Pac : les eurodéputés divisés sur le plafonnement, la conditionnalité sociale et l'environnement
«C'est un défi d'ampleur qui attend cette commission. Il faudra du temps pour dégager des compromis qui recueilleront une majorité car il y a beaucoup de disparités», a prévenu l’eurodéputé Norbert Lins (PPE) en charge de la réforme de la Pac lors d’un premier débat en commission de l’Agriculture (Comagri), le 2 septembre, sur les près de 3500 amendements déposés dans ce dossier. Compte tenu des divisions qui ressortent de ces amendements, le rapporteur parlementaire s’attend à des débats compliqués sur trois sujets en particulier : le plafonnement et la dégressivité, la conditionnalité sociale de la Pac («certains veulent la supprimer, d’autres la renforcer de manière considérable») ainsi que l’ambition environnementale générale du texte. Dario Nardella, chef de file des sociaux-démocrates sur ce sujet, se dit toutefois convaincu que les parlementaires de la Comagri sont d’accord sur l’essentiel: «préserver le caractère commun et l’autonomie financière de la Pac face à la menace de renationalisation.» «Beaucoup dépendra du budget qui émergera des négociations entre les Etats membres», ajoute Norbert Lins. L’objectif est de finaliser une position de la Comagri d’ici la fin de l’année pour un examen en plénière début 2027.
Pac post-2027 : la Cour des comptes plaide pour des aides plus contracycliques
Dans son rapport sur la mise en œuvre de la Pac 2023-2027, publié le 2 septembre, la Cour des comptes fait plusieurs recommandations relatives à la gestion française des aides directes, pour favoriser des « dynamiques productives plus efficaces ». Les auteurs proposent, en somme, d'aller vers des aides capables « d’orienter les décisions de production des agriculteurs dans un sens conforme aux intérêts économiques du secteur, en les ciblant notamment sur la transmission et l’installation, en les rendant dégressives dans le temps, plus contracycliques au vu de l’ampleur des fluctuations de prix et davantage centrées sur l’investissement et la gestion des risques ». Les auteurs soulignent que la déclinaison française de la Pac comporte déjà un dispositif de couverture des pertes de revenu en faveur des producteurs de betteraves à sucre dans la région des Hauts-de-France, à hauteur de 2,2 M€ par an : « Les raisons invoquées pour expliquer sa non-mise en œuvre – complexité du dispositif, articulation avec les dispositifs assurantiels, désengagement des filières en phase haute des prix, enveloppe de financements limités – devraient faire l’objet d’un examen attentif par le ministère de l'Agriculture ». Dans le cadre de la Pac post-2027, la Cour des comptes pousse un nouveau concept, celui de la « résilience productive », qui consiste à favoriser « la complémentarité entre performance économique et performance environnementale ».
Pac : la Cour des comptes étrille la complexité du cadre de suivi et de performance
Dans un rapport sur la mise en œuvre de la Pac publié le 2 septembre, la Cour des comptes étrille le nouveau cadre de suivi et de performance européen, qu'elle juge « complexe et sans bénéfices avérés ». Pour les 14 évaluations programmées entre 2025 et 2027, la France dépensera 4,7 M€, « avec une utilité limitée pour la préparation de la Pac post-2027 puisque leurs résultats ne seront connus qu’ultérieurement », constatent les Sages. À ces coûts s’ajoutent des charges administratives et budgétaires importantes dont le montant est estimé à 12 M€. « L’ensemble est disproportionné au regard des faibles bénéfices qui peuvent en être retirés », tranche la Cour, qui souligne par ailleurs qu'une simplification est « toujours attendue par les agriculteurs », dont le retard « contribue à [les] éloigner d’une politique dont ils devraient pourtant être pleinement acteurs dans un contexte de transformations économiques et environnementales majeures ». En matière de simplification administrative, les auteurs estiment que l’introduction du droit à l’erreur « reste partielle » et que « les innovations en matière de contrôles produisent des effets ambivalents ». La faute en revient également à la déclinaison française. La Cour prend notamment l'exemple de l'aide couplée bovine : « La négociation entre le ministère de l’Agriculture et la profession (laitière avec la FNPL, viande avec la FNB qui maintient son opposition initiale à la fusion des dispositifs d’aides) a conduit, dans le cadre d’une enveloppe financière contrainte, faute d’arbitrages, à une accumulation de contraintes et de complexités. »
