Agra Fil du 10 septembre 2026

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Sécheresse: les banques mûres pour des prêts court terme aménagés, Matignon attendu

Alors qu'Annie Genevard est attendue de pied ferme aux Terres de Jim 2026 à Metz, ce 11 septembre, les établissements bancaires attendent de savoir comment le gouvernement compte - ou non - s'engager avec eux pour proposer des prêts aménagés aux agriculteurs touchés par la sécheresse. A l'instar de ce que propose la FNSEA, les banques ont travaillé sur un dispositif de prêt à court terme avec report de la première échéance et taux réduit. L'annonce du plan Casi, le 4 septembre, avait fait l'impasse sur ces dispositions, qui sont toujours attendues par la profession. La ministre de l'Agriculture avait annoncé mi-août qu'elle planchait sur un «prêt sécheresse», qui pourrait être «garanti ou bonifié». Sans surprise, les discussions butent sur le budget entre Bercy et le ministère de l'Agriculture. Un arbitrage de Matignon est attendu. Les banques ne portent pas de projet d'«année blanche», tel que proposé par la Confédération paysanne ou le président de la région Grand Est. Franck Leroy a réuni ce jour les établissements bancaires de sa région, pour proposer le report d'une «annuité de capital, sans pénalité ni frais supplémentaires, avec une mobilisation conjointe de l’État, de l’Union européenne et de la Région Grand Est». Selon son équipe, cette disposition a déjà été mise en oeuvre en 2016, et pourrait être plus simple à instruire pour les agriculteurs, en mobilisant notamment les services du conseil régional.

Sécheresse : réflexions sur l’import de fourrages, dans un marché européen en manque

Pour faire face au déficit de fourrages provoqué par la sécheresse, « le ministère de l’Agriculture essaie d’identifier des pays européens qui auraient du fourrage disponible », a indiqué Sébastien Windsor, le président de Chambres d’agriculture France, le 9 septembre en conférence de presse. Une démarche qui se heurte à deux freins majeurs : la disponibilité et le prix. Les conditions extrêmes de cet été ont touché une large partie de l’Europe. Selon le dernier bulletin de l’observatoire Mars (Commission européenne), paru le 24 août, il n’y aurait guère que la Suède, la Finlande et les pays baltiques à connaître « des conditions plus favorables » à la pousse de l’herbe. La Pologne se distingue aussi par « une biomasse proche de la moyenne », contrairement à tous les autres pays européens. « Parmi nos voisins proches, aucun ne semble en capacité d’exporter des fourrages », indique Soline Schetelat, chargée d’études à l’Idele (Institut de l’élevage), interrogée par Agra Presse lors d’une visioconférence. « Je ne pense pas que l’on soit capable d’équilibrer un bilan fourrager à l’échelle européenne aujourd’hui. » Conséquence de la pénurie, les fourrages se négocient à des prix très élevés. « Pour ce qui est des flux d’importation, le prix est au centre des débats, note Sébastien Windsor, car tous nos voisins sont aux achats. »

Sécheresse : les chambres proposent des bilans fourragers gratuits ou à bas coût

Face aux déficits fourragers dus à la sécheresse historique de cet été, les chambres d’agriculture proposent, partout en France, des bilans fourragers « gratuitement ou à coût extrêmement réduit », a indiqué Sébastien Windsor, président de Chambres d’agriculture France, le 9 septembre. « On a vu de la sidération chez les éleveurs cet été », a-t-il noté, avec parfois « des difficultés à prendre la mesure de la perte ». Les besoins semblent au rendez-vous : en Normandie – région qui ne figure pas parmi les plus touchées cet été –, « nous avons prévu de réaliser plus de 200 bilans », a illustré M. Windsor. Par ailleurs, une enquête menée auprès du réseau des chambres fait apparaître de grandes difficultés à venir dans plus de trente départements. Avec des déficits fourragers « de très grande ampleur » et des problèmes de transport, quatre départements font face à « un risque explicite de rupture d’alimentation des troupeaux à court terme » (Cantal, Puy-de-Dôme, Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées). Dans 28 autres départements, « des achats massifs de fourrages deviennent nécessaires », et une future décapitalisation est « évoquée » (Pays de la Loire, Bourgogne-Franche-Comté, Alpes, sud du Massif central jusqu’aux Pyrénées).

