Agra Fil du 2 septembre 2026

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Restauration de la nature : seuls cinq Etats membres ont adressé leurs plans dans les temps

Les Etats membres avaient en théorie jusqu’au 1er septembre pour rendre à la Commission européenne leur projet de plan de restauration de la nature prévu dans la réglementation adoptée en 2024. Mais seuls cinq d’entre eux (Espagne, Portugal, Pays-Bas, Luxembourg et Bulgarie) les ont adressés dans les temps, a indiqué le directeur général de l’Environnement, Eric Mamer, lors d’un échange au Parlement européen le jour même. Il a précisé que cinq autres plans étaient finalisés et seraient bientôt envoyés à Bruxelles. « C’est une aventure inédite. Il ne s’agit pas de respecter une échéance stricte mais plutôt d’élaborer de bons plans pour bien identifier les besoins et ainsi pouvoir les financer dans le cadre du futur budget européen », a tempéré le fonctionnaire européen. L’exécutif dispose désormais de six mois pour examiner les projets et formuler des commentaires (qui seront rendus publics) à l'intention des États membres. Ces derniers pourront alors intégrer ces modifications lors de la finalisation de leurs plans qui devront entrer en vigueur fin 2027. La législation sur la restauration de la nature, qui a fait l’objet d’intenses discussions et qui reste très critiquées notamment à droite, prévoit la restauration d’au moins 20 % des zones terrestres et maritimes de l’UE d’ici 2030 et de tous les écosystèmes nécessitant une restauration d’ici 2050, y compris les écosystèmes agricoles.

Engrais : les agriculteurs danois dans la rue contre un projet de loi sur les rejets d’azote

Au Danemark, près d’un millier d’agriculteurs ont manifesté, le 1er septembre devant le Folketing (Parlement danois) contre un projet de loi qui vise à encadrer les rejets d’engrais et de gaz à effet de serre par l’agriculture et la sylviculture, rapporte l’AFP. Selon le projet de texte, qui sera soumis au vote des députés le 3 septembre, les agriculteurs recevront, à partir de 2027, un quota d’émissions en fonction de la réduction nécessaire des émissions d’azote dans leur bassin versant. Ils devront aussi convertir une partie de leurs terres en espaces naturels. Cette proposition de loi fait partie de la « tripartite verte » qui introduit notamment une taxe carbone sur l’élevage qui doit entrer en vigueur en 2030. « Malheureusement, le gouvernement mène une politique ciblée qui rend la production alimentaire au Danemark plus coûteuse et plus contraignante », déplore Søren Søndergaard, président du Conseil danois de l'alimentation et de l'agriculture, principale organisation du pays. Depuis le début de l’année 2026, le gouvernement danois a obtenu le feu vert de Bruxelles pour des aides d’Etat d’un montant total d’environ 1,6 Md € afin de retirer des terres de la production et pour soutenir le reboisement.

Sécheresse : Bruxelles recueille les demandes des organisations agricoles de l'UE

Suite à la nouvelle sécheresse qui a frappé une vaste partie de l’UE durant l’été, le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen, a échangé le 1er septembre en vidéoconférence avec des représentants du secteur agricole (Copa-Cogeca, Ceja, Via Campesina, Ifoam) pour tenter de mesurer son impact sur la production européenne. Il a rappelé que ses services travaillaient en collaboration avec les États membres pour trouver des solutions grâce aux outils de la Pac. Et le sujet sera de nouveau abordé dans le cadre de la réunion informelle des ministres de l’Agriculture de l’UE les 7 et 8 septembre à Dublin. Le Copa-Cogeca a signalé des pertes particulièrement importantes en Slovénie, Autriche, France et Italie notamment pour le maïs par exemple: -50 à 70 % en Slovénie, -40 % en France et -20 à 25 % en Italie, « avec des pertes allant jusqu'à 70% dans certaines zones non irriguées ». Le Copa-Cogeca a donc demandé « un soutien immédiat aux flux de trésorerie, une utilisation plus souple des instruments de la Pac », des investissements accrus dans les infrastructures d'irrigation ainsi que l’allégement de mesures environnementales (nitrates, MACF, produits phytosanitaires…). La coordination européenne Via Campesina a, pour sa part, plaidé en faveur d’une réorientation des fonds du plan engrais qui n'ont pas encore été dépensés vers les agriculteurs frappés par la sécheresse. Elle appelle aussi à activer les instruments de l'OCM afin que les prix payés aux producteurs couvrent les coûts de production, y compris les surcoûts liés aux catastrophes climatiques.

