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Forêts/incendies : premiers bilans pour la recherche scientifique et la filière bois

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Les premiers effets des incendies en Gironde se dessinent. L’Inrae annonce la destruction de 80 hectares de dispositifs de recherche, tandis que la filière bois peine encore à évaluer l’état de la ressource.

Alors que les incendies ont, selon les derniers bilans, ravagé près de 42 000 hectares du massif landais en Gironde, les premières conséquences se dessinent pour la recherche forestière et la filière bois. Dans un communiqué publié le 29 juillet, l’Inrae a annoncé la destruction de près de 80 hectares de dispositifs d’observation et d’expérimentation forestières de l’Inrae, dont plusieurs observatoires uniques suivis depuis des décennies.

Implantés sur le domaine de Castillonville, à Cestas (Gironde), ces dispositifs contribuaient à des programmes de recherche régionaux, nationaux, européens et internationaux consacrés à l’adaptation des forêts au changement climatique. Ils ont notamment permis d’étudier les ressources génétiques du pin maritime de différentes provenances, les mélanges d’espèces, les effets des bioagresseurs ou encore de nouveaux itinéraires sylvicoles conciliant production de bois, préservation de la biodiversité et adaptation aux perturbations environnementales.

« Cette destruction met fin à des observations et expérimentations menées sur le long terme », déplore l’Inrae. Les bâtiments, les équipements scientifiques et les autres terrains expérimentaux du domaine de recherche de l’Inrae de Cestas, soit plus de 300 ha, ont pu être préservés grâce à l’intervention des sapeurs-pompiers. L’institut entend désormais vouloir concevoir de nouveaux dispositifs et poursuivre les travaux destinés à mieux comprendre et accompagner l’adaptation des forêts aux changements globaux.

Des pertes difficiles à mesurer

Si un premier bilan des dégâts sur les infrastructures de la recherche forestière a pu être dressé, il est encore trop tôt pour évaluer avec précision l’état de la ressource en bois, a indiqué la présidente de France Bois Forêt, Anne Duisabeau, dans un entretien accordé le 28 juillet à l’AFP. La filière s’est montrée « très engagée » dans la lutte, « à travers une mobilisation générale aux côtés du monde agricole » intervenu dans « l’alimentation des camions et sur la mise en place de lignes d’appui et de pare-feu ».

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Les forêts appartiennent majoritairement à des propriétaires privés, qui seront « touchés en premier lieu avec des pertes importantes mais ce n’est pas parce qu’il est brûlé que le bois ne peut pas être utilisé » Et de préciser que des assurances existent pour les propriétaires. Anne Duisabeau rappelle que « 30 % à 40 % du sciage français à destination du secteur de la palette viennent des Landes ». Si les 42 000 hectares brûlés représentent une surface « très importante » dans l’absolu, ils doivent toutefois être comparés à la superficie totale du massif landais, soit un million d’hectares.

« Les entreprises s’approvisionnent dans plusieurs endroits, explique-t-elle. Mais après le passage du feu, on va plutôt orienter les capacités vers ces zones pour sauver le maximum de bois. » Le bois le moins endommagé pourra partir en scierie, le reste en bois d’industrie, pour la papeterie, des panneaux, etc. Et, pour le plus endommagé, en bois énergie.

JJ

30 à 40 % du sciage français destiné aux palettes viennent des Landes