Agra Fil du 28 août 2026

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Budget de l’UE : les pays « frugaux » insistent pour une réduction « de plusieurs centaines de milliards »

« L’Union européenne doit faire des choix clairs et redéfinir ses priorités budgétaires, tout comme nous le faisons chez nous », ont prévenu l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas et la Suède dans un communiqué commun du 27 août, avant les difficiles discussions qui s’annoncent cet automne sur le prochain cadre financier pluriannuel de l’UE. Ces six pays dits « frugaux » estiment que « la proposition de la Commission, qui s’élève à près de 2 000 Md€, doit être réduite de plusieurs centaines de milliards d’euros », en rabotant notamment le budget de la Pac. À nous six, « nous finançons environ 40 % du budget européen », a déclaré en conférence de presse à Berlin le chancelier allemand Friedrich Merz. « Nous ne sommes pas radins, mais ce genre de répartitions proposées par la Commission ne correspondent tout simplement pas à notre époque », a-t-il estimé. Les dirigeants européens espèrent parvenir à une position commune sur le budget post 2027 d’ici la fin de l’année, avant les élections qui se tiendront en 2027 dans plusieurs États membres, dont la France. La présidence irlandaise du Conseil de l'UE a été chargée de mettre au point un nouveau cadre de négociation d'ici au Conseil européen des 15 et 16 octobre. Et le président du Conseil européen, António Costa, a entamé le 25 août en Slovaquie et en Estonie un tour des capitales européennes focalisé sur cette question des négociations budgétaires.

Maïs : la récolte en baisse « de moitié », appel à la solidarité nationale (producteurs)

L’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA), estimant la récolte en baisse « de moitié », a réclamé le 27 août des aides publiques « réellement à la hauteur de la crise » vécue. « La filière maïs traverse aujourd'hui une épreuve d'une gravité exceptionnelle pour laquelle une solidarité nationale d’ampleur est indispensable », déclare le président Franck Laborde, cité dans un communiqué. Concernant le maïs grain, l’AGPM chiffre la production française 2026 à 7,5 Mt (contre 13,4 Mt en moyenne quinquennale), soit « l’une des plus faibles depuis la seconde moitié du 20e siècle ». Même évolution côté maïs fourrage, en chute « de moitié ». Cela représente au total « près de 2,5 milliards de chiffre d'affaires perdus » dans les fermes, selon le communiqué. « Dans les zones les plus touchées, la fragilité financière de nombreuses exploitations risque de se transformer en crise de trésorerie majeure, avec des conséquences durables sur l'emploi et l'activité économique locale », alerte l’AGPM. Et l’organisation de poursuivre : « Les producteurs de maïs attendent des décisions fortes ainsi qu’un soutien économique majeur et des aides publiques réellement à la hauteur de la crise qu’ils traversent, sans quoi le redémarrage sera impossible en 2027 ».

Maïs bio : la France va devenir importatrice nette cette campagne (presse)

Comme en conventionnel, la récolte de maïs bio s’annonce « catastrophique », indique La Dépêche - Le petit meunier : en raison de la sécheresse, elle pourrait s’établir « entre 70 000 t à 80 000 t, voire moins » (contre 132 000 t en 2025), selon Bastien Vincent, responsable commercial de Fermes bio, interrogé par le média spécialisé. Cette union de coopératives « a collecté 2 500 t en 2025 », mais table sur 300 t cette année. « Les utilisateurs devront probablement importer du maïs bio », analyse le média du groupe Réussir-Agra, rappelant que ces importations « sont très variables d’une campagne à l’autre ». Des achats qui ont déjà commencé : dans le nord-est de la France, des « industriels de la nutrition animale » rencontrent « des difficultés à s’approvisionner en céréales fourragères bio françaises » et ont fait « appel à l’importation de maïs bio » (Pologne, Slovaquie, Tchéquie, Ukraine). « Alors que la France était jusque-là en autosuffisance totale voire exportatrice de maïs bio, le pays va devenir importateur net », constate Maximilien L’Hyver, responsable commercial du négociant Partner Bio. Et La Dépêche d’ajouter que « le maïs bio ne cesse de renchérir » (entre 410 et 430 €/t au 19 août, français comme importé), bien qu’il soit « difficile de faire la part des choses entre pénurie présumée et spéculation ».