Elevage/canicules: les Pays de la Loire débloquent 12 M€ pour adapter les bâtiments

Lors d’un déplacement dans un élevage bovin vendéen le 8 septembre, Christelle Morançais, présidente de la région Pays de la Loire, a annoncé le lancement d’un appel à projets doté de 12 millions d’euros pour équiper jusqu’à 800 élevages ligériens de dispositifs permettant de faire face à des températures élevées. « Chacune des crises que traverse l’agriculture doit être une opportunité de repenser les modèles existants pour se projeter vers l'avenir », a-t-elle déclaré. L’appel à projets prévoit un financement à hauteur de 40 % pour des investissements compris entre 5 000 et 40 000 €. Ventilation, brumisation, isolation, aération ou encore douchage sont autant de solutions possibles pour adapter les bâtiments aux températures extrêmes. « Nous avons prévu une mise en place simple de cet appel à projet pour que vous puissiez agir rapidement », a précisé Christelle Morençais aux agriculteurs présents. Les élevages de volailles label, particulièrement nombreux dans la région et ayant connu une mortalité importante cet été, sont l’une des cibles de ce financement. « Seuls 30 à 40 % des élevages de volailles plein air sont équipés actuellement contre 90 % des élevages en bâtiment classique », chiffre Enzo Bourrasseau, vice-président de la section avicole de la chambre d’agriculture des Pays de la Loire. (Tanguy Dhelin)

Broutards : des disponibilités en légère hausse, « dynamisme » attendu pour la demande

Après deux années perturbées par les maladies vectorielles, la prochaine saison des broutards, qui commencera à l’automne, devrait être marquée par de meilleures disponibilités. Au 1er août, les effectifs de mâles de six à douze mois nés de mère allaitante progressent de 5 % sur un an, à 631 000 têtes (-1 % par rapport à 2024), indique Caroline Monniot, responsable du service Économie des filières à l’Idele, à Agra Presse. Tous ne pourront pas être exportés en vif, car « certains de ces animaux sont déjà mis en place [dans des ateliers d’engraissement] en France ». Pour les plus jeunes animaux (0-6 mois, nés entre février et juillet), les effectifs sont équivalents à 2025, et en recul de 8 % par rapport à 2024. Ce qui peut s’expliquer par la baisse tendancielle du cheptel et par l’effet de traine des maladies vectorielles de l’automne 2024 (décalage des naissances). Du côté de la demande européenne, Caroline Monniot perçoit du « dynamisme » pour la rentrée, après un été où la consommation a été « atone » en raison de la chaleur. Les exportateurs français ont « fait un bon été » vers les deux principales destinations, selon elle, avec 153 000 bovins exportés en Italie (+5 %) et 93 000 en Espagne (+4,5 %) sur les semaines 27 à 36 (du 29 juin au 6 septembre) ; les cours, après une chute au printemps, « se sont stabilisés » ces dernières semaines.

Bovins : extension du virus Shamonda en France, premier cas sur ovin en Belgique

Le nouvel orthobunyavirus Shamonda-Europe, qui affecte principalement les bovins, a été confirmé pour la première fois sur des ovins en Belgique, indique la plateforme Épidémiosurveillance en santé animale (ESA) dans son bulletin du 8 septembre. Les élevages concernés sont situés en Wallonie (provinces de Namur et Hainaut). Selon l’association d’éleveurs belges Arsia, « à ce stade, aucun signe clinique n’a été observé chez les moutons analysés par l’université de Namur ». En France, le virus apparu cet été est désormais présent dans 37 départements, soit 13 de plus en une semaine. Shamonda-Europe s’est dispersé dans l’Ouest (Côtes-d'Armor, Loire-Atlantique, Finistère, Morbihan) et dans le grand Massif central (Allier, Corrèze, Gers, Lot, Lozère, Tarn), ainsi que dans le quart sud-est du pays (Drôme, Rhône, Ardèche). Tous ces cas ont été confirmés « chez des bovins présentant des symptômes » (fièvre, diarrhée, baisse de production laitière). Par ailleurs, les scientifiques ont identifié deux variants du virus, aux « génotypes distincts », mais sans « variations cliniques » : le Shamonda-Europe 1 (SHAV-EU1) est celui observé en France, en Suisse et dans le sud de l’Allemagne ; le Shamonda Europe 2 (SHAV-EU2) touche, lui, les Pays-Bas et le nord de l’Allemagne.

