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Viande : les exportations brésiliennes vers l’UE suspendues, audits en cours

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Poignée de main entre Luiz Inácio Lula da Silva et Ursula von de Leyen lors d'une visite diplomatique au Brésil en janvier 2026 Crédits : © European union

Malgré des négociations techniques, le Brésil ne figure plus depuis le 3 septembre dans la liste des pays autorisés à exporter des produits animaux vers l’UE en lien avec l’utilisation d’antibiotiques de croissance. Une victoire pour les opposants à l’accord UE-Mercosur tandis que la Commission européenne mène actuellement des audits et pourrait proposer prochainement une réintégration de la volaille.

L’épée de Damoclès planait de plus en plus au-dessus des exportations brésiliennes vers l’UE depuis le retrait le 12 mai de sa mention de la liste des pays autorisés à exporter des produits animaux dans l’UE en lien avec l’utilisation d’antibiotiques. Et finalement, le couperet est tombé. Depuis le 3 septembre, le Brésil n’est donc plus autorisé à exporter vers l’UE des animaux destinés à la production alimentaire ni des produits d’origine animale destinés à la consommation humaine. Une interdiction qui concerne notamment les viandes bovine et de volaille, les œufs, le miel et les boyaux. Bien que concomitante à l’application provisoire de l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur, la décision de la Commission européenne émane de la réglementation relative à la lutte contre l’antibiorésistance issue de l’approche européenne « Une seule santé » (One Health) qui est applicable aux producteurs de l’UE depuis 2022.

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En dépit de la « documentation technique complète détaillant les mécanismes d’inspection officiels et les garanties gouvernementales pour chacune des filières de production » que le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage brésilien (MAPA) affirmait en juillet avoir transmis, Bruxelles a donc estimé que le pays sud-américain n’avait toujours pas fourni les assurances nécessaires. En effet, la mise en œuvre pratique de celles-ci doit effectivement être vérifiée, ce qui n’a pas encore pu être réalisé sur place. « Le Brésil est un partenaire important pour l’UE et nous travaillons étroitement, de manière constructive et positive, avec les autorités brésiliennes afin de garantir leur conformité à ces exigences », précise toutefois un porte-parole de la Commission européenne.

Audits sur la volaille mais pas pour le bœuf

En parallèle, les services de la DG SANTE de la Commission européenne mènent donc actuellement, jusqu’au 4 septembre, des audits au Brésil auprès de producteurs de volailles et de miel. La viande bovine n’est, elle, pas concernée. Bruxelles stipule bien qu’il s’agit des productions pour lesquels les autorités brésiliennes ont fourni des garanties écrites de conformité. En cas de résultat positif, Bruxelles pourrait proposer de les réintégrer à la liste des pays autorisés à exporter vers l’UE mais seulement pour les produits qui font partie du champ de l’audit. Cela signifie que la viande bovine ne sera, quoi qu’il arrive, pas concernée par cette potentielle modification.

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Pour que cette réinstauration du Brésil devienne effective, un vote des experts nationaux en comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux (Scopaff) reste nécessaire. Pour l’heure aucune date de vote n’est confirmée par l’exécutif européen même si le prochain comité d’experts sur la santé animale doit se réunir les 17 et 18 septembre selon l’agenda provisoire mis à jour le 21 août.

Le goût de la victoire

Dans l’UE, la confirmation de cette interdiction d’exportation a reçu un écho très favorable de la part des opposants à l’accord de libre-échange UE-Mercosur qui mettent en avant l’application concrète d’une mesure de réciprocité. « Enfin, la Commission européenne accepte de remplir son rôle de garante des règles européennes. Ces règles ne peuvent pas s’appliquer uniquement à nos agriculteurs : elles doivent également être respectées par les produits qui entrent sur notre marché », s’est ainsi réjoui l’eurodéputé centriste belge Benoît Cassart qui y voit « un premier pas dans la bonne direction vers une politique commerciale qui ne soit pas basée sur le dumping ». « L’expérience brésilienne confirme l’importance de renforcer les contrôles, les certifications et les procédures de vérification des systèmes de production des pays exportateurs, plutôt que de s’appuyer uniquement sur des contrôles effectués aux frontières », veut croire de son côté Luigi Scordamaglia, président du think tank Eat Europe.

Lire aussi : Mercosur : des tensions autour de l’attribution des quotas agricoles avec l’UE

Le cas brésilien revêt une importance particulière pour le pays alors que la répartition des contingents tarifaires agricoles accordés dans le cadre de l’accord de libre-échange UE-Mercosur entre les pays du bloc sud-américain n’a toujours pas encore été définitivement actée. Une réunion le 2 septembre n’a d’ailleurs pas permis de régler la situation. Il n’y a « pas encore d’unanimité », a ainsi déclaré le chef de la diplomatie uruguayenne Mario Lubetkin, dont le pays occupe la présidence tournante.