Agra Fil du 27 août 2026

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UE-Australie : le Parlement australien pourrait ne pas ratifier l’accord de libre-échange

À l’occasion d’un discours devant le Conseil général de la Chambre de commerce et d'industrie, le 26 août, le ministre australien du Commerce, Don Farrell, a reconnu que la ratification de l’accord de libre-échange avec l’UE par le Parlement n’était pas garantie. En cause : la menace de blocage du texte par la coalition des principaux groupes politiques d’opposition. « Je tiens à être clair : il n’y aura pas de seconde chance avec l’UE si nous choisissons de nous retirer de cet accord », a-t-il prévenu, en incitant les représentants des entreprises à faire du lobbying auprès des parlementaires en faveur de la ratification. Une demande qui a suscité l’ire de Matt Canavan, chef du parti National (conservateurs). Ce dernier considère que le texte est « une trahison des agriculteurs australiens ». Il reproche notamment au gouvernement travailliste d’avoir ouvert le marché australien aux producteurs européens en supprimant les droits de douane, alors que les principales exportations agricoles australiennes, de leur côté, resteront soumises à des quotas et des tarifs douaniers. « Ce n'est pas un véritable libre-échange », conclut-il.

Canada/États-Unis : Ottawa détaille ses surtaxes sur les produits américains

Le bras de fer se poursuit entre le Canada et les États-Unis dans le cadre de la guerre commerciale qui fait rage entre les deux pays depuis l’échec de leurs pourparlers le 21 août. Le gouvernement canadien du Premier ministre Mark Carney a ainsi présenté le 25 août le détail de ses contre-mesures ciblées qui doivent permettre de répondre aux sanctions américaines. « Le Canada n’a pas choisi ce conflit commercial, mais il doit y répondre afin d’offrir des conditions de concurrence équitables pour les entreprises canadiennes », précise le gouvernement dans son communiqué. Ottawa imposera ainsi, à partir du 8 septembre, des droits de douane à hauteur de 15 %, 25 % ou 50 % sur certaines importations américaines. Leur montant correspondra au « dollar près » à celui des surtaxes américaines touchant le Canada depuis le 22 août (27,6 Md$), a indiqué le ministre des Finances, François-Philippe Champagne. Dans le détail, le lait, la crème de lait en poudre et le lactosérum seront taxés à 50 %, comme le miel ou les mélasses. Les fromages, eux, feront l’objet d’un tarif douanier de 25 %. Le matériel agricole sera taxé entre 15 % et 25 % selon le produit.

Nitrates/sécheresse : des dérogations pour les couverts végétaux dans plusieurs départements

Selon nos confrères de Réussir, en raison de la sécheresse qui empêche parfois leur implantation, des dérogations à l’obligation de couverts végétaux dans le cadre de la directive Nitrates sont accordées ou en passe de l’être dans au moins sept départements. Certaines préfectures ont choisi des dérogations larges, à l’image de la Meuse (arrêté du 18 août), qui a décrété une dérogation à l’implantation des intercultures longues dans les zones vulnérables (mais pas les zones d’action renforcée) pour toute l’année 2026. Idem dans les Vosges (arrêté du 25 août) et dans la Marne (arrêté non paru, mais annoncé par la FDSEA). Dans la Somme (arrêté du 12 août), la DDT a choisi une approche plus ciblée en suspendant temporairement l’obligation d’implanter un couvert d’interculture courte après une culture de pois de conserve récoltée avant le 15 juillet. Dans l’Aisne (arrêté du 21 août), c’est après les colzas que l’obligation d’intercultures courtes est « exceptionnellement et temporairement » supprimée. Dans des deux départements picards, les agriculteurs ne sont pas obligés de réaliser une analyse de reliquat azoté post-récolte pour bénéficier des dérogations. En Côte-d'Or (arrêté du 21 août), la préfecture considère que le rôle de couverture du sol « peut être assuré par les repousses de colza » (intercultures courtes). Enfin, les préfectures du Cher (arrêté du 11 août) et du Loiret (arrêté du 13 août) ont réduit la durée minimale de couverture du sol en interculture dans les zones vulnérables, à six semaines au lieu de dix.