Pac : la Cour des comptes propose de cibler les MAEC vers les captages prioritaires
Dans un rapport sur la mise en œuvre de la Pac 2023-2027, publié le 2 septembre, la Cour des comptes – qui avait déjà publié un rapport sévère en 2023 sur l'agroécologie – regrette que la France n'ait pas décliné « pleinement » les ambitions du Pacte vert européen, et fait plusieurs recommandations, qui ne doivent pas forcément attendre la Pac post-2027. La Cour des comptes propose à nouveau de rehausser « l’ambition du niveau supérieur de l’éco-régime (avec des exigences et un montant unitaire rehaussés) » et de « revaloriser davantage la voie réservée à l’agriculture biologique ». Elle plaide également pour concentrer les MAEC « sur les territoires prioritaires » (notamment vers les aires de captage prioritaire) et « réduire le nombre de mesures proposées ». Elle constate en effet que, sur l’ensemble des surfaces couvertes par une MAEC ou une aide à l’agriculture biologique, seules 9 % concernent des aires d’alimentation de captage (AAC). Inversement, seulement 4 % des surfaces des AAC sont couvertes par une aide MAEC ou une aide à l’agriculture biologique. Enfin, la Cour remet en question l'arbitrage d'Annie Genevard concernant les reliquats d'aide bio, et plaide pour qu'ils soient réalloués vers « des aides en faveur de la transition environnementale ». Sur 257 M€ de reliquats 2023 et 2024, 141 M€ étaient revenus à la bio et aux MAEC. Pour 2025 et 2026, 40 M€ ont été fléchés vers la bio et les MAEC, une autre partie (93 M€) doit permettre à Bercy de faire de économies.
Sécheresse : la présentation du plan d’urgence retardée « de quelques jours » (ministère)
Initialement prévue jeudi 3 septembre, la présentation du plan d’aide d’urgence CASI (canicules, sécheresse, incendies) est « décalée de quelques jours », a indiqué le ministère de l’Agriculture à la presse le 2 septembre. « Les montants étant conséquents, nous avons besoin de quelques jours en plus de concertations entre les ministères », précise l’entourage d’Annie Genevard. « On comprend qu’il y a du mouvement entre Matignon et le ministère de l’Agriculture », a ajouté de son côté Arnaud Rousseau en conférence de presse. Aux yeux du président de la FNSEA, il est impératif que ce retard n’atteigne pas « plusieurs semaines ». « Nous avons rendez-vous avec le Premier ministre le 8 septembre. Nous avons besoin que les annonces soient faites avant », a-t-il précisé. Et de rappeler que « c’est maintenant les agriculteurs prennent leurs décisions » concernant l’assolement ou le maintien des cheptels. De leur côté, les JA ont déploré dans un communiqué « un signal particulièrement négatif adressé au monde agricole ». Le plan CASI a été annoncé fin juillet face à la sécheresse et aux canicules historiques de cet été. En août, la ministre de l’Agriculture avait annoncé qu’il comprendra notamment des aides à la trésorerie « à la main des préfets », « plusieurs centaines de millions d’euros » d’ISN (indemnité de solidarité nationale, dans le cadre de l’assurance récolte), ainsi que d’autres dispositifs d’aide.
Plan sécheresse : la FNSEA précise ses demandes pour « éviter le sur-accident »
Lors de sa conférence de presse de rentrée le 2 septembre, la FNSEA a précisé ses demandes pour le plan CASI (aide d’urgence face à la sécheresse), sans toutefois préciser l’enveloppe totale d’aide souhaitée. « Notre préoccupation numéro un, c’est l’impulsion qui va être donnée pour assurer la continuité de la production agricole », résume son président Arnaud Rousseau. Notant que « de nombreux agriculteurs n’y croient plus », le syndicaliste veut « absolument éviter le sur-accident » pour la campagne à venir en cas d’abandon de production (jachère ou décapitalisation). Dans le détail, le secrétaire général Hervé Lapie a listé les demandes de la FNSEA : « fonds d’allègement des charges massif à la main des préfets » ; prolongation jusqu’au 31 décembre des aides pour l’achat de GNR et d’engrais ; suspension de la TFNB et de la RPD ; « aménagements bancaires » ; prise en charge des cotisations sociales ; versement des aides Pac « le plus rapidement possible » ; « activation de l’ISN » et de l’assurance récolte ; réouverture des négociations commerciales ; parution des décrets d’application de la loi d’urgence. Le syndicat souhaite aussi « que l’administration soit au service des agriculteurs » et qu’elle fasse preuve de « mansuétude sur des écarts mineurs à la législation », notamment au sujet des couverts végétaux ou des jachères fleuries.
