Agra Fil du 18 septembre 2026

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Sécheresse : le Crédit agricole débloque 1,5 Md€ de prêts aménagés, sans aide de l'État

Le Crédit agricole a annoncé le 16 septembre, lors d'un point avec la presse, qu'il débloquera, dès ce jour, une enveloppe d'1,5 milliard d'euros (Md€) de prêts de court terme (2 à 4 ans) à remboursement in fine (pas d'échéance intermédiaire) et à taux préférentiel (de 2,5 % pour le prêt de deux ans à 3,5 % pour quatre ans), pour les agriculteurs touchés par la sécheresse (bonification de 0,5 point du taux pour les jeunes agriculteurs). Ces prêts intitulés « Coups-Durs Agri-Viti » seront distribués « à marges négatives » pour l'établissement bancaire. La banque estime qu'une quinzaine de pourcents des agriculteurs auront besoin d'un prêt à court terme cet automne. L'éligibilité des dossiers sera à la main des caisses régionales, avec des « cas de conscience » à venir pour les situations les plus difficiles, et une vigilance à ne pas créer « d'effet d'aubaine » pour les exploitations les mieux loties, a expliqué le président de la Fédération nationale du Crédit agricole (FNCA), Éric Vial. Et de conclure : « Le groupe Crédit agricole croit en la ferme France ». Le même jour, les Banques populaires ont annoncé un dispositif similaire (crédits « de trésorerie », plafonnés à 2,5 %). Après plusieurs semaines de négociation avec le gouvernement, le taux résiduel ne sera finalement pas pris en charge par l'État, qui pourrait intervenir plus tard sur des dispositifs bancaires liés à l'installation et la transition. Le coût pour l’État d'un abaissement des taux à zéro aurait été d'une centaine de millions d'euros, selon l'établissement bancaire.

Sécheresse : dans le Finistère, le département débloque 3,8 M€ d’aides

Le département du Finistère mobilise 3,8 M€ d’aides à la trésorerie pour les agriculteurs touchés par la sécheresse, a-t-il annoncé le 17 septembre. Cette enveloppe permet de « doubler les aides aux agriculteurs du Finistère issues du fonds de réarmement de l’État », selon un communiqué. En tout, 7,6 M€ sont ainsi débloqués grâce au cofinancement, « en attendant l’éventuelle mobilisation d’autres acteurs », souligne le Conseil départemental. « J’appelle la région Bretagne et les intercommunalités à faire comme le département en soutenant les agriculteurs avec des aides directes en trésorerie pour créer un puissant effet de levier et assurer la survie de centaines d’exploitations menacées par la crise », déclare le président du Finistère, Maël de Calan, cité dans le communiqué. Les modalités d’attribution de l’aide du département sont identiques à celles retenues par l’État, « pour assurer la lisibilité, la simplicité et l’efficacité de cette aide à la trésorerie, qui devra être versée en urgence aux agriculteurs les plus touchés », précise le Conseil départemental. Le conseil régional de Bretagne a annoncé, dans un communiqué paru le 14 septembre, qu'il va augmenter de 6 millions d'euros (M€) ses aides à l'investissement pour l'année 2026, pour un total de 34 M€. Il n'a pas annoncé d'abondement du fonds de réarmement.

Assurance récolte : 8 à 10 % de hausse de cotisation pour porter la référence à 8 ans

Annoncée par la ministre de l'Agriculture Annie Genevard le 4 septembre dans le cadre du plan Sécheresse (CASI), la possibilité d'allonger, à partir de 2027, la période de référence des assurances récolte aux huit années précédentes engendrerait une hausse de tarif de 8 à 10 % pour les agriculteurs qui choisiraient cette option, indique le Crédit agricole, interrogé par Agra Presse. Le surcoût est variable selon les spécialisations et assolements des exploitations. L'établissement s'attend à ce que la plupart des agriculteurs fassent ce choix ; actuellement, les exploitants ont le choix entre la moyenne triennale ou la moyenne olympique (cinq ans, sans l'année la plus faible et l'année la plus forte), et choisissent celle des deux qui leur est la plus favorable. « Il faut impérativement que les agriculteurs français s’assurent », a lancé le 15 septembre la ministre de l’Agriculture. « Neuf éleveurs sur dix ne sont pas assurés, huit agriculteurs sur dix ne sont pas assurés », a martelé Annie Genevard au salon de l’élevage, à Rennes, posant même la question de rendre l’assurance obligatoire pour certaines filières.