Sécheresse : les coopératives veulent discuter investissement après le plan Casi

À l'occasion d'une conférence de presse le 1er septembre, le nouveau président de la Coopération agricole (LCA) Jean-Luc Duval a présenté les demandes de son réseau face à la sécheresse, prenant acte du fait que le plan Casi (sécheresse) qui sera présenté le 3 septembre par la ministre de l'Agriculture sera axé vers les exploitations agricoles. Toutefois, M. Duval « souhaite un contact rapide avec la ministre pour faire les comptes sur l'amont agricole ». Et d'ajouter : « L'urgence répare, mais il faut nous protéger sur le long terme, par l'investissement ». La directrice générale de LCA Florence Pradier a fait état de « baisses d'approvisionnement de 20 à 90 %», selon les coopératives, de « pertes de chiffre d'affaires très variables qui vont de quelques millions d'euros à quelques centaines de M€ » et de « pertes en résultats de quelques millions d'euros à quelques dizaines de millions d'euros ». Pour faire face aux conséquences, les coopératives demandent de « sécuriser les moyens de production », « d'éviter les ruptures de liquidités » chez les producteurs, en « sécurisant les trésoreries, pour éviter les fermetures et assurer la production de l'an prochain ». Mais, pour Jean-Luc Duval, « financer nos dépenses par de l'impôt, c'est difficile compte tenu des finances publiques, on est des citoyens ; par contre, pour répercuter le cout de l'alimentation dans les achats ». La veille, les JA ont présenté le 31 août une trentaine de propositions face aux aléas climatiques, dont la mise en place d’« une contribution générale sur l’impôt » pour faire face aux effets agricoles et non agricoles de la canicule. Enfin, LCA demande une réouverture des négociations commerciales pour les coopératives qui le demandent.

Grandes cultures/sécheresse : les AS de la FNSEA demandent une aide de 450 €/ha

Dans un communiqué du 1er septembre, les associations spécialisées grandes cultures de la FNSEA (AGPB, AGPM, CGB, Fop, UNPT) réclament une aide directe à la trésorerie des producteurs de 450 €/ha dans le cadre du plan gouvernemental Casi (canicule, sécheresse, incendies), qui doit être présenté le 3 septembre. Les organisations justifient leur demande par la chute des volumes de productions consécutive aux épisodes de canicules et de sécheresse. Cette baisse s’élèverait, pour l’instant, à 45 % en maïs, à 30 % en tournesol, à 23 % en pommes de terre, à 20 % en betteraves et à 11 % en céréales à paille. La dégringolade de la récolte française 2026 engendrerait un manque à gagner pour les producteurs estimé à environ 6,5 milliards d’euros, précisent les associations spécialisées. « L’objectif doit être de sécuriser la mise en place des prochaines campagnes. Afin de continuer à nourrir l’ensemble des Français, les producteurs attendent un soutien économique massif et simple à mettre en œuvre », préviennent les organisations. Elles rappellent qu’aucun territoire n'échappe actuellement « à la crise climatique et économique qui frappe les grandes cultures. Les exploitations situées en zones intermédiaires et à faible potentiel, déjà fragilisées structurellement, en constituent l'illustration la plus sévère ».