Betterave/sécheresse : Tereos adapte son process industriel à une faible récolte en vue

Avec des rendements betteraviers attendus « en retrait de plus de 20 % » par rapport à 2025, Tereos adapte son process industriel, a-t-il annoncé le 26 août. L’industriel reporte les dates de démarrage des usines, « afin de récolter les betteraves au moment le plus favorable pour améliorer les rendements », selon un communiqué. Il prévoit aussi de modifier la durée des campagnes (en moyenne 100 jours au lieu de 130 jours l’an dernier) ; réduire les cadences dans certaines sucreries ; ajuster le mix de production en privilégiant le sucre. D’après ses estimations, les rendements de la betterave seraient « en retrait de plus de 20 % par rapport à la campagne précédente (jusqu’à 50-60 % dans certains territoires) », et de 15 % par rapport à la moyenne quinquennale. Tereos voit en revanche un marché porteur. « Nous constatons aujourd’hui les premiers signes d’une hausse des prix de vente, qui devrait permettre au secteur de retrouver un niveau de performance plus équilibré après deux années de forte baisse des prix sur le marché européen », déclare Pierre-Henri Dietz, le directeur Commerce. « La réduction attendue des stocks, associée à la hausse des cours mondiaux, et ce dans un contexte très peu propice à une augmentation des surfaces en Europe, devraient soutenir durablement le redressement du marché. »

Sélection/sécheresse : une étude des génomes anciens ouvre des pistes d’adaptation

Des travaux de recherche sur l’histoire des gènes du blé et de l’orge ouvrent de nouvelles pistes de sélection variétale face au changement climatique, annonce l’Inrae dans un communiqué le 25 juillet. Menés par des chercheurs de l’Inrae, de l’université de Clermont Auvergne et du CNRS, ils s’appuient sur la reconstitution de dix génomes anciens, des « paléogénomes », d’ancêtres communs de 84 espèces de plantes d’intérêt agronomique, selon les résultats publiés dans Molecular Plant et Nature plants. Objectif : identifier des gènes communs, conservés au cours de l’évolution, qui ont pu intervenir dans l’adaptation à des contraintes environnementales, comme la sécheresse. L’étude comparative, notamment du blé et de l’orge, révèle une centaine de variants de gènes ayant des rôles clés dans l’adaptation de ces plantes cultivées à différents climats au cours de leurs 10 000 ans de domestication et de sélection par l’homme, souligne l’Inrae. Fruits de ces travaux, deux outils informatiques en accès libre, AGR et OrthoViewer, sont mis à disposition des scientifiques et des sélectionneurs. Ils permettent de comparer et identifier des gènes d’intérêt chez les plantes cultivées.

Fromages/sécheresse : cahiers des charges assouplis pour comté, beaufort et abondance

Le gouvernement a autorisé un assouplissement temporaire des règles de production des fromages AOP abondance, beaufort et comté, en raison de la sécheresse, selon trois arrêtés publiés le 26 août au Journal officiel. Les cahiers des charges de ces trois fromages imposent normalement aux éleveurs de nourrir leurs vaches majoritairement avec de l'herbe issue d'une zone géographique délimitée, dans les Alpes pour les deux premiers, et dans le massif du Jura pour le comté. Le manque de pluie des derniers mois ayant asséché les pâturages, les producteurs ont obtenu des dérogations exceptionnelles pour nourrir leurs troupeaux. Pour l'abondance, les éleveurs pourront notamment réduire fortement la part d'herbe pâturée et utiliser davantage de fourrage provenant de l'extérieur de la zone de l'appellation. Pour le beaufort, la part de foin et d'herbe devant provenir de la zone de production est abaissée, tandis que davantage d'aliments complémentaires pourront être donnés aux vaches. Pour le comté, l'assouplissement est plus limité : jusqu'à fin octobre, le maïs vert donné aux animaux pourra provenir, en partie, de l'extérieur de l'exploitation.

