Sécheresse : faute de moyens, Bruxelles laisse la main aux États membres
Le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen a, une nouvelle fois, indiqué aux ministres de l’Agriculture, réunis à Dublin pour un Conseil informel, que les réponses face à la sécheresse de cet été étaient principalement entre leurs mains. Il a rappelé les possibilités de dérogations à certaines exigences de la Pac, mais aussi à d’autres réglementations environnementales (directive Nitrates notamment), qui pouvaient être accordées lorsque les agriculteurs sont confrontés à des circonstances exceptionnelles. Il a également souligné que le plan de soutien exceptionnel de 540 M€ pour aider les agriculteurs à faire face au coût élevé des engrais pourrait bénéficier plus largement au secteur. Et, « comme vous le savez, dès cet automne, nous pourrions utiliser les 450 M€ alloués pour l'année prochaine dans le cadre de la réserve agricole. Mais cela reste insuffisant. 450 M€ pour 27 États membres, c'est une goutte d'eau dans l'océan, et nous devons en prendre conscience », a-t-il prévenu. Il faut donc, selon lui, déjà se tourner vers « l’avenir » c’est-à-dire la future Pac, avec un « filet de sécurité renforcé » et des moyens pour financer « les infrastructures en eau », « des assurances » et des mesures de transition vers plus de résilience. La question sera de nouveau discutée par les experts des États membres lors de la réunion du comité spécial agriculture le 14 septembre, puis par le Conseil des ministres de l’UE les 28 et 29 septembre à Bruxelles.
Sécheresse : Lecornu donne rendez-vous mi-octobre pour évaluer le « fonds de réarmement »
À l'occasion d'une rencontre, le 8 septembre, avec le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, le Premier ministre Sébastien Lecornu a indiqué son souhait de réunir la profession agricole, mi-octobre, autour des préfets, pour faire un bilan de la distribution du « fonds de réarmement », doté de 220 M€. Les préfets ont été notifiés le 7 septembre au soir de l'enveloppe allouée à leurs départements respectifs. Le syndicat majoritaire a répété sa demande de mesures complémentaires portant sur le financement bancaire, pour aboutir à des prêts à taux zéro grâce à la bonification de l'État ; la FNSEA souhaite aboutir à des prêts de 50 000 € sur deux ans avec report du paiement du capital en fin de tableau. Le syndicat a également fait part de retards dans le calendrier de versement des aides à l'achat de GNR (gazole non routier) pour les mois de mai et juin. Enfin, la FNSEA a aussi présenté ses demandes concernant le plan de rebond, qui inclura des dispositions fiscales (projet de loi de finances 2027) et sociales (projet de loi de financement de la sécurité sociale).
Nappes phréatiques : la situation reste « dégradée » en septembre
La situation des nappes phréatiques reste « dégradée » en France, avec 61 % des niveaux au-dessous des normales au 1er septembre, a indiqué le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dans son bulletin de situation hydrogéologique publié le 8 septembre. La vidange des nappes, phénomène classique pendant l’été, est cette année particulièrement forte en raison d’un déficit de pluie « depuis le mois de mai sur tout le territoire avec notamment une sécheresse plus marquée et des températures élevées depuis le mois de juin », souligne le BRGM. Au 1er septembre, 90 % des niveaux de nappes phréatiques de la métropole étaient en baisse, 8 % étaient stables et 2 % étaient en hausse. Le niveau des nappes est contrasté sur le territoire, précise aussi le BRGM. Ils sont « très bas pour les nappes du socle limousin et les calcaires du Jura et la plaine nord d’Alsace et encore haut pour les nappes des formations de la Vistrenque » dans le Gard. En 2026, la France a connu son été « le plus chaud » jamais enregistré selon Météo-France, marqué par une température moyenne de 24 °C, soit 3,6°C au-dessus des normales 1991-2020, et devant les étés 2003 et 2022. Cette chaleur s’est accompagnée de sécheresses et d’incendies : 99 départements français affichent un niveau de gravité de sécheresse allant d’une simple « vigilance » à une situation de « crise », cette dernière catégorie concernant 74 d’entre eux, selon le service VigiEau.
Betteraves : début de campagne chez Cristal Union, rendement en baisse de 25 %
Dans un communiqué paru le 8 septembre, Cristal Union a annoncé le lancement sa campagne betteravière 2026-2027, qui a débuté le 3 septembre. Ses premières estimations font état d’une baisse des rendements de 25 % en France, « avec de fortes disparités entre les parcelles », indique le groupe coopératif. Les secteurs « les plus touchés » sont le sud de Paris, l’Aube et le sud de la Marne. Quant à la Seine-Maritime, la Somme et les zones irriguées du Pithiverais, elles sont « moins affectées ». L’Association interprofessionnelle de la betterave et du sucre (AIBS), avait dressé le 25 août une première prévision concernant la récolte 2026. Les prélèvements réalisés mi-août laissaient entrevoir « une baisse de production nationale de plus de 20 % » par rapport à la moyenne quinquennale. Le lendemain, Tereos avait également annoncé des rendements de la betterave « en retrait de plus de 20 % par rapport à la campagne précédente (jusqu’à 50-60 % dans certains territoires) », et de 15 % par rapport à la moyenne quinquennale. Comme annoncé en août par Tereos, la campagne nationale 2026-2027 ne devrait pas dépasser 100 jours au niveau national.
Céréales : l’AGPB prévoit des revenus à nouveau négatifs chez les scopeurs en 2026
Lors d’une conférence de presse à Paris, l’AGPB (producteurs de blé, FNSEA) a indiqué qu'elle tablait, en se basant sur les données d’Arvalis, sur un revenu 2026 négatif dans les exploitations spécialisées dans les surfaces de céréales et oléoprotéagineux (scopeurs, Otex 15), à environ - 3 600 €. Ce chiffre reste pour l’instant prévisionnel, les céréaliers n’ayant pas terminé la commercialisation de leurs nouvelles récoltes. Mais compte tenu du fait que les prix de vente des céréales sont restés inférieurs aux coûts de production durant l’année 2026, malgré une récente progression (qui reste encore insuffisante), nul doute que la filière se dirige vers une quatrième année consécutive de revenus négatifs : -6 500 € en 2025 (prévisionnel), -7 200 € en 2024 et -600 € en 2023. Afin d’alerter les autorités sur l’urgence de la situation, aggravée par la sécheresse 2026, les associations spécialisées grandes cultures de la FNSEA ont envoyé une lettre au Premier ministre le 27 juillet listant leurs demandes de soutien dans le cadre projet de loi de finance 2027 (PLF). Parmi elles, la mise en place de zones franches d’impôts, de taxes, et de cotisations MSA dans les zones intermédiaires et à faible potentiel de production, ou encore la suspension de la redevance pour pollution diffuse.