Blé : l’export français aspiré par un marché européen en manque de maïs

Face à un manque de maïs européen en 2026-2027, les exportations françaises de blé tendre penchent vers le Vieux Continent, a souligné le 27 août le cabinet Argus Media. « La pénurie de maïs va profiter au blé », a lancé l’analyste Maxence Devillers. Malgré une moisson décevante – la production nationale de blé tendre étant chiffrée à 30,80 Mt (contre 33,35 Mt l’an dernier) –, Argus Media table sur une hausse des utilisations en alimentation animale, à 5,2 Mt (contre 4,7 Mt), et à l’export vers l’UE, à 8,2 Mt (contre 8 Mt). Cela pénalise les exportations de blé français vers les pays tiers, estimées à 6 Mt (contre 7,3 Mt) sur la nouvelle campagne. Une situation qui résulte de la mauvaise récolte prévue en maïs grain, « au plus bas depuis 1976 ». Argus Media l’estime cette année en France à 6,9 Mt (contre 13,2 Mt). Ce manque de disponibilités concerne tout le marché européen. La production de maïs grain est chiffrée en forte baisse dans l’UE à 46,9 Mt (contre 57,9 Mt), conséquence là aussi de la sécheresse et des canicules. « Le marché européen du maïs est en perte de vitesse », considère Maxence Devillers. Une substitution s’opère au profit du blé. Résultat, ses stocks fondent. Ils sont prévus à 10,9 Mt de blé fin 2026-2027 dans l’UE, au plus bas depuis 2020-2021.

Sécheresse : 2 Md€ nécessaires pour l’aide individuelle de 5 000 € proposée par la Conf’

La Confédération paysanne a présenté le 27 août ses propositions pour soutenir les agriculteurs touchés par les aléas climatiques de l’été. Elle a réitéré sa demande d’une aide forfaitaire de 5 000 € par agriculteur, versée sous forme de subvention, qui prendrait en compte les pertes de récolte, de chiffre d’affaires et les augmentations de charges. « Une enveloppe de 2 milliards d’euros doit être provisionnée pour être en capacité de répondre à l’ensemble des demandes d’aide directe », écrit le syndicat dans un communiqué. Et de revendiquer des modalités de mise en œuvre « simples » et des critères « définis au niveau départemental et adaptés à la réalité des fermes ». Aux yeux de la Conf’, les non-assurés, les nouveaux installés et les agriculteurs en procédure collective doivent aussi être éligibles, et le guichet doit être ouvert sur toute l’année 2027. La Confédération paysanne demande aussi de revoir les critères de versement des aides Pac en adaptant ou suspendant les contrôles administratifs à la réalité économique en temps de sécheresse et de canicule. Enfin, le syndicat réclame des mesures spéciales pour l'élevage : réquisition des fourrages destinés à la méthanisation, autorisation du pâturage sur les terres incultes, ouverture des aides aux activités agricoles autres que nourricières, indemnisation du vide sanitaire allongé en volailles, etc.

Lait : le chiffre d’affaires du top 20 mondial en hausse de 5,4 %, à 267 Md$

Le chiffre d’affaires cumulé des 20 plus grandes entreprises laitières mondiales a augmenté de 5,4 % en 2025 par rapport à 2024, pour atteindre 267 milliards de dollars (Md$), selon le dernier rapport Global Dairy Top 20 de RaboResearch, publié le 26 août. « Treize entreprises ont changé de position, tandis que la sortie de deux entreprises (DMK et Unilever, respectivement à la suite d’une fusion et d’une scission) a permis l’arrivée de deux nouveaux entrants, Magnum et Emmi, qui figurent pour la première fois dans le classement », écrit RaboResearch. Lactalis (40,2 Md$ de chiffre d’affaires) a renforcé sa position de leader après plusieurs acquisitions. Nestlé (23,7 Md$ de CA) conserve sa deuxième place, même si les produits laitiers représentent une part décroissante de son portefeuille global ; Dairy Farmers of America (23,1 Md$) reste à la troisième place, tout en augmentant ses capacités de transformation dans un contexte de forte volatilité des prix du lait aux États-Unis. Arla Foods (23 Md$ de CA) se hisse à la quatrième place, faisant pour la première fois son entrée dans le top 5 à la suite de sa fusion avec DMK, donnant naissance à la plus grande coopérative laitière d’Europe.

Produits phytosanitaires : en 2024, les ventes ont progressé de 8 % (gouvernement)

Dans son rapport publié le 24 juillet, le SDES (Service des données et études statistiques, commun à plusieurs ministères) précise que, avec 70 100 t de produits phytosanitaires vendues pour l’agriculture en 2024, ce marché a progressé de 8 % en un an. Une hausse portée essentiellement par les fongicides (+22 %). En cause : un printemps très humide favorable au développement de maladies, notamment du mildiou en vigne, avec une hausse du recours au folpel et au cuivre. Les fongicides représentent 45 % des ventes, contre 42 % pour les herbicides, 8 % pour les insecticides et 5 % pour les autres substances, dont les régulateurs de croissance. Les ventes de substances de biocontrôle ou utilisables en agriculture biologique ont fortement rebondi en 2024 (+ 17 %), après deux années de baisse (-9 % en 2023, -2 % en 2022) ; elles s’attribuent désormais 38 % des ventes totales (contre 16 % en 2010). Du côté des produits de synthèse, les substances conventionnelles non CMR (cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques) représentent 45 % du total, contre 16 % pour les CMR. Les ventes de ces dernières ont reculé de 14 % en 2024 et de près de 46 % en 14 ans ; dans cette catégorie regroupant les produits les plus dangereux, les fongicides ont reculé de 64 % et les herbicides de 29 % sur cette même période. (Anne Gilet)

