Sécheresse : une ferme sur dix aurait « un besoin urgent d’aide forte » (ministère)
En raison des effets de la sécheresse et des canicules, « 30 à 35 000 exploitations sont en besoin urgent d’une aide forte », a indiqué le ministère de l’Agriculture lors d’un brief à la presse le 28 août, soit environ 10 % des exploitations françaises (350 000 fermes, en excluant les micro-exploitations). Un chiffre issu des remontées des préfets de région, réunis la veille par Annie Genevard en vue de préparer le plan d’aide du gouvernement, qui sera présenté le 3 septembre. « Dans une large majorité des régions, les difficultés concernent plus de 20 % des exploitations », précise l’entourage de la ministre de l’Agriculture dans un message à la presse. Et, « dans les régions ayant chiffré les besoins, ceux-ci dépassent généralement 10 000 € par exploitation ». Par ailleurs, le cabinet d’Annie Genevard a indiqué que les cellules d’aide psychologique des préfectures et des MSA ont été « renforcées », ainsi que les cellules Réagir (chambres d’agriculture). Ce qui passe par notamment « plus de sentinelles » et des permanences « délocalisées hors des préfectures ». Quant au coordinateur interministériel sur le mal-être en agriculture, Olivier Damaisin, il a été « missionné par la ministre pour tenir des réunions dans chaque préfecture de région avant le 1er octobre ».
Prairies/sécheresse : le déficit s’est aggravé en août dans toutes les régions (Agreste)
Avec une pousse cumulée inférieure, au 20 août, de 36 % à la moyenne 1989-2018, la situation des prairies permanentes françaises « continue de se dégrader », constate Agreste dans une note de conjoncture le 27 août. « L’herbe ne pousse plus depuis plus de deux mois en raison de l’absence durable de pluies et de températures très élevées », note le service statistique du ministère de l’Agriculture. Résultat : « Toutes les régions sont déficitaires ». La région Paca, qui était la seule non déficitaire au 20 juillet, recule désormais légèrement, à 91 % de la moyenne. Toutes les autres régions subissent des déficits supérieurs à 20 % par rapport à la moyenne de référence. Quatre régions essuient des pertes autour des 40 %, notamment dans le Sud-Ouest (Nouvelle-Aquitaine, Occitanie) et l’est (Bourgogne-France-Comté, Grand Est). Les autres régions affichent des baisses autour de 30 % par rapport à la période 1989-2018. Par ailleurs, le 27 août, la ministre de l’Agriculture indiquait sur X que cinq régions présentaient « un stock de fourrage inférieur de plus de 50 % par rapport à la normale ». Il s’agit de la Bretagne, de l’Occitanie, des Pays de la Loire, du Centre-Val de Loire et d’Auvergne-Rhône-Alpes, a précisé son cabinet à la presse le lendemain.
Fromages/sécheresse : obligations assouplies pour cinq AOP laitières
Les obligations des cahiers des charges des AOP rocamadour, fourme de Montbrison, bleu d'Auvergne, bleu du Vercors-Sassenage et beurre Charentes-Poitou/Charentes/Deux-Sèvres ont été assouplies temporairement concernant l’alimentation des animaux, selon des arrêtés publié au Journal officiel les 27 et 28 août. En raison de la sécheresse et de l’affaiblissement de la ressource en fourrages sur la zone de l’AOP, l’arrêté concernant le bleu du Vercors prévoit que, jusqu’au 30 août 2027, le fourrage peut être issu de l’aire géographique à 80 % au moins (au lieu de 100 %), que les compléments peuvent atteindre 2 300 kg de matière sèche par vache et par an (contre 1 800 kg) et que l’herbe enrubannée représente au maximum 50 % en matière brute des fourrages distribués sur l’année au troupeau laitier (contre 40 %) et 30 % (contre 25 %) pour les exploitations transformant leur lait. Concernant le rocamadour, jusqu’au 30 juin 2027, la ration alimentaire totale journalière des chèvres pourra comporter au minimum 50 % d’aliments produits sur l’aire géographique (contre 80 %) et la proportion de fourrages donnés aux chèvres sous forme déshydratée ne pourra excéder 30 % de la matière sèche totale (contre 20 %). Ces assouplissements ont été validés par l’Inao, et font partie d’une série de mesures du même ordre concernant dix AOP laitières.