Poulet : lancement d’un nouveau label « bien-être animal » calé sur l’ECC

Un collectif regroupant des entreprises majeures de la filière française du poulet a annoncé le 9 septembre le lancement d’un label baptisé « Bien-être animal, filière agricole engagée », basé sur un cahier des charges très proche de l’European Chicken Commitment (ECC). La démarche regroupe des majors de l’amont (LDC, Eureden, Le Gouessant, Sanders...), ainsi que des transformateurs (Daunat, DS Restauration...), des grossistes professionnels (Metro, Le Saint, Transgourmet...) ou encore des experts du bien-être animal (Itavi...). Réservé aux poulets « 100 % français », ce nouveau label vise à « apporter de la transparence sur les conditions d’élevage » et à « valoriser les engagements des acteurs » en matière de bien-être animal, d’après un communiqué. Parmi les 26 points du cahier des charges, cinq sont mis en avant : 10 % d’espace en plus par rapport au minimum réglementaire ; lumière naturelle ; enrichissement des poulaillers ; « exigences sanitaires contrôlées » ; « formation continue des éleveurs et du personnel ». À la différence de l’Étiquette Bien-être animal, qui permet de comparer des produits, le label « Filière agricole engagée » ne comprend qu’un seul niveau. Il sera « apposé progressivement dès mi-septembre », et son lancement sera « accompagné d'une campagne de communication multicanale ».

Influenza aviaire : trois foyers dans des élevages de canards en Maine-et-Loire

Trois foyers d’influenza aviaire hautement pathogène ont été confirmés ces derniers jours dans des élevages de canards du Baugeois (nord-est), a annoncé la préfecture du Maine-et-Loire dans un communiqué le 9 septembre. Après un premier foyer à Longué-Jumelles la semaine dernière (7 600 canards abattus), deux autres cas ont été détectés dans deux communes voisines, La Lande-Chasles (gavage) et Mouliherne (reproducteurs). Les pouvoirs publics préviennent que « cette situation sanitaire est hautement évolutive ». « Le dépeuplement de ces deux élevages est engagé », ajoute la préfecture, qui a pris un arrêté instaurant des zones de protection et de surveillance autour des cas (surveillance et restriction des mouvements d’animaux), selon la procédure habituelle. Ces trois cas mainoligériens sont les premiers de la campagne 2026-2027, qui a démarré au 1eraoût. Lors de la campagne précédente (d’août 2025 à fin juillet 2026), la France a comptabilisé 156 foyers d’influenza aviaire (125 en élevages, 31 dans des basses-cours et oiseaux captifs non commerciaux), selon le bilan du ministère de l’Agriculture.

Charcuterie : Fleury Michon redresse ses marges et son bénéfice au premier semestre

L’industriel du rayon charcuterie-traiteur Fleury Michon a redressé son bénéfice net à 7,1 millions d’euros (M€) au premier semestre, après avoir pâti l’année précédente de cours historiquement élevés de la volaille, a-t-il annoncé le 9 septembre. Son chiffre d’affaires semestriel a augmenté de 3,5 %, à 420,7 M€, porté à plus de 80 % par les ventes de la grande distribution de charcuteries, des plats préparés individuels et de produits de la mer (surimi notamment), en croissance de 2,8 %. « Sur le segment charcuterie, Fleury Michon surperforme à nouveau le marché en volume et affiche des gains de parts de marché sur les deux gammes principales que sont le jambon de porc et le jambon de volaille », détaille l’entreprise, en notant que ses « tranches végé » continuent leur expansion. « A contrario, le marché des plats préparés est en léger déclin sur le premier semestre », précise le groupe. En 2025, le groupe avait eu du mal à répercuter la hausse des cours de la volaille sur ses prix, ce qui avait conduit son bénéfice à chuter à 300 000 € au premier semestre, alors que ses ventes étaient en hausse. Cette année, le groupe a redressé ses marges au premier semestre (2,6 % de marge opérationnelle, contre 0,1 % au premier semestre 2025 et 1,8 % en 2024) et son bénéfice a suivi, retrouvant ses niveaux de 2024, à 7,1 M€.