Sécheresse : 39 Siqo ont demandé des modifications temporaires de leur cahier des charges
Au 2 septembre, 39 organismes gestionnaires de signes officiels d'identification de la qualité et de l'origine (Siqo) ont demandé des modifications temporaires de leur cahier des charges, en général jusqu’à l’été 2027. La plupart des demandes sont motivées par les difficultés de respecter les obligations du cahier des charges à cause de la sécheresse. Or ceux-ci exigent souvent de s’approvisionner en fourrage au sein d’une aire géographique délimitée. Vingt demandes concernent des fromages AOP ou IGP (abondance, beaufort, comté, etc.). Il s’agit souvent de modifier le taux d’alimentation provenant de la zone délimitée ou la nature de l’alimentation. Parmi les autres produits, il s’agit surtout de cidre, de vin, de volailles, d’agneau et de bœuf. Sur l’ensemble des 39 demandes validées par l’INAO, 16 arrêtés ont été publiés au Journal, les autres étant attendus à brève échéance. L’INAO constate que le volume des demandes actuelles de modifications temporaires est plus important qu’entre 2023 et 2025, alors que la dernière vague de cette ampleur remonte à 2022, année de sécheresse. À la même date, l’INAO a moins de demandes qu’en 2022, mais d’autres demandes peuvent encore être déposées.
Comptes de l'agriculture : le « PIB agricole » 2026 attendu en recul de 8 %, d'après Bercy
Les vagues de canicule et la sécheresse en France cette année coûteront 0,1 point de produit intérieur brut (PIB) à l'activité française en 2026, en raison de la baisse de la production agricole, a estimé Bercy le 2 septembre. Le ministère de l'Économie considère que les vagues de chaleur et la sécheresse, qui ont considérablement affecté certaines récoltes, devraient entraîner une baisse de la valeur ajoutée du secteur agricole de 8 %, de l'ordre de la moitié de celle observée lors de la canicule de 2003. La valeur ajoutée agricole avait alors reculé d'environ 15 %. Ce recul est d'une part dû aux vagues de chaleur et à la sécheresse de 2026, et d'autre part au conflit au Moyen-Orient, qui a pénalisé l'agriculture via la hausse du prix du gaz, qui renchérit le coût des engrais azotés, précise Bercy. Cette estimation a été donnée par la Direction générale du Trésor lors d'une audition le 2 septembre par la mission parlementaire flash sur le coût de la canicule. En 2025, l'Insee avait enregistré un rebond de 10,7 % en euros courants de l’équivalent agricole du PIB (valeur ajoutée brute au coût des facteurs). Cette hausse suivait deux baisses successives de 11,7 % en 2024 et de 4,8 % en 2023. Depuis dix ans, le « PIB agricole » a gagné environ 10 milliards d’euros (Md€) en dix ans, pour atteindre environ 40 Md€ ces dernières années. Les volumes sont en revanche en stagnation.
Alimentation : la 4e vague de chaleur a profité à la consommation à domicile
La quatrième vague de chaleur a profité aux ventes de produits de grande consommation en août, en hausse de 0,8% en valeur, essentiellement grâce à l’effet météo, selon l’observatoire Circana d’août. Les grands gagnants sont les liquides, dont les achats sont en progression de 4% en volume et de 4,2% en valeur, dans une moindre mesure les produits frais en libre-service, à poids fixe et variable. Mais les ventes de produits de grande consommation ont terminé le mois en recul, après sept semaines de croissance, (donc depuis début juillet) d’après le bulletin hebdomadaire du 2 septembre. Circana souligne que le décalage d’une journée de la rentrée scolaire (un mardi plutôt qu’un lundi en 2025) « peut avoir conduit une partie des Français à reporter leurs courses sur la semaine suivante ». Une hypothèse que peuvent illustrer certains rayons alimentaires, comme l’épicerie (- 4% en volume) et les « produits de fond de placard » comme les féculents dans leur ensemble (-6,5%), les pâtes (-5,6%) et les céréales (-3,8%). Alors qu’au contraire, les salades de la mer en conserve, produits d’été typiques, sont en hausse de 22,2 % par rapport aux volumes achetés pendant la dernière semaine d’août 2025.