Eau : en Bretagne, Eureden veut accompagner la création de réserves de substitution

« La campagne actuelle nous prouve une nouvelle fois que la gestion de l’eau doit rester un dossier prioritaire pour notre groupe », explique Marie-Gabrielle Daniel, directrice générale d’Eureden, interrogée par Agra Business le 16 septembre au Space. « Alors qu’à peine un tiers de nos 1 200 producteurs de légumes (13 000 ha) sont équipés d’irrigation, les rendements ont cette année été fortement affectés par les canicules successives : en haricots verts par exemple, ils reculent en moyenne de 50 % en Bretagne. En petits pois, la baisse est de 35 %. Accompagner nos adhérents dans le montage, très technique, des dossiers de création de réserves de substitution est indispensable. Sans irrigation, certains agriculteurs risquent de se tourner vers d’autres productions. Or, préserver ces filières sur notre territoire, c’est aussi assurer la pérennité de nos outils de transformation et l’installation de jeunes dans les exploitations. » Le Space a aussi été l’occasion pour le groupe breton de signer « un partenariat structurant » avec IEL autour du photovoltaïque, dans l’objectif d’accroitre le nombre de projets solaires chez les adhérents (toitures, centrales au sol ou ombrières), que ce soit pour l’autoconsommation ou la revente. (Anne Gilet)

Eau : les réserves mondiales présentent une tendance à la baisse, selon l’ONU

Les réserves mondiales des eaux continentales présentent une tendance à la baisse depuis 2014-2016, un signal persistant depuis une décennie, a averti l’Organisation météorologique mondiale (OMM), une institution spécialisée des Nations unies, dans un rapport sur l’état des ressources en eau dans le monde publié le 17 septembre. L’année 2025, parmi les plus chaudes jamais enregistrées, compte désormais parmi les plus sèches de ces 35 dernières années en matière de débit fluvial. Cette situation s’inscrit « dans un contexte de baisse à long terme des réserves d’eau douce de la Terre et de recul durable des glaciers – des tendances lourdes de conséquences pour les populations et les économies à l’avenir », explique l’OMM dans un communiqué. Certains éléments du cycle de l’eau évoluent rapidement, comme les précipitations, l’écoulement fluvial et l’humidité du sol, réagissant aux conditions météorologiques en quelques jours ou semaines. D’autres éléments, comme les eaux souterraines, les glaciers et le manteau neigeux saisonnier, évoluent plus lentement, au fil des saisons, voire des décennies ou plus, constituant des réserves qui permettent d’atténuer les années de sécheresse. Or, « nous sommes en train de vider ces réserves », a alerté la secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo, devant les journalistes.

États-Unis : la commission de l’Agriculture du Sénat adopte son projet de Farm Bill

La Commission de l'agriculture du Sénat des États-Unis a adopté, le 16 septembre, son projet de loi agricole (Farm Bill), à une courte majorité (12 voix contre 11), marquant une nouvelle étape vers une réforme de cette politique. Le projet reprend dans les grandes lignes la position de la Chambre des représentants adoptée au printemps, incluant une disposition autorisant la vente de carburant E15 toute l'année, ainsi que l'étiquetage obligatoire du pays d'origine (COOL) pour la viande bovine. La prochaine étape consistera en un vote par l'ensemble du Sénat. Toutefois, le Sénat suspendra ses travaux avant les élections de mi-mandat (début novembre), à la fin de la semaine prochaine. Il est donc peu probable, selon les observateurs, qu'un vote puisse avoir lieu avant cette interruption. Ce vote et les négociations avec la Chambre des représentants qui suivront devraient donc se tenir après les élections, avec le risque pour les Républicains, actuellement majoritaires dans les deux chambres, de voir les Démocrates reprendre la main. Cela fait près de dix ans que le Congrès n'a pas adopté de nouveau Farm Bill, prolongeant chaque année depuis quatre ans les dispositions en place faute d’accord.