Restauration collective : des propositions de Bruxelles pour favoriser un approvisionnement de qualité

La Commission européenne a présenté, le 9 septembre, sa proposition de réforme des marchés publics dans l’UE, visant notamment à encourager le recours aux fournisseurs européens ou locaux par les collectivités dans leurs appels d’offres. Contrairement à la première version de ce texte qui avait circulé durant l’été, des dispositions spécifiques sont désormais prévues pour les achats alimentaires pour les cantines publiques — en particulier dans les écoles et les hôpitaux. L’exécutif propose donc une liste de considérations pouvant être exigées pour ces marchés alimentaires : équité et transparence dans les chaînes d’approvisionnement, mode de production biologique, systèmes de qualité, valeur nutritionnelle et effets sur la santé, fraîcheur et caractère saisonnier, organisation des chaînes d’approvisionnement ou encore bien-être animal. Si ces propositions de réforme qui vont désormais être discutées par les colégislateurs sont adoptées, les acheteurs publics devront en outre inclure en principe une part minimum de 30% de critères autres que le prix dans leurs procédures. De nombreuses organisations agricoles de l’UE – Copa-Cogeca, Farm Europe, IFOAM (bio) – ont salué ces initiatives même si elles estiment que le texte pourraient être plus ambitieux en rendant notamment obligatoire l’imposition de critères environnementaux ou de qualité.

Guerre commerciale : Trump va interdire les importations canadiennes de boissons alcoolisées

En réponse aux récentes mesures canadiennes, le président américain Donald Trump a décidé, le 8 septembre en vertu de l’article 338 de la loi tarifaire de 1930, de revoir à la hausse certaines surtaxes douanières et même d’interdire l’importation de certains produits canadiens aux Etats-Unis. Cette annonce marque une nouvelle aggravation des tensions dans la guerre commerciale que se livrent les Etats-Unis et le Canada depuis l’échec fin août de leurs discussions en vue de remplacer l’accord ACEUM (Canada-Etats-Unis-Mexique). Et le secteur agroalimentaire est concerné. Concrètement, à compter du 15 septembre, certains fromages ainsi que les cuirs et peaux seront frappés par un droit ad valorem additionnel de 50 %. De leur côté, les boissons alcoolisées (bières, vin, cidre et spiritueux) mais aussi le lactosérum, les mélasses et la bière sans alcool en provenance du Canada ne pourront entrer sur le marché américain à partir du 29 septembre. Pour justifier cette interdiction d'importer, le président Donald Trump met en avant le boycott, selon lui « discriminatoire », visant les alcools américains au Canada.

Champagne : dérogation pour titrer à plus de 13 % d'alcool, une première

La vendange 2026 en Champagne, peu abondante et d'une précocité inédite, présente « un potentiel de très grands vins », a estimé le 9 septembre le Comité Champagne, qui a également annoncé avoir obtenu l'autorisation de vente de bouteilles à plus de 13 % d'alcool, une première. Cette dérogation temporaire au cahier des charges doit permettre aux « quelques vignerons » dont le raisin récolté a d'ores et déjà un fort potentiel en degré d'alcool, de produire des vins titrant jusqu'à 15 %, et ce même après une éventuelle chaptalisation, c'est-à-dire l'ajout de sucres lors du processus de double fermentation du champagne, selon l’interprofession. Côté volume, le rendement agronomique a quant à lui atteint un niveau très bas par rapport aux dernières années, à environ 7 000 kg/ha, selon le coprésident Maxime Toubart. En 2025, il s'était élevé à 9 900 kg/ha. Cette baisse, liée à des conditions climatiques difficiles, ne devrait cependant pas empêcher le vignoble d'atteindre le quota commercialisable, fixé cette année à 8 800 kg/ha. En effet, le champagne étant majoritairement un vin d'assemblage, « lorsqu'on fait face à un déficit de récolte (...), les quantités [manquantes] sont sorties de la réserve interprofessionnelle », a souligné le coprésident David Chatillon.

