Pommes/poires : la récolte de pommes attendue en forte baisse, celle de poires en hausse
La récolte de pommes des principaux pays producteurs de l’Union européenne (UE) devrait atteindre 9,5 millions de tonne (Mt), soit une baisse de 15,6 % par rapport à l’an dernier et de 14,3 % par rapport à la moyenne des trois dernières campagnes, selon les premières prévisions dévoilées par la World Apple and Pear Association (Wapa) lors du congrès international Prognosfruit, le 6 août à Constance (Allemagne). Parmi les principaux producteurs de l’UE, la Pologne (-29,9 %, 2,665 Mt) et la France (-24,2 %, 1,162 Mt) enregistraient les plus fortes baisses, alors que l’Italie enregistre une production globalement stable (-2,2 %, à 2,269 Mt). Selon le Wapa, cette baisse de la production de pommes reflète « la pression croissante qui pèse sur les producteurs confrontés à un environnement économique de plus en plus complexe et à des conditions météorologiques extrêmes, qui affectent directement les rendements à l'échelle du continent ». À l'inverse, la production européenne de poires devrait atteindre 1,946 Mt, soit une hausse de 5,5 % par rapport à 2025 (+9,9 % par rapport à la moyenne triennale), tout en restant inférieur au potentiel des vergers. Parmi les principaux producteurs de l’UE, l’Italie enregistrerait une hausse de 17,4 % (à 347 000 t), les Pays-Bas de 9,6 % (à 393 000 t), tandis que la Belgique verrait sa production reculer de 7,2 % par rapport à 2025-2026 (364 000 t).
Pruneau d’Agen : la filière anticipe une récolte en forte baisse, affectée par les canicules
La filière du pruneau d’Agen a annoncé, dans un communiqué du 5 août, le lancement de la récolte des prunes d’Ente, dans un climat d’inquiétude quant aux volumes et à la qualité de la production. De plus en plus exposée aux effets du changement climatique, elle estime à ce stade les pertes de récolte entre 30 et 50 %. La production 2026 de pruneaux d’Agen devrait ainsi être nettement inférieure aux 27 510 t produites en 2025, une année déjà qualifié de « médiocre » après une succession de « piètres millésimes depuis 2020 ». Les épisodes de fortes chaleurs survenus depuis le milieu du printemps ont touché l’ensemble de l’aire géographique de production et ont engendré des dégâts extrêmement importants. « L’épisode du 17 au 27 juin a été le plus ravageur avec des pertes importantes de production liées à des chutes de fruits et des dégâts sur les arbres », rapporte la filière. Au-delà des conséquences immédiates sur la récolte 2026, les dégâts observés sur les arbres devraient affecter à moyen terme le potentiel de production du verger français. Les premières analyses de maturité se montrent toutefois rassurantes quant à la qualité organoleptique des fruits, même si les conditions météorologiques des prochaines semaines seront déterminantes pour garantir une qualité optimale.
Contrôles : les inspecteurs de l’environnement de l’OFB bientôt équipés de caméras piétons
En vertu d’un décret paru au Journal officiel le 31 juillet, les inspecteurs de l’environnement de l’OFB peuvent disposer d’une caméra piéton afin de « procéder à un enregistrement audiovisuel de leurs interventions lorsque se produit ou est susceptible de se produire un incident ». D'après un communiqué du gouvernement du 6 août, cette expérimentation débutera en septembre, « dans une quinzaine de services répartis sur l’ensemble du territoire national », avant une éventuelle généralisation « prévue en 2027 ». Cette mesure était prévue par la loi Duplomb du 11 août 2025 (dite loi « Entraves »), « en réponse aux contestations des opérations de police de l’environnement qui avaient pu s’exprimer lors de la crise agricole de 2024 », comme le rappelle l'exécutif. Le but est de « réinstaurer un climat de confiance », en disposant « d’enregistrements à même de prévenir, d’apaiser ou de contenir les situations conflictuelles, et d’objectiver le déroulement des contrôles ». Selon le texte paru au JO, « les enregistrements peuvent être déclenchés en tous lieux, y compris dans un domicile ou un local comportant des parties à usage d'habitation ». Les agents de l’OFB sont tenus de prévenir les personnes filmées avant l’enregistrement, sauf en cas de « risque immédiat d'atteinte à la vie ou à l'intégrité d'une personne » ou de flagrant délit. Les personnes contrôlées peuvent demander l’enregistrement.