Ruminants/sécheresse : les AS de la FNSEA chiffrent les besoins à plus de 5 Md€

En raison de la sécheresse et des canicules de cet été, « l’enveloppe nécessaire au maintien des troupeaux herbivores en France s’élève (…) à 5,4 Md€ », ont indiqué les quatre associations spécialisées d’éleveurs de ruminants de la FNSEA* le 1er septembre. Cette somme correspond aux seuls besoins d’achats de fourrages, sachant que les syndicats « corroborent » la chute de 50 % des stocks estimée par les préfets. Alors qu’Annie Genevard doit présenter son plan d’aide d’urgence jeudi 3 septembre, les représentants des éleveurs demandent une enveloppe de 3 Md€ d’aides publiques, soit environ 300 €/UGB (unité gros bovin) pour les 10,6 millions d’UGB présents en France (bovins, ovins et caprins). Outre les dispositifs habituels (dégrèvement de la TFNB, exonérations MSA, etc.), cette somme comprendrait aussi une « aide de crise », ainsi que l’indemnité de solidarité nationale (ISN) dans le cadre de l’assurance récolte. Pour compenser le reste des pertes (soit 2,4 Md€), les syndicats appellent leurs filières respectives à « revaloriser » les prix à la production. Ces derniers mois, de nombreux éleveurs ont vu leurs prix de vente chuter (environ 300 € par vache allaitante, 80 €/1 000 l de lait), « sans répercussion sur les prix à la consommation », font-ils valoir. * FNB (bovins viande), FNPL (producteurs de lait), FNO (ovins) et Fnec (caprins)

Viande: le Brésil bel et bien interdit d’exporter en UE au 3 septembre, mais des audits en cours

Les services de la Commission européenne ont confirmé, le 31 août que le Brésil ne sera plus autorisé, à partir du 3 septembre, à exporter vers l’UE des animaux destinés à la production alimentaire ni des produits d’origine animale, notamment les viandes bovine et de volaille, les œufs, le miel et les boyaux, destinés à la consommation humaine. « Le Brésil est un partenaire important pour l’UE et nous travaillons étroitement, de manière constructive et positive, avec les autorités brésiliennes afin de garantir leur conformité à ces exigences », précise toutefois un porte-parole de la Commission européenne. « Pour la première fois depuis longtemps, l’Europe fait preuve de lucidité et décide de protéger son marché, ses producteurs et ses consommateurs », se félicite Patrick Bénézit président de la fédération nationale bovine. En parallèle, les services de la DG Santé de la Commission européenne mène actuellement, jusqu’au 4 septembre, des audits au Brésil auprès de producteurs de volailles et de miel. En cas de résultat positif, Bruxelles pourrait proposer de réintégrer le Brésil à la liste des pays autorisés à exporter vers l’UE mais le bœuf ne sera pas concerné. Toutefois, un vote des experts nationaux en comité permanent (Scopaff) reste nécessaire sans qu'aucune date ne soit, pour l'heure, confirmée.

UE-Mercosur : enquête de la Médiatrice sur l’accès aux documents de l’application provisoire

À la suite d’une plainte, la Médiatrice européenne, Teresa Anjinho, a décidé, le 31 juillet d’ouvrir une enquête à l’encontre du service européen d’action extérieur (SEAE) après de sa décision de refuser l’accès du public à la communication diplomatique relative à l’application provisoire de l’accord commercial intérimaire UE-Mercosur. Dans le détail, l’investigation concerne quatre « notes verbales » informant les pays du Mercosur de l’achèvement de la procédure interne dans l’UE. Le SEAE a justifié le refus d’accès à ces documents en raison à l’atteinte que leur divulgation porterait à l’intérêt public en ce qui concerne les relations internationales et la protection des procédures juridictionnelles mais également en raison de l’examen actuellement mené par la Cour de justice de l’UE au sujet de la compatibilité de l’accord commercial avec les traités européens. De leur côté, les plaignants estiment que « les documents demandés revêtent une importance publique » et ils souhaiteraient « avoir accès à des informations factuelles telles que les notifications procédurales, les dates de mise en œuvre et d’autres éléments non sensibles susceptibles d’être divulgués sans porter atteinte à des intérêts légitimement protégés ».

Lait/protéines alternatives : l’Efsa consulte sur la lactoferrine de synthèse

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a ouvert le 27 août une consultation concernant une demande d’autorisation de mise sur le marché de la lactoferrine alpha de synthèse équivalente à l’humain en tant que nouvel aliment. Ce produit est issu de la fermentation par la souche génétiquement modifiée d’une levure alors que la production traditionnelle de lactoferrine repose actuellement sur son extraction à partir du lait de vache. L’entreprise Helaina - en partenariat avec Nestlé -, à l’origine de la demande, souhaite commercialiser ce complément alimentaire comme ingrédient dans les aliments et boissons conventionnels, les préparations pour nourrissons, les aliments pour nourrissons et jeunes enfants (céréales, produits laitiers, biscuits…) et dans des aliments destinés à des fins médicales.