UE-Canada : Trump menace Bruxelles de couper les liens commerciaux après le rapprochement avec Ottawa

Le resserrement des liens entre le Canada et l’UE, annoncé en grande pompe lors du discours sur l’état de l’Union le 16 septembre par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, n’est pas du goût du président américain Donald Trump. En guerre commerciale ouverte avec son voisin canadien depuis son retour aux affaires en janvier 2025, il a menacé Bruxelles de rompre les échanges commerciaux en réaction au projet de faire du Canada le premier pays membre associé de l’UE. Une idée qu’il a même qualifié de « ridicule ». « S’ils font cela, si j’estime qu’il s’agit d’un acte hostile, j’imposerai des droits de douane très lourds ou je cesserai tout commerce avec l’Europe », a-t-il lancé à des journalistes l’interrogeant sur le sujet, selon l’AFP. De son côté, la Commission européenne tente de jouer l’apaisement. « La proposition de renforcement de notre partenariat avec le Canada n’est dirigée contre personne », a d’ailleurs souligné Olof Gill, porte-parole en chef adjoint de la Commission européenne en charge du Commerce, auprès de l’AFP.

Céréales : la Turquie propose un accord à Kiev et Moscou pour stopper les attaques en mer Noire

La Turquie, exaspérée par les frappes en mer Noire, a soumis un protocole d’accord à Kiev et à Moscou pour mettre fin aux attaques contre les navires de commerce, a affirmé le 17 septembre à l’AFP une source diplomatique turque. Selon cette dernière, le texte à l’étude s’inspire notamment de l’accord sur les céréales, conclu en juillet 2022 entre Moscou et Kiev sous l’égide de la Turquie et des Nations unies, mais qui n’a duré qu’un an. La Russie s’en était retirée, dénonçant les entraves au commerce de ses produits agricoles. Quelque 33 millions de tonnes de céréales avaient pu être exportées en un an. Depuis, l’Ukraine exporte via un itinéraire de navigation qui longe les pays européens de la mer Noire, un trajet plus long mais loin des bâtiments de guerre russes. En vertu de ce mécanisme, les bateaux ukrainiens demeurent dans les eaux territoriales de la Roumanie et de la Bulgarie avant de décharger les produits et de les acheminer vers l’Europe, a rappelé le diplomate turc. « Notre proposition s’inspire de ce dispositif. Nous voulons utiliser les eaux territoriales des États voisins, y compris de la Turquie, ainsi que de la Géorgie si elle disposée à y participer », a-t-il ajouté, assurant que les protagonistes étudiaient le dossier.

Blé : dans l’Ouest, les agriculteurs ont vendu très tôt leur récolte (négoces)

Rencontré à l’occasion du Space, à Rennes, Cyril Legris, délégué régional de NégoA pour les Pays de la Loire, la Bretagne et la Normandie, a fait le point pour Agra sur la campagne en cours : « L’un des faits marquants reste les ventes précoces de blé de la part des agriculteurs pour, notamment, combler les problèmes de trésorerie. Difficile de quantifier le phénomène, mais il est plus important que les autres années. Les négoces ont donc dû eux aussi anticiper les règlements, ce qui, ponctuellement, peut compliquer la gestion des entreprises. » Comme dans de nombreuses régions, les négoces s’attendent à une moisson d’automne en net recul, notamment en maïs. Dans les allées du salon, certains avançaient « une moisson divisée par cinq », « en recul de deux tiers ». Une chose est sûre, cela aura des impacts notamment pour les structures qui possèdent des outils en nutrition animale. Beaucoup se questionnent aussi de l’impact, sur le terrain, du rapprochement entre les coopératives Agrial et Terrena : plusieurs négoces de la région étant filiales de ces groupes coopératifs. Du côté d’Agrial et Terrena, aucun commentaire n’a été fait, si ce n’est que « le dossier avance et devrait être bouclé d’ici à la fin de l’année ». (Anne Gilet)

Pommes de terre : les producteurs approvisionnant Clarebout/Simplot se regroupent

Dans un communiqué du 17 septembre, le groupement de producteurs de pommes de terre Sugaf (Simplot United Growers Association France) a annoncé sa création. L’accord de coopération avec le groupe Clarebout/Simplot a officiellement été signé le 11 septembre, après le dépôt des statuts à la préfecture du Pas-de-Calais. La nouvelle organisation « représente les producteurs français dans le cadre d'un dialogue structuré avec les entités Clarebout / Simplot ». Pour rappel, Simplot est la maison mère états-unienne de Clarebout, producteur de frites industrielles d’origine belge, racheté en 2025. De premiers échanges ont déjà eu lieu entre l’industriel et le Sugaf. Les discussions ont notamment porté sur « des solutions adaptées aux réalités de la production » de pommes de terre, qui a fortement décroché cette année, tant en quantité qu’en qualité. Le groupement de producteurs a proposé « que les critères de réception et le cahier des charges puissent tenir compte le plus rapidement possible des caractéristiques particulières de la récolte 2026, notamment en matière de calibre ». Les discussions sont jugées « constructives », et vont se poursuivre dans « les prochaines semaines ».