Déclarations Pac : la part des agriculteurs qui délèguent l'instruction a doublé depuis 2016
Dans son rapport sur la mise en œuvre de la Pac publié le 2 septembre, la Cour des comptes constate que les agriculteurs font de plus en plus appel à des aides extérieures (chambres d'agriculture, syndicats, centres de gestion, associations...) pour réaliser leurs déclarations Pac. Selon les calculs de la Cour des comptes à partir des données de l'ASP (Agence de services et de paiement), la part des demandes d’aides Pac (hors aide à l'installation ou à l'investissement) qui sont intermédiées par ces organismes de services (avec délégation partielle ou totale) est passée de 20 % lors de la campagne Pac de 2016 à 41 % lors de la campagne 2024. Les délégations complètes, dont le délégataire porte la responsabilité, sont celles qui progressent le plus fortement (+84 %), devant les délégations partielles (+24 %). Selon la première évaluation sur la mise en œuvre de la déclinaison française de la Pac (PSN), commandée par le ministère de l'Agriculture, seuls 17 % des exploitants « estiment que la simplification annoncée et mise en place a eu un effet positif sur la réduction de leur charge administrative (que ce soit pour les aides gérées par l’État, comme pour les aides gérées par les régions) », peut-on lire dans le rapport.
Engrais/carburants : le Portugal accorde 30 M€ à ses agriculteurs, feu vert de Bruxelles
La Commission européenne a approuvé, le 2 septembre en vertu du cadre temporaire pour les aides d’État liées à la crise au Moyen-Orient (METSAF), un régime d’aides portugais d’un montant de 30 millions d’euros (M€) destiné à soutenir les entreprises agricoles, de la pêche et de l’aquaculture confrontées à la hausse des prix des engrais et des carburants. Dans le détail, ce régime prend la forme de subventions directes. L’aide pour les engrais repose sur un montant fixe en fonction du nombre d'hectares de surface agricole et des animaux de l'entreprise tandis que l’aide aux carburants se compose de 0,10 euro par litre de gazole agricole ou marin consommé entre le 1er avril et le 30 juin. Bruxelles ajoute qu’elle est plafonnée à 50 000 euros par bénéficiaire. Le régime s’appliquera jusqu’au 31 décembre. Dans son analyse, la Commission européenne a conclu que ce régime est « nécessaire, approprié et proportionné pour faciliter le développement d’une activité économique » mais également « qu’il ne fausse pas les conditions des échanges dans une mesure contraire à l’intérêt commun ».
UE-Arménie : les Vingt-sept valident les mesures commerciales autonomes sans modification
Le Conseil de l’UE a donné son feu vert, le 2 septembre, aux mesures commerciales autonomes en faveur de l’Arménie sans modifier la proposition initiale de la Commission européenne. Ce dispositif temporaire, présenté le 2 juillet à l’occasion du voyage diplomatique d’Ursula von der Leyen à Erevan (Arménie), s’appliquera pour une période de deux ans et prendra la forme d’une suspension des droits de douane ad valorem du système de préférences généralisées plus (SPG +). Il doit ainsi permettre de libéraliser environ 80 % des exportations arméniennes vers le Vieux Continent au moment où Erevan subit des restrictions commerciales de la part de la Russie. Au niveau agricole, la libéralisation concernera près de 99 % des exportations arméniennes de fruits, légumes et plantes frais vers la Russie, ainsi que plus de 91 % des boissons et spiritueux. C’est à présent au Parlement européen d’adopter sa position. La commission de l’Agriculture a d’ores et déjà validé son avis sous forme d’échange de lettres alors tandis que la commission du Commerce international doit se prononcer le 3 septembre avant un passage en plénière prévu la semaine suivante. Aucun amendement au texte n’a été déposé.
NGT : la Slovaquie veut contester la nouvelle législation devant la CJUE
La Slovaquie a annoncé, le 2 septembre, son intention de contester en justice l’assouplissement de la réglementation européenne sur les nouvelles techniques de sélection génomiques (NGT). Une fois qu’un règlement européen est adopté, un État membre peut en effet saisir la Cour de justice de l’UE (CJUE) par un recours en annulation. D’après l’UE « tout va bien […] il n’y a aucune raison de s’inquiéter », pourtant nous n’avons « pas de preuves, nous ne savons pas ce que cela peut faire aux gens », a indiqué le premier ministre slovaque, Robert Fico. Il s’est dit « préoccupé par ce que des denrées alimentaires modifiées ou des produits provenant de plantes spéciales pourraient signifier pour la santé. » Le Parlement européen a validé au mois de juin l’accord interinstitutionnel trouvé sur ce dossier. Les États membres l’avaient, eux aussi, adopté à une faible majorité au mois de décembre. Lors du vote, trois délégations s’étaient abstenues (Bulgarie, Allemagne et Belgique). et six s’étaient prononcées contre ce compromis (Slovaquie ainsi que Slovénie, Croatie, Autriche, Hongrie et Roumanie).