Ruminants : le nouvel orthobunyavirus détecté sur des chevaux en Suisse

Confirmé depuis plusieurs semaines sur des bovins dans l’ouest de l’Europe, le nouvel orthobunyavirus a été détecté pour la première fois sur des chevaux en Suisse, indique la plateforme Épidémiosurveillance en santé animale dans son bulletin du 25 août. L’infection a été découverte chez « deux chevaux décédés » présentant des troubles neurologiques, l'un à Zurich et l'autre à Berne, selon l’université de Berne. Les scientifique décrivent des animaux d’abord « souvent apathiques et abattus », avant l’apparition dans certains cas de troubles neurologiques : somnolence, troubles de la coordination et de l’équilibre, spasmes, « sensibilité excessive au toucher ou à d'autres stimuli », etc. Le virus était présent dans leur cerveau, mais pas dans leur sang. La présence de l’orthobunyavirus Shamonda « constituerait (…) une explication plausible à la multiplication des symptômes neurologiques », avance l’université. Une hypothèse à confirmer. Ce virus a été détecté fin juillet chez des bovins présentant de la fièvre et une baisse de production laitière. Au 24 août, il était présent dans six pays (et en cours de confirmation en Belgique). En France, 18 départements ont déclaré des foyers, soit cinq nouveaux de plus en une semaine (Hautes-Alpes, Loire, Meuse, Nièvre et Manche).

Lait de chèvre : l’OP livrant Triballat ne s’inquiète pas de la probable arrivée de Lactalis

Bien que la vente de Triballat à Lactalis ne soit pas actée – les deux parties étant en négociations exclusives depuis fin juillet –, les éleveurs de chèvres livrant à Triballat ne semblent pas inquiets de cette opération. Sylvain Boiron, président de l’OP Caprins Rians Centre (OPCRC), ne se dit « pas inquiet, pas affolé » de l’arrivée prévue de Lactalis en remplacement de la famille Triballat, estimant que le numéro un mondial du lait est doté d’une force commerciale à même de bien vendre les produits tout en disposant d’un large portefeuille de fromages AOP. Triballat est un acteur important des fromages de chèvre AOP en tant que producteur de selles-sur-cher, valençay, pouligny-saint-pierre et affineur de crottin de chavignol. De son côté, la FNPL (éleveurs, FNSEA) « sera attentive à la place réservée aux éleveurs dans cette nouvelle étape et aux perspectives qui leur sont offertes », selon un post LinkedIn. « Cette opération doit préserver durablement les volumes collectés, les producteurs engagés avec Triballat dans les différentes zones ainsi que les conditions de valorisation de leur lait ». Pour rappel, Lactalis a annoncé en octobre 2025 une réduction de sa collecte de lait à l’échelle nationale de 450 millions de litres, soit 9 % de sa collecte nationale.

Présidentielle/climat : Jean-Marc Jancovici lance une « assemblée citoyenne »

Jean-Marc Jancovici, expert engagé dans la transition climatique, a annoncé le 26 août la mise en place d'une assemblée de 150 personnes tirées au sort destinée à « donner de la voix aux citoyens » sur le sujet du réchauffement climatique, à l'occasion de la campagne présidentielle. Baptisée « Un commun accord », cette initiative annoncée dans la presse quotidienne régionale, notamment Ouest-France, et qui se veut « non partisane », est soutenue par une douzaine de personnalités dont l'acteur Thierry Lhermitte, les influenceurs McFly et Carlito, le prix Nobel de physique Alain Aspect ou le général deuxième section de l'armée de l'air Frédéric Chiffot. « L'objectif est de faire revenir une parole citoyenne, partant de problèmes concrets traités avec réalisme et l'envie de faire les choses ensemble, dans une campagne où un peu trop souvent les choses sont traitées à partir de slogans », a expliqué à l'AFP l'ingénieur fondateur du Shift Project, groupe de réflexion axé sur la décarbonation de l'économie. Le panel, tiré au sort par l'institut Toluna Harris Interactive pour représenter la diversité de la société, se réunira pendant six week-ends, débattant et échangeant avec des experts, dès le 19 septembre au Conservatoire national des arts et métiers à Paris. Il exposera ses conclusions en février. En parallèle, une plateforme sur internet « permettra à chacun de contribuer au débat ».