Restauration commerciale : l’UMIH signale un retournement de la rentabilité en 2025

La restauration traditionnelle et la restauration rapide ont perdu en rentabilité en 2025, et au moins le quart des établissement de ces deux secteurs se révèlent fragiles économiquement, selon plusieurs communiqués de l’UMIH du 27 août. La rentabilité a davantage fléchi en restauration traditionnelle (EBE moyen en recul de 4,2 %) qu’en restauration rapide (-2,6 %). Ces deux secteurs ont perdu leurs gains de 2024 pour tomber en dessous de leurs performances de 2023. Néanmoins, le désendettement général se poursuit, selon l’observatoire sectoriel récemment établi par le principal syndicat de la restauration commerciale indépendante avec l’Ordre des experts-comptables. Ces résultats cachent une grande variabilité dans les deux types de restauration. L’UMIH relève en effet qu’une majorité d’entreprises (55,1 % en traditionnelle et 53,6 % en rapide) ont vu leur résultat net reculer en 2025. Les résultats les moins bons (quartile du bas), tant en restauration rapide qu’à table, se dégradent nettement, voit-on dans les deux communiqués. Ainsi, au moins le quart des entreprises sont déficitaires, dans chaque type de restauration. Un constat qui alerte d’autant plus que, au deuxième trimestre 2026, le chiffre d’affaires diminue dans la plupart des départements.

Engrais : chez Yara, un poste pour créer des passerelles entre l’amont et l’aval

Michael Lepelley, directeur Marketing et agronomie France chez Yara depuis août 2021, annonce, sur son compte LinkedIn, sa nouvelle fonction au sein du groupe. Il est désormais « Food-value chain business development manager » pour la France. « Dans cette nouvelle mission, mon objectif sera de créer des passerelles entre les ambitions de décarbonation des acteurs de l’aval et les solutions agricoles disponibles en amont », précise-t-il. Pour Yara, il s’avère capital de mobiliser l’ensemble de la chaîne de valeur, « du champ jusqu’aux acteurs de la transformation alimentaire » pour bâtir des systèmes alimentaires plus durables et bas carbone. Michael Lepelley aura pour mission de « développer des partenariats stratégiques au sein des filières Food, Feed et Fuel », « d’accélérer la création de demande pour les solutions bas carbone » ou encore d’« accompagner l’adoption de pratiques agricoles et de fertilisants à faible empreinte carbone ». (Anne Gilet)

Agenda de la semaine agricole du 31 août 2026

Vendredi 28 août
Foire de Châlons (jusqu'au 7 septembre)
Lancement du livre blanc sur la protection des cultures, à la Foire de Châlons (Phyteis, LCA, NegoA, AGPB)

Lundi 31 août
Conférence de presse de rentrée des Jeunes agriculteurs

Mardi 1er septembre
Commission de l’Environnement du Parlement européen
Conférence de presse de rentrée de la Coopération agricole
Journées Solaal du don agricole

Mercredi 2 septembre
Conférence de presse de rentrée de la FNSEA
Commission de l’Agriculture du Parlement européen
Commission du Commerce international du Parlement européen
TSE et Vivescia signent un partenariat sur l'agrivoltaïsme, à la Foire de Châlons

Jeudi 3 septembre
Annie Genevard présente le plan CASI (canicules, sécheresse et incendies)
Bertrand Venteau (CR) comparaît devant le tribunal correctionnel d’Auch (Gers) pour ses menaces contre les « écolos »
Conférence de presse de Vivagro (biocontrôle)
Visite d'essais Raisin du CTIFL, à Carpentras Serres (Vaucluse)
Décryptage de l'Omnibus Pesticides (collectif d’ONG)
Conférence de presse du Space (élevage)
Conférence de presse du réseau GSCC (climat)
Sommet sur l'hybridation de l'agriculture organisé par la députée Nicole Le Peih
Visioconférence CoFarming sur le financement de l'agritourisme
Conférence de presse du Bureau européen de l'environnement (EEB) sur la législation sur les nitrates
Lancement de Cap légumes Champagne-Ardenne, à la Foire de Châlons

Samedi 5 septembre
Conférence de presse de présentation des Terres de Jim 2026 (JA)