Cacahuètes : Océalia augmente le nombre d’agriculteurs engagés dans la filière

Dans un communiqué du 17 septembre, le groupe coopératif Océalia indique qu’il va augmenter le nombre d’agriculteurs engagés dans sa filière cacahuète, créée il y a un an en partenariat avec l’industriel Menguy’s. Ce sont désormais 15 agriculteurs qui participent à la démarche sur 30 ha, contre cinq à l’origine, sur une dizaine d’hectares. La création de la filière s’inscrit dans la stratégie Cap 2030 d’Océalia, visant à créer des filières agroalimentaires intégrées de l'amont vers l'aval, afin d’optimiser la valorisation de la production. Le groupe coopératif rappelle qu’il se charge de gérer la récolte et le séchage des cacahuètes, pendant que l’usine de Menguy’s (basée à Mazamet, dans le Tarn) grille et sale les produits. L’objectif est de poursuivre l’augmentation de la production, pour atteindre 2 000 t en 2030 de cacahuètes françaises, via « une centaine d’associés coopérateurs partenaires », indique le communiqué. La cacahuète est une légumineuse, captant l’azote atmosphérique pour le restituer au sol, réduisant son empreinte carbone. Elle constitue une solution de rotation supplémentaire, sachant qu’elle est « adaptée au désherbage mécanique et peu sensible au risque sanitaire », explique Océalia.

Bambou : le fonds Swen Terra investit 4 M€ au capital d’Horizom

La société de gestion Swen Capital Partners a annoncé le 17 septembre que son fonds d’investissement Swen Terra a investi quatre millions d’euros (M€) en fonds propres au profit d’Horizom. En outre, le fonds met à disposition d’Horizom un financement de 6 M€ sous forme d’obligations convertibles. Horizom développe une filière française du bambou en accompagnant les agriculteurs dans l'implantation et l'exploitation de plantations de bambou. L’objectif est de fournir « un approvisionnement local en fibre de bambou pour les PME françaises qui développent des biomatériaux destinés notamment au secteur de la construction, comme les isolants biosourcés », selon un communiqué de Swen Capital Partners. Grâce à ces fonds, Horizom « entend changer d'échelle en accélérant le déploiement de ses plantations, en renforçant ses équipes et en poursuivant la structuration d'une filière française du bambou, au service des biomatériaux ». Depuis sa création en 2022, Horizom a accompagné une quinzaine d'exploitants agricoles dans l'implantation de près de 460 ha de bambou. De son côté, lancé en juillet 2025 avec un objectif de levée de 200 M€, le fonds à impact Swen Terra a réuni 125 M€ auprès d'investisseurs institutionnels, parmi lesquels la Macif, Abeille Assurances, la MGEN et Ademe Investissement.

Engrais : nouvel appel d’offres gouvernemental à 1,2 Md€ pour soutenir l’hydrogène vert

Dans un entretien accordé au Parisien le 10 septembre (article payant), la ministre déléguée à l’Énergie Maud Bregeon a annoncé l’ouverture d’un nouvel appel d’offres de 1,2 Md€ sur 15 ans pour soutenir les projets industriels d’hydrogène vert, matière première servant notamment à la production d’ammoniac, puis d’engrais azoté minéral. La mesure figure dans le projet de loi de finances (PLF) 2027, qui doit encore être approuvée par le Parlement, précise la ministre. Pour rappel, le gouvernement avait annoncé début juillet un plan de soutien à l’industrie de l’engrais azoté de 620 M€, destiné à augmenter la production française de 20 % à l’horizon 2032. Il comprend une aide à la décarbonation, bénéficiant notamment à FertigHy ou encore à Lat Nitrogen, qui portent des projets de production d’intrants à base d’hydrogène vert. Outre la production d’engrais, l’hydrogène sert à divers usages, notamment dans la sidérurgie. Le Parisien rappelle que que la filière de l’hydrogène vert réclame davantage d’argent public depuis plusieurs années pour pouvoir faire démarrer ses projets ; ceux-ci nécessitent des installations onéreuses et rendent les produits finis moins compétitifs que ceux fabriqués à partir d’hydrogène gris, extrait du gaz fossile importé.