Céréales: la Turquie travaille avec la Russie et l’Ukraine pour sécurise la mer Noire (presse)
Dans un article de Reuters du 31 août (article payant), la Turquie serait en contact avec la Russie et l’Ukraine afin de sécuriser la circulation des céréales sur la mer Noire, a déclaré le ministre des affaires étrangères turc Hakan Fidan. « Nous avons préparé un plan et nous sommes en contact avec les deux parties à ce sujet », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Istanbul. « Si les conditions nécessaires se présentent, nous travaillons en particulier à la conclusion d’un nouvel accord similaire à celui sur les céréales. » Le ministre se réfère à un l’accord négocié sous l’égide de l’ONU en 2022 entre la Russie et l’Ukraine, que la Russie avait quitté en 2023. Malgré la fin de l’accord, l’Ukraine avait pu maintenir ses exportations via la mer Noire à un rythme soutenu. Mais depuis plusieurs semaines, la Russie et l’Ukraine visent particulièrement navires et infrastructures portuaires, faisant que les expéditions de céréales des deux pays sont très perturbées. Les prix des céréales sur Euronext ont d’ailleurs significativement grimpé. Une nouvelle hausse a d’ailleurs été observée hier. Le cabinet Argus Media explique dans sa note quotidienne que cette hausse s’explique par de nouvelles attaques sur le port d’Odessa, sachant que les autorités russes ont fait savoir qu’elles semblent peu enclines pour le moment à adopter le plan turc.
Légumes d’industrie : après l’été 2026, le Cenaldi attend un rebond des surfaces l'an prochain
Après des baisses importantes de volumes en 2025 et 2026, Dominique Vaesken, vice-président du Cenaldi (producteurs) reste prudemment optimiste pour la prochaine campagne (2026-2027) des légumes destinés à la transformation : « Par effet de contrecoup naturel, je table sur une progression des surfaces de l’ordre de 20% sur 2026-2027». La météo 2026 semble avoir poussé la correction de marché plus loin que prévu, si bien qu’un rebond des surfaces serait envisageable. La filière a particulièrement été touchée par les vagues de canicule de l’été. Avec disparités très importantes selon les bassins de production : le Sud-Ouest a été particulièrement affecté, alors que le nord du pays s’en tirerait un peu mieux. Les chiffres consolidés devraient être disponibles dans le courant de septembre mais déjà certains d'entre eux ont été dévoilés. Ainsi, la baisse des tonnages en pois a atteint 24% fin août, récolte terminée. Légume fragile et parmi les cultures les moins irriguées, le pois a été particulièrement exposé. Sur les ondes de France Inter le 31 août, Stéphane Deschamp, directeur général branche légumes d’Eureden (d’aucy) indiquait «des pertes atteignant 35% pour le couple pois/carotte et d’environ 50% pour le haricot vert dont la récolte n’est pas encore terminée».
Lait : la collecte de juin en recul de 0,9%, à cause de la canicule
Au mois de juin, la collecte nationale de lait de vache s’est replié de 0,9% par rapport à juin 2025, atteignant 1,93 milliard de litres, selon la dernière note de conjoncture de FranceAgriMer publiée le 1er septembre. « A titre d’exemple, en Bretagne, le rendement apparent (collecte/cheptel de femelles) a diminué de 11% entre les semaines 25 et 26 », indique FranceAgriMer. La fin du mois de juin a connu un épisode caniculaire qui a eu des conséquences sur la santé des animaux et le volume de lait produit. Les conditions climatiques sont restées « difficiles » en juillet, en raison des fortes chaleurs. La collecte française a toutefois progressé de 0,6% en juillet, alors que le retour à la hausse des naissances de veaux laitiers (dû au décalage lié à la FCO dans l’Ouest) observée depuis mai laissait présager d’une production estivale plus soutenue », selon FranceAgriMer. Le prix standard du lait conventionnel s’établit à 417 euros les 1000 litres, en recul de 50,7 euros sur un an, mais en légère hausse par rapport à ces derniers mois. En revanche le prix réel du lait à taux de matière grasse et de matière protéique réels a diminué, pénalisé par la dégradation du taux protéique à cause du stresse thermique.