Pruneaux : la filière française dénonce la suppression des droits de douane américains dans l’UE

La filière du pruneau d’Agen dénonce dans un communiqué publié le 9 septembre, la suppression, depuis le 1er juillet des droits de douane sur les pruneaux américains importés dans l’Union européenne (UE), prévue par l’accord commercial conclu entre l’UE et es États-Unis. Selon le Bureau national interprofessionnel du pruneau, les entreprises de transformation américaines étaient jusqu’à présent soumises à des droits de douane de 9,6 %. « Jamais informée ni consultée par les autorités françaises ou européennes, la filière française du pruneau s’estime sacrifiée sur l’autel des négociations commerciales imposées par les Américains », déplore l’interprofession. Entre 2020 et 2025, environ 7 675 tonnes de pruneaux américains sont importées chaque année dans l’UE et le Royaume-Uni. La filière redoute que ce volume n’augmente « de façon très importante » avec la suppression des droits de douane, réduisant d’autant les débouchés potentiels pour les entreprises françaises. L’interprofession a donc interpellé par courrier Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, sur la cohérence de ce nouvel accord commercial avec l'objectif de souveraineté alimentaire.

Serres/énergie : le projet de décret électrification en consultation, la profession inquiète

Le ministère de la Transition écologique a mis en consultation, jusqu’au 30 septembre, le projet d’arrêté portant révision de la fiche d’opération standardisée AGRI-TH-108 et du référentiel de contrôle, entamée depuis le début de l’année. Cette fiche vise à accompagner l’installation de pompes à chaleur (PAC) fixes de type air-eau pour le chauffage des serres maraîchères ou horticoles. Cette nouvelle mouture prévoit plusieurs aménagements : étude préalable de dimensionnement obligatoire afin de limiter les risques de surdimensionnement, contrôle de 100 % des équipements installés. Elle indique aussi un calcul, réalisé en énergie finale intégrale, du volume de certificats d’économies d’énergie (CEE) éligible en fonction de la surface de serre chauffée, avec un plafonnement de la surface valorisable en fonction de la puissance installée. Contacté par Agra Presse, Légumes de France (producteurs, FNSEA) se dit inquiet sur un point : un périmètre limité aux PAC air-eau, qui exclut les solutions hybrides associant une PAC et une chaudière à combustible en fonctionnement normal. Malgré plusieurs rendez-vous avec les cabinets ministériels, le syndicat reconnaît de « grosses difficultés » à faire passer ce message auprès du gouvernement, adepte d’une électrification totale. Légumes de France n’a pas eu confirmation que cette consultation serait « déterminante ou pas » de la part du ministère de l’Énergie.

Pêches : le ministère annonce une légère hausse de production, l'AOPn reste prudente

Selon les prévisions du ministère de l’Agriculture (Agreste) au 1er septembre, la production française de pêches, nectarines, brugnons et pavies atteindrait près de 222 000 tonnes en 2026, soit 1 % de plus qu’en 2025 et 3 % au-dessus de la moyenne des cinq dernières années. Un chiffre que l’AOPn pêches-nectarines-abricots ne valide pas, en raison de méthodes de calcul différentes. L’organisation, qui prévoit encore deux semaines de production, indique à Agra presse le 9 septembre qu’il est trop tôt pour arrêter des volumes. Selon Agreste, les canicules successives ont peu affecté les quantités produites, mais les calibres sont parfois plus petits qu’attendu. Les vergers sont aujourd’hui largement irrigués et le pêcher est une espèce résistante à la chaleur, souligne le ministère. Dans le détail, la production en Occitanie devrait se situer légèrement au-dessus de celle de 2025 (+2 %). En Provence-Alpes-Côte d’Azur, la production devrait progresser de 2 % sur un an et de 9 % par rapport à la moyenne quinquennale. Dans la vallée du Rhône, la baisse des surfaces devrait entraîner un repli de 4 % de la production, malgré des rendements stables sur un an. Côté marché, la consommation s’est montrée particulièrement « dynamique », tandis que les prix des pêches et nectarines se sont maintenus à un niveau élevé, dépassant de 6 % ceux de 2025 et de la moyenne quinquennale 2021-2025.