Biostimulants et carbone : Gaïago améliore son bilan pour sa deuxième promotion

Depuis 2023, ce sont 394 agriculteurs français qui se sont engagés sur 15 169 ha dans la promotion 2 du programme carbone de Gaïago (contre 133 agriculteurs dans la promo n°1). « L’objectif : mesurer, à 10 et 30 cm de profondeur, l’évolution du stockage de carbone dans les sols (via la teneur en matière organique) à 0, 3 et 5 ans chez des agriculteurs qui utilisent notre biostimulant Nutrigeo », explique Samuel Marquet, co-fondateur et co-dirigeant de Gaïago. Les résultats de 2026 montrent que, en moyenne, 3,72 t eq CO2/ha ont été stockés chaque année. Un meilleur résultat que la précédente promotion : en 2025, les premières mesures de la promo 1 révélaient un chiffre de 3,1 t eq CO2/ha/an. Les agriculteurs vont percevoir près de 100 €/ha/an pour ce carbone stocké. Une plus-value économique, mais également agronomique, car Nutrigeo stimule la flore microbienne du sol, améliore le fonctionnement biologique des sols et accélère la transformation de la matière organique en humus. » Une quarantaine de coopératives et négoces participent au projet. Gaïago a décroché la certification Gold standard pour ces crédits carbone : une reconnaissance mondiale qui permet désormais de les inscrire sur un registre mondial pour, ensuite, les revendre aux sociétés qui souhaitent compenser leurs émissions. (Anne Gilet)

Glyphosate : en 2024, les ventes remontent à leur niveau moyen historique

Les ventes de glyphosate sont remontées à 8 269 tonnes en 2024, « retrouvant ainsi leur niveau moyen historique », selon les derniers indicateurs du plan Ecophyto 2030 publiés par le ministère de l’Agriculture le 9 septembre. Cette dynamique succède à une forte baisse des ventes de l'herbicide (-32 %) entre 2020 (8 651 t) et 2022 (5 860 t). Le ministère attribue ce rebond au renouvellement de l’approbation de la substance active glyphosate par la Commission européenne, en 2023, pour une période de dix ans. Autre facteur pouvant expliquer ce rebond : la non-reconduction du crédit d’impôt de sortie du glyphosate, en 2024, après deux ans de mise en œuvre de l'avantage fiscal.

Agritourisme : une PPL transpartisane pour lever les freins au développement du secteur

Une proposition de loi transpartisane (PPL), déposée le 15 septembre à l’Assemblée nationale, vise à « structurer et développer la filière agritouristique ». Issue de la mission parlementaire du député macroniste Anthony Brosse et de la sénatrice LR Sylviane Noël, cette PPL ambitionne de lever les freins à l’activité. « Les agriculteurs qui souhaitent s’y investir se heurtent à une superposition de régimes fiscaux complexes, à des freins urbanistiques persistants, à l’absence d’un label national lisible et à l’éparpillement des réseaux d’accompagnement », selon l’exposé des motifs. Une définition légale de l’agritourisme et son inscription dans le Code rural figurent à l’article premier du texte. La PPL confie à Atout France la mission de piloter un label national d’agritourisme, s’inspirant du dispositif italien Agriturismo Italia et de l’expérience française du label Vignobles & Découvertes. Un autre article lève des freins urbanistiques, en reconnaissant les constructions et aménagements liés à l’agritourisme labellisé comme nécessaires à l’exploitation agricole, tout en facilitant le changement de destination du bâti rural existant. Enfin, le texte permet d’étendre la possibilité de déroger aux obligations d’accessibilité pour les établissements recevant du public (ERP).

Méthanisation : Axéréal et Engie développent des unités en Centre-Val de Loire

Axéréal et Engie Gaz renouvelables ont annoncé, dans un communiqué de presse du 15 septembre, un partenariat de cinq ans pour développer un programme d’unités de méthanisation en Centre-Val de Loire, pour une capacité annuelle de 500 GWh. Trois premiers projets sont déjà en phase de pré-développement. Le programme s’appuiera sur la valorisation de cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive), semées entre deux cultures principales, ainsi que sur des déchets et résidus issus des activités céréalières. Selon les deux entreprises, ce partenariat doit permettre de produire du biométhane localement, tout en apportant aux agriculteurs de nouvelles sources de revenus et des solutions agronomiques contribuant à la résilience de leurs exploitations. Axéréal apportera son expertise agronomique, sa connaissance du territoire et son réseau d’agriculteurs coopérateurs. La coopérative accompagnera ses adhérents dans la production et la valorisation des Cive, ainsi que dans l’identification des déchets et résidus agricoles disponibles. Engie Gaz renouvelables assurera de son côté le développement, le financement, la construction et l’exploitation des installations, jusqu’à l’injection du biométhane dans les réseaux. Avec ce programme, la capacité totale installée de 1,2 TWh/an dont dispose l’entreprise devait augmenter de près de 50 %.

