Sécheresse : près de 70 % de la France sous des mesures de restrictions d'eau
Près de 70 % de la France fait actuellement l'objet de mesures de restrictions des usages de l'eau, sous l'effet d'une sécheresse qui s'accentue en raison des vagues de chaleur à répétition qui affectent le pays depuis trois mois, a indiqué le 10 août le gouvernement, en annonçant une réunion de crise le 12 août. Dans le détail, au 9 août, 99 départements, soit l'ensemble du territoire métropolitain, sont a minima en seuil de vigilance. Parmi eux, 67 départements sont placés en situation de crise, le niveau le plus élevé, et 21 sont en alerte renforcée. Au niveau de crise, l'usage de l'eau est réservée aux usages prioritaires : santé, sécurité civile, eau potable, salubrité. Dès le niveau d'alerte et d'alerte renforcée, des restrictions sur l'arrosage des jardins et espaces verts, le remplissages de piscines, le lavage des voitures et l'irrigation des cultures sont appliquées. Pour rappel, diverses cultures, notamment le maïs, souffrent du déficit hydrique. La ministre de la Transition écologique Monique Barbut réunira les membres du Comité d’anticipation et de suivi hydrologique (CASH), ainsi que les préfectures de région, pour évoquer les enjeux de sécheresse le 12 août.
Sécheresse : près de deux tiers des nappes phréatiques sous les normales au 1er août (BRGM)
La sécheresse hydrogéologique s'est encore accentuée en juillet en France sous l'effet des vagues de chaleur à répétition et de la hausse des prélèvements en eau, avec près de deux tiers des nappes phréatiques présentant des niveaux sous les normales, a annoncé le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dans son bulletin mensuel du 10 août. Au 1er août, la quasi-totalité (94 %) des réserves souterraines en eau de la métropole présentent des niveaux en baisse, et la situation des nappes « se dégrade », ajoute l’organisme. Compte tenu des températures élevées et des faibles pluies de ces dernières semaines, 63 % des nappes phréatiques présentent des niveaux sous les normales. C'est quasiment dix points de plus qu'un mois plus tôt (54 % sous les normales au 1er juilllet). Pour les prochains mois, le BRGM indique que les prévisions restent « incertaines » et dépendront en grande partie des éventuelles pluies estivales. Mais, compte tenu des besoins de la végétation, des températures plus élevées attendues dans les scénarios établis par Météo-France pour les trois prochains mois et de l'augmentation des prélèvements, la vidange des nappes devrait « s'accentuer » en août « sur la quasi-totalité des nappes », estime l'organisme.
Sécheresse : en Allemagne, le Rhin en passe d'être coupé en deux (fédération de la navigation)
Déjà à des niveaux historiquement bas faute de précipitations durables, le Rhin pourrait bientôt ne plus être navigable sur l'ensemble de son cours en Allemagne et se retrouver coupé en deux, a averti le 10 août la Fédération allemande de la navigation intérieure (BDB). Pour rappel, le Rhin est une voie d’eau cruciale pour les exportations françaises de grains (blé, maïs, colza, etc.) « L'évolution des niveaux d'eau n'annonce rien de bon », a déclaré au quotidien Rheinische Post Jens Schwanen, directeur général de la BDB. Selon lui, le manque de pluie fait que le niveau d'eau à Kaub, en Rhénanie-Palatinat, entre Coblence et Mayence (ouest), point de référence essentiel pour la navigation et l'économie, devrait tomber pour la première fois cette semaine sous les 10 cm. À de tels niveaux d'eau, le Rhin « ne sera plus navigable de manière continue et se retrouvera scindé en deux », empêchant la continuité dans cette région tant pour le transport commercial de marchandises que pour les bateaux d'excursion, a expliqué M. Schwanen. Le trafic fluvial restera possible entre les ports ARA (Amsterdam, Rotterdam, Anvers) et la Rhénanie-du-Nord-Westphalie jusqu'aux environs de Cologne, via le Rhin et le réseau de canaux de l'ouest de l'Allemagne, selon M. Schwanen. Plus au sud, la navigation pourra se poursuivre sur des affluents comme le Neckar, la Moselle, le Main et le canal Main-Danube.