Céréales : l’AGPB plaide pour des aides couplées «cycliques»
Lors d’une conférence de presse à Paris le 8 septembre, l’AGPB (producteurs de blé, FNSEA) a plaidé pour la mise en place d’aides couplées contracycliques. Il s’agit, dans le cadre d’un budget défini, d’accorder des aides couplées à la production, calculées en fonction des prix de marché à la vente de produits agricoles. Et de citer l'exemple de prix bas de céréales et de prix hauts en lait : une augmentation des aides couplées vers les céréaliers serait déclenchée, alors qu’elles baisseraient en lait, et vice versa. « Le prix de vente départ exploitation est compris entre 180 et 210 €/t. Il faudrait qu’il soit à 250 €/t pour que les céréaliers puissent dégager un revenu décent, soit au moins deux SMIC », rappelle le président de l’association spécialisée Eric Thirouin. Un certain recouplage des aides permettrait de sécuriser les revenus des agriculteurs, quels qu’ils soient, et d’enrayer la baisse de la production qui touche plusieurs secteurs, notamment les céréales depuis des années, argue l’AGPB. Si la tendance de baisse de production de blé tendre constatée lors des dix dernières années se poursuivait lors des dix prochaines, les volumes chuteraient de 6 Mt environ, pour tomber à 26 Mt en 2036, soit presque l’équivalent des exportations françaises vers les pays-tiers, alerte l'association.
Céréales: le géant Syngenta va distribuer le biofongicide de la greentech lyonnaise Amoéba
Un traitement d’origine biologique contre les champignons parasites des céréales, développé par la greentech française Amoéba, va être distribué par le géant des pesticides et des semences Syngenta, ont annoncé le 8 septembre les deux groupes dans un communiqué commun. Ce produit de biocontrôle, qui protège les céréales grâce à des mécanismes naturels, est un antifongique qui lutte contre deux grandes maladies du blé (septoriose du blé et rouille jaune) et d’autres maladies des céréales. Amoéba et Syngenta prévoient que les agriculteurs pourront utiliser ce fongicide de biocontrôle au printemps 2029 sur le blé, l’épeautre et le triticale (un hybride entre le blé et le seigle). Les deux entreprises, qui collaborent pour les programmes d’essais, comptent en effet obtenir les premières homologations commerciales au troisième trimestre 2028 afin d’effectuer les premières ventes fin 2028 sur les principaux marchés européens. L’accord exclusif de distribution qui les lie prévoit que Syngenta (groupe d’origine suisse et désormais chinois) commercialisera le biofongicide d’Amoéba pour toutes les céréales (à l’exception du maïs) dans l’Union européenne, au Royaume-Uni, en Ukraine et en Suisse.
Engrais : les agriculteurs n’ont consommé que 5 M€ de l’aide d’urgence, selon l’AGPB
Lors d’une conférence de presse à Paris le 8 septembre, l’AGPB (producteurs de blé, FNSEA) a indiqué que les agriculteurs n’avaient pour le moment consommé que 5 M€ environ sur les 145 M€ de l’aide d’urgence aux achats d’engrais annoncée par le gouvernement début juillet (dont 107 M€ émanant de fonds européens). Si les agriculteurs ont aussi peu utilisé l’aide, c’est à cause de la complexité de ses conditions d’octroi, selon le syndicat. Les délais de validité de l’aide, qui avaient été critiqués par bon nombre d’organisations (Afcome, AGPM, etc.), sont particulièrement pointés du doigt. Pour rappel, le guichet devait initialement être clos fin septembre, et le gouvernement l’a récemment prolongé jusqu’au 31 décembre. « Le temps de commander l’engrais, de se le faire livrer et de payer la facture, l’agriculteur n’était plus dans la fenêtre d’octroi de l’aide », déplore Éric Thirouin, président de l’AGPB, limitant donc fortement son intérêt. Si la nouvelle fenêtre est jugée bien plus conforme aux besoins de la filière, il déplore la perte de temps et le manque de pragmatisme des autorités. À tel point que « nous avons eu peur que l’argent non utilisé reparte à Bruxelles ».
Biocarburant : l’AGPB réclame le rétablissement de la Tiruert dans le PLF 2027
Lors d’une conférence de presse le 8 septembre, l’AGPB (producteurs de blé, FNSEA) a réclamé le rétablissement de la Tiruert (taxe incitative aux biocarburants) dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2027. Pour rappel, la taxe, supprimée lors de la précédente loi de finances, permet de fixer les obligations d’incorporation de biocarburant, incluant ceux produits à partir de céréales. Selon l'AGPB, la transition en 2027 entre ce dispositif et la nouvelle réglementation européenne (Iricc) n'est pas assurée ; l'Iricc doit fixer les nouvelles règles d’incorporation, qui comprend des obligations de volumes mais aussi de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. L’AGPB déplore actuellement un vide juridique engendré par un décalage entre la traduction du droit européen vers le droit français. Alors que le Sénat avait bien voté en faveur de la transposition de l’Iricc au niveau du droit français, l’Assemblée n’a pas pu le faire durant l’été en raison du calendrier législatif surchargé. L’association spécialisée craint ainsi une absence d’obligation d’incorporation, bloquant un débouché pour les céréaliers dès le 1er janvier 2027. Si le PLF 2027 est présenté sans le rétablissement de la Tiruert, aucune ordonnance, permettant d’appliquer certains dispositifs en cas de non-vote de la loi, ne pourra être appliquée.