Oeufs : la prévalence des salmonelles s'éloigne du cofinancement européen (presse)
La prévalence de salmonelles en élevages français de poules pondeuses est passé de 2,59% en 2024 à 2,95 % en 2024, s’éloignant encore plus du taux de 2 % au-delà duquel l’UE ne cofinance plus les indemnisations des foyers, informe Réussir Aviculture dans l’édition du 31 août. Notre confrère précise que la France est désormais depuis cinq ans au-dessus du seuil. En cause, les 212 foyers de salmonelles déclarés en poules pondeuses l’an dernier, en progression de 15 % par rapport à 2024. Trois quarts des foyers concernent des cheptels de poules pondeuses non vaccinés contre la salmonelle, soit 132 cas, contre 41 sur des lots ayant reçu un vaccin vivant (nouvellement autorisé) et 9 avec un vaccin inactivé. Selon Paul Créac’h, du laboratoire Ceva santé animale, sur les 40 % de lots en production ayant reçu un vaccin vivant en 2025, le taux de prévalence est de 1,22 % a calculé le vétérinaire à l’intention de notre confrère. Les éleveurs vaccinant leurs poules contre la salmonelle ont obtenu en février du ministère un allègement de leurs obligations de prélèvements d’échantillons : ils ne prélèvent que les fientes des poules et non plus des poussières dans l’environnement de l’élevage.
Foie gras/export : le Cifog s’allie aux autres filières exportatrices du CNPA
Le Cifog, comité interprofessionnel du foie gras, intègre le Centre national pour la promotion des produits agricoles et alimentaires (CNPA), annoncent les deux organisations dans un communiqué commun. La filière des palmipèdes à foie gras s’inscrit ainsi dans cette démarche collective de reconquête des marchés internationaux à laquelle participent déjà la plupart des filières et secteurs*. Elle évolue pour sa part dans « un contexte géopolitique, sanitaire et réglementaire incertain » et « doit s’adapter aux mutations du marché international et à l’émergence de produits alternatifs concurrents, en Asie notamment », est-il précisé. Le foie gras, produit emblématique de la gastronomie française et classé « patrimoine culturel et gastronomique protégé », s’exporte dans plus de 80 pays et affiche un excédent commercial de plus de 35 millions d’euros en 2025. Ce solde est supérieur de 10 M€ à celui de 2024, d’après l’Itavi, mais inférieur de 22 M€ à celui de 2015. Depuis dix ans, l’influenza aviaire et les fermetures de marchés consécutives ont fait chuter la production et les exportations. Et d’autres pays se sont imposés comme la Hongrie, la Bulgarie et surtout la Chine. *Filières vins (par l’Anivin), produits laitiers (Cniel), pommes de terre (CNIPT), viandes bovines (Interbev) et porcines (Inaporc), fruits et légumes (Interfel), grains (Intercéréales) ainsi que l’industrie alimentaire (Ania).
Crédits carbone : l’agriculture encore minoritaire, mais mieux valorisée
Les projets agricoles et agroforestiers restent minoritaires sur le marché volontaire des crédits carbone en France, avec 7 % des volumes vendus en 2025, mais représentent 19 % de sa valeur, rapporte un état des lieux publié fin août par l’initiative Info contribution carbone, soutenue par l'Ademe. Leur prix moyen atteint 34,6 €/t, contre 12,06 €/t pour l’ensemble du marché. « Ceci apparaît cohérent avec l'attractivité croissante (…) des projets ancrés localement et porteurs de co-bénéfices pour les territoires », souligne l’état des lieux. Plus largement, le marché volontaire français a enregistré un repli modéré en 2025, avec près de 8 millions de tonnes équivalent CO2 vendues, soit 4 % de moins qu’en 2024. La baisse reste toutefois bien inférieure à celle observée l’an dernier (- 34 %). En valeur, le recul atteint 10 %, pour s’établir à environ 96,4 millions d’euros. Le marché reste dominé par les standards internationaux : Verra reste le principal, avec 45 % des volumes échangés, tandis que Gold Standard opère un net redressement (23 % contre 12 %), porté par une reprise de son activité après la révision de certaines de ses méthodologies. Le Label bas-carbone (LBC) conserve une place stable en volume, à 17 %, mais se distingue par sa forte valorisation : il représente désormais 46 % de la valeur totale du marché observé dans l'enquête, pour un prix moyen en légère hausse autour de 33 €/t.