Lait : les éleveurs nordistes contre l’arrêt de la collecte de lait écrémé par Danone
La FNPL (éleveurs, FNSEA) s’est publiquement alarmée le 28 août d’un arrêt de la collecte de lait écrémé par Danone auprès des producteurs du Nord-Pas-de-Calais. Danone « aurait également demandé aux industriels privés et aux coopératives auprès desquels elle s’approvisionne en lait et en produits laitiers de ne plus lui fournir de lait écrémé issu de notre territoire », écrit François Moreau, producteur de lait dans le Nord et trésorier de la FNPL, sur le réseau social LinkedIn. « Cela risque de mettre en péril plusieurs exploitations familiales et, au-delà, de fragiliser durablement un modèle de production laitière » au profit « d’une stratégie industrielle de standardisation des approvisionnements ». Interrogé par Agra Presse, Danone se montre rassurant. « Danone a partagé avec ses partenaires laitiers ses réflexions sur les évolutions susceptibles d'intervenir à horizon 2028 concernant la matière première écrémée. Ces évolutions font actuellement l'objet de discussions avec les parties prenantes », explique le service communication, assurant être « ouvert à la discussion avec l'ensemble des acteurs concernés ». Danone « réaffirme son engagement durable en faveur de l'agriculture et des territoires du Nord ». L’industriel exploite deux sites de production dans la région, à Bailleul et Steenvoorde, et collecte le lait auprès de 450 exploitations agricoles.
Nitrates : top départ à l'expérimentation de la suppression du plan de fumure en Bretagne
« Le nouveau Programme d’actions régional nitrates (PAR), matérialisé par un arrêté préfectoral, entrera en vigueur au 1er septembre 2026 », annonce la préfecture de la région Bretagne dans un communiqué le 28 août. Comme prévu, la principale nouveauté sera une expérimentation de la suppression du plan prévisionnel de fumure, remplacé par des mesures de reliquats de début de drainage (RDD), comme indicateur de résultat. D’une durée de cinq ans, cette expérimentation s’appliquera à un échantillon d’exploitants (ceux « présentant objectivement les plus grands risques » ; ceux ayant obtenu des résultats non conformes l’année précédente ; certains tirés au hasard), selon un décret paru au JO le 28 août. Les modalités de l’expérimentation sont fixées par un arrêté publié le même jour. En parallèle, le nouveau PAR prévoit la création de « zones à enjeux » couvrant « 20 % de la surface agricole bretonne » (bassins versants et vasières concernés par les algues vertes, captages les plus pollués). Des règles renforcées s’y appliqueront : analyses de sol plus fréquentes, « plafond transitoire d’apports de fertilisants », remise en herbe des zones humides « dans un délai de deux ans » (possibilité de MAEC). Enfin, dans toute la Bretagne, les bandes enherbées le long des cours d’eau « passeront à 10 m de large » et la couverture des sols sera « renforcée ».
Cognac : 48 viticulteurs assignent le négociant Sazerac en justice pour rupture de contrat
Nouvel épisode dans la crise du cognac, 48 viticulteurs assignent en justice le négociant Sazerac, a révélé le 26 août l’UGVC (producteurs). Ils lui reprochent la « résiliation illicite de leurs contrats de livraison d’eaux-de-vie », selon un communiqué. L’affaire sera examinée le 1er septembre par le tribunal de commerce d’Angoulême. Dénonçant « une résiliation brutale et injustifiée », l’UGVC dit se joindre à la procédure, comme la Cnaoc (vignerons d’appellations). Début 2026, les 48 viticulteurs ont vu leur acheteur Sazerac « résilier du jour au lendemain les contrats qui les liaient depuis parfois des années, sans préavis ni justification ». « Une rupture totalement illégale », considère le syndicat. À ses yeux, la contractualisation constitue « l’un des piliers de l’organisation de la filière cognac ». Elle « apporte au viticulteur la visibilité nécessaire pour produire, investir et faire vivre son exploitation ». En contrepartie, elle « sécurise les approvisionnements des négociants, leur permettant de construire leur stratégie commerciale ». L’UGVC estime que « remettre en cause unilatéralement cet équilibre, sans justification, créerait un précédent particulièrement dangereux ».
Engrais/carburants : feu vert de Bruxelles à un régime d’aides d’État italien de 285 M€
La Commission européenne a approuvé, le 28 août en vertu du cadre temporaire pour les aides d’État liées à la crise au Moyen-Orient (METSAF), un régime italien d’aides d’Etat d’un montant de 285 millions d’euros (M€) destiné à soutenir les entreprises agricoles, de la pêche et de l’aquaculture confrontées à la hausse des prix des engrais et des carburants. Dans le détail, ce régime s’applique jusqu’au 31 décembre et prend la forme de subventions directes et d’avantages fiscaux. Pour le secteur agricole, Bruxelles précise que le montant sera déterminé sur la base d’estimations de la consommation de carburant et d’engrais. Dans son analyse, la Commission européenne a constaté que « le dispositif est conforme aux conditions fixées par le METSAF » et que « l'aide sera octroyée sur la base d'un dispositif assorti d'un budget prévisionnel précis et visera à soutenir temporairement le développement d'entreprises actives dans la production primaire de produits agricole ». Elle a également conclu que ce régime est « nécessaire, approprié et proportionné pour faciliter le développement d’une activité économique » mais également « qu’il ne fausse pas les conditions des échanges dans une mesure contraire à l’intérêt commun ».