Semis de colza : pour Limagrain, les surfaces pourraient baisser de 3 à 8 %
Interrogé sur l’avancée des semis de colza, François Jansseune, chef marché colza chez Limagrain Europe, constate que certaines régions accusent un fort retard sur les chantiers. « C’est le cas dans le sud de la région Centre où seulement 50 % des surfaces sont, au 8 septembre, semées. La situation est également critique en Lorraine. À l’échelle nationale, nous tablons sur un recul de la sole compris entre 3 et 8 % alors que les intentions de semis étaient, avant l’été, en nette hausse. J’espère me tromper mais les projections, en interne, font que nous nous préparons à réceptionner de nombreux retours de lots qui n’auront pas pu être semés. » Si en région Centre, les agriculteurs n’ont pas d’autres alternatives que de, finalement, implanter du colza - les terres sont prêtes, le retour de la pluie est annoncé et le cours du colza est plus porteur que d’autres cultures -, « il est sûr que ces semis tardifs partiront avec un handicap », souligne-t-il. Autre région qui inquiète : le Sud-Ouest. « Dans ces zones, les plantes souffrent. Les levées se sont faites dans le sec et les attaques de ravageurs – punaises, tenthrèdes, altises - sont massives. Même les fourmis occasionnent des dégâts ce qui est inhabituel dans le colza. » Seuls les colzas des Hauts-de-France affichent, à date, une belle croissance : « L’eau est arrivée au bon moment et la douceur des températures stimule la pousse ». (Anne Gilet)
Production de semences : baisse des volumes mais pas de pénurie en vue pour 2027 (Fnams)
En multiplication de semences aussi le climat de ces dernières semaines a lourdement pesé sur la production. « Nous devrions être sur une moyenne basse, avec entre 5 % et 15 % de volume en moins selon les espèces par rapport à l’an passé, confie Thomas Bourgeois, président de la Fnams (Fédération nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences). Même s’il est encore un peu tôt pour dresser un bilan complet de la récolte 2026, je pense qu’aucune pénurie n’est à craindre pour les emblavements de 2027. » Les cultures d’hiver, céréales et protéagineux, s’en sortent toutefois mieux. Dans le Sud-Ouest, certains contrats de luzerne et de trèfle n’ont pas été récoltés car il n’y avait pas de graines. Pour les graminées fourragères, un manque de germination est d’ores et déjà constaté. « Mais pas d’inquiétude non plus pour cette espèce car les stocks étaient importants, précise-t-il. En potagères, oignons et carottes n’ont pas apprécié les coups de chaud mais une grosse partie des volumes produits en France part à l’export. En betteraves sucrières aussi, la production de semences est en net repli avec en plus, de petits calibres. Mais après la récolte catastrophique de cette année, les planteurs pourraient, en 2027, revoir leurs emblavements à la baisse avec donc, un besoin moindre de semences. » (Anne Gilet)
Lait : le Cniel s’inquiète des conséquences à venir des vagues de chaleur estivales
L’interprofession laitière (Cniel) a tiré un premier bilan de la saison estivale le 8 septembre, apportant des éléments chiffrés sur les conséquences des trois vagues de chaleur de cet été. La collecte, en recul de « 9,4 % entre les semaines 25 et 26, peine à retrouver une dynamique. Sur la semaine du 10 au 16 août, elle restait en léger recul par rapport à 2025 (-0,1 %), avec des situations contrastées selon les régions », écrit le Cniel dans une note de situation. « Les fourrages sont recul de 35 % par rapport à une année normale, avec certaines zones où le recul est de 75 % », souligne Pascal Le Brun, président du Cniel. Les animaux souffrent avec une hausse des germes et des cellules dans le lait, et des boiteries et des mammites plus nombreuses. Les veaux sont aussi en danger, notamment ceux âgés de 3 à 20 jours, dont le nombre d'équarris a augmenté de 40 % en juin par rapport à la normale. La transformation a subi des arrêts de production dans certains départements à cause du manque d’eau, alors que la consommation de produits laitiers a été en recul en juin, juillet et août, situation jamais observée depuis quatre ans. Le principal risque est que le manque de fourrage, ou son coût trop élevé, entraîne une décapitalisation qui pourrait se concrétiser dans les prochains mois, même si elle n’est pas encore visible dans les chiffres.
Lait : la collecte des Maîtres laitiers en hausse de 5 % en 2025-2026
La collecte de lait des Maîtres laitiers (ex-Maîtres laitiers du Cotentin) lors de la campagne 2025-2026, achevée le 31 mars, est orienté à la hausse : « 491 millions de litres de lait segmenté collectés, en hausse de 4,98 %, auxquels s’ajoutent 9,7 millions de litres issus de l’agriculture biologique, en progression de 10,86 % par l’accueil de nouveaux producteurs », est-il indiqué dans un communiqué diffusé le 8 septembre à l’issue de l’assemblée générale de la coopérative basée à Méautis (Manche). La rémunération de producteurs progresse aussi par rapport à la campagne précédente. « La rémunération du lait versée aux producteurs sociétaires atteint 514,73 €/1 000 litres pour le lait segmenté et 582,80 €/1 000 litres pour le lait biologique, toutes primes, compléments de prix et intérêts aux parts inclus. Ces niveaux ressortent au-delà des recommandations de l’interprofession laitière », selon la coopérative. L’année précédente, le lait segmenté avait été payé 503,76 €/1 000 litres et le lait bio 551,96 €/1 000 litres. Le groupe coopératif a également communiqué son chiffre d’affaires 2026, stable par rapport à 2025, à 2,7 Md€, et un résultat net part du groupe de 35,9 M€ (contre 44,7 M€ en 2025).