Foie gras : Lur Berri planche sur la vente de Labeyrie (presse)

Dans un article (payant) publié le 31 août, l’Informé avance que « Lur Berri planche sur la vente de Labeyrie ». La coopérative basque, actionnaire de Labeyrie Fine Foods à parts égales avec le fonds financiers PAI, serait « pressée par ses créanciers » de céder sa participation dans l’industriel aux multiples produits (saumon fumé, crevettes, foie gras, apéritifs et préparations végétales). Elle a promis à ceux-ci, précise le journal, de la céder avant le 31 juillet 2027, alors que son co-actionnaire « pourrait bientôt » céder la sienne. La coopérative avait annoncé dans son dossier de presse de novembre 2025 sa décision de recentrer sur ses métiers agricoles et de renforcer son ancrage territorial. Pour sa part, le groupe Labeyrie Fine Foods, endetté à hauteur de 520 millions d’euros sous forme de prêts et lignes de crédit, avait annoncé en juillet 2025 qu’il avait pu repousser ses remboursements à l’échéance de 2029. L’industriel n’en continuait pas moins de poursuivre son expansion. Dans un communiqué du 12 juin 2025, le groupe dévoilait son plan stratégique « Tous Unis 2028 » visant à augmenter de 30% en quatre ans le nombre d’unités de vente consommateur. 

Porc: en Allemagne, Tönnies repropose aux éleveurs des contrats à prix stabilisé

Comme en 2024, mais dans un contexte de prix nettement plus bas, Tönnies propose aux éleveurs allemands des nouveaux contrats censés offrir plus de sécurité aux éleveurs, rapporte l’agroéconomiste de l’Ifip Christine Roguet sur LinkedIn le 30 août. Le premier abatteur de porcs d’Allemagne a présenté début août un « modèle de stabilisation des prix » combinant coûts de production et prix de marché établi sur une longue période, comme six mois. Dans un article posté le 31 août sur le site spécialisé 3Tres3.com, le service allemand d’analyse des marchés VR Agrar juge que cette offre soulève la question des relations futures entre abatteurs et éleveurs. Outre la relation éleveur-abatteur, elle soulève la question de « la marge de manœuvre que conserveront les producteurs en matière de commercialisation et de formation des prix ». VR Agrar note que les principales organisations, l'ISN (porcs) et l'Association allemande des agriculteurs, ainsi que l'Association agricole de Lippe (Westphalie), conseillent aux éleveurs de ne pas signer pour le moment, dans l’attente de la « modifications de certains points ».

Pesticides: à la foire de Châlons, AGPB, LCA, Phyteis et NégoA présentent un livre blanc

Lors de la foire de Châlons le 28 août, l'AGPB (producteurs de blé, FNSEA), LCA (La Coopération Agricole), Phyteis (producteurs de pesticides), et NégoA (négoce agricole) ont présenté un livre blanc faisant la promotion de l’approche combinatoire de la protection des plantes (agronomie, génétique, biocontrôle, agriculture de précision, pesticides). Le document contient par ailleurs onze propositions, regroupées au sein de quatre thématiques. La première est l’accélération de l’innovation afin «d’élargir la boîte à outils», qui inclut la proposition de «renforcer les partenariats entre recherche publique et privé». La deuxième : la construction d’un cadre réglementaire français cohérent avec les objectifs européens. Sur ce point, les organisations rappellent la nécessité d’harmoniser les règles d’usages des produits phytosanitaires entre les États membres. Troisième thématique : «accompagner» les agriculteurs dans cette approche combinatoire. Cela passe notamment par la formation de techniciens et un soutien à l’investissement afin de moderniser les agroéquipements. Dernière thématique : «renforcer la confiance avec les citoyens».

Bioproduits : De Sangosse fait l’acquisition de Norac Concepts Inc.