Climat : l'ONU appelle à se préparer à un réchauffement au-delà de 1,5°C
Le Programme des Nations unies pour l’environnement (Unep) a présenté, le 2 septembre, une stratégie pour limiter l’ampleur et la durée du dépassement du seuil de 1,5°C, objectif de l’Accord de Paris adopté par près de 200 pays en 2015. Dans un rapport inédit, l’ONU estime que ce seuil sera dépassé, mais souligne qu’il reste possible d’en limiter les effets en réduisant en maximum la durée pendant laquelle les températures resteront au-dessus de 1,5°C. « Nous devons faire en sorte que le dépassement de ce seuil soit le plus faible et le plus bref possible. Cela exige un niveau d’ambition sans précédent », a déclaré dans un communiqué Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU. C’est la première fois qu’une agence des Nations unies explore les moyens de limiter les dégâts d’un tel dépassement. Co-auteure du rapport, Debra Roberts, estime que cette nouvelle trajectoire de dépassement impose de repenser la gouvernance climatique, aucun des plans actuels n’étant préparé à cela. Les conclusions du rapport ont alarmé les associations environnementales, mobilisées autour de cet objectif de 1,5°C. Bill Hare, climatologue et patron de l’institut de recherche Climate Analytics, redoute que ce rapport ne devienne « un appel à l’apathie » plutôt qu’à l’action.
Agroalimentaire : Nestlé vend ses vitamines à Yellow Wood Partners pour 1 Md$
Nestlé va vendre ses activités grand public de vitamines, minéraux et compléments alimentaires au fonds d'investissement américain Yellow Wood Partners pour 1 milliard de dollars (862 millions d'euros), a annoncé le 2 septembre le groupe suisse. Soumise à autorisations réglementaires, la transaction devrait être finalisée « d'ici au premier semestre 2027 », précise le communiqué. La transaction englobe sept marques, dont Nature's Bounty, Osteo Bi-Flex et Nuun, ainsi que l'activité américaine de compléments alimentaires en marque de distributeur qui y est associée. Elle inclut également les activités liées à leur fabrication, conditionnement, entreposage et distribution. En 2025, ce pan d'activité a généré un chiffre d'affaires de 1,2 milliard de dollars. Ses produits sont vendus principalement aux États-Unis, mais sont également présents « dans de nombreux autres pays, dont le Canada et la Chine », détaille le communiqué. Nestlé va ainsi se concentrer sur les ressources pour lesquelles il dispose « du plus fort avantage concurrentiel », cette cession marquant une « nouvelle étape importante dans la transformation stratégique de notre portefeuille », a déclaré son directeur général, Philipp Navratil, cité dans un communiqué. Cet accord avec Yellow Wood Partners fait suite à une transaction annoncée en juillet sur les eaux en bouteille.
Agroéquipement : l'Allemand Vogelsang et le Slovène BeTEC s’allient dans l’épandage du lisier
Dans un communiqué du 2 septembre, le groupe allemand Vogelsang GmbH & Co. KG et la société slovène BeTEC ont annoncé la création une coentreprise consacrée aux équipements d’épandage du lisier. BeTEC se chargera de la conception, du développement technique et de la production des machines, adaptée aux besoins. Vogelsang conservera l’ensemble des activités commerciales en Allemagne et en Europe, à l’exception de la Slovénie, au sein de ses structures existantes. Le groupe allemand apportera également son expertise dans la vente et l’après-vente. Les gammes de rampes à pendillards et de rampes à patins des deux fabricants sont à présent réunies sous la marque « Vogelsang-BeTEC ». Ce portefeuille doit couvrir différents profils d’utilisateurs, des grandes exploitations et entreprises de travaux agricoles aux exploitants à temps partiel, ainsi que plusieurs largeurs de travail et niveaux de prix. Vogelsang indique que le partenariat vise à renforcer l’efficacité et la compétitivité de son activité dans un secteur agricole en évolution. Les premières solutions issues de cette collaboration seront présentées au salon EuroTier, du 10 au 13 novembre à Hanovre.
Logiciels de gestion : Baoba se renforce en bovins en rachetant Apival Geidel
Dans un communiqué du 1er septembre, l’entreprise Baoba, qui édite une plateforme de gestion des exploitations agricoles, annonce avoir racheté Apival Geidel, spécialisé dans la gestion des élevages bovins. Une opération qui « ouvre la voie à une plateforme agricole unique, multi-filières et multi-productions, couvrant les ruminants, les volailles et les productions végétales ». Baoba, qui revendique « 4 000 fermes clientes et 200 conseillers », souligne également que ce rachat « renforce son expertise bovine ». Dans le détail, « le projet d'intégration, engagé depuis plusieurs mois, prévoit une migration progressive des comptes Apival-Geidel vers la plateforme Baoba ». Les partenaires assurent que les clients « retrouveront automatiquement l'ensemble de leurs données et fonctionnalités sur la plateforme Baoba ». Par ailleurs, « l'intégration des salariés d'Apival permet aux clients de conserver leurs interlocuteurs habituels », leurs contrats « sont maintenus durant la période de transition » et « s'accompagnent d'engagements de service renforcés », selon le communiqué.