Bovins/sécheresse : l’Idele ne voit pas d’afflux d’animaux en abattoir
Malgré la sécheresse historique de cet été et les inquiétudes sur la ressource fourragère, « il n’y a pas eu d’afflux d’animaux dans les abattoirs », constate Caroline Monniot, responsable du service Économie des filières à l’Idele (Institut de l’élevage), interrogée par Agra Presse le 8 septembre. Sur les semaines 29 à 36 (du 31 août), les abattages de gros bovins sont restés stables (-1 %) par rapport à la même période de 2025. Dans le détail, « il y a eu un peu de vaches laitières en plus » : +7 % en un an, à comparer à « un niveau assez bas en 2025 », rappelle l’experte. Un phénomène également observé en Allemagne et en Irlande, « sans que cela fasse pression sur les prix ». De leur côté, suivant la tendance de long terme, les abattages français de vaches allaitantes sont « toujours très réduits » (-9 %), tandis que les génisses reculent modérément (-4 %) et que les jeunes bovins allaitants sont stables (+1 %). La plus grande réactivité des éleveurs laitiers n’est pas une surprise, explique Caroline Monniot, car ils assurent un suivi régulier des performances de leurs animaux. De leur côté, les éleveurs allaitants prennent habituellement leurs éventuelles décisions de décapitalisation à l’automne, au moment de rentrer les animaux en bâtiment.
Loup : plus de 60 brebis tuées dans une attaque dans le Vercors
Une soixantaine de brebis d'un même troupeau ont été tuées dans une attaque de loups dans un alpage du Vercors, a appris l’AFP le 8 septembre auprès de l'éleveur et d'un élu local évoquant « un chiffre jamais vu a priori pour une attaque en plein air ». Au total, 64 bêtes ont été retrouvées mortes et une vingtaine sont portées disparues, a confirmé à l'AFP l'éleveur, Sébastien Robert, qui avait fait état de ce bilan à la radio Ici et au Dauphiné Libéré. L'attaque s'est produite dans la nuit du 30 au 31 août sur les hauteurs de la commune de Bouvante (Drôme), dans le Vercors, où le troupeau de 580 bêtes était en alpage. « Un tel massacre en une seule fois, c'est un chiffre jamais vu a priori pour une attaque en plein air », affirme Jean-Jacques Dallon, le maire d'Oriol-en-Royans, commune où réside l'éleveur. Avec d'autres élus locaux et le représentant des jeunes agriculteurs, il a rencontré l'éleveur le 8 septembre. « L'OFB a émis l'hypothèse que, dans ce cas-là, il s'agissait de mâles apprenant aux jeunes à chasser, ce qui explique le caractère très meurtrier », a ajouté M. Dallon, relevant que les brebis n'ont pas été mangées. « Tous les trois jours, nous avons des attaques dans le Vercors et les Baronnies ! », a-t-il également lancé.
Biogaz : la filière propose des scénarios alternatifs à la SNBC 3 moins onéreux
À l'occasion d'une conférence de presse le 8 septembre, la filière française du gaz, France Gaz, a proposé deux scénarios alternatifs à la troisième version de la Stratégie nationale bas carbone (SNCB 3), incluant davantage de biogaz mais à « ambition de décarbonation comparable ». « Ce qui change, c'est le coût de conversion », a expliqué le président de France Gaz, Frédéric Martin. « Car, même si le coût du gaz augmente en passant en biogaz, cela reste moins cher que de passer à l'électricité. » Dans ces scénarios, le recours au biogaz est plus important et se substitue à l'électricité, ce qui génère moins d'investissement en « infrastructures et capacités de production électrique » (10 à 25 % de la différence), moins de coûts à la consommation dans le transport et le résidentiel (30 %) et moins de coûts « additionnels » liés à la SNBC (60 %), par exemple dans la rénovation du bâtiment, ou l'extension du réseau de chaleur. Au total, les scénarios de France Gaz engendreraient une économie d'investissement de 330 à 460 milliards d'euros d'ici à 2050 par rapport à la SNBC 3.
FAO : les trois candidats européens à la direction générale partent en campagne en ordre dispersé
Les Etats membres de l’UE n’étant pas parvenus à se mettre d’accord avant l’été sur un candidat commun pour se présenter à l’élection du prochain directeur général de la FAO, les trois prétendants européens (l’Espagnol Luis Planas, l’Irlandais Phil Hogan et l’Italien Maurizio Martina) ont donc lancé leur campagne en ordre dispersé. Luis Planas, a indiqué le 8 septembre à Dublin, en marge de la réunion informelle des ministres européens, avoir déjà personnellement contacté plus des deux tiers des 193 pays membres de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. « J'ai de bons pressentiments quant à l’avenir », a-t-il déclaré, tout en soulignant qu'il souhaitait porter une candidature « non seulement pour l'Espagne, mais aussi pour l'Europe ». Il a rappelé que l'élection ne serait pas décidée par les seuls États membres de l'UE, mais par les 193 membres de la FAO. « Si d'ici juin, nous avons finalement plusieurs candidats européens, l'Espagne a proposé une règle très simple : celui qui arrivera en tête à l’issue du premier tour sera désigné candidat les autres se désisteront », a-t-il précisé. Cette élection se tiendra à partir de juin 2027 pour désigner le successeur de l’actuel directeur général, le Chinois Qu Dongyu, en poste depuis août 2019.
Recherche/innovation : Bruxelles dévoile sa nouvelle approche stratégique pour l’agriculture
La Commission européenne a dévoilé, le 8 septembre, sa nouvelle approche stratégique en matière de recherche et d’innovation pour l’agriculture, la sylviculture, les zones rurales et les systèmes alimentaires destinée à être un levier afin de renforcer la compétitivité, la durabilité et la résilience dans la chaîne. Elle s’appuie sur les résultats de l’actuelle qui date de 2016 ainsi que de la stratégie Food 2030 et s’articule autour de deux cadres que Bruxelles considère liés et complémentaires : AgRI 2040 et Food 2040. L'objectif de la Commission européenne est de « renforcer l'écosystème d'innovation agroalimentaire » tout au long de la chaîne et stimuler la mise à disposition des résultats de cette recherche aux exploitations agricoles. Pour ce faire, Bruxelles dévoile près d’une vingtaine d’actions à mettre en œuvre entre 2026 et 2028. « La recherche et l'innovation peuvent véritablement transformer nos pratiques agricoles et la gestion de nos espaces ruraux », souligne le commissaire à l’Agriculture Christophe Hansen. Et d’ajouter : « Notre mission est de veiller à ce que ces idées ne restent pas cantonnées aux laboratoires, mais soient testées, adaptées aux réalités locales et transformées en solutions concrètes, utilisables et déployables à plus grande échelle ».