Eau : un agriculteur agressé dans le marais de Brière, en Loire-Atlantique

Selon la presse locale, le samedi 22 août, un agriculteur a été agressé physiquement et son tracteur endommagé par une dizaine d'individus en Loire-Atlantique. Il a été bloqué dans un chemin alors qu’il ramassait les bottes de foin sur des parcelles du marais de Brière. Dans un communiqué du 25 août, la profession agricole, FNSEA et JA départementaux en tête, met en cause un « groupuscule de personnes » en lien avec la pratique de la chasse dans le marais. « Ça a toujours été tendu mais, depuis deux ans, cela devient vraiment problématique. Une partie des chasseurs voudrait qu’il y ait de l’eau partout dans le marais toute l’année. De notre côté, nous ne sommes pas contre l’eau dans les canaux, mais nous avons besoin de libérer les prairies pour exploiter l’herbe et pâturer », évoque Pierre-Marie Chateau, président de l’association de défense des éleveurs Brière Brivet (ADEBB). Face à cette agression, les signataires du communiqué déclarent à propos du plan de gestion du marais : « Les actes d'une minorité ne doivent pas remettre en cause ce travail collectif ». Ils en appellent également à l’État afin de passer des déclarations aux actes pour une meilleure gestion des niveaux d’eau. « Actuellement nous sommes confrontés à un manque de décision sur le sujet par le responsable du parc naturel régional de Brière », regrette Pierre-Marie Chateau. (Tanguy Dhelin)

Grand Est : la filière agroalimentaire demande la « suspension » de l’écotaxe poids lourds

Alors que la région Grand Est prévoit de mettre en place une « écocontribution poids lourds » (ECPL) au 1er avril 2027, la filière agroalimentaire régionale demande de « suspendre cette taxe » jusqu’aux prochaines élections régionales, prévues en 2028. Une demande formulée le 25 août en conférence de presse par un collectif regroupant des interprofessions (viande, céréales, porc, lait), des fédérations d’industriels (Aria, LCA, France Industrie) et des syndicats agricoles (FRSEA, JA). Dans un dossier de presse, les organisations estiment les surcoûts provoqués par l’écocontribution, qui sera fixée à 15 ct€/km : 1 380 € par an pour une exploitation agricole (« jusqu’à 2 180 € » pour un élevage), ou encore 88,5 € pour un trajet Phalsbourg-Sézanne en camion. Un impact « préjudiciable aux secteurs économiques locaux ainsi qu’aux ménages », pointent-elles. Le collectif salue toutefois « les efforts pris par la Région Grand Est pour tenter de proposer des mesures d’accompagnement », tout en déplorant qu’elles « n’auront qu’un effet limité ». Votée par le Conseil régional le 22 mai, l’écotaxe devrait rapporter 1 Md€ ; une enveloppe qui servira à financer les investissements prévus sur les 525 km de routes nationales et autoroutes dont la région a récupéré la gestion début 2025.

Biopesticides : l’Inrae sur la voie de produits bactériens plus efficaces et sans dissémination

Dans un communiqué de presse du 20 août, l’Inrae informe que des scientifiques de l’institut ont découvert un « régulateur génétique » de la production de toxines chez un biopesticide bactérien, ouvrant la voie à l’amélioration des biopesticides à l’égard de l’environnement. Ce régulateur est présent chez les biopesticides à base de Bacillus thuringiensis (Bt), les plus commercialisés. En premier lieu, les souches en question ne sporulent pas, ce qui permet d’éviter la dissémination de spores dans l’environnement. Cette dissémination peut poser problème du fait de la proximité phylogénétique de Bt avec Bacillus cereus, une bactérie naturellement présente dans l'environnement (terre, eau, végétaux) qui peut provoquer des intoxications alimentaires. En outre, ces Bt pourraient produire à la fois deux types de toxines (Cry et Vip3), ce qui permettrait d’élargir le spectre d’activité insecticide des préparations de biopesticides, mais aussi de réduire les risques d’apparition d’insectes résistants. Ces résultats publiés dans la revue mBio ont conduit au dépôt d’un brevet.

À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil, Agra Business, et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.