PPAM : Thomas Auriau, président du syndicat du thé et des plantes à infusion
Thomas Auriau, directeur général de Pagès, acteur historique des infusions et des plantes à infusions, a été élu Président du syndicat du thé et des plantes à Infusion (Stépi), apprend-on par voie de communiqué de presse le 2 septembre. Il succède à Olivier Scala (Maison Georges Cannon). « Cette nouvelle présidence s’inscrit dans un contexte de fortes attentes pour notre filière. Le thé et les plantes à infusion doivent aujourd’hui conjuguer exigence de qualité, transparence vis-à-vis des consommateurs et réponse aux enjeux environnementaux et sociétaux », déclare Thomas Auriau à l’issue de son élection. Né en 1994 de la fusion du Syndicat français des importateurs de thé et du Syndicat national des plantes à infusion conditionnées, le Stepi rassemble aujourd’hui une vingtaine d’entreprises. En 2025, le marché français a atteint un chiffre d’affaires de plus de 741 M€.
Coopératives : Jean-Charles Hamelin rejoint le groupe Terre Comtoise
Jean-Charles Hamelin annonce, sur son compte LinkedIn, avoir rejoint au mois de juillet le groupe Terre Comtoise (Doubs) pour occuper le poste de directeur des pôles métiers agricoles. « Il s’agit de contribuer, aux côtés des équipes, des administrateurs et des agriculteurs, à faire évoluer les métiers agricoles pour concilier performance économique, résilience des exploitations, innovation et préservation des ressources », précise-t-il. Après avoir évolué durant plus de 20 ans chez Eurogerm (ingrédients pour la filière blé-farine-pain-pâtisserie), notamment en tant que responsable RSE du groupe durant cinq ans, Jean-Charles Hamelin avait, en septembre 2025, rejoint le pôle d’innovation AgrOnov pour piloter les projets « innovation agroécologique et relation adhérents ». (Anne Gilet)
Intrants : Daniel Léon passe de Defeder à Kimitec
Daniel Léon, directeur commercial du négoce Perret d’octobre 2020 à décembre 2024 puis directeur commercial du groupe espagnol Defeder depuis avril 2025, vient de rejoindre le groupe Kimitec, spécialisé dans les biosolutions. Sa fonction : « country manager pour les pays francophones ». Il aura pour mission de bâtir la stratégie commerciale du groupe et de développer les gammes dans différents pays.
Erratum sur les demandes des coopératives
Contrairement à ce que nous avons indiqué par erreur, dans l'Agra Fil du 2 septembre, le président de la Coopération agricole, Jean-Luc Duval, veut rencontrer rapidement la ministre de l'Agriculture pour «faire les comptes sur l'industrie agroalimentaire», et non «l'amont agricole».
Produits laitiers : lancement du logo Lait de France, sans les industriels privés
Les producteurs, les coopératives et les distributeurs ont décidé le 2 septembre de dévoiler un logo Lait de France, sans la participation des industriels privés. « La Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), La Coopération laitière et la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) annoncent le lancement d'un logo "Lait de France" destiné à identifier sur les emballages les produits laitiers élaborés à partir de lait collecté et transformé en France », annoncent-ils dans un communiqué. Ce dossier était initialement discuté au niveau interprofessionnel (lire notre article), mais les échanges au sein du Cniel n’ont pas abouti assez rapidement. Le principal point de blocage était l’obligation, demandée par la Fnil, représentant le collège des transformateurs, que les produits vendus en GMS soient achetés via une centrale d’achat basée en France et non pas à l’étranger. Les distributeurs voulaient, quant à eux, s’en tenir au cahier des charges de l’Apaf, l’organisme portant l’ensemble des logos garantissant l’origine française. Tout en déplorant ce blocage au sein du Cniel, les trois organisations (FNPL, Coopération laitière et FCD) assurent que « la démarche sera néanmoins ouverte à tous les transformateurs qui souhaiteraient s’engager. ».