Agra Fil du 12 août 2026

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Sécheresse/Pac : les États membres peuvent recourir aux « cas de force majeure », rappelle Hansen

Dans une déclaration envoyée à la presse le 11 août, le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen rappelle que les États membres peuvent considérer comme « des cas de force majeure » les situations d’agriculteurs empêchés de respecter certaines obligations de la Pac en raison de la sécheresse. « Lorsque des conditions climatiques extrêmes, comme une sécheresse, affectent leurs cultures ou leur bétail, les autorités nationales peuvent reconnaître ces situations comme des cas de force majeure », indique-t-il. Un régime qui permet de « continuer à bénéficier des paiements de la Pac auxquels ils ont droit, même lorsqu’ils ne sont pas en mesure de respecter certaines exigences en raison de ces circonstances exceptionnelles ». Le dispositif concerne notamment certaines mesures de conditionnalité des aides (BCAE). Dans un communiqué du 5 août, le ministère de l’Agriculture indique avoir « saisi la Commission européenne » sur ce sujet, citant « les obligations de couverture minimale des sols ou de rotation des cultures lorsque les semis n’ont pu être réalisés ou que les couverts n’ont pas levé du fait des conditions climatiques ». En règle générale, après validation aux niveaux européen et national, le dispositif de force majeure implique que chaque agriculteur doit déposer une demande individuelle. Un État membre peut aussi mettre en place des zonages pour accélérer la procédure.

Sécheresse/légumes : la Conf’ demande des contrôles Pac adaptés et une aide forfaitaire

Dans un communiqué de presse du 11 août, la Confédération paysanne fait état d’une « multiplication des contrôles Pac sur les fermes légumières », alors que les secteur fait face aux effets de la sécheresse et, localement, de la grêle. « Nous ne sommes pas opposés aux contrôles mais ils doivent être adaptés aux réalités des fermes diversifiées et à une année climatique exceptionnelle », martèle le syndicat. Et de réclamer « la suspension des remises en cause de l’aide couplée maraîchage lorsque l’absence momentanée de culture résulte de la sécheresse, de la grêle ou de cultures détruites », ainsi que « l’arrêt des redécoupages abusifs des planches et parcelles et de la remise en cause des zones nécessaires au fonctionnement du maraîchage diversifié ». La Conf’ demande aussi « la fin des présomptions de sous-déclaration de SAU sans élément objectif ». Elle veut enfin que le calendrier et les critères d’éligibilité (date du 15 juillet) soient « adaptés », car jugés incompatibles avec le maraichage. Dernière demande : le paiement des avances Pac dès le mois d’août. Par ailleurs, la Confédération paysanne exige le versement rapide d’une aide forfaitaire de 5 000 € par actif pour les exploitations ayant subi 30 % de pertes de récolte ou de chiffre d’affaires, en ciblant particulièrement celles non assurées en multirisque climatique.

Pesticides : abaisser les LMR dans les produits importés, un impact très variable (étude)

Selon une étude préliminaire publiée par le Joint Research Centre (Commission) le 11 août, abaisser les limites maximales de résidus (LMR) de pesticides au seuil de détection dans les produits agricoles importés dans l’UE aurait un impact très variable – voire même quasi nul –, en fonction de l’intensité de l’adaptation des pays exportateurs. Prévue dans la Vision de la Commission européenne pour l’agriculture et l’alimentation, cette étude se concentre sur 18 substances actives parmi les plus dangereuses actuellement retrouvées dans les importations ou autorisées dans les pays tiers. En l’absence d’adaptation des exportateurs, l’abaissement des LMR provoquerait un effondrement de 41 % des importations (plus de 90 % pour les agrumes et le soja). Pour compenser ces volumes, la production agricole européenne augmenterait de 1,1 % (agrumes, colza et soja principalement). Mais l’élevage européen serait pénalisé par la hausse du prix de l’alimentation animale (+87 % pour les tourteaux de soja), provoquant des baisses de production de 5,8 % en porc et 5,4 % en volailles. À l’opposé, dans le scénario où les pays tiers s’adaptent totalement à cette nouvelle donne, l’impact serait quasi nul : -0,4 % pour les importations, +1 % pour les prix à la consommation en Europe.