Céréales : la Russie attaque un nouveau navire ukrainien en mer Noire
La Russie a visé un vraquier battant pavillon de la Guinée-Bissau, chargé de blé ukrainien en mer Noire, dans un contexte où l’Ukraine et la Russie poursuivent leurs campagnes de frappes à longue portée, a annoncé le gouverneur régional d’Odessa, Oleg Kiper, le 6 août. L’attaque a provoqué un incendie à bord et a fait un mort, ajoute le gouverneur. Le commerce des céréales sur la mer Noire est très perturbé depuis plusieurs semaines, Russie et Ukraine attaquant navires et infrastructures portuaires. Les deux pays cherchent des voies alternatives pour expédier leurs grains, sans grand succès pour le moment. D’autant qu’une voie fluviale cruciale pour l’Ukraine, à savoir le Danube, est aujourd’hui difficilement praticable, au vu du faible niveau des eaux. Les perturbations sur la mer Noire avaient provoqué une flambée des prix des grains courant juillet. Mais ils sont par la suite retombés. L’une des raisons : dans un message envoyé à Agra Presse, l’analyste Matt Ammermann, de StoneX, évoque, entre autres, une faible demande internationale, « de la main à la bouche ». De bonnes récoltes sont en effet constatées dans plusieurs gros pays importateurs : Égypte, Turquie et Maroc notamment, qui peuvent donc pour l’instant se contenter de leurs récoltes.
Céréales : la Suède va remettre à l'Ukraine un navire de la flotte fantôme russe
La Suède va remettre à l'Ukraine un cargo de la flotte fantôme russe, arraisonné début mars et transportant selon Kiev du blé ukrainien volé issu des territoires occupés, d'après des documents judiciaires consultés le 6 août par l'AFP. La Cour suprême de Suède a refusé d'examiner le recours déposé par l'armateur, confirmant ainsi les deux jugements précédents qui ordonnent la remise à l'Ukraine du bateau et de sa cargaison, a-t-elle expliqué dans sa décision du 4 août. Le Caffa – dont dix membres d’équipage sur onze sont russes – naviguait sous un faux pavillon guinéen, avait quitté Casablanca (Maroc) le 24 février et faisait route vers Saint-Pétersbourg (Russie) lorsque la police suédoise, armée, est montée à bord au large de Trelleborg (sud), le 6 mars. Le parquet suédois avait saisi le navire à la suite d'une demande d'entraide judiciaire émanant d'Ukraine, où le Caffa est sous le coup d'une investigation judiciaire, selon le jugement de première instance. Le bateau a déjà été impliqué dans d’autres vols de céréales dans des territoires ukrainiens occupés, notamment dans le transport d'une cargaison depuis le port de Sébastopol, en Crimée, en juillet 2025. Il avait ensuite déchargé sa cargaison dans le port de Tartous, en Syrie, avait expliqué le commissaire ukrainien aux sanctions, Vladyslav Vlasiukdans, sur Facebook le 7 mars.
Viandes : en 2025, progression des importations et de leur poids dans la consommation
Une récente synthèse de FranceAgriMer et d’Agreste (ministère de l’Agriculture) souligne la « dépendance croissante aux importations » de l’Hexagone, alors que les importations de viandes, toutes espèces confondues, ont continué leur croissance en 2025, de 5 %. Une accélération après une hausse de 2,1 % en 2024. Sans surprise, le mouvement est largement porté par la « forte progression » des importations de volaille (+8,6 %), et en particulier celles de poulet (+9,9 %). La part de poulet importé représente désormais 52 % de la consommation. Seule la viande ovine dépasse ce niveau, avec 62 % de la consommation couverts par l’import (volumes en hausse de 1,5%). La viande porcine voit, elle aussi, ses importations augmenter, de 3,9 %, couvrant 29 % de la consommation. Seules les importations de viande bovine reculent en volume (-0,8 %), mais leur poids relatif s’accroît (à 26 %) en raison du « repli de la consommation ». Plus largement, les tendances de consommation des différentes viandes (calculée par bilan) restent inchangées en 2025 : dynamisme pour la volaille (+3,3 %, à 2,2 Mtéc), pour le porc (+2,7 %, à 2,2 Mtéc), baisse pour la viande bovine (-2,7 %, à 1,4 Mtéc) et chute plus prononcée pour la viande ovine (-5,9 %, à 136 000 téc).
