Captages prioritaires : le projet de décret propose de nouveaux seuils
Le gouvernement a présenté, en réunion du groupement national captages (GNC) le 18 septembre, le projet de décret d’application de l’article 29 de la loi d’urgence agricole dédié aux captages. D’après un document qu’Agra Presse a pu consulter, le texte fait la distinction entre captage « non exonéré » d’actions (anciennement « captage sensible ») et captage « prioritaire ». Un captage est classé « non exonéré » quand la concentration de polluants dépasse 80% de la norme eau potable appliquée aux eaux brutes. Dans ce cas, les collectivités doivent délimiter les aires d’alimentation de captage (AAC) et établir un « plan d’actions de protection ». Un captage est classé « prioritaire » quand la concentration de polluants dépasse 100% de la norme eau potable appliquée aux eaux brutes. Dans ce cas, c’est l’Etat (via le préfet) qui intervient pour délimiter les AAC et définir le programme d’actions. Point important : le projet de décret précise la loi d’urgence dans les cas de mélanges de molécules interdites et autorisées : la classification de prioritaire s’applique lorsque les molécules autorisées (et non celles interdites) dépassent une certaine concentration. Des seuils allant de « 10 à 40% » de la norme eau potable ont été discutés. Dans le cas d’un seuil à 10%, on dénombrerait 2300 captages prioritaires, contre 1900 pour un seuil à 40%. Au total, le nombre de captages non-exonérés (dont prioritaires) est d’environ 4500. Un prochain GNC début octobre sera consacré au financement de cette réforme sur les captages.
Captages d'eau potable: les collectivités remontées contre le projet d'arrêté
A l’issue d’une réunion du groupe national captages, le 18 septembre, les associations de collectivités, de consommateurs et de protection de l’environnement «ont pris collectivement la parole» pour «s’opposer au projet de décret a minima pour protéger l’eau potable des Français et leur pouvoir d’achat», a indiqué le réseau de collectivités Amorce. Selon les collectivités, 6.000 à 7.000 captages nécessitent des mesures de protection renforcées. Mais les seuils de pollution retenus par le projet d’arrêté, présenté le 18 septembre, ne concerneraient que 2.000 captages classés comme «prioritaires» et donc susceptibles de bénéficier d’un plan de protection établi par le préfet, a déclaré à l’AFP Alice Timsit, présidente de la régie publique Eau de Paris. Le réseau Amorce a réclamé que «la lutte contre les pollutions soit financée par le principe pollueur-payeur et non par les usagers de l’eau qui pourraient voir leur facture d’eau augmenter de plus de 100 euros par an», selon lui. La président d’Eau de Paris a également déploré l’absence de discussions relatives aux moyens financiers associés à ce transfert de charge sur les populations. Cette question devrait toutefois être abordée lors d’une prochaine réunion du groupe national captages, à une date qui reste à déterminer, selon Mme Timsit.
Distribution : Lidl France change soudainement de patron, «surprise totale» pour les syndicats
Changement à la tête de Lidl France: l’Irlandais John Paul Scally, nommé président de l’enseigne à l’été 2024, a quitté ses fonctions au profit du Croate Marin Dokozic, attendu la semaine prochaine, a annoncé le 18 septembre la direction du discounter d’origine allemande. Le sixième distributeur alimentaire de France, selon Kantar Worldpanel, n’a pas précisé à l’AFP les raisons du départ de M. Scally. Son successeur, Marin Dokozic, ancien président de Lidl Allemagne, «continuera de mettre en œuvre la stratégie» de croissance et d’expansion du groupe en France, a commenté la direction, qui vise 10% de part de marché à horizon 2030 contre environ 8% aujourd’hui, et veut passer de 1.630 à 2.000 supermarchés. De manière contre-intuitive, le discounter a perdu des parts de marché pendant la période de forte inflation liée au conflit, a expliqué à l’AFP Gaëlle Le Floch, experte grande consommation chez Kantar Worldpanel. En cause, son modèle reposant quasi exclusivement sur ses marques propres, et des prix constitués en majorité de celui des matières premières, dont les cours ont flambé après 2022, selon Mme Le Floch. Après une «remontada» pas très «impressionnante» l’enseigne enchaîne les pertes de parts de marché depuis l’automne 2025, malgré un «petit regain» en mars et avril 2026, selon Mme Le Floch. En août, elle a ainsi perdu 0,2 point sur un an, à 7,6%, relate l’experte.