Alimentation animale : Garun Paysanne et Le Gouessant inquiètes pour leur approvisionnement

Avec une collecte de maïs attendue en retrait de deux tiers, Sébastien Blot, directeur général de la coopérative bretonne Garun Paysanne, se pose la question de l’approvisionnement en matières premières de ses usines de fabrication d’aliments pour animaux. « En 2025, nous avons fabriqué près de 450 000 t d’aliments pour les bovins, porcs et volailles », précise-t-il. « Une alimentation sur-mesure qui repose habituellement sur des productions locales. Mais cette année, nous allons devoir revoir nos approvisionnements. Car la production de betteraves s’annonce également en retrait et, avec elle, les quantités de pulpes produites. Idem pour la luzerne. Importer du maïs, oui. Mais de quelle origine et à quel coût ? Nous devrons nous adapter. » Même constat chez Le Gouessant, où le président Thomas Couëpel s’attend à un recul des volumes en maïs de 30 %. Pour cette coopérative également présente en alimentation animale, pas de doute : il faudra revoir certaines formulations pour s’adapter à la matière première disponible. « Et ce d’autant que les compléments en protéines, soja, farines de poissons… s’annoncent eux aussi en retrait. » Une certitude pour ces deux coopératives : leurs adhérents vont chercher à reconstituer leur stock de fourrages. Comment ? En augmentant leur sole de maïs et de cultures fourragères au printemps. (Anne Gilet)

Influenza aviaire : 10 M€ pour indemniser accouveurs, ramasseurs et transformateurs

Le ministère de l’Agriculture a annoncé, dans un communiqué du 14 septembre, « une aide économique de 10 millions d’euros pour les entreprises de l’accouvage, de l’aval et du ramassage affectées par les conséquences de l’épizootie d’influenza aviaire hautement pathogène 2025-2026 ». Ces professions ont subi une « perte d’activité substantielle » du fait des mesures sanitaires visant à freiner la diffusion du virus, notamment des restrictions de mouvements de volailles dans les zones réglementées, explique-t-il. En effet, elles fournissent des animaux ou des services, ou sont approvisionnées par des élevages situés notamment en zone réglementée. Les entreprises éligibles sont celles dont l’activité est « directement liée aux élevages de volailles » et « dont l’excédent brut d’exploitation (EBE) a significativement baissé » du fait de ces restrictions. Le ministère prévoyait de réunir les professionnels afin d’établir les paramètres du dispositif, en vue de la notification obligatoire auprès de la Commission européenne.

Œufs : 85 % des poulettes vaccinées contre la salmonelle en fin d’année (interprofession)

Au Space de Rennes, le président du CNPO (interprofession de l’œuf) Yves-Marie Beaudet a assuré Agra Presse de la « progression importante » de la vaccination anti-salmonelles en France, indiquant que la proportion de poulettes vaccinées placées en élevage atteindrait 85 % en fin d’année. Il attribue ce succès à l’évolution réglementaire intervenue en février, qui simplifie les actions de dépistage dans les élevages vaccinés (exemption des échantillons de poussières). Le ministère ne pouvant subventionner la vaccination, le CNPO avait obtenu cet allègement du dépistage, qui peut donner lieu à des abattages de cheptels en cas de détection de la bactérie. La Rue de Varenne avait souligné, dans son communiqué du 19 février (jour de la parution de l'arrêté), que cette évolution s’appuyait sur « l’expertise scientifique de l’Anses ». La réduction de la prévalence des salmonelloses en élevages de poules pondeuses est une question de finances plus que de santé publiques (les œufs coquille d’élevages positifs n’étant pas consommés). Elle était de 2,95 % en 2025, alors que le cofinancement européen de l’indemnisation des foyers cesse au-delà de 2 %.