Œufs : accusés d'entente sur les prix, des producteurs US devront donner 53 millions d'œufs
Donner 53 millions d'œufs à des banques alimentaires des États-Unis et à des ONG : c'est la sanction acceptée par trois producteurs ayant conclu un accord avec la justice américaine pour s'être entendus sur les prix pendant plusieurs années, a annoncé le 5 août la procureure de New York. Selon le communiqué de Letitia James, Cal-Maine Foods, Versova/Centrum et Hickman's Egg Ranch « se sont illégalement coordonnés pour influencer l'indice quotidien du prix des œufs », ce qui a eu pour conséquence de « gonfler artificiellement les prix pour les distributeurs et pour les consommateurs ». Les faits reprochés remontent « au moins jusqu'à 2022 » et portent, d'après le communiqué, sur des manipulations du service Urner Barry, qui sert de référence pour les contrats d'approvisionnement des œufs. L'accord, qui prévoit également une sanction pécuniaire de 3,3 M$ à verser par les trois producteurs aux17 États mobilisés dans cette enquête. Le prix des œufs a atteint des sommets ces dernières années aux États-Unis, et tout particulièrement en 2025 avec la multiplication des foyers de grippe aviaire dans les élevages américains. Il avait atteint un « pic historique » en mars 2025, doublant sur un an.
Incendies : le gouvernement crée une mission pour reconstruire et adapter les zones touchées
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé, dans un communiqué du 5 août, la création d’une « mission reconstruction et adaptation des territoires » (MRAT) dédiée aux zones touchées par les feux de forêt et de végétation. Composée de cinq experts, elle interviendra en priorité dans les zones touchées par les incendies de juillet, ainsi que par d’éventuels feux d’ampleur comparable qui pourraient survenir dans les prochaines semaines. Concrètement, elle sera chargée d’accélérer la reconstruction des territoires sinistrés et d’en accompagner les populations affectées, en lien avec les préfets, les collectivités et les services de l'État. La mission devra également veiller à la mise en œuvre des engagements du gouvernement, faciliter le règlement des difficultés dépassant l’échelon départemental et coordonner des différents dispositifs de soutien. Afin de préparer les territoires aux effets du changement climatique, elle accompagnera leur reconstruction « dans une démarche durable et raisonnée ». Elle travaillera notamment sur l’évolution des règles en matière de prévention du risque incendie et sur l’adaptation des écosystèmes, à travers le choix des essences végétales, l’aménagement, l’entretien et l’exploitation des forêts. Elle contribuera enfin au retour d’expérience national, afin de renforcer la prévention des incendies et d’en limiter les conséquences.
Incendies : un arrêté pour accélérer les coupes dans les forêts sinistrées de Gironde et des Landes
La ministre de l’Agriculture et la ministre de la Transition écologique ont pris un arrêté en application du Code forestier reconnaissant « le sinistre de grande ampleur » des forêts brûlées en Gironde et dans les Landes, indique un communiqué du 6 août. Cette reconnaissance comme un « sinistre de grande ampleur » vise à simplifier les opérations d’abattage d’arbres incendiés afin de sécuriser rapidement les personnes et les biens. Dès que les incendies seront définitivement éteints, les propriétaires privés des forêts sinistrées pourront procéder à l’abattage des arbres brûlés par ces deux feux sans avoir à avertir le Centre régional de la propriété forestière de Nouvelle-Aquitaine, comme l’impose habituellement le Code forestier. Cette dérogation doit permettre de lancer rapidement les chantiers de sécurisation et de remise en état des parcelles. C’est la deuxième fois dans l’histoire récente de la région qu’un tel arrêté est pris, le dernier datant de 2022. Les incendies dits de Saumos (22 juillet) et de Biscarosse (23 juillet), d’une ampleur sans précédent depuis 1949, ont ravagé respectivement environ 39 800 et 3 600 ha de forêts. Ils ont également endommagé plus de 240 bâtiments et entrainé l'évacuation de plus de 250 000 personnes.
