Canicule : Genevard esquisse le contenu du plan d’urgence et mobilise les préfets
Dans un communiqué du 5 août, le ministère de l’Agriculture esquisse les grands axes du plan d’urgence en cours de préparation, baptisé CASI, pour « canicule, sécheresse, incendies ». Annoncé fin juillet par Annie Genevard et attendu pour la rentrée, il se base sur des dispositifs classiquement utilisés dans ce type de situation : « mesures d'urgence en faveur de la trésorerie des exploitations », « prises en charge de cotisations sociales » ou encore « dispositifs de simplification et de dérogation ». Le plan CASI comprendra aussi « des mesures destinées à faciliter la remise en production des exploitations les plus durement touchées ». La ministre a « réuni l’ensemble des préfets » pour leur demander de désigner un « référent sécheresse » et de mettre en place des « cellules départementales sécheresse ». Cette instance rassemblera les professionnels, les chambres, les banques, les « services sociaux des départements », la MSA et l’administration. Elle fournira un « diagnostic précis » qui servira de base au plan d’urgence, examinera les « marges de manœuvre » réglementaires en matière de gestion de l’eau. Enfin, la ministre indique avoir « saisi la Commission européenne » afin « qu’aucun exploitant ne soit pénalisé lorsqu’il lui est objectivement impossible de respecter certaines exigences de la Pac en raison de la sécheresse » (couverture des sols, rotation des cultures).
Bovins : l’orthobunyavirus également détecté dans l’est de la France et en Allemagne
Le nouveau virus récemment détecté sur des vaches laitières malades en Suisse est également présent dans l’est de la France et en Allemagne, rapporte la plateforme Epidémiosurveillance en santé animale (ESA) dans une note du 5 août. La présence de cet orthobunyavirus a été confirmée dans des « échantillons de plasma et de selles provenant de plusieurs exploitations laitières de Haute-Savoie », « analysés en mélanges ». Les experts précisent qu’il est « très proche du virus Shamonda », qui appartient au groupe Simbu, comprenant aussi le virus Schmallenberg. Pour la plateforme ESA, « l'analyse phylogénétique doit encore être affinée, mais elle permet d'ores et déjà de considérer qu'il s'agit de l'émergence en France d'un nouveau virus ». Les experts sanitaires notent une multiplication « ces derniers jours » des « cas de diarrhée aiguë, accompagnés de fièvre, abattement et baisse de production laitière » dans le Doubs, l’Ain, les Savoie, en Suisse et dans le sud de l’Allemagne (Bade-Würtemberg et Bavière). Malgré la présence du virus, il n’est pas encore confirmé qu’il est à l’origine de ces symptômes, ni qu’il circule activement. En raison du faible nombre d’élevages touchés, « à ce stade, la situation n’est pas alarmante », relativise Alexandre Dimberton, président du GTV (groupement technique vétérinaire) de Bourgogne-Franche-Comté, auprès de nos confrères de Réussir Lait.
Ours : en Ariège, la justice suspend de nouveau des arrêtés d’effarouchement
Après une première annulation le 25 juillet, le tribunal administratif de Toulouse a de nouveau suspendu, le 4 août en référé, deux arrêtés pris par la préfecture de l’Ariège pour autoriser l’effarouchement renforcé des ours dans l’estive d’Arréou, apprend-on dans La Dépêche (article payant). Les textes suspendus, datés du 31 juillet, stipulaient que l’effarouchement devait être réalisé par les agents de l’OFB. Quant au premier arrêté, daté du 22 juillet, il confiait les tirs aux éleveurs du groupement pastoral d’Arreau. La modification n’a pas convaincu le juge : dans les deux affaires, le tribunal a considéré que, avant de demander des tirs d’effarouchement renforcé, les éleveurs auraient dû mettre en place des mesures de protection. « Les tentatives de la préfecture pour justifier l’absence de parc de regroupement nocturne électrifié ont été battues en brèche par les arguments de terrain que nous avons produits », expliquent les associations à l’issue de la saisine* dans un communiqué le 5 août. Les ONG dénoncent « une forme d’acharnement dans l’illégalité, afin d’obtenir un passage en force, au mépris des décisions de justice et de l’éthique la plus élémentaire ». Tout en rappelant que, en parallèle de ces procédures d’urgence (référé), « la situation sur les motifs de fond n’a pas évolué entre-temps ».