Agroalimentaire : les actifs de Nestlé et d'Auchan en Russie transférés à une société locale
Les actifs de Nestlé et d’Auchan en Russie ont été transférés à une même société russe, L.E.V. Management, selon un décret du président Vladimir Poutine publié le 18 septembre, nous apprend l’AFP. Le média d'investigation russe Novaïa Gazeta Europa affirme que cette société, fondée fin 2025, est dirigée par Andreï Kraiouchkine, un général du ministère russe de l'Intérieur. Nestlé a annoncé le 18 septembre prendre « toutes les mesures nécessaires » pour protéger ses droits en Russie et assurer la continuité de ses activités. Dans un bref communiqué, le groupe suisse dit « prendre note du décret présidentiel russe » concernant ses actifs dans le pays et est en train « d'évaluer la situation et les options » dont il dispose. Selon les estimations de Jean-Philippe Bertschy, analyste chez Vontobel, la Russie ne représente actuellement qu'un peu plus de 1% du chiffre d'affaires de Nestlé. Concernant Auchan, le texte mentionne le transfert des parts d'Auchan en Russie détenues par la société française Sogepar. La filiale russe d’Auchan a indiqué avoir demandé des clarifications aux autorités. Auchan est l'un des principaux acteurs du secteur de la grande distribution en Russie où il compte plus de 33000 employés dans 241 magasins, dont 62 hypermarchés.
«Souveraineté alimentaire» : peu mieux faire, estime la Cour des comptes
Dans un rapport de suivi d'une première mission sur la «souveraineté alimentaire» lancée en 2022, après la crise Covid, la Cour des Comptes estime que les recommandations qu'elle avait faites au gouvernement n'ont été que partiellement mises en oeuvre. C'est le cas notamment du «diagnostic complet des vulnérabilités». La Cour note que 362,4 M€ ont été alloués à l'innovation agricole pour palier le manque d'information , mais que des «fragilités majeures persistent concernant le passage à l’échelle industrielle de ces innovations et la distribution alimentaire». Quant à la préparation aux crises des PME, des initiatives «territoriales et sectorielles» ont été mises en oeuvre, mais «encore en ordre dispersé». Les auteurs font trois recommandations : «consolider les données relatives à la sécurité des approvisionnements et aux apports nutritionnels» ; intégrer «l’enjeu de la sécurisation des approvisionnements» dans la déclinaison française (PSN) de la future Pac ; et prendre en compte la distribution alimentaire dans les diagnostics de vulnérabilité des approvisionnements alimentaires.
Restauration collective et Egalim: des associations menacent de saisir la justice
Une coalition d’associations environnementales* « met le gouvernement en demeure de faire respecter les objectifs de la loi Egalim dans les restaurants collectifs dont il a la responsabilité », préviennent-elles dans un communiqué du 17 septembre. Elle donne deux mois à l’Etat pour adopter les mesures de mise en conformité nécessaires, sans quoi elle « saisira la justice afin d’obtenir l’application effective de la loi ». En pratique, la coalition demande le contrôle effectif de l’application des objectifs Egalim [50% de produits durables dont 20% bio] dans les établissements gérés par l’Etat, dont les association attendent « l’exemplarité ». La coalition déplore dans son communiqué le faible taux de déclaration obligatoire des achats sur la plateforme Ma Cantine (40%, selon elle, pour toute la restauration collective) et l’insuffisance des achats par rapport aux objectifs imposés (44% des déclarants atteignant les 20 % de produits bio, 34 % les 50 % de produits de qualité et durables (dont bio) et 30 % les deux objectifs). Le constat est selon elle cohérent avec les données de l’Agence Bio, selon qui le bio représente moins de 7 % des achats en valeur de la restauration collective.* Générations Futures, Bio Consom’acteurs, Agir pour l’environnement et le Collectif Les Pieds dans le Plat
Restauration : 1,22 Md€ de titres restaurant au profit des commerces (organisation patronale)
Le syndicat patronal de la restauration GHR met en avant dans un communiqué du 18 septembre une perte estimée de recettes de 1,22 milliard d’euros annuellement du fait de l’usage des titres restaurant pour les courses alimentaires. Cette somme, dernièrement évaluée par la Commission nationale des titres-restaurant (CNTR), représente les paiements par titres restaurant qui échappent à la restauration sur un marché annuel de plus de 10 milliards d’euros, la grande distribution ayant capté pour sa part 1,04 milliard d’euros. Le « basculement » des titres restaurant vers la GMS a débuté à la fin 2022 avec l’élargissement de leur utilisation aux produits alimentaires non directement consommables, dans la période d’inflation post-covid. Entre le 4e trimestre 2022 et le 1er trimestre 2026, les dépenses en titres-restaurant dans la restauration sont passées de 46,5 % à 34,3 %, rapporte le GHR. Le syndicat demande, en cas de poursuite du « tout alimentaire » en 2027, un double plafond de dépenses [comme l’UMIH, première organisation du secteur].