Foie gras : le Cifog mensualise son indicateur de coût pour mieux suivre les variations

L’interprofession du foie gras (Cifog) publie désormais un indice de coût de production du canard chaque mois, contre chaque trimestre jusqu’alors, « pour suivre au plus près les variations », a expliqué à Agra Presse sa directrice, Marie-Pierre Pé, interrogée au Space de Rennes le 16 septembre. Des variations qui sont aujourd’hui à la hausse, en particulier en raison de la flambée du maïs. La filière est fortement consommatrice de cette céréale, lors du gavage en particulier. La hausse du maïs pourrait entraîner une hausse « entre 70 ct à 1,20 € par canard en 2027 », selon les évaluations de la filière. Le Cifog ne peut donner de prix du vif, mais la hausse pourrait représenter autour de 5 %, selon nos calculs. La hausse du coût alimentaire lors du gavage s’ajoute à celles des transports des animaux ou encore de l’énergie, combinée à la baisse des volumes. L’indicateur de coût de production, établi pour un canard des Landes IGP (base 100 en janvier 2014), est en légère progression depuis le deuxième trimestre 2026 (157), s’établissant à 168 en août. Il avait atteint un sommet en 2022 (174 en moyenne annuelle) pendant le déclenchement de la guerre en Ukraine.

Bovins viande : les Mousquetaires lancent un appel à projets sur l’engraissement de JB

Le Groupement Mousquetaires (enseignes Intermarché, Netto, etc.) a annoncé le 17 septembre le lancement d’un appel à projets afin de soutenir « la création et la rénovation de bâtiments d'engraissement et de sevrage » de jeunes bovins (JB). Doté de 5 M€, le « Programme avenir bœuf » vise, d’ici 2029, à financer 17 000 places d’engraissement dans 215 élevages. La démarche, qui passe par son association Agrimousquetaires, est réservée aux éleveurs de sa filière « Bœuf Junior », récemment lancée. L’appel à projets est destiné aux jeunes agriculteurs (moins de 40 ans) ou aux éleveurs « en reconversion » (installés depuis moins de deux ans). Ceux-ci peuvent prétendre à une aide de 400 € par place créée ou rénovée, « soit environ 20 % du coût des travaux », selon un communiqué. En 2025, le Groupement Mousquetaires avait lancé sa filière « Bœuf Junior », se fixant un objectif de « 100 éleveurs d’ici fin 2026, puis 200 d’ici 2029 ». Selon le groupe, cette filière « permet de valoriser en France des veaux croisés, tout en créant de nouvelles perspectives pour les élevages laitiers et les ateliers d’engraissement ».

Alimentation : Biocoop bannit les ingrédients ultra-transformés de sa marque de distributeur

Biocoop a annoncé, dans un communiqué du 17 septembre, que 100 % des produits alimentaires de sa marque de distributeur (MDD) sont formulés sans ingrédient ultra-transformé depuis le début du mois (selon le référentiel sur l’ultra-transformation Goûm). L’enseigne présente cette offre comme une première en France. Au total, 29 substances ont été bannies de produits de la MDD de Biocoop, au-delà des exigences de la réglementation biologique. Cette démarche est le résultat de six années de travail pour simplifier les recettes, tout en préservant leur goût, leur texture et leur durée de conservation. La coopérative indique avoir analysé plus de 450 références et en avoir reformulé 90. Lorsque la reformulation ne permettait pas de répondre aux exigences du cahier des charges de Goûm, l’enseigne a choisi de retirer les produits concernés. C’est notamment le cas des yaourts aromatisés, pour lesquelles aucune solution satisfaisante n’a été trouvée. « En 2020, peu d’acteurs s’interrogeaient sur la place de l’ultra-transformation dans leur offre alimentaire. Chez Biocoop, nous avons fait le choix de revoir progressivement nos recettes avec une exigence : proposer des produits plus simples, sans compromis sur le goût », déclare Franck Poncet, directeur général de Biocoop.

Facturation électronique : une proposition de loi LFI sur un moratoire

Une proposition de loi LFI, déposée le 15 septembre à l’Assemblée nationale, vise à instaurer un moratoire sur la mise en place de la facturation électronique pour les agriculteurs et TPE/PME. La mesure, appliquée aux grands groupes et entreprises de taille intermédiaire depuis le 1er septembre 2026, doit être élargie au 1er septembre 2027. « Nous proposons l’instauration d’un moratoire sur l’application de l’obligation de facturation électronique aux autoentrepreneurs, TPE, PME et agriculteurs tant qu’aucun portail public de facturation n’aura été mis en place, ni que la prise en main aura été assurée par le déploiement sur le terrain d’équipes de formation dédiées », affirment les autrices de la PPL dans leur exposé. La France insoumise dénonce l’absence d’alternative aux plateformes privées. Son texte modifie le Code des impôts pour avoir la possibilité de recourir à un portail public de facturation en vue de l’émission, la transmission et la réception des factures électroniques. Il suspend l’obligation de facturation électronique en l’absence du portail public.