* Ferus, Pays de l’Ours-Adet, Comité écologique ariégeois, Animal Cross, FIEP, SNPN
Plantes sauvages : les cueilleurs professionnels alertent sur les effets des canicules
L’Association française des professionnels de la cueillette de plantes sauvages (AFC) alerte, dans un communiqué du 23 juillet, sur les conséquences « majeures » des canicules et de la sécheresse sur les plantes sauvages et l’activité des cueilleurs professionnels. L’avance de la végétation, de deux à trois semaines par rapport au calendrier habituel, a considérablement raccourci les périodes de cueillettes, obligeant les professionnels à récolter les mêmes volumes dans un délai beaucoup plus court, sans toujours y parvenir. Les dates de maturité des plantes sont en outre devenues plus difficiles à anticiper, les effets du changement climatique variant selon les espèces et les milieux. La sécheresse provoque par ailleurs le dessèchement des fleurs, des feuilles ou des fruits, voire la mortalité de certains pieds, entraînant des tensions dans l'approvisionnement. Face à ces tensions, l’AFC appelle les pouvoirs publics à reconnaitre les effets du changement climatique sur les ressources végétales sauvages et les métiers qui en dépendent. Elle plaide également pour un renforcement des connaissances sur l'évolution des milieux, un accompagnement des professionnels et un soutien aux pratiques de cueillette durables. Elle invite enfin l’ensemble des acteurs à privilégier une logique de solidarité et de responsabilité plutôt qu'une recherche de solutions d'approvisionnement moins-disantes.
Incendies : à Fontainebleau, les agriculteurs indemnisés pour avoir acheminé de l’eau
Les départements de l’Essonne et de Seine-et-Marne ont annoncé, dans un communiqué du 27 juillet, qu’ils consacreraient 87 500 € pour indemniser les agriculteurs ayant participé à l’acheminement de l’eau lors de la lutte contre l’incendie qui a frappé la forêt de Fontainebleau les 12 et 13 juillet. Dès les premières heures du sinistre, 70 agriculteurs seine-et-marnais et 34 agriculteurs essonniens se sont portés volontaires pour épauler les sapeurs-pompiers. « Grâce à leurs équipements, leur réactivité et leur connaissance du terrain, ils ont apporté un soutien déterminant dans la lutte contre les flammes », saluent les départements. Dans le détail, les agriculteurs ayant assuré les rotations d’eau recevront une indemnisation forfaitaire de 50 €/h d’intervention. En Seine-et-Marne, « en lien avec la FDSEA », le département consacrera ainsi 70 000 € à l’indemnisation de 45 agriculteurs (près de 1 350 h d’intervention). En Essonne, le département prendra en charge l’indemnisation de huit agriculteurs, pour environ 350 h d’intervention, soit 17 500 €. Les deux département prévoient également un geste de reconnaissance à l’ensemble des agriculteurs ayant apporté leur concours aux opération, y compris ceux ayant participé à la création de pares-feux, sous la forme d’invitations à découvrir un site touristique de leur département.
Vin : Stéphane Gabard reprend la présidence des vins AOC bordeaux
Un an après avoir été évincé de la présidence du syndicat des AOC bordeaux et bordeaux supérieur (1,7 Mhl de vin produits en 2024, soit la moitié des volumes girondins), Stéphane Gabard a retrouvé son fauteuil à l’issue du conseil d’administration du 21 juillet, rapporte le média spécialisé Vitisphere. Seul candidat en lice, il succède à Michel-Éric Jacquin, figure du camp d’opposition soutenu par le collectif Viti 33 et la branche girondine de la Coordination rurale (CR). M. Jacquin l’avait emporté en 2025 avec un seule voix d’avance, à la surprise générale, y compris la sienne. Arrivant au terme de son année de présidence, M. Jacquin ne s’était pas représenté après la perte de la majorité de son équipe lors du renouvellement d’une partie des administrateurs le 26 juin. Président du syndicat entre 2020 et 2025 et représentant du « canal historique », Stéphane Gabard reprend les rênes alors que le vignoble bordelais est confronté à la baisse de la consommation, à l’incertitude des marchés et au changement climatique. Il entend faire de la rémunération des viticulteurs et de l’adaptation au changement climatique ses priorités, dans un contexte où l'irrigation s'impose comme un enjeu brûlant. « Notre mission est claire : défendre le revenu des producteurs, redonner de la valeur à notre travail et préparer l’avenir de nos appellations », souligne M. Gabard.
À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil, Agra Business, et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.