Œufs : l’UE a importé un tonnage record durant les cinq premiers mois de 2026

De janvier à mai 2026, l’Union européenne a quasiment doublé ses importations d’œufs par rapport à la même période de 2025, atteignant un record, d’après le journal Les Marchés, qui se base sur les statistiques Eurostat dans un article (payant) du 29 juillet. Frisant les 100 000 t, le volume importé est en hausse de 93 % sur un an. Le journal rappelle que l’année 2025 avait vu pour la première fois le volume d’œufs importés dépasser les 100 000 t (avec un total de 157 000 t). L’UE a deux fournisseurs essentiels : l’Ukraine et la Turquie. Le premier a fourni 50 299 t au cours de ces cinq mois, soit 28 % de plus que sur la même période de l’an dernier. Quant à la Turquie, elle est revenue en force sur le marché européen. En effet, les importations en provenance de ce pays ont été multipliées par 31. C’est six fois plus que lors du précédent pic de 2023. Tous ces volumes restent cependant faibles au regard de la production européenne, qui est de près de 6,7 Mt en année normale selon le site internet de la Commission. La conjoncture (sortie de l’influenza aviaire, transition hors cage, hausse de la consommation) est propice à l’importation.

Influenza aviaire : l'Australie va vacciner volailles et oiseaux sauvages contre la souche H5

Les autorités australiennes ont annoncé ce 11 août qu'elles allaient vacciner les espèces d'oiseaux jugées particulièrement vulnérables à la souche H5 de l’influenza aviaire. La semaine dernière, l’Australie a connu un épisode de mortalité massive dans la faune sauvage. Le premier cas, sur un oiseau migrateur, avait été détecté en juin dans ce pays jusqu'à présent épargné par l’épizootie. Le 10 août, 231 cas étaient confirmés ou présumés positifs sur le territoire. Les responsables ont déclaré qu'ils déploieraient des vaccinations ciblées pour les espèces captives et sauvages. « Là où il sera possible de vacciner les oiseaux sauvages, nous le ferons, mais la priorité est de vacciner les oiseaux en captivité », a déclaré le ministre de l'Environnement, Murray Watt. Parmi les oiseaux sauvages les plus touchés par la souche H5 figurent les palmipèdes, les oiseaux de rivage ou de mer et les rapaces. Les volailles domestiques semblent pour l’heure épargnées. La ministre de l'Agriculture, Julie Collins, a affirmé que l'Australie devait s'attendre à de nouvelles mortalités massives d'oiseaux.

Élections sénatoriales : de nombreux spécialistes agricoles remettent leur siège en jeu

Le 27 septembre, quelque 93 000 grands électeurs (maires et délégués des conseils municipaux) éliront 178 sénateurs, soit la moitié de la chambre haute, correspondant aux membres élus en 2020. Parmi eux, le président des Républicains et candidat à la présidentielle Bruno Retailleau (Vendée), ainsi que la présidente de la commission des Affaires économiques Dominique Estrosi Sassone (LR, Alpes-Maritimes), tous deux candidats pour un nouveau mandat. De nombreux spécialistes des dossiers agricoles remettront aussi leur siège en jeu. Chez Les Républicains (majoritaires), c’est le cas de Daniel Gremillet (Vosges) et d’Olivier Rietmann (Haute-Saône), selon le site du Sénat consacré aux élections. Idem pour les socialistes Nicole Bonnefoy (Charente), Franck Montaugé (Gers), Serge Mérillou (Dordogne) ou encore Christian Redon-Sarrazy (Haute-Vienne), ainsi que l’écologiste Daniel Salmon (Ille-et-Vilaine) et la centriste Anne-Catherine Loisier (Côte-d’Or). La quasi-totalité de ces élus connaisseurs des sujets agricoles ont déjà annoncé être candidats à leur réélection. 64 circonscriptions sont concernées, dont 58 départements de métropole, un département d’outre-mer (Guyane), quatre collectivités d’outre-mer et six sièges pour les Français de l’étranger. Après le scrutin, le mandat, d’une durée de six ans, débutera le 1er octobre, avec l’élection du président du Sénat.

Alimentation : l'administration Trump veut plus de transparence sur les ingrédients

Le gouvernement de Donald Trump a dévoilé le 10 août son projet d'obliger l'industrie alimentaire à plus de transparence à propos des ingrédients contenus dans ses produits. Jusqu'à aujourd'hui, les fabricants américains pouvaient ajouter de nouveaux ingrédients sans contrôle des autorités sanitaires en vertu d'une vieille règle connue sous son acronyme GRAS, pour « Generally Recognized as Safe » (« globalement reconnu comme sûr »). Initialement prévue pour couvrir des ingrédients aussi basiques que la farine, elle a, selon ses critiques, été détournée par l'industrie, qui a utilisé cette faille pour ajouter épaississants, stabilisants et colorants dans l'alimentation des Américains sans en informer les autorités. Cette réforme, encore ouverte aux commentaires du public avant application, doit rendre obligatoire le signalement aux autorités sanitaires, la FDA, de l'ajout d'un ingrédient qui rentre dans cette catégorie et qui y échappait jusque-là. L'industrie alimentaire s'est battue contre cette réforme, de même que contre une nouvelle définition des aliments ultra-transformés, autre cheval de bataille du ministre de Donald Trump.

À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil, Agra Business, et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.