Dans un communiqué du 1er septembre, le spécialiste français des bioproduits De Sangosse (biofertilisants, produits de biocontrôle etc.) a annoncé le rachat du canadien Norac Concepts Inc., spécialisé dans « les adjuvants agricoles et des solutions d’amélioration de la pulvérisation ». L’opération permettra à De Sangosse de consolider sa position en Amérique du Nord, en bénéficiant « du vaste réseau de distribution » et à la présence historique sur le marché de Norac Concepts Inc. Le groupe français espère ainsi « introduire progressivement le portefeuille d’innovations en solutions de biocontrôle, biostimulation et de nutrition des plantes » sur le marché canadien. De son côté, Norac Concepts Inc. poursuivra « ses activités habituelles auprès de ses principaux clients, fournisseurs et partenaires historiques ». Le montant du rachat n’a pas été communiqué. Se targuant de faire partie du top 5 mondial du marché des biosolutions agricoles, le groupe centenaire originaire d’Agen précise que via ce rachat, Norac Concepts Inc. constitue la 19ème société à intégrer son écosystème.

Saisonniers : CFDT et FO attaquent l'arrêté sur le logement sous tente au Conseil d'État

Deux syndicats de salariés, la CFDT Agri-Agro et FGTA-FO ont annoncé, dans des communiqués distincts le 27 août et 1er septembre, qu'ils avaient saisi le Conseil d'État pour faire annuler l'arrêté paru au Journal officiel le 25 août qui autorise l’hébergement sous tente des saisonniers agricoles dans quatre nouveaux départements (Rhône, Côte-d’Or, Saône-et-Loire, Yonne) et allonge cette autorisation de 15 jours, jusqu'au 30 septembre. « C’est inacceptable ! », tonne la CFDT Agri-Agro « Les salariés agricoles sont des salariés comme les autres. Il ne peut pas y avoir un droit du travail à plusieurs vitesses. Et ce n’est pas le rôle du gouvernement de sacrifier leur santé et leur sécurité par une énième dérogation au droit du travail sans aucune évaluation concrète et factuelle de la situation réelle, ni planification d’amélioration concertée. » Avant cet arrêté, la réglementation ne permettait de déroger à l’interdiction du logement sous tente que dans quinze départements au sud de la Loire (excluant notamment la Gironde), du 1er juin au 15 septembre. Pour rappel, la parution de ce texte intervient après qu’une dérogation donnée par la préfecture de Saône-et-Loire a été révoquée par l’État en mars, comme le relataient Les Echos (article payant).

Raisin de table : le potentiel de production 2026 s’annonce proche des normales

La campagne de raisin de table 2026 a démarré avec une dizaine de jours d’avance et présente, pour l’heure, un potentiel de production « satisfaisant », « proche des normales », selon Alexandra Lacoste, directrice de l’AOP raisin de table, interrogée par Agra presse le 1er septembre. « Nous pensions être au-dessus des tonnages de l’année dernière, mais il est possible que certaines parcelles rencontrent des soucis et que le potentiel soit légèrement revu à la baisse », précise Mme Lacoste, estimant toutefois qu’il est encore trop tôt pour communiquer un chiffre précis. Globalement, le raisin de table a relativement bien résisté aux fortes températures estivales, grâce au caractère méditerranéen de la culture et à une irrigation au goutte-à-goutte. Le manque de fraîcheur nocturne a néanmoins pu affecter la coloration des grappes dans certaines parcelles, un phénomène qui localisé. Le début de la campagne de commercialisation est, quant à lui, marqué par un manque de dynamisme, selon Mme Lacoste. Le marché semble toutefois retrouver de l’élan avec la rentrée, même si la prudence reste de mise. Pour rappel, le mois de septembre est stratégique pour la filière, puisque 30 % des ventes annuelles de raisin de table, toutes origines confondues, sont réalisées au cours de cette période. 