Champagne : Maison Pommery ne trouve pas d'accord avec Henkell mais s'est refinancé
La maison de champagne Maison Pommery, fortement endettée, a annoncé le 5 août que les négociations exclusives avec le fabricant allemand de vin mousseux Henkell n'ont pas abouti, mais qu'un protocole de conciliation a été trouvé avec ses créanciers pour se financer. Les deux entreprises avaient communiqué début juin sur ces négociations, qui auraient pu donner « naissance à un acteur mondial des vins effervescents » et à la prise de participation majoritaire de Henkell dans Maison Pommery, nouveau nom de Vranken Pommery depuis janvier. Malgré cet échec, « les deux sociétés restent ouvertes à la possibilité de reprendre les discussions à une date ultérieure », d'après un communiqué du 5 août. Par ailleurs, la maison de champagne a conclu avec ses « principaux partenaires financiers » un accord lui permettant de répondre à ses besoins de financement et à ceux de neuf de ses filiales jusqu'au 19 juin 2027 (soit 42,8 M€). « Ce protocole de conciliation (...) permet à Maison Pommery & Associés d'aborder sereinement la période à venir avec une trésorerie sécurisée », se réjouit l'entreprise. « Il donne au groupe les moyens de se présenter dans les conditions requises à la vendange 2026, attendue de manière précoce, et de garantir le règlement des échéances opérationnelles qui y sont associées. »
Biogaz : l’Inde approuve un projet de 2,5 Md$ pour stimuler la production de biogaz
L'Inde a approuvé le 6 août un programme de 2,5 Md$ visant à augmenter fortement la production nationale de carburants propres, après que les pénuries liées aux guerres au Moyen-Orient ont mis en lumière sa dépendance aux importations d'énergie. Le nouveau programme national de bioénergie circulaire soutiendra la collecte des déchets, le traitement du fumier et l'extension des installations de biogaz existantes. Ce plan transformera les abondants résidus agricoles du pays – bouse de vache, boues de filtration (déchets de canne à sucre) –, les déchets organiques municipaux et autres ressources de biomasse en carburant propre, en engrais organiques, en revenus ruraux et en valeur économique nationale, ajoute le communiqué. Troisième pollueur fossile au monde, l'Inde a encouragé la production de biogaz à grande échelle dans le cadre de ses efforts pour atteindre la neutralité carbone d'ici 2070. Depuis les années 1980, le pays promeut également le biogaz comme source d'énergie rurale à faible coût, subventionnant plus de cinq millions de méthaniseurs. L'an dernier, le gouvernement a exigé que le biogaz représente au moins 1 % des gaz liquides alimentant à la fois les véhicules et les usages domestiques – une part qui devra atteindre 5 % d'ici 2028.
Chambres d’agriculture : décès de Jacques Jaouen, ancien président de la chambre de Bretagne
Ancien président de la chambre d’agriculture du Finistère (2001-2019) et de la chambre régionale de Bretagne (2007-2019), Jacques Jaouen est décédé le 4 août, à 66 ans, « des suites d’une longue maladie », apprend-on dans la presse locale. Éleveur laitier à Milizac, près de Brest, il avait aussi siégé au bureau de Chambres d'agriculture France. Ses mandats locaux ont notamment été marqués par la crise laitière de 2009. M. Jaouen a aussi « été à l’origine de l’association Agriculteurs de Bretagne, créée en 2012, pour défendre le modèle breton », rappelle Le Télégramme. Dans un communiqué du 6 août, Sébastien Windsor, président de Chambres d’agriculture France, salue un « défenseur infatigable de l'élevage et du modèle de l'exploitation familiale, reconnu pour son écoute, sa bienveillance et sa capacité à rassembler ».
À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil, Agra Business, et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.