Après une réunion des préfets le 27 août pour faire un « état des lieux » des pertes provoquées par la sécheresse et les canicules, Annie Genevard annoncera le montant global du « plan massif » d’aide d’urgence le 3 septembre. La FNSEA a d’ores et déjà estimé les besoins à plusieurs milliards d’euros.
Le montant total du plan CASI (canicules, sécheresse, incendies), annoncé fin juillet et attendu pour la rentrée, sera dévoilé le 3 septembre, a indiqué la ministre de l’Agriculture, en marge de sa visite en Gironde avec le Premier ministre le 19 août. « La semaine prochaine (le 27 août, NDLR), je réunirai tous les préfets pour un retour documenté sur les conséquences des canicules », a précisé Annie Genevard dans un entretien au quotidien Sud Ouest publié le même jour. Après quoi, « le 3 septembre, […] je leur dévoilerai le montant des aides ciblées, département par département, afin de soutenir les trésoreries et relancer la production ».
Récolte de maïs prévue comme catastrophique, productions de fruits et légumes gravement endommagées, prairies grillées, vendanges d’une précocité record… Alors que la sécheresse et les canicules, d’une ampleur historique, mettent la Ferme France à genoux, le gouvernement doit présenter son plan de soutien à la rentrée. Jour après jour, en plein mois d’août, la ministre de l’Agriculture a égrené les dispositifs prévus dans le plan CASI. Les remontées des préfets attendues le 27 août seront basées sur les travaux des « cellules départementales sécheresse » créées début août. Cette instance rassemble les professionnels, les chambres, les banques, les « services sociaux des départements », la MSA et l’administration, selon un communiqué du ministère. Elle doit fournir un « diagnostic précis » qui servira de base au plan d’urgence.
Il faudra plusieurs milliards, selon la FNSEA
De son côté, Arnaud Rousseau a déjà chiffré les besoins des agriculteurs à plusieurs « milliards d’euros ». Dans une interview à France Info le 8 août, le président de la FNSEA a appelé à un « choc de réactivité » pour aider les agriculteurs qui font face à une « catastrophe » inédite, comparant la situation actuelle à celle de 1976. « Nous vivons une catastrophe climatique d’une ampleur que nous n’avons jamais vue en agriculture sur une telle durée », a-t-il lancé, tout en réclamant « une réponse gouvernementale inédite ». Et d’ajouter que, « s’il existe un certain nombre d’assurances, on sait parfaitement qu’elles ne pourront pas prendre en compte un tel niveau de sinistralité ».
Malgré la pression, Annie Genevard s’est refusée jusque-là à chiffrer l’enveloppe globale du plan d’urgence. « Il faut d’abord savoir exactement l’ampleur chiffrée des pertes avant d’annoncer des mesures. […] Nous avons évidemment des premiers éléments, mais pas un tableau d’ensemble », indiquait-elle le 14 août au micro de RMC. Et de préciser : « Toutes les récoltes n’ont pas encore eu lieu, et il se peut qu’il pleuve – nous l’espérons tous – d’ici la fin du mois ». Même sans évaluation précise, « d’ores et déjà, on sait que les pertes sont extrêmement importantes », a concédé la ministre. « Ce n’est pas une sécheresse de plus, mais un épisode inédit aux conséquences très lourdes pour l’agriculture », avait-elle insisté la veille.
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Réflexion sur un « prêt sécheresse »
Si l’enveloppe est encore inconnue, le gouvernement a déjà largement esquissé le contenu du plan CASI. Il comprendra notamment « des aides d’urgence d’appui à la trésorerie » pour les agriculteurs « les plus en difficulté », a indiqué Annie Genevard sur RTL le 13 août. Un dispositif qui sera « à la main des préfets » et pourra être « déployé assez rapidement, dans les semaines qui viennent ». Le but ? Permettre aux agriculteurs de « remettre en production » pour la prochaine campagne. Par ailleurs, la ministre a indiqué que l’indemnité de solidarité nationale (ISN) – visant à compenser « les pertes de production les plus importantes », au-delà des seuils couverts par l’assurance récolte – sera dotée cette année de « plusieurs centaines de millions d’euros ». Un niveau établi « sur la base des prévisions actuelles de pertes de récolte ».
Autre dispositif en gestation : « Nous réfléchissons à un prêt sécheresse », a déclaré Annie Genevard sur RMC le 14 août. Le but est, là aussi, de « pouvoir faire la jonction avec les prochaines productions ». Ces prêts seraient garantis ou bonifiés, a précisé le ministère à l’AFP le même jour. Par ailleurs, Annie Genevard a indiqué que « lors du prochain budget, nous aurons probablement des propositions à faire en matière de nouvelles mesures fiscales », sans plus de précisions. Enfin, d’après un communiqué du 5 août, le plan CASI comprendra aussi des « prises en charge de cotisations sociales », des mesures sur la gestion de l’eau, ainsi que des « dispositifs de simplification et de dérogation ».
YG
Aides de trésorerie « à la main des préfets »
Genevard promet « plusieurs centaines de millions d’euros » pour l’ISN
Sécheresse : le Grand Est réclame « un plan européen massif » pour l’agriculture
Alors que l’agriculture connaît un « été hors norme », le président de la région Grand Est, Franck Leroy, a réclamé le 25 août à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, « un plan européen massif de sauvegarde et d’avenir pour l’agriculture ». Il demande que ce plan associe « des mesures d’urgence et une stratégie durable d’adaptation au changement climatique », après un été 2026 « marqué par une sécheresse exceptionnelle, des canicules à répétition et des pertes importantes dans de nombreuses filières ». « Toute la chaîne agricole et alimentaire se trouve fragilisée », notamment sur le plan économique, mais aussi à terme sur la « capacité de production » des territoires, selon un communiqué. Dans l’urgence, M. Leroy demande, dans un courrier adressé à Mme von der Leyen, une « mobilisation européenne permettant de soutenir les trésoreries des exploitations, compenser les pertes les plus graves et prévenir les abandons, les décapitalisations et les faillites ». Mais, sur le long terme, il faut également, selon lui, engager une « véritable stratégie européenne d’adaptation de l’agriculture », en termes de gestion d’eau, d’amélioration des sols, d’innovation, etc., pour permettre aux exploitations de « résister durablement aux crises de demain ». L’élu appelle aussi, dans la programmation budgétaire européenne après 2028, à « renforcer et sanctuariser la politique agricole commune » (Pac).