République tchèque : Bruxelles suspend les fonds de développement rural d’Agrofert
La Commission européenne a déclaré, le 8 septembre lors de son point presse quotidien, avoir suspendu les remboursements des dépenses au titre du fonds de développement rural (Feader) au conglomérat agricole Agrofert lié au Premier ministre tchèque Andrej Babis. Dans le détail, Bruxelles estime, après avoir mené « une évaluation approfondie », qu’Andrej Babis se trouve bien « dans une situation potentielle de conflit d’intérêts concernant la gestion des fonds de cohésion et des fonds agricoles ». L’exécutif européen ajoute que le fonds fiduciaire que le Premier ministre a mis en place après son accession au pouvoir « ne permet pas de remédier suffisamment à cette situation ». Cette suspension ne s’applique toutefois pas aux paiements directs au titre de la Pac qui présente, eux, « un faible risque d’être affectés par un tel conflit d’intérêts ». Dans un communiqué publié la veille, le Fonds national d’intervention agricole (SZIF), organisme payeur tchèque, précise que cette suspension concerne un montant de 3,18 millions d’euros. Selon le SZIF, Bruxelles peut appliquer cette suspension pour une durée maximale de six mois, avec la possibilité de le prolonger de trois mois supplémentaires après accord avec la République tchèque.
Présidentielle : Royal propose une « péréquation » tarifaire entre produits importés et locaux
La candidate à la primaire de la gauche en vue de la présidentielle Ségolène Royal a proposé, le 8 septembre, une « péréquation » tarifaire effectuée en grandes surfaces entre les produits locaux et les produits importés, pour mieux rémunérer les agriculteurs français. « Je souhaite qu’il y ait une péréquation entre les produits importés, de mauvaise qualité parfois, et la production française », a déclaré la candidate malheureuse à la présidentielle de 2007 sur Sud Radio. Convoquant « une question d’égalité devant la qualité alimentaire », elle a estimé que « les grandes surfaces devraient faire une péréquation (...) au nom du bilan carbone », plus lourd pour les produits importés. Une péréquation tarifaire consiste à garantir une égalité des prix, quel que soit le coût initial des produits, en particulier lorsqu’ils nécessitent du transport. L’ancienne ministre a également suggéré que les grandes surfaces regroupent « au même endroit les productions d’origine française ou d’origine régionale ». «Parce qu’aujourd’hui, quand vous faites vos courses, que vous voulez acheter des fruits et légumes, du fromage ou de la viande, il faut vraiment mettre une loupe pour savoir quelle est l’origine de ces produits », a-t-elle argumenté.
Présidentielle : Jérémy Decerle pressenti pour élaborer le programme agricole d’Attal
L’eurodéputé Jérémy Decerle (Renew Europe) est pressenti pour écrire le programme agricole de Gabriel Attal dans le cadre de la campagne pour l’élection présidentielle de 2027, a-t-indiqué à Agra Presse le 8 septembre. Même si cette nomination n’a pas encore été officialisée, les travaux ont déjà débuté, sans date actuellement prévue pour leur conclusion. « Des échanges ont eu lieu avec des acteurs du monde agricole », précise cet éleveur de bovins installé en Saône-et-Loire. L’ancien président des Jeunes Agriculteurs (2016-2019) pourrait être épaulé dans sa réflexion par plusieurs députés ou ex-parlementaires : Agnès Pannier-Runacher, Jean-Luc Fugit, Martine Léguille-Balloy, Sandrine Le Feur ou encore Stéphane Travert. Une liste non exhaustive, car « d’autres personnes vont émerger », souligne M. Decerle.
Présidentielle : Julien Dive pilote le programme agricole de Xavier Bertrand
En vue de la candidature de Xavier Bertrand à l'élection présidentielle, un groupe de travail dédié à l'agriculture est piloté depuis 2024 par le député Les Républicains (LR) Julien Dive. Il rassemble douze personnalités (députés, sénateurs, président de département, agriculteurs), indique le parlementaire. Le programme est d'ores et déjà ficelé et doit être présenté prochainement. Proche de Xavier Bertrand, Julien Dive est devenu, en 2016, député de la deuxième circonscription de l'Aisne, celle dans laquelle l'ancien ministre de la Santé était élu depuis 2002, et dont il avait démissionné pour devenir président de la région Hauts-de-France. Julien Dive s'est rapidement spécialisé dans les dossiers agricoles, notamment celui de la betterave à sucre. Il était encore récemment rapporteur du projet de loi d'urgence.
Présidentielle : Olivier Cleland en charge du programme agricole de Reconquête
Responsable du pôle thématique agricole de Reconquête, Olivier Cleland sera en charge de l'écriture du programme agricole du futur candidat du parti d'extrême-droite (Éric Zemmour ou Sarah Knafo), indique l'agriculteur de Seine-Maritime à Agra Presse. Le programme agricole du parti n'est pas encore connu, mais le pôle thématique agricole a fait près de 80 propositions. La proposition phare, qui fait d'ores et déjà consensus, selon M. Cleland, est la suppression des droits de succession pour les exploitants. Olivier Cleland a été candidat malheureux aux législatives de 2022. Il était alors vice-président de la FDSEA de Seine-Maritime. La cinquième université d'été du parti Reconquête, qui se déroule les 12 et 13 septembre, pourrait permettre de connaître le candidat du parti.