Enseignement : fermeture brutale du campus breton The Land School of Management (presse)

Le campus privé The Land School of Management, basé à Rennes, a été placé en « cessation d'activité » et ferme sa douzaine d'écoles en Ille-et-Vilaine, selon France 3 le 3 septembre. Prévenus par mail le 31 août 2026, les étudiants seront « prochainement contactés », informe l'établissement qui dit « chercher des solutions pour la poursuite de leur scolarité. Dans un communiqué, The Land School of Management déclare « concentrer ses efforts sur la recherche de solutions permettant aux étudiants de poursuivre leur formation dans les conditions les plus acceptables possibles. Des échanges sont ainsi en cours avec plusieurs écoles et établissements d’enseignement supérieur du bassin rennais afin d’étudier les différentes possibilités de poursuite de parcours ainsi que les conditions dans lesquelles les étudiants pourraient être accueillis. » The Land School of Management, installé à Rennes en 2020, avec deux autres antennes à Vitré et à La Guerche-de-Bretagne, compte une douzaine d'écoles supérieures, des BTS et Bachelor, axées entre autres sur l'agriculture. La préfecture de région, dans un message à la presse le 9 septembre, indique avoir mis en place une cellule dédiée coordonnant « depuis plusieurs semaines » l'ensemble des acteurs impliqués dans cette défaillance d'organisme de formation.

Enseignement : un plan en faveur des métiers et formations, réaction mitigée de JA

Annie Genevard a lancé le 8 septembre le Programme national d’orientation et de découverte des métiers du vivant (PNOD), prévu dans la loi d’orientation agricole. Objectif : « Permettre à chaque jeune de mieux connaître les métiers du vivant et les formations », selon un communiqué. La réaction du syndicat Jeunes agriculteurs a paru mitigée. « On ne peut pas afficher une ambition nationale pour l’orientation agricole et, dans le même temps, sabrer les budgets », a-t-il commenté sur les réseaux sociaux. Interrogé par Agra Presse, les JA déplorent que l’Etat ne financera plus la promotion des métiers via une ligne de 4 M€ de l’AITA (Accompagnement à l’installation-transmission en agriculture), comme annoncé par la ministre lors d’un entretien le 2 septembre. Et le syndicat d’affirmer sur X et LinkedIn que « le maintien du financement AITA est essentiel pour poursuivre et renforcer les actions déjà engagées en matière de promotion des métiers, de communication et de sensibilisation ». Le PNOD comprend une enveloppe de 500 000 euros pour accompagner « environ 50 projets territoriaux » en faveur de l’attractivité des métiers et des formations du vivant. D’ici à 2030, il vise 10 000 offres de stage de 3e et de seconde dans le milieu agricole et agroalimentaire ; la création de 75 classes de mentorat entre un élève de l’enseignement agricole et une entreprise.

Eau/présidentielle : le CFE dévoilera bientôt ses propositions sur la politique de l’eau

À l’issue d’un travail de deux ans, le Cercle français de l’eau (CFE), une instance de réflexion sur les politiques de l’eau, présentera dans les prochains jours ses propositions de réforme de la gouvernance et du financement de l’eau en France, a indiqué le 9 septembre son président Thierry Burlot à Agra Presse. « Elles sont presque arrêtées et seront rendues publiques dans quelques jours », a-t-il précisé. Ces propositions seront présentées aux différent partis politiques, dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027. Thierry Burlot regrette toutefois que le dialogue soit encore insuffisant entre les divers acteurs de l’eau. Il déplore notamment que la profession agricole n’ait pas souhaité participer aux travaux du CFE, contrairement aux collectivités et autres parties prenantes. La question du financement de la politique de l’eau sera au cœur des propositions du CFE, pour déterminer notamment la question de la prise en charge de la transition agroécologique. M. Burlot estime nécessaire de réfléchir au financement du « grand cycle de l’eau », consacré à la gestion et à la préservation de la ressource dans son environnement. Les financements restent aujourd’hui davantage destinés au « au petit cycle de l’eau », qui désigne le circuit mis en place pour capter, traiter, distribuer, puis nettoyer l’eau avant de la rendre à la nature.