Sécheresse/légumes : baisses de rendement dramatiques pour Prince de Bretagne
Dans un communiqué de presse du 10 août, l’AOP Cerafel (Prince de Bretagne) tire la sonnette d’alarme face aux très importantes baisses de rendement enregistrées en raison de la sécheresse persistante en Bretagne. « Toutes les productions sont touchées, particulièrement lorsqu’elle ne sont pas irriguées », indique Marc Kérangueven, président de l’AOP. Les producteurs de choux-fleurs constatent environ 20 % de pertes sur les récoltes en cours (jusqu’à 100 % sur les parcelles non irriguées), ainsi que des pertes de jeunes plants qui compromettent les volumes prévus pour l’automne/hiver. Situation similaire pour l’artichaut (de 50 à 100 %). Les pertes atteignent ou dépassent les 50 % pour plusieurs variétés : 60 % pour les brocolis, 50 % pour le coco de Paimpol, la laitue et le chou-pomme, jusqu’à 90 % pour les panais, et jusqu’à 100 % pour les mini-carottes. En chou Romanesco, les premières plantations ont été fortement touchées avec un risque de pertes pouvant atteindre 100 %. Face à la situation, le Cerafel demande aux centrales d’achat de la GMS d’« assouplir les critères d’agréage afin d’éviter les refus de marchandises cet été et pour les mois à venir ». Aux pouvoirs publics, il demande d’« accélérer les décisions sur le stockage hivernal », de « sécuriser les autorisations d’irrigation » et de « soutenir les investissements hydriques ». Seulement 20 % des maraîchers sont équipés pour l’irrigation, rappelle l’AOP.
Fourrages/sécheresse : aide débloquée en Haute-Vienne, en préparation dans les Landes
Alors que la sécheresse et les canicules amputent la production fourragère partout en France, au moins deux conseils départementaux ont annoncé des aides pour l’achat de fourrages. Dans un communiqué du 5 août, le département de la Haute-Vienne indique avoir débloqué une enveloppe d’urgence de 100 000 €, « à destination des jeunes agriculteurs et des exploitations en situation de grande précarité ». Un dispositif adopté la veille, en commission permanente. L’aide atteindra au maximum « 400 € par exploitation » et pourra financer l’achat de « fourrage, paille, céréales, compléments, semences fourragères, plants, semis... ». Les bénéficiaires seront identifiés en lien avec « les Jeunes agriculteurs (JA) 87 et l’association Solidarité paysans Limousin », précise la collectivité. De con côté, le département des Landes mettra au vote « dans les prochaines semaines » un « plan fourrage » d’un montant de 550 000 €, élaboré avec les professionnels et la chambre d’agriculture. D’après un communiqué du 7 août, il regroupera cinq aides forfaitaires : achat de fourrages (60 €/t hors ensilage, 360 €/ha pour l'ensilage de maïs), semis de dérobées d'automne et couverts d'intercultures (60 €/ha), réalisation d'ensilage de maïs (30 €/ha), semis de prairies (150 €/ha) et sursemis de prairies (100 €/ha).
Prix du lait : dans l’Ouest, la FRSEA lance « un dernier avertissement » avant le Space
Alors que les prix du lait reculent depuis l’automne 2025, la FRSEA Ouest (Bretagne et Pays de la Loire) lance, dans un communiqué du 10 août, un « dernier avertissement » aux industriels. Le syndicat exige « des réponses concrètes et des engagements précis de la part des transformateurs laitiers avant le Space » (du 15 au 17 septembre à Rennes), faute de quoi « les éleveurs sauront se faire entendre ». Cela fait déjà « plusieurs mois » que la FRSEA alerte sur « la dégradation du prix du lait ». Après un début 2026 marqué par une production laitière trop importante, « les faits ont changé », martèle-t-elle. Le syndicat souligne que « la collecte laitière a nettement reculé dans l'Ouest » en avril, mai et, encore plus en juin, notamment en raison des canicules. « Dans le même temps, les marchés des principaux produits industriels se stabilisent », mais « les producteurs ne voient toujours aucune revalorisation ». La FRSEA déplore le « silence total » des industriels, alors que « les exploitations traversent une période particulièrement difficile » (sécheresse et canicules, hausse des charges, manque de fourrages, etc.).