Bovins lait/viande: le Sud-Ouest en première ligne de la décapitalisation depuis 2015
D’après une récente note d’Agreste sur l’évolution des élevages bovins entre 2015 et 2025, le Sud-Ouest apparaît comme le plus touché par la décapitalisation, en vaches laitières comme en allaitantes. Selon le ministère de l’Agriculture, les départements du Sud-Ouest, « davantage orientés vers des systèmes de polyculture-élevage », ont vu leur nombre d’élevages laitiers fondre de 41 % à 64 %. Une baisse bien plus marquée que celle observée au niveau national (-35 % en dix ans, à 40 800 élevages). Agreste note « une tendance à la spécialisation » des élevages laitiers, qui sont de moins en moins nombreux à engraisser les jeunes animaux. Côté allaitant, les départements de Nouvelle-Aquitaine sont les plus touchés : -43 % d’élevages dans les Landes, -37 % en Lot-et-Garonne, ou encore -26 % dans le Limousin. Le bassin charolais* affiche également une baisse de 20 %, dépassant le recul national (-19 %, à 59 500 élevages). En revanche, le sud du Massif central résiste mieux (-3 % en Lozère, -10 % dans le Cantal), ainsi que le Nord-Est. La filière allaitante connaît « un recentrage sur le modèle naisseurs, qui reste le plus répandu », souligne Agreste. * Ancienne région Bourgogne, Allier, Cher, Indre, Loire
Maraichage diversifié : la Fnab demande un accès prioritaire au « fond de réarmement »
Dans un communique de presse le 18 septembre, la Fnab (agriculteurs bio) demande que le «maraîchage diversifié» soit prioritaire dans l’accès au «fonds de réarmement agricole» du gouvernement, lancé suite aux épisodes de canicule et de sécheresse cette année. Lors du lancement du fonds, la ministre de l'Agriculture avait indiqué que le maraîchage (sans préciser si elle parlait des légumiers ou des maraîchers diversifiés) ferait partie des critères de fléchage de l'enveloppe entre départements. Mais la Fnac constate « trop souvent » l’absence du «maraîchage diversifié», majoritairement pratiqué en bio, dans la construction des critères d’attribution. Ce faisant, la Fnab demande que les agriculteurs bio soient réintégrés dans les discussions du plan Casi (qui inclut le fonds de réarmement) dans tous les départements, rappelant que les fermes bio sont globalement moins bien assurées. « On a transmis aux préfectures nos bilans d’impacts fin août, mais on a “oublié” de nous inviter aux discussions dans de nombreux départements, c’est fâcheux quand-même d’oublier 17% des fermes françaises », commente Olivier Chaloche, co-président de la fédération. L’enquête qu’avait menée le syndicat en août a montré des pertes de production importantes surtout en légumes, arboriculture et certaines productions céréalières.
Vin : les logiciels de gestion français Wineriz rachetés par le norvégien Inqom
Le bordelais Wineriz, éditeur de logiciels de gestion viticole, est racheté par Inqom, filiale du géant norvégien du secteur Visma, ont-ils annoncé le 17 septembre. Cette opération permet à l’entreprise tourangelle d’« étendre son positionnement agricole auprès des cabinets d’expertise comptable spécialisés dans l’accompagnement de la filière viticole », selon le communiqué de la banque d’affaires Cambon partners. Pour Wineriz, c’est la facturation électronique qui joue un rôle moteur. Axelle Oran, cofondatrice de la start-up, explique : « La facturation électronique va obliger chaque domaine à revoir sa chaîne de gestion et beaucoup se tourneront vers leur expert-comptable pour s’y préparer. Nous voulions aborder cette échéance adossés à un acteur qui parle la langue des cabinets. Rejoindre Inqom nous donne cette assise. »
ONU : l'Américain Luke Lindberg nommé à la tête du PAM
L’homme d’affaires américain Luke Lindberg a été nommé le 18 septembre directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, a annoncé l’agence onusienne dans un communiqué. Agé de 37 ans, Luke Lindberg occupe depuis août 2025 le poste de sous-secrétaire au Commerce et aux Affaires agricoles étrangères au sein du département américain de l’Agriculture. Il est également le gendre du chef de la majorité républicaine au Sénat, John Thune. Précédemment, Luke Lindberg a fondé South Dakota Trade, une organisation promouvant l’expansion des exportations de l’Etat américain du Dakota du Sud. Il a également occupé les fonctions de chef de cabinet et de directeur de la stratégie au sein de la Banque d’import-export des Etats-Unis pendant le premier mandat de l’administration Trump. La précédente directrice du PAM, Cindy McCain, 72 ans, avait annoncé fin février sa démission - effective trois mois plus tard - pour raisons de santé.