Présidentielle : Céline Imart en charge du programme agricole de Bruno Retailleau

L’eurodéputée Céline Imart (Démocrates-chrétiens) est chargée de l’agriculture pour la campagne de Bruno Retailleau (LR) dans la présidentielle 2027. Son programme avait été présenté au dernier Salon de l’agriculture. Il repose sur trois piliers pour « réarmer notre agriculture » : « reprendre le contrôle politique » sur l’agriculture ; libérer l’accès aux moyens de production ; garantir « un revenu digne et durable » aux agriculteurs. Lors du grand oral au congrès des Jeunes agriculteurs le 4 juin, Bruno Retailleau avait notamment fixé comme objectifs de « produire plus » et « pour tous les Français », dénonçant « le piège de la montée en gamme ». Avec des mesures phares : « Supprimer le principe de précaution : je veux une agriculture qui soit innovatrice » ; « reprendre la main sur les agences », en supprimant l’OFB et en imposant à l’Anses la reconnaissance mutuelle des phytos ; faciliter le stockage de l’eau. Sur la prédation, le candidat LR avait déclaré vouloir « une priorité non pas au loup, mais aux éleveurs et à leur troupeau ». Une question qu’il souhaite régler par voie législative. Idem pour les phytos. Souhaitant interdire les surtranspositions – via une loi organique « comme les Italiens » l’ont fait –, il avait soutenu la réintroduction de l’acétamipride. À propos du revenu, Retailleau s’était opposé aux « grandes surfaces qui contournent la loi Egalim en utilisant des plateformes à l’extérieur de l’Europe ».

Pesticides : Corteva et Globachem créent une co-entreprise pour accélérer l’innovation

Dans un communiqué du 9 septembre, Corteva et le belge Globachem ont annoncé la création d’une co-entreprise (joint-venture) destinée à développer et commercialiser de nouvelles solutions de protection des cultures en Europe et dans les Amériques. La transaction, soumise aux autorisations réglementaires, devrait se clôturer au quatrième trimestre 2026. La nouvelle co-entreprise travaillera de manière indépendante et se concentrera sur la valorisation des technologies issues de ses sociétés mères. Elle pourra concrètement développer de nouveaux produits à partir de ceux déjà existants au sein des deux maisons mères. La co-entreprise travaillera sur leur enregistrement auprès des autorités compétentes et leur mise sur le marché. Les produits en résultant pourront être commercialisés par l’une ou l’autre des sociétés parentes. Brook Cunningham, vice-président senior de Corteva, explique que, « en combinant nos projets et nos capacités d’innovation avec l’expertise de Globachem en formulation, nous visons à accélérer la livraison de solutions plus ciblées pour les cultures sur des marchés prioritaires », explique-t-il. Les premières solutions issues de la co-entreprise sont attendues au début des années 2030.

Agronomie : Semae chiffre le retour économique des couverts végétaux

Dans un communiqué du 8 septembre, l’interprofession des semences et plants Semae a annoncé la publication d’une étude traduisant le retour économique des bienfaits agronomiques des couverts végétaux. Ces derniers permettraient d’économiser « jusqu’à 105 €/ha pour l’azote restitué », « jusqu’à 128 €/ha/an pour la valeur associée au stockage de carbone » et « jusqu’à 960 €/ha de rendement préservé grâce à la lutte contre le tassement des sols ». L’interprofession prévient que ces chiffres ne peuvent être additionnés, étant donné que chacun repose sur des hypothèses et des situations spécifiques. Elle indique que l’étude, portée par sa section semences fourragères et à gazon, sert essentiellement à décliner des valeurs économiques indicatives sur chaque service agronomique rendu. Pour obtenir ces données, Semae a croisé les informations de la littérature scientifique française sur le sujet, « avec l’expertise de plusieurs organismes et acteurs de terrain, notamment Arvalis, l’Inrae, les Chambres d’agriculture » et sa commission Plantes de services. L’étude ouvre également une piste de réflexion au sujet de la qualité des semences influant sur la réussite de l’implantation d’un couvert.