Volailles/bien-être animal : Naturalia, première enseigne spécialisée à étiqueter son poulet bio
Dans un communiqué commun du 28 juillet, Naturalia a annoncé le déploiement de l’Étiquette bien-être animal sur le poulet bio de sa marque distributeur, s’affichant comme la première enseigne spécialisée bio à intégrer cet étiquetage promu par l’AEBEA (Association Étiquette bien-être animal). Le label bio officiel français garantit déjà « un niveau élevé de bientraitance animale en élevage et à l’abattoir », comme le rappelle le communiqué. La note affichée chez Naturalia est donc A ou B (en haut de l’échelle). Elle intègre des critères supplémentaires dédiés aux parentaux, au transport et à l’abattage, ainsi que des observations directes en élevage. Cette étiquette est déjà en place sur le poulet d’autres marques du groupe Casino (Casino, Monoprix et Franprix). Cependant, elle ne figure que sur des produits animaux répondant aux niveaux les plus élevés, d’après un communiqué du 18 juillet de l’AEBEA. Selon ce communiqué, c’était jusqu’alors le cas chez tous les distributeurs adhérents, sauf chez Carrefour, qui a affiché l’étiquette BEA y compris sur ses produits les moins bien notés : respectivement C et E (bas de l’échelle) sur les gammes Carrefour Oui au Mieux et Simpl.
Grêle : en Savoie, importants dégâts en fruits, légumes et maïs après un épisode inédit
Dans un communiqué du 7 août, la FDSEA des Savoie, les Jeunes Agriculteurs de Haute-Savoie et le Syndicat des fruits de Savoie alertent sur les conséquences d’un épisode de grêle « d'une ampleur inédite » survenu le 3 août. En arboriculture, les dégâts sont « importants sur les parcelles sans filets paragrêles », la récolte étant « totalement détruite ». Les impacts ont « non seulement fortement endommagé les fruits mais aussi les arbres ». Au-delà de la récolte 2026, les blessures occasionnées aux arbres pourraient également entraîner « des conséquences sur la production de l’année suivante ». En revanche, notent les syndicats, « les filets paragrêles ont permis de limiter la majeure partie des dégâts », même s’ils se sont « plaqués sur le sommet des arbres », laissant certains fruits à la merci des grêlons. Côté maraichage, « choux, fenouils, carottes et tomates ont été broyés par les impacts ». Chez certains maraîchers, « les pertes atteignent 100 % ». « La situation est d'autant plus dramatique qu'il n'est désormais plus possible de replanter », est-il expliqué dans le communiqué. Les dégâts sont également « spectaculaires » sur les maïs (« feuilles arrachées, cannes éclatées, épis touchés ») : « Au-delà des pertes économiques immédiates, cette situation menace également les stocks de fourrages destinés à l'alimentation animale ».
Incendies : au Sénat, quatre commissions saisies pour tirer les leçons de la catastrophe
Après la série historique d’incendies qui a touché la France cet été, le président du Sénat Gérard Larcher a saisi quatre commissions « afin qu’elles puissent engager conjointement un travail d’évaluation, de prospective et de propositions », a-t-il annoncé dans un communiqué le 10 août. Il s’agit des commissions des Lois, des Affaires économiques, des Finances et de l’Aménagement du territoire et du développement durable. Leurs travaux porteront sur la lutte contre les incendies ; sur l’entretien et la protection des forêts ; sur les conséquences environnementales et économiques ; et enfin sur la « nécessaire revitalisation de la filière bois ». D’après le communiqué, « de nombreux sénateurs, notamment de départements sinistrés » ont appelé le Sénat à être « attentif sur ce sujet de la forêt » et à « tirer tous les enseignements de ces catastrophes pour l’avenir ». Depuis le début de l’été, la France a déploré plus de 11 000 feux sur l’ensemble du territoire, avec « au moins 120 000 ha parcourus par les flammes » selon l’AFP. Le plus spectaculaire a touché la Gironde, avec environ 40 000 ha, mais d’autres feux importants se sont notamment déclarés dans les Landes, dans la Drôme, ou encore en forêt de Fontainebleau, selon un bilan réalisé par France Info.