Bouteilles en plastiques: une mission interministérielle met en question le projet de consigne

Dans un communiqué du 27 août, France Urbaine (métropoles et communautés urbaines) salue un rapport conjoint de l'IGF (Bercy) et de l'IGEDD (ministère de la Transition écoligique) défavorable à l’éventuelle mise en place d’une consigne pour le recyclage des bouteilles en plastique. Ce rapport interministériel rendu public le 17 août met en question l’efficacité de la consigne pour améliorer durablement les taux de collecte et de recyclage des emballages en plastique, venant conforter «  les positions défendues depuis plusieurs années par les associations nationales d’élus locaux », apprécie l’association de collectivités. La principale explication réside dans le fait que les bouteilles représentent moins de 10 % des déchets plastiques produits en France et qu’elles sont déjà recyclées aux deux tiers. Par conséquent, le recyclage du tiers restant ferait peu progresser le recyclage du plastique en France, de 25,7 % à 27,3 %. Une concertation avait été lancée en mai dernier par Emmanuel Macron, dont se sont retirés en juin les associations d'élus et les acteurs environnementaux.

Élection présidentielle : les coopératives agricoles présentent leurs priorités

À l'occasion d'une conférence de presse le 1er septembre, le nouveau président de la Coopération agricole (LCA) Jean-Luc Duval a présenté les demandes du réseau pour l'élection présidentielle. « Si vous voulez refaire de la France une puissance agricole, nous serons partenaires, a déclaré l'agriculteur normand. Si vous voulez en faire un grand parc naturel, on va avoir des problèmes. » LCA a présenté trois priorités. La première est intitulée : « sécuriser les moyens de production », ce qui inclut la « relocalisation des intrants stratégiques », les questions de gestion de l'eau (« stockage raisonné, REUT, adaptation »), la « modernisation des outils industriels ». La seconde priorité est d'« améliorer la compétitivité », en baissant « les impôts de production », en révisant le droit de la concurrence, et en préserver des « prix connectés aux marchés ». Jean-Luc Duval a redit son opposition au principe des tunnels de prix tels qu'adoptés dans la loi d'urgence cet été. La troisième et dernière priorité est d'« adapter et transformer les filières ». Pour ce faire, le réseau veut de l'aide pour « renforcer les fonds propres des coopératives », créer un « fonds mutualisé de transition et de gestion des risques agricoles », du soutien pour « accompagner la diversification des revenus agricoles », et pouvoir « flécher une partie de l'épargne des Français vers l'agriculture ».

Japon : la TVA sur la consommation alimentaire va temporairement être abaissée à 1%

Le cabinet de la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi (droite) a approuvé le 30 juillet un projet de loi visant à réduire temporairement la TVA sur la consommation de produits alimentaires de 8 % à 1 % pendant une période de deux ans qui débuterait à compter d’avril 2027, une première depuis 1989. La question de l’abaissement de la fiscalité alimentaire avait été l’un des sujets de la campagne électorale nippone en début d’année, largement remportée par le Parti libéral-démocrate (PLD) de Sanae Takaichi. De ce fait, le gouvernement dispose de la majorité nécessaire au Parlement où le projet de texte devrait être soumis au cours de la session qui débutera en septembre ou en octobre. Selon la presse nippone, la mesure, qui exclut l’alcool et la restauration hors domicile, devrait entraîner un manque à gagner fiscal estimé à 27,2 Md€. Les modalités de financement n’ont pas encore été finalisées mais le recours à de nouvelles émissions obligataires pour couvrir le déficit n’est pas exclu. En outre, le gouvernement prévoit que des aides directes devraient être versées aux ménages modestes et intermédiaires, ramenant de fait leur TVA alimentaire à 0 %.

Eau : un tribunal international enjoint l’Inde de « respecter » le traité sur l’Indus

La Cour permanente d’arbitrage, dont le siège est à La Haye (Pays-Bas), a enjoint le 31 août à l’Inde de « respecter ses obligations » au titre du traité de 1960 sur le partage des eaux de l’Indus et d’autres cours d’eau avec le Pakistan, alors que New Delhi avait annoncé sa suspension en mai 2025. L’Inde avait alors justifié cette décision en accusant le Pakistan d’avoir soutenu une attaque meurtrière contre des touristes dans la partie indienne du Cachemire, ce qu’Islamabad a démenti. Le tribunal a également « interdit » à l’Inde de procéder à des travaux concernant deux projets hydroélectriques susceptibles de contrevenir au traité. Pour rappel, l’accord encadre le partage des eaux de six rivières dont les sources se trouvent en Inde mais qui arrosent le Pakistan, dont dépendent des centaines de millions de personnes. New Delhi a immédiatement rejeté la décision de la Cour, affirmant n’avoir « jamais reconnu l’existence de cette soi-disant Cour d’arbitrage illégalement constituée ». Son ministère des Affaires étrangères a assuré que la suspension du traité « reste en vigueur ». Le Pakistan a, au contraire, salué les conclusions de la Cour. Selon les experts, l’eau risque de devenir un point de tensions majeur dans une région confrontée au changement climatique et à la croissance démographique, deux facteurs qui mettent à rude épreuve le secteur agricole, pilier économique de l’Inde et du Pakistan. 