Ressources humaines : l’actionnariat de MG Consultants évolue

Le cabinet MG Consultants, expert RH du secteur agricole et agroalimentaire depuis plus de 30 ans, voit son actionnariat évoluer. « Depuis 2,5 ans, j’étais le seul actionnaire de l’entreprise, confie Olivier Claux, le directeur général, rencontré au Space le 16 septembre. Mais au vu des enjeux actuels dans le monde agricole, j’ai souhaité m’entourer d’associées pour me challenger et continuer à faire évoluer la stratégie du cabinet. Laure Bauvillard et Laure Delpierre, salariées de l’entreprise depuis 2 et 8 ans, sont, au 1er juillet, entrées au capital : 47,5 % des parts pour Laure Bauvillard et 5 % pour Laure Delpierre. Je conserve pour ma part 47,5 %. L’objectif est de mutualiser nos visions du métier : une très bonne connaissance du secteur interpro et des stratégies d’entreprise pour Laure B., et un aspect plus financier et valorisation des datas pour Laure D. Le but est aussi de nous répartir le management des 15 salariés avec l’arrivée récente d’un nouveau consultant dans le Sud-Est pour le secteur viticole. » MG Consultants affiche une croissance de 5 à 10 % par an, dans un marché en récession. « Nos clients : 50 % de coopératives et négoces, 50 % d’agrofournisseurs, d’OPA et de start-up, dans toutes les filières, partout en France, précise-t-il. Nous recrutons (70 % de cadres et de dirigeants, 30 % d’experts métiers) mais réalisons aussi des formations, du coaching, des bilans de compétence et des audits. » (Anne Gilet)

Entreprises de travaux agricoles : Philippe Largeau élu à la tête de la Ceettar

Dans un communiqué du 17 septembre, la Fédération nationale entrepreneurs des territoires (FNEDT) annonce que son président Philippe Largeau, a été élu président de la Confédération européenne des entrepreneurs de travaux agricoles, ruraux et forestiers (Ceettar), lors de son assemblée générale aux Pays-Bas. Il exercera ce mandat pour trois ans, succédant à l’allemand Klaus Pentzlin, qui présidait l’organisation depuis 2015. Représentant près de 22 750 entreprises en France, M. Largeau entend notamment « renforcer la défense des intérêts du secteur dans les débats européens sur la politique agricole commune, l’environnement, la décarbonation, les règles sociales et la compétitivité ». « L’emploi, la formation et le dialogue social » figureront également parmi ses priorités. Fondée en 1961, la Ceettar réunit 18 organisations nationales.

Agenda de la semaine agricole du 21 septembre 2026

Lundi 21 septembre
Assises territoriales de l'agroécologie et de l'alimentation, à Dijon, jusqu'au 22

Mardi 22 septembre
Congrès de France Gaz
Point presse en visioconférence de l'Uivec (CBD)
Matinée robotique de l'Iteipmai (PPAM), dans le Maine-et-Loire

Mercredi 23 septembre
Présentation du salon EuroTier (élevage)
Congrès d'Elvea France (réseau d'OP bovins viande), à Fontainebleau
Point presse de la FNPEC (crémants)
Conférence de presse du BIVB (vins de Bourgogne) sur la vendange 2026
Bilan de la collecte de grains par la Coopération agricole Métiers du grain
Conférence de presse du Snia (alimentation animale)
Biennale Endives 2026, à Saint-Gall (Suisse)
Conférence de presse de Chambres d'agriculture France

Jeudi 24 septembre
3es Rencontres de France Agrivoltaïsme
Conférence d'Agridées sur l'Ukraine (cercle de réflexion)
Table ronde sur la future Pac, par le collectif Nourrir
Conférence de presse du SER (énergies renouvelables) sur un plaidoyer pour 2027

Vendredi 25 septembre
Assemblée générale du Cnaol (AOP laitières), à Cahors
Inauguration par le Comité des vins de Bourgogne d'une plateforme d'essais
Péy'Innov, salon de l'innovation agroalimentaire en Martinique

Samedi 26 septembre
Mobilisation nationale pour réclamer un plan d’urgence climatique (Bio Consom’acteurs)