Femmes en agriculture : allègement de cotisations sociales pour les ex-conjoints collaborateurs
Prévu dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, l’allègement de cotisations sociales pour les ex-conjoints collaborateurs vient d’être mis en place par un décret paru le 9 août au Journal officiel. « Cette avancée facilitera l'accès au statut de cheffe d'exploitation », souligne le ministère de l’Agriculture, rappelant que la mesure fait partie du plan d'action pour renforcer la place des femmes en agriculture, présenté le 23 février. Le décret instaure une exonération dégressive de cotisations sociales pour les conjoints collaborateurs qui s’installent en tant que chefs ou co-exploitants à compter du 1er janvier 2027. Cela concerne les cotisations d'assurance maladie, invalidité-maternité, allocations familiales et assurance vieillesse de base. L’exonération est dégressive : à hauteur de 65 % la première année d’installation, 55 % la deuxième, 35 % la troisième, 25 % la quatrième et 15 % la cinquième, dans la limite du plafond prévu par les textes. Pour rappel, la loi du 17 décembre 2021 limite à cinq ans le statut de collaborateur d'exploitation. Résultat, « plus de 8 000 conjoints collaborateurs, dont plus de 80 % sont des femmes, devront quitter ce statut » au 1er janvier 2027, d’après le communiqué.
Horticulture/saisonniers : Cerdys teste la méthode de recrutement par simulation
L’horticulteur et pépiniériste ligérien Cerdys (racheté par Terrena en juillet) a testé sur son site des Nonnains (Maine-et-Loire) la méthode de recrutement par simulation (MRS) pour le recrutement d’ouvriers horticoles saisonniers, rapporte France Travail sur LinkedIn. Cette méthode permet de recruter en se concentrant sur les habiletés et aptitudes nécessaires pour réussir dans le poste, plutôt que sur le CV, les diplômes ou l'expérience professionnelle. Concrètement, les candidats participent à des exercices de mise en situation qui reproduisent certaines exigences du métier : respect des consignes, dextérité, capacité de concentration, travail en équipe, rythme de travail, etc. France Travail avance une « approche ludique, rapide, fluide et humaine, qui permet par la passation d'exercices de valider ses habiletés à exercer ce métier » pour élargir le sourcing des candidats sans CV. Quatre postes d'ouvriers horticoles étaient ouverts et 11 candidats ont répondu présents à cette session de recrutement organisée avec les MRS. « Cette approche a permis d'ouvrir les recrutements à des profils plus variés et de révéler des talents parfois invisibles sur un CV tout en favorisant l'égalité des chances », précise Cerdys.
Emballages : les verriers français réclament la compensation carbone
Dans une tribune collective communiquée à la presse le 27 juillet, les douze principaux industriels français du verre pressent l’État de mettre en place le mécanisme européen de compensation des coûts indirects du carbone afin d’assurer leur compétitivité. Ce dispositif, explique le communiqué, permet de compenser une partie du coût du CO2 répercuté sur le prix de l’électricité des industries électro-intensives. Ce qui permettrait de soutenir les entreprises qui électrifient leurs procédés. L’UE a étendu ce mécanisme aux différents secteurs verriers en décembre 2025, une évolution défendue par la France. Or, notre pays tarde, regrettent-ils, alors que l’Allemagne l’a mis en œuvre, que l’Espagne le déploie et que d’autres pays membres – Portugal, Autriche, Pologne et Italie – suivent la même voie. « Notre souveraineté industrielle s’est déjà fragilisée », font valoir les verriers, rappelant que près de 40 % des bouteilles utilisées en France sont aujourd’hui produites à l’étranger. L’avance du pays en matière d’électrification de l’industrie verrière, acquise grâce au plan d’investissements France 2030, ne doit pas se transformer en handicap, argumentent les industriels.
À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil, Agra Business, et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.