Vin : Maison Pommery creuse ses pertes, mais les ventes de champagne reprennent
La maison de vins et champagne Maison Pommery, en difficulté financière, a triplé sa perte nette au premier semestre 2026, à 4 M€, mais a annoncé une nette reprise de ses ventes de champagne en Europe. Son chiffre d'affaires a baissé de 12 % à 96,2 M€. Le groupe attribue ce recul essentiellement à l'effet de la cession d'Heidsiek & Co Monopole, qui entraîne mécaniquement une baisse de l'ordre de 9,6 M€ des ventes sur le semestre, selon un communiqué le 7 septembre. A périmètre comparable, le chiffre d'affaires de Maison Pommery a progressé de 0,7 %, porté par une progression des volumes de ventes de champagne. En particulier, Champagne Pommery & Greno a vu ses ventes augmenter de 7%. Et les volumes de vente de champagne ont « fortement » progressé en Europe : +16,6 % sur un marché en progression de 8,3 %. Début juin, Maison Pommery et le groupe allemand de vin mousseux Henkell avaient indiqué que leurs négociations exclusives, qui auraient pu mener à la naissance d'un acteur mondial des vins effervescents, n'avaient pas abouti. Mais les deux sociétés ont précisé rester « ouvertes à la possibilité de reprendre les discussions à une date ultérieure ».
Fruits et légumes : Daniel Sauvaitre (Interfel) évoque une qualification « chef de rayon »
Président d’Interfel, Daniel Sauvaitre a évoqué sur son blog le 5 septembre plusieurs pistes de travail à discuter au sein de l’interprofession, dont le renforcement de la formation. Pour lui, il s’agirait d’abord de renforcer la compétence « partout où le produit est agréé, manipulé et vendu » : il évoque ainsi la création d’une qualification spécifique de « chef de rayon fruits et légumes », construite avec la grande distribution. Il appelle à s’inspirer de la logique des primeurs, qui disposent déjà « de formations et d’une reconnaissance professionnelle ». Par ailleurs, les primeurs qui préparent ou transforment les fruits et légumes devraient décrocher le statut d'artisan en 2027. M. Sauvaitre évoque aussi le renforcement de la formation des agréeurs. Plus généralement, « il faut une véritable force de formation de terrain » alliant interventions courtes et pratiques, directement en entreprise, modules numériques, démonstrations, conseils adaptés aux problèmes réellement rencontrés... « Interfel pourrait ainsi contribuer à organiser une véritable continuité de compétence, de la réception du produit jusqu’à sa présentation au consommateur », conclut Daniel Sauvaitre, rappelant qu’il ne s’agit pas là d’un programme arrêté, mais de pistes qu’il souhaite soumettre aux familles membres d’Interfel.
Chou à choucroute : en Alsace, des pertes entre 15 et 30 % à cause des canicules
La récolte de choux à choucroute a débuté depuis un mois en Alsace, et les effets des canicules qui ont traversé la région se font déjà sentir. Pour Thibert Rieffel, président de l’AVCA (Association de valorisation de la choucroute d’Alsace), contacté par Agra Presse le 7 septembre, « pour l’instant, nous notons une baisse de rendement estimée à 15 % sur les premières variétés de choux, pour un volume habituel d'environ 30 000 t ». Yanis Angstelm, co-gérant de la choucrouterie Angstelm, considère que « la baisse globale pourrait aller de 15 % à 30 % selon les exploitations ». Les chutes de pluie pendant le week-end du 5 septembre (3 mm enregistrés) ne devraient pas suffire à compenser le stress hydrique subi par la plante. Dans ce contexte, l’irrigation est devenue indispensable pour les producteurs, estiment-ils : « En 2005, un producteur irriguait deux fois lors d'une année caniculaire avec 80 mm pour obtenir 80 t/ha, tandis que, cette année, il a fallu entre 7 et 10 tours d'irrigation pour un apport de 300 mm afin d'atteindre le même rendement », précise Yanis Angstelm. La récolte s’étale jusqu’à décembre mais, déjà, l’inquiétude pointe : « Il y a un véritable risque de pénurie », alerte le co-gérant de la choucrouterie Angstelm. « Déjà, on parle de baisses de rendement estimées entre 40 % et 50 % en Champagne-Ardenne », l’autre grande région de production de choux à choucroute.
Tomate industrie : en Espagne, la pression parasitaire lamine les rendements
La filière espagnole de la tomate d'industrie, concentrée principalement en Estrémadure (75% de la production nationale) subit une prolifération massive de l'acarien bronzé de la tomate (Aculops lycopersici), à cause des températures élevées et de la faible humidité, rapporte Tomato News le 8 septembre. Une part importante des 20 700 hectares cultivés est touchée, avec des pertes de rendement estimées jusqu'à 30 %. Dans les parcelles fortement infestées, les plants se sont desséchés avant d'atteindre leur maturité optimale, contraignant les producteurs à récolter avec 10 à 15 jours d'avance. Les cultures précoces ont été largement épargnées. Les cultures de mi-saison et tardives ont subi des dégâts bien plus sévères, la pression parasitaire maximale coïncidant avec les fortes chaleurs estivales. Les données des usines sont en cours de consolidation. Des estimations prudentes font état d'une baisse d'au moins 10 % de la production prévue. Les coopératives situées dans les zones les plus concernées anticipent des pertes réelles de 25 à 30 %. L'association Agrucon pointe l’interdiction du Movento comme principale raison : « Les producteurs doivent supporter des coûts de traitement plus élevés et enregistrer des rendements globaux inférieurs, tout en étant en concurrence avec des producteurs disposant d'outils efficaces de lutte antiparasitaire comme l’Italie et le Portugal».