Présidentielle : Thomas Pellerin-Carlin référent agriculture et écologie de Glucksmann

L’eurodéputé Thomas Pellerin-Carlin est le référent du candidat à la présidentielle Raphaël Glucksmann pour les question agricoles et écologiques. Il travaille au sein des commissions parlementaires chargées de l'industrie, de la technologie, de la recherche et de l'énergie (ITRE), de l'environnement et du climat (ENVI) et du contrôle budgétaire (CONT). Avant d’être élu en 2024 sur la liste Place publique/Parti socialiste menée par Raphaël Glucksmann, cet adhérent de Place Publique menait des « activités de recherche et d’enseignement sur l’Europe de l’énergie, l’écologie et la lutte contre le réchauffement climatique », selon son profil LinkedIn. Il a dirigé le Centre Energie de l’Institut Jacques Delors (2019 à 2022), puis le programme Europe de l’Institut de l’Economie pour le Climat (2022 à 2024). Il enseigne à Sciences Po Paris et au Collège d’Europe de Bruges. Sur son blog, Thomas Pellerin-Carlin détaille ses prochains combats au Parlement européen : « instaurer un leasing social européen, la défense des ONG, des travailleurs et de nos Outre-mer. Mais aussi protéger le règlement sur les émissions de méthane face aux tentatives de détricotage, faire enfin payer la dépollution à ceux qui polluent et, plus largement, poursuivre un seul objectif : faire avancer la révolution écologique en Europe. »

Recherche : Thomas Lombès nommé directeur exécutif de l'agence de programme Agralife

Dans un communiqué paru le 1er septembre, l'Inrae annonce que Thomas Lombès est nommé directeur exécutif de l'agence de programme Agralife, pour une durée de quatre ans. Cet ancien conseiller technique à la recherche et à l'innovation d'Édouard Philippe quand il était Premier ministre a été par la suite directeur adjoint à la stratégie de l'Inserm entre 2021 et 2025, puis conseiller stratégique sur la recherche chez L'Oréal depuis mars 2025. Thomas Lombès remplace Thierry Doré, qui occupait cette fonction depuis la création de l'agence en 2024. Agralife est l'agence de programme Agriculture et alimentation durables, forêt, et ressources naturelles associées. Elle est présidée par Philippe Mauguin, le p.-d.g. de l’Inrae, qui a en charge son animation.

Précision: le lait Le Gourmand « n’est plus commercialisé chez Carrefour depuis plus de cinq ans »

Contrairement à ce que laissait penser une brève d'Agra Fil le 27 août, la laiterie de Verneuil indique le 1er septembre que son lait Le Gourmand « n’est plus commercialisé chez Carrefour depuis plus de cinq ans », en dépit d’une présence sur le site Carrefour.fr (drive et livraison) constatée les 21 et 31 août. Il s’avère que la commande effective ne peut pas être effectuée jusqu’à son terme. Le prix proposé était de 0,69 euros du litre. Or un tel prix « pour un lait premier prix n’est plus pratiqué par la grande distribution depuis de nombreuses années », souligne la laiterie. La laiterie de Verneuil a demandé à Carrefour de retirer cette référence, qui avait effectivement disparue du site le 1er septembre en fin de journée. Une brève d'Agra Fil évoquait les prix particulièrement bas du lait demi-écrémé pratiqués par plusieurs enseignes de la grande distribution ces derniers mois, provoquant l’inquiétude de la FNPL (éleveurs, FNSEA) alors que les producteurs subissent les conséquences des aléas climatiques de cet été.