est historique. Jusqu’à présent, jamais une baisse n’avait été annoncée par Société » (des Caves, NDLR). En raison de la forte production laitière, l’industriel a connu « des excédents de lait non absorbables par ses outils de transformation ce printemps », rapporte l’OPBR. Contactée par le média spécialisé, Société (27 % de la collecte) s’est borné à rappeler que « les négociations viennent de démarrer » ; elles doivent durer jusqu’à fin septembre. Selon La France agricole, le prix du lait de brebis conventionnel (toutes primes et qualités confondues) est de 1 280 €/1 000 l pour les producteurs de l’OPBR (pour une production annuelle de 300 l par brebis). Pénalisés par la sécheresse et la guerre au Moyen-Orient, « les producteurs de lait de brebis demandent de l’aide à Lactalis », explique M. Ginisty. Selon lui, « si le conflit au Moyen-Orient dure un an, il causera une hausse du prix de production de 100 €/1 000 l ».

PPA : un vaccin coréen autorisé pour l’export, les Philippines développent leur propre vaccin

Le vaccin SuiShot ASF-X contre la peste porcine africaine (PPA), produit par le sud-coréen CAVAC, a reçu en avril une autorisation d’export, et sa commercialisation devrait être incessamment homologuée au Vietnam et aux Philippines, selon Pig Progress. Comme son concurrent vietnamien AVAC ASF Live, il s’agit d’un vaccin vivant atténué, mais il a été obtenu selon une technologie légèrement différente, à partir d’une souche atténuée observée chez des sangliers sauvages en Corée du Sud. D’après le média spécialisé, le vaccin « est introduit sur le marché non seulement comme vaccin pour animaux domestiques, mais aussi comme appât ». Il pourrait donc être utilisé pour la vaccination de la faune sauvage, un domaine dans lequel CAVAC a de l’expérience (peste porcine classique, rage). En France, encore indemne de PPA, l’Anses travaille aussi sur un vaccin visant les sangliers. De leur côté, les Philippines ont lancé un programme de recherche (2 M€ sur 2026-2028) afin de « développer des vaccins animaux produits localement », dans un premier temps contre la PPA et la fièvre aphteuse, selon un communiqué du Département de l’Agriculture. Aux prises avec la PPA depuis 2019, les Philippines utilisent le vaccin vietnamien depuis 2024. Pour les autorités philippines, un vaccin local « présenterait l’avantage d’être adapté aux souches locales pathogènes, ce qui augmenterait potentiellement son efficacité pour prévenir les épizooties ».

Climat : au Royaume-Uni, la sécheresse alimente les craintes pour la sécurité alimentaire

L'Angleterre a vécu son mois de juillet le plus sec depuis le début des relevés météorologiques, selon l'agence météorologique nationale Met Office, alimentant les inquiétudes quant à la sécurité alimentaire du Royaume-Uni. Après plusieurs vagues de chaleur depuis le mois de mai, les premières récoltes de céréales laissent apparaître des baisses de rendement, notamment en blé et en avoine. La sécheresse a également affecté d’autres cultures, comme les petits pois, dont les récoltes n'ont atteint cette année que 50 % des volumes espérés. Le principal syndicat agricole britannique (NFU) prévient que des pénuries pourraient toucher certains produits alimentaires si la sécheresse persiste. Cette situation est d’autant plus préoccupante que le Royaume-Uni reste dépendant des importations pour certains produits (fruits frais, légumes, engrais), ce qui le rend particulièrement vulnérable aux perturbations des chaînes d'approvisionnement. Les phénomènes météorologiques extrêmes qui frappent le Royaume-Uni depuis cinq ans pèsent sur la rentabilité des exploitations agricoles, limitant leur capacité à investir dans l’adaptation au changement climatique et dans le développement de variétés plus résistantes. Selon Timothy Benton, expert en sécurité alimentaire, l'adaptation du système alimentaire nécessitera donc une intervention accrue de l'État.

Prix alimentaires : géopolitique et climat nourrissent la flambée en juillet (FAO)

Les vagues de chaleur, les prix de l'énergie et le contexte géopolitique tendu ont poussé en juillet l'indice des prix alimentaires de la FAO à la hausse de 0,6 % sur un mois, et de 1 % par rapport à l’an dernier, tiré notamment par les cours du sucre, des céréales et des huiles végétales. Ces augmentations ont été « partiellement compensées par les baisses » des cours de la viande et des produits laitiers, explique l’organisation onusienne le 7 août. Les prix du sucre ont bondi le mois dernier à cause des « inquiétudes » générées par les effets des canicules et sécheresses sur la production européenne, ainsi que par le phénomène El Niño sur la production asiatique, a relevé la FAO. L'indice reste toutefois inférieur de 8 % comparé à l'année dernière. Les dérèglements climatiques ont aussi eu un impact sur les céréales, au premier rang desquelles le blé dont les prix ont bondi (+5,8 % en juillet et +9,9 % sur un an). Les cours du blé font également l'objet d'« inquiétudes accrues concernant la poursuite des perturbations des flux d'exportation en mer Noire », a souligné l’organisme. La production de maïs (prix à +3,6 %), déjà perturbée par la flambée des prix de l'énergie provoquée par la crise au Moyen-Orient, a aussi souffert de la chaleur.

À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil, Agra Business, et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.