Tomates bio : en Allemagne, l’amont veut une relation « plus contraignante » avec les GMS
Selon une analyse du cabinet AMI, 88 % des tomates biologiques commercialisées en Allemagne proviennent de l’étranger, rapporte Fruchhandel le 8 septembre. La production allemande en 2025 s’élevait à 19 563 t. Cette année, AMI signale des volumes de récolte inférieurs aux prévisions et une forte demande. « Lorsque la chaleur affecte les récoltes en Europe du Sud, ces quantités font défaut sur le marché européen. Cela peut rapidement entraîner des pénuries d'approvisionnement. C'est dans ces moments-là que l'importance d'une production locale devient évidente », plaide Rudolf Dworschak, président de Bio.Fru.Pro (producteurs). Cependant, les producteurs se souviennent des campagnes 2022 et 2024, à l'occasion desquelles ils avaient détruit une partie de leur volume, faute de demande dans un marché verrouillé par des importations à bas prix. « On nous demande désormais de justifier l’insuffisance de nos quantités lorsque les importations ne se concrétisent pas. Nous avons besoin de toute urgence d’un véritable dialogue d’égal à égal », renchérit Michael Schudde, directeur général de l’association. Bio.Fru.Pro appelle donc à « une coopération plus étroite et plus contraignante entre distributeurs et producteurs » : « Nous devons avoir la garantie de pouvoir vendre l'intégralité de notre production à un prix équitable, même les années où l’importation est très présente. Nous avons besoin d'accords qui minimisent les risques pour les deux parties, les répartissent équitablement et renforcent la sécurité de la planification. »
Agroalimentaire : Cofigeo va fermer l’usine William Saurin de Seine-et-Marne
Cofigeo, propriétaire de William Saurin, a annoncé le 8 septembre un redéploiement de ses activités industrielles qui prévoit la fermeture mi-2027 de son usine de Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne). Un plan de sauvegarde de l’emploi prévoit de supprimer 142 postes. La société fait face depuis des années à une baisse de son activité (-17% depuis 2022 ce qui correspond au volume d'activité d'une de ses usines), a expliqué son président Mathieu Thomazeau. Cette baisse s'explique, selon lui, par une mutation et une fragmentation du marché entre un plus grand nombre d'acteurs et de produits (surgelés, traiteurs, déshydratés...) et l'inflation qui a pesé depuis 2022 sur la compétitivité du groupe. Si les crises récentes (guerre au Moyen-Orient et été catastrophique pour l'agriculture) n'ont pas influé sur ce plan de plus long terme, elles s'ajoutent aux difficultés du secteur agroalimentaire français, qui souffre d'une rentabilité faible et fait face à un mur d'investissement pour se moderniser. « L'intégralité des productions », que ce soit les produits William Saurin ou ceux de marques distributeurs, sera redéployée sur d'autres sites du groupe, à Capdenac (Aveyron) où seraient créés 41 emplois, et pour les activités à base de pomme de terre notamment à Pouilly-sur-Serre (Aisne), selon Mathieu Thomazeau.
Nutri-Score : des experts de la nutrition demandent un meilleur encadrement du lobbying
Trois acteurs du monde de la nutrition et de la santé publique – Julie Chapon (cofondatrice de Yuka), Serge Hercberg (concepteur de l'affichage nutritionnel) et Mathilde Touvier (directrice de recherche à l’Inserm et présidente du Plan national nutrition santé, PNNS) – appellent les parlementaires à mieux encadrer le lobbying agroalimentaire, dans une lettre ouverte publiée le 7 septembre dans le Nouvel Obs. Ils alertent notamment sur les pressions exercées contre le Nutri-Score et Yuka, deux outils visant à rendre accessibles aux consommateurs des informations sur la qualité nutritionnelle des produits. Ces pressions se traduisent notamment par la multiplication des procédures judiciaires, la mise en doute des connaissances scientifiques ou encore la mobilisation d’institutions publiques au service d’intérêts industriels. Pour mieux encadrer le lobbying agroalimentaire au Parlement, ils préconisent trois mesures : formation obligatoire pour les parlementaires aux principales techniques de lobbying ; publication des financements des organisations inscrites sur le registre des représentants d’intérêts auprès de la HATVP ; extension au secteur agroalimentaire des obligations de transparence sur les liens entre experts et industrie. La lettre intervient alors que les parlementaires pourraient être amenés à se prononcer sur une éventuelle obligation d’afficher le Nutri-Score lors de la prochaine session.
Climat : TotalEnergies demande le renvoi du procès d’un agriculteur belge
Le procès climatique opposant l’agriculteur belge Hugues Falys et trois ONG, dont la Ligue des droits humains (LDH) et Greenpeace Belgique, à TotalEnergies a repris le 8 septembre 2026 devant la Cour d’appel de Mons. Dans ce procès ouvert en novembre 2025, M. Falys impute à la multinationale une responsabilité dans une série d’événements météo extrêmes ayant affecté ses récoltes entre 2016 et 2020. Il réclame 130 000 euros d’indemnisation pour les pertes subies par son exploitation et demande à la justice civile belge d’enjoindre au groupe français de réduire son empreinte carbone, et d’abandonner tout nouveau projet de prospection pétrogazière dans le monde. TotalEnergies avait fait appel de la décision rendue le 18 mars par le tribunal de l’entreprise de Tournai, qui avait jugé l’action recevable. Lors de l’audience d’introduction de cet appel, le groupe a fait valoir un point de droit qui lui permettrait en théorie de revenir devant le tribunal de l’entreprise de Tournai et de bénéficier encore de « deux degrés de juridictions » pour plaider l’ensemble du litige. Le fond de l’affaire n’a lui pas encore été tranché. « Une manœuvre purement dilatoire », selon Marie Doutrepont, une des avocates intervenant pour M. Falys et les ONG. Après cette audience d’introduction, la cour d'appel de Mons va procéder à une nouvelle phase de consultation des parties, avant de convoquer des plaidoiries devant une chambre spécialisée dans les questions environnementales.
Bio : la Maison de la bio relativise le surcoût des produits alimentaires bio
Lors d’une conférence de presse le 8 septembre, la Maison de la bio (fédération professionnelle) a présenté les résultats d’une étude menée pour son compte par le cabinet Retail and Detail afin d’« objectiver le débat sur le prix du bio ». L’organisation a fait comparer les prix d’un panier de dix produits transformés « du quotidien »* (steaks hachés frais, jus de pomme, café moulu, lait demi-écrémé, paquet de farine, etc.) en magasins bio spécialisés avec « leurs équivalents en grandes marques nationales non bio en grande distribution ». Résultat : le panier bio se révèle trois euros moins cher que son équivalent conventionnel. La Maison de la bio a aussi fait mener une étude similaire sur cinq fruits et légumes (1 kg de pommes de terre, 1 kg de bananes, 1 kg d’oranges, 1 kg de pommes et une laitue). Cette fois, c’est le panier conventionnel qui ressort moins cher de deux euros (à 10 €). Alors que la consommation de produits bio redémarre, « il faut arrêter le débat qui consiste à opposer le bio et le conventionnel sur les prix », a estimé Christelle Le Hir, coprésidente de la Maison de la bio. La fédération coorganise, avec Spas Organisation, le salon professionnel Natexpo, qui se tiendra les 28 et 29 septembre à Lyon. * Sur la période du 29 juin au 12 juillet, hors promotions
Formation : face aux difficultés du fonds Vivéa, le ministère met en avant le CPF
Dans une réponse écrite à des parlementaires sur les « difficultés financières » de Vivéa, fonds d’assurance formation des chefs d’exploitation agricole, le ministère de l’Agriculture a dit le 25 juin être « très impliqué dans la formation professionnelle continue » et souligné que « les diplômes, titres et certificats du ministère chargé de l'Agriculture, dont Certiphyto fait partie, en tant que profession réglementée, sont accessibles via le Compte personnel de formation (CPF) ». La Confédération paysanne, dans une lettre ouverte à Annie Genevard le 8 septembre, a jugé cette réponse « pas acceptable ». « Le CPF ne peut pas devenir le substitut d’un fonds professionnel mutualisé, conçu pour répondre aux besoins spécifiques des paysans », selon l’organisation. Elle demande notamment de « mettre sur la table l’ensemble des leviers possibles de financement : évolution de la contribution professionnelle, cofinancements publics, mobilisation de financements complémentaires, meilleure anticipation budgétaire ». Vivéa dit faire face à « un contexte tendu » pour son fonctionnement. En 2026, le budget du fonds est « fortement contraint », après « une baisse significative des cotisations formation, elle-même liée à la diminution des revenus agricoles ».
Manifestations de 2024: la CR47 condamnée à 170.000 euros d'amende en appel
La Coordination rurale du Lot-et-Garonne (CR47) a été condamnée le 8 septembre en appel à près de 170.000 euros d’amendes et de dommages et intérêts pour des dégradations de biens publics et privés, des dépôts illégaux de déchets et des menaces envers des agents de l’Etat. Cette décision de la cour d’appel d’Agen survient après la relaxe du syndicat agricole en première instance. La cour d’appel a statué sur huit dossiers liés à des actions menées par la CR47 en 2024 dans le Lot-et-Garonne. Le syndicat a notamment été condamné pour des dépôts illégaux de déchets devant les locaux de l’Office français de la biodiversité (OFB) à Clairac, le 11 avril 2024, ainsi que pour des dégradations commises sur plusieurs bâtiments publics, notamment ceux de la DDT, de la DDETSPP, de l’Urssaf ou encore de la mairie de Monflanquin. Des dégradations de grandes surfaces, à Marmande, Castelculier et Agen, ainsi que le recel de panneaux publics à Montauriol, ont également été retenus. Plusieurs agriculteurs poursuivis individuellement ont eux aussi été condamnés à des amendes, solidairement avec le syndicat. Le président de la CR47, José Pérez, a par ailleurs été condamné à six mois d’emprisonnement avec sursis probatoire pendant deux ans, pour menaces et outrages envers des agents de l’OFB. Lors de l’audience en appel, l’avocate générale avait mis en avant des «méthodes délinquantes». Bertrand Venteau, président national de la Coordination rurale a annoncé un pourvoi en cassation de la CR47.
Lait bio : les fontaines à yaourt Delaferme lèvent des fonds
Le fonds Résilience alimentaire des territoires (Resalt), porté par Arkea Capital, a annoncé le 3 septembre avoir participé à la levée de fonds de Delaferme, société qui installe des micro-laiterie chez les éleveurs bio et commercialise du yaourt sous forme de poches et de fontaines. Delaferme a également obtenu une subvention au titre du programme France 2030, géré par Bpifrance. « Les fonds apportés par Resalt et Bpifrance représentent une opération de plusieurs millions d’euros », précise Christophe Audouin, président et cofondateur de Delaferme. Cet investissement est le premier réalisé par Resalt dont l’objectif est « d’investir sur l’ensemble de la chaîne de valeur agricole et alimentaire pour accélérer sa transition et renforcer la résilience des territoires. » Les fonds vont permettre à la société d’accompagner davantage d’éleveurs souhaitant s’équiper d’un outil de transformation à la ferme afin d’arriver à dix micro-laiteries fin 2027, contre quatre aujourd’hui. Il s’agit aussi d’installer 300 fontaines en 2027, contre 300 opérationnelles actuellement dans des restaurants collectifs. Delaferme a réalisé un chiffre d’affaires de 1,3 million d’euros en 2025, et devrait atteindre 2,4 millions d’euros en 2026, selon son président, à 90% grâce à la vente de yaourts distribués en fontaines.
Blé : l’AGPB demande le maintien du quota européen limitant les importations ukrainiennes
Lors d’une conférence de presse à Paris le 8 septembre, l’AGPB (producteurs de blé, FNSEA) a indiqué qu’elle réclame le maintien du quota d’importation de l’UE sur le blé ukrainien. L’association spécialisée rappelle qu’elle avait obtenu la mise en place de ce quota en juillet 2025, autorisant au maximum l’importation en UE de 1,3 Mt de blé tendre ukrainien sans droit, au-dessus desquelles un droit de douane de 95 €/t s’applique. « Les Ukrainiens, qui sont à nouveau challengés sur la mer Noire, tentent de faire sauter cette protection », prévient le président Éric Thirouin. Pour rappel, avant l’instauration du quota, d’importants volumes ukrainiens circulaient dans l’UE, plus compétitifs, car cherchant à sortir du pays à tout prix. Ce qui pesait par ricochet sur les cours des marchandises au sein des pays de la région, sachant que certains d'entre eux sont des clients traditionnels de l'Hexagone. Par conséquent, « il est hors de question » pour Éric Thirouin de tester à nouveau une absence de limite. « Si l’Ukraine utilise l’Europe pour pouvoir exporter sur pays tiers, pourquoi pas ? Mais il n’y a aucune garantie », prévient le président de l’AGPB. Il précise qu’une fois que les céréales pénètrent dans des pays de l'UE, « les wagons s’ouvrent, les camions se vident, à des prix qui sont largement en